‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 307 sur 504 · MARS 1700. PROTESTATION DES ESPAGNOLS · texte numérisé non relu

MARS 1700. PROTESTATION DES ESPAGNOLS

que nous fussions de la part de quelque compagnie; qu'’estant de la part des testes couronnées, il avoit ordre de ne leur rienfaire. Il avoittrouvé le traversier, que j'envoyois à Pensacola et à Apalache, vis-à-vis de la Mobile, qui luy avoit rendu mes lettres, et il luy avoit dit qu’il n’avoit que faire d'aller à Apalache, que le gouverneur qui y estoit relevoit de luy, que sa commission estoit faite et qu'il s'en pouvoit retourner. Ce gouverneur m'a laissé par escrit une opposition aux establissemens que je fais, disant que c'est aller contre la bonne intelligence qui se trouve entre les deux Couronnes que de venir prendre un pays qui appartient au Roy d’Espagne et est du gouvernement du vice-roy du Mexique; qu'il doit en informer incessamment, me priant de ne point faire d’autres establissemens en ces contrées jusqu'à ce que son Roy en soit informé, le tout, autant que nous pouvons déchiffrer une copie assez mal faite que M. de Surgère m'a laissée, ayant emporté l'original et la response du gouverneur aux lettres que je lui escrivois par le traversier sans m'en avoir laissé de copie.

Ce gouverneur est venu à nos vaisseaux, où il a esté régalé magnifiquement, et on luy à fait beaucoup d'honneur. Ils ont assez fait connoistre qu'ils ne gardoient Pensacola que parce que nous estions à cette coste, où ils ne croyent pas que nous puissions rester, n’y ayant point d’autre port que Pensacola, qui ne vaut rien, qu’ils abandonneroient si nous nous retirions, à ce qu’ils disent.

Je ne doute pas que leur dessein ne fust de nous chasser de cette coste et de destruire notre establissement. Ils s’estoient préparez pour cela; ils ne croyoient pas nos vaisseaux

là, car ils y seroient venus plus forts. Le traversier a esté

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