MARS 1700. D'IBERVILLE MONTE AUX NATCHEZ
de dix lieues et demie. J'ay esté coucher à huit lieues de là. Montant aux Natchés, à cinq lieues du desbarquement des Oumas, je trouvay une isle d'environ quatre lieues de tour. Je passay par le petit chenal, qui est à droite en montant. Trois quarts de lieue au-dessous de ce petit chenal, il y a une petite rivière à droite. À deux lieues et demie de cette grande isle, il y en a une petite à gauche. Tout le pays que j'ay passé aujourd'hus noye en 5eaucoup d’endroits de cinq et six pieds ; lepaysn… , ‘us beau qu'en bas, j'entends le bord du fleuve. A une |: eues dans la profondeur, le pays paroist fort haut.
Le ro, j'ay 2 tinué de marcher; sur le midy j'ay trouvé deux isles de demi-lieue de ‘ong: c'est apparemment les trois chenaux dont parlent les relations de ce pays, qu'ils placent à soixante lieues de la mer, et nous à cent vingt-cinq. Je suis venu coucher à quinze lieues du desbarquement des Oumas. La rivière a serpenté beaucoup, courant au nord.
Le r1°, je me suis rendu au desbarquement des Natchés, que je trouve esloigné des Oumas de dix-huit lieues. Une lieue au-dessous de ce desbarquement, il y a une isle de trois quarts de lieue de long. De cetteisle jusqu'au desbarquement, j'ay trouvé plusieurs Sauvages, qui peschent des carpes dans le fleuve, sur un petit eschafaud qui avance dans l’eau de sept à huit pieds. Ils m'ont vendu du poisson blanc fort petit, et des carpes très bonnes, d’un pied et demi de long. Estant arrivé au desbarquement, j'ay envoyé un homme advertir le chef de mon arrivée. Le frère du chef avec une vingtaine d'hommes est venu m'apporter le calumet de paix, et m'a convié d’aller au village. Sur les deux heures après midy j'ay esté à ce village, qui est à une lieue du bord de l’eau. A moitié
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MARS 1700. LE CHEF VIENT AU-DEVANT DE LUI alt
chemin, j’ay rencontré le chef qui venoit au-devant de moy, accompagné d’une vingtaine d'hommes assez bien faits. Le chef estoit fort malade d'un flux, qui est une maladie dont les Sauvages meurent presque tous. A nostre rencontre, ce chef m’a donné une petite croix blanche et une perle qui n’estoit nullement belle, et en a donné autant au père Jésuite, à mon frère et au sieur Duguay.
Nous nous sommes rendus à sa cabane, qui est élevée à une hauteur de dix pieds de haut, de terre rapportée, et large de vingt-cinq et longue de quarante-cinq. Auprès de là sont huit cabanes. Devant celle du chef est le temple, cela forme un rond un peu en ovale, et renferme une place d'environ deux cent cinquante pas de large et trois cents de long. Il passe auprès un ruisseau, d’où ils tirent leur eau. J’ay trouvé là une lettre de M. de Montigny, missionnaire des Taensas, qui en est parti depuis trois jours avec un Canadien pour retourner aux Taensas. [I marque avoir visité la plus grande partie des cabanes de cette nation, qu’il estime au nombre de quatre cents, dans l'espace de huit iieues de pays, sur le bord d’un ruisseau qui arrose ce pays. Il marque y avoir baptisé cent quatre-vingt-cinq enfants depuis une année jusqu'à quatre. Du desbarquement de la rivière on monte une coste d'environ cent cinquante toises, fort escarpée, couverte de bois franc. Estant dessus la coste, on trouve un pays de plaines, prairies, remplies de petits costeaux, en quelques endroits des bouquets de bois, plusieurs de chesnes, et beaucoup de chemins qui se coupent, allant d'un hameau à l'autre ou à des cabanes. Ceux qui ont parcouru trois ou quatre lieues à la ronde disent avoir trouvé partout le mesme pays, du bord de la coste à aller au village du chef. Ce que j'en ay veu, c'est un