‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 299 sur 504 · MARS 1700. M. DE MONTIGNY, MISSIONNAIRE · texte numérisé non relu

MARS 1700. M. DE MONTIGNY, MISSIONNAIRE

commodément qu'aux Taensas. J’ay fait aujourd'huy environ huit lieues trois quarts, et passé deux isles d'environ demie lieue de long. Le pays est comme celuy que j’ay desja passé, assez beau, qui noye presque partout, ce que je vois sur le bord de la rivière en passant. Il y a moins de cannes qu'entre les Oumas et les Nadchés.

Le 13°, j'ay continué de monter la rivière, trouvant un pareil pays qu’hier, la rivière plus droite. A midy, je me suis rendu au desbarquement des Taensas, à six lieues trois quarts de ma couchée, où j’ay laissé mon canot et bagage et deux hommes à le garder, et m'en suis allé avec quatre pour gagner un petit lac à une lieue de là, où on prend des canots pour aller au village. Mes guides se sont esgarés, et nous n'avons pu gagner ce lac. Nous avons esté obligés de coucher dehors sans souper, n'ayant porté avec nous que nos armes. J'ay trouvé que du desbarquement des Nadchés à celuy des Taensas, suivant la rivière, il y a environ quinze lieues et demie, et en droite ligne d'un desbarquement à l’autre, j'ay trouvé le rumb de vent est-nord, quart de nord-est, prenant 1 degré 15 minutes du nord, et la distance estre de onze lieues un quart.Je trouvay le desbarquement des Taensas estre par 32 degrés 47 minutes nord.

Le 14° au matin, nous nous sommes rendus au bord du lac, où nous avons trouvé quatre Sauvages qui nous amenoient des canots, ayant entendu nos coups de fusil. Nous avons fait sur le lac environ deux lieues, et nous sommes rendus au village à midi, où j'ay trouvé M. de Montigny, missionnaire, ayant deux François avec luy. Il s'est fait bastir là une maison et se prépare à y faire une église. Il peut y avoir dans cette nation cent vingt cabanes dans l’espace de

Page 1