‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 302 sur 504 · MARS 1700, CÉRÉMONIE DEVANT LE TEMPLE · texte numérisé non relu

MARS 1700, CÉRÉMONIE DEVANT LE TEMPLE

lard la passèrent à chanter dans la cabane du nouveau chef, et le jour elles restoient aux costez de la norte, en veue de tous les passants.

Le 18°, il a plu une partie du jour; mon frère est arrivé sur le soir et tout mon monde.

Le 19°, mon frère et le sieur de Saint-Denis s'estant préparés à partir avec vingt hommes pour aller par les terres aux Senis, je n’ay pu faire ce voyage à cause d’une douleur de genoux qui m'empesche de marcher.

Le 20°, j'ay esté au village avec mon frère et ces vingt hommes. J'ai fait partir M. du Guay dans un canot pour retourner au fort et de là aux vaisseaux advertir de mon retour.

Sur les six heures du soir le grand prestre Sauvage a continué de faire une cérémonie devant le nouveau temple, qu'il a faite tous les jours depuis que l’autre est bruslé, laquelle cérémonie a duré huit jours de suite. Trois jeunes gens, de vingt années, apportèrent chacun un fagot de branches de bois sec, qu'ils mirent devant la porte du temple, esloigné de dix pas. Un homme de cinquante années environ, qui avoit soin de la garde de ce temple, vint avec un flambeau de canne, et accommoda ce bois l’un sur l’autre pour le faire brusler facilement. Après quoy il fut dans le temple allumer son flambeau au feu, qui y brusle toujours, et s’en vint auprès du fagot de bois, où le grand prestre le voyant, qui estoit à trente pas de là, à la porte de la cabane du chef, s’en vint d’un pas grave, tenant un oreiller de plume, couvert de cuir, assez gros, à la main gauche, et un petit baston à la droite, dont il

frappoit sur l’oreiller, comme pour marquer la cadence d’une chanson, qu’il chantoit. Il estoit suivy des cinq femmes qui avoient jeté leurs enfants dans le feu du temple, qui portoient

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