‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 303 sur 504 · MARS 1700, L'ABBÉ DE MONTIGNY VA S'ÉTABLIR AUX NATCHEZ · texte numérisé non relu

MARS 1700, L'ABBÉ DE MONTIGNY VA S'ÉTABLIR AUX NATCHEZ

avec les deux mains un paquet de mousse mouillée, qui est en ce pays là comme une filasse. Estant rendu près du fagot de bois, celuy qui y estoit l’alluma, et l'ancien, avec les femmes, en fit trois fois le tour, toujours chantant, après quoy elles se jetèrent sur le feu, frappant dessus avec leur mousse mouillée pour l'esteindre. Ce qu'ayant fait, le vieillard s'en retourna, et elles s’en furent se laver dans le lac devant tout le monde qui les voulut regarder, et s'en vinrent à la cabane du chef, où, jointes au vieillard, elles chantèrent toute la nuit pendant les huit jours. Quelques-unes de ces femmes, marchant autour de ce feu, voulurent rire ct dire quelque chose, dont le vieillard les reprit sévèrement.

Le 21°, il a plu une partie du jour; mon frère n’a pu partir. Je me suis rendu à mes canots, où j’ay fait porter toutes les affaires de M. de Montignv, qui vient s’establir aux Nadchés, sans abandonner les Taensas, où il doit mettre un missionnaire qu’il attendoit du Canada.

Le 22°, M. de Montigny m'a joint sur le midy, ayant veu partir mon frère sur les huit heures du matin avec un Chaouanon, un Ouachita, qui est son guide, et six Taensas, qu'il luy a fait donner pour luy ayder à porter son bagage.

Je suis party sur le midi et suis venu coucher au desbarquement des Nadchés, sur les neuf heures du soir, où j'ay trouvé mes trois pirogues, que je fis partir hier.

Le 23°, j'ay esté au village avec M. de Montigny, voulant parler au chef sur la guerre qu'ils ont avec les Chicachas. J'ay trouvé ce chef mourant et tous ses gens en tristesse; ils ont paru fort aises de voir M. de Montigny s'establir avec eux, où je l’ay laissé avec ses deux valets, et suis party sur les

deux heures, mes pirogues l’estant dès le matin.

Le] Ju

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