MARS 1700. PAIX ENTRE LES OUMAS ET LES BAYOGOULAS
Le 5°, j'ay envoyé une partie de mon monde à l’autre desbarquement de ce village, qui est à vingt lieues au-dessus de celui-cy, et m'en suis allé au village, où je suis arrivé sur le midy avec six hommes et six Bayogoulas. Les Oumas ont envoyé au devant de moy deux chantres m'apporter le calumet. Dans l’entreveue avec les anciens, leur parlant à leur manière, je leur ay tesmoigné le chagrin que j'avois de voir qu’ils fussent en guerre avec les Bayogoulas, après l’alliance que nous avions faite ensemble l’année dernière. Ils se sont défendus sur ce que ce n’estoient pas eux qui l'avoient commencée, mais les Bayogoulas; nonobstant cela, qu'ils oublioient toutes choses, me faisant le maistre de la paix. Je
leur demanday les prisonniers qu’ils avoient des Bayogoulas,
pour leur rendre, leur faisant un présent pour cela. Ils me dirent que leur manière estoit queles Bayogoulas, ayant commencé la guerre, devoient leur venir chanter le calumet de paix et leur faire des présens pour ravoir leurs prisonniers. Je leur fis entendre que je le faisois pour les Bayogoulas, que je leur donnois ma parole que les chefs leur viendroient chanter la paix. Après plusieurs difficultés, ils me donnèrent leurs prisonniers, voyant que je me faschois de ce qu'ils me les refusoient. Je les donnay aux Bayogoulas qui les remmenèrent. Il plut pendant le 6° et le 7°.
La maladie du flux de ventre, qui avoit esté dans ce village, avoit destruit plus de la moitié du monde. Il y avoit chez eux près de quarante petits Taensas, qui les estoient venus voir et leur offrir leurs services contre les Bayogoulas. Ces Taensas sont errants, habitent ordinairement à trois jours à l’ouest de ce village; ils sont gens bien faits, qui vivent de chasse de chevreuil, ours et gibier; ils ont dans leur canton peu de