MARS 1700. TONTY REMONTE AUX ILLINOIS
Le 24°, j'ay rencontré M. Le Sueur à six lieues au dessus des Oumas, avec ma felouque chargée de tous ses effets, Je la luy ay laissée, ne pouvant pas monter cette année, sans cela, que très difficilement. Je luy ay aussi fait donner un grand canot d’escorce de ces Canadiens descendus d’en haut, leur promettant de leur donner une pirogue légère à la place. Je luy ay laissé mon maistre de felouque, et donné un ordre pour prendre un Canadien dans une pirogue, qu’il doit rencontrer, en ayant manqué une, qui doit passer la nuit où il y en avoit trois que je lui mandois de prendre. Il n'emmène avec luy que cinq de mes gens. Je me suis rendu, sur le soir, au desbarquement d'en haut des Oumas, où j'ay trouvé M. de Tonty et le sieur de La Ronde.
Ne voyant point d'apparence de pouvoir faire prendre ces Anglois qui sont aux Chicachas, estant plusieurs, au rap-
port des Taensas qui en arrivoient, j'ay fait partir sur le
champ le sieur de La Ronde pour aller aux vaisseaux avec quatre hommes, pour advertir que l’on ne m'envoyast pas les bestiaux que j'avois demandés, par le lac de Pontchartrain, dans le Mississipi, y voyant trop de difficultés pour les mener de là au fort. à
Le 25° au matin, je suis party pour les Bayogoulas. Le Père Jésuite laissant aux Oumas son valet pour y bastir une église, M. de Tonty s’en retourne aux Illinois. Je l’ay chargé de quelques présents pour faire aux Tonicas et au chef des Chicachas qui y doivent venir, leur voulant faire parler là
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par le moyen de M. Davion, missionnaire. J’ay char M. de Tonty de leur dire que nous estions habités sur le Mississipi, amis de toutes les nations des environs, avec lesquelles nous estions en commerce de toutes choses ; qu’il ne
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