‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 300 sur 504 · MARS 1700. ENFANTS TAENSAS JETÉS DANS LE FEU · texte numérisé non relu

MARS 1700. ENFANTS TAENSAS JETÉS DANS LE FEU

deux licues, sur le bord du lac. Il y a dans cet endroit un temple assez beau. Cette nation a été autrefois nombreuse, mais à présent ils ne sont pas plus de trois cents hommes. Ils ont de très grands déserts et le terrain fort beau, qui ne noye point, sur le bord de ce lac, qui peut avoir de large un quart de lieue, et de large quatre licues et demie venant du nordest, faisant le tour jusqu'à l’ouest. Le gros de ce village est environ à deux lieues du bout venant de la rivière du Mississipi et vis-à-vis d’une petite qui a de large cent pas, sur le bord de laquelle il y a quelques cabanes sauvages.

Je raisonnay avec ces Sauvages des nations qui sont à l'ouest d'eux et de la rivière de Marne, surtout avec un Sauvage Ouatchita, qui avoit été aux Cadodaquio et à des establissements espagnols. Il fait les chemins fort difficiles, le tout par terre; je luy ay demandé s’il voudroit nous y conduire, à quoy il a consenti, après luy avoir promis de le bien payer. M. de Montigny me servoit d'interprète, qui les engagea à faire ce que je souhaite d'eux.

Le 15°, je m'en suis retourné avec M. de Montigny au desbarquement, où j'avois laissé mon canot pour y attendre mon frère et tous mes gens.

Les 16° et 17° il a plu et tonné beaucoup, la nuit du 16° au 17° la foudre est tombée sur le temple des Taensas et va mis le feu qui l’a entièrement bruslé, Ces Sauvages, pour apaiser l'esprit, qu'ils disent estre fasché, jetèrent cinq petits enfans au maillot dans le feu du temple. Ils y en auroient jeté plusieurs autres sans trois François qui y accoururent et les en empeschèrent. Un vieillard de soixante-cinq années environ, qui estoit comme le principal prestre, estoit auprès du feu, criant à haute voix : « Femmes, apportez vos enfans

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