MARS 1700, D'IBERVILLE PART POUR LES TAENSAS
pays de terre jaunastre, meslé d'un peu de petites pierres, jusqu’à une portée de canon de chez luy, où commencela terre grise, qui me paroist meilleure. Cette campagne ressemble assez à celle de France. Ce chef est un homme de cinq pieds trois ou quatre pouces de haut, assez maigre, d'une physionomie d'esprit. Il m'a paru le Sauvage le plus absolu que j'aye veu, aussi gueux que les autres, aussi bien que ses sujets, tous grands hommes bien faits, fort desœuvrés, nous marquant beaucoup d'amitié. Je leur ay fait un présent d'un fusil, de poudre et plomb, d’une couverte, d'un capot, de quelques haches, couteaux et rassades; un calumet suivant l'ordinaire de ceux qui vont visiter les autres. Cette langue est différente des Oumas. Il s'en est trouvé un de cette nation qui la parloit. Nous nous sommes entendus par le moyen de mon frère qui commence à se faire entendre en Bayogoula, en Ouma, Chicacha, Colapissa, et les trois nations qui sont dans la branche du fleuve, qui n’est que la mesme, ont peu de différence.
J'ay trouvé le desbarquement des Nadchés par 32 degrez 15 minutes nord, et du desbarquement d'en haut des Oumas à celuy des Nadchés, suivant les détours de la rivière, il y a dix-huit lieues et demie, et en droite ligne je trouve que le rumb de vent est le nord quart de nord-ouest et la distance de onze lieues, et à aller des déserts de l’un à l’autre village suivant les costeaux, environ cinq à six lieues.
Le 12°, à six heures du matin, je suis parti dans un canot d’escorce avec six hommes, pour aller aux Taensas préparer toutes choses pour aller par les terres aux Cenis, laissant mon frère avec le reste de ses gens aux Nadchés, pour y faire des farines de blé d'Inde pour le voyage, où cela se fait plus
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