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bœufs. Mon dessein estoit de prendre dans ce village des guides pour monter dans la rivière de Marne ou de la Sablonnière. Ces Sauvages m'en avoient parlé l’année dernière, et fait entendre qu'elle estoit belle, me parlant des nations qui sont dessus, me disant y avoir esté, et aujourd’huy ils m'asseurèrent qu'elle n’est pas navigable, qu’elle est embarrassée de bois. Quelque chose que j'aye peu faire, ils ne se sont pas voulu engager à me mener par là aux Cadodaquios, me disant qu'ils n’en sçavoient le chemin que par les grands Taensas, qui sont au dessus des Theloelles ou Nadchés, et que c’est par où ils y alloient ordinairement, en faisant le chemin par terre. Quoyque cette rivière me paroisse belle, je n'ay osé entreprendre d'y aller sans guide, sur ce qu’elle fait plusieurs fourches, et j'ay cru qu'il estoit plus à propos d’aller aux Taensas et de là par terre aux Nadchitoes et Cadodaquios, où cette rivière passe, où je prendray là ou fairai faire des canots pour la descendre et la bien visiter.
Le $°,je suis venu au desbarquement d’en haut des Oumas, où une partie de mes canots sont. J’ay envoyé advertir les autres, dont le monde estoit resté à chasser à l'entrée de la rivière de Marne. Le chef du village et une partie de leurs hommes me sont venus apporter des farines de blé d'Inde.
Le 0°, j'ay renvoyé une de mes pirogues avec dix hommes au fort et plusieurs choses qui me sont inutiles par terre. Tous mes canots m'ont joint, venant de la rivière de Marne, qui est à deux lieues au-dessous de ce desbarquement, qui n'est du village qu'à une lieue ou cinq quarts de lieue tousjours par costeaux. Je donnay à ce village un demi-boisseau
de blé pour semer et des pois, plusieurs pépins d'orange et
de pommes, cotons. Ce desbarquement est esloigné de l’autre