AVRIL 1700. VILLAGE DES PASCOBOULAS
du soir, à une cabane à gauche en montant, où j'ay trouvé deux Sauvages et trois femmes qui ensemençoient du blé d'Inde et des fèves. Il n’y a pas plus de huit jours que Îles caux sont baissées et retirées de dessus la terre; elles ont monté cette année beaucoup. Les Sauvages nous marquent qu'elles n’ont pas coustume de monter toutes les années comme cela. Ces Sauvages s’en sont allés à leur village de Pascoboula, qui n’est qu'à deux lieues plus haut.
Le 29°, je me suis rendu, sur les sept heures du matin, au village, dans lequel il y a environ vingt familles, Cette nation a été destruite, comme l’autre, par les maladies; le peu qui en est resté sont gens bien faits, surtout les femmes : elles sont les mieux faites que j'aye veues dans ce pays. Ayant sceu que je devois venir à leur village, ils m'avoient fait une cabane toute neuve. On va de ce village au fort en un jour par terre. J'ay beaucoup raisonné avec eux du pays des Chaquitas et de cette nation, qui a plus de cinquante villages. De la manière qu'ils en parlent, il faut qu’il y ait plus de six mille hommes ; ils sont à cinq jours de marche de ce village, droit au nord. Le village de la Mobile est à trois jours d’icy, au nord-est ; il y a, dans ce village, trois cents hommes. Les Tohomés en sent à une journée, sur la mesme rivière de la Mobile, et sont trois cents hommes.
Le 30°, à huit heures du matin, je suis parti de ce village pour m'en retourner au fort. J’ay laissé à ce village deux de mes gens pour aller, avec le chef de cette nation et son frère, aux Chaquitas et aux Tohomés et à la Mobile, auxquels j’envove, à chacun, un présent, les invitant de venir me voir, voulant estre de leurs amis. Je suis venu coucher à deux lieues du bord de la mer.
428 MAI 1700. COLAPISSAS
Le 1‘ du mois, j'ay sondé toutes les entrées de cette rivière, qui se perd, à une demi-lieue de la mer, dans plusieurs isles, qui sont autant de chenaux dans lesquels on ne trouve que deux ou trois pieds d’eau. Il n’est pas possible d'y faire
une entrée pour des barques. J'ay ramené avec moy trois
hommes que j'avois menés pour ensemencer le désert du village des Biloxys, ces hommes estant retombés malades des fièvres, qu'ils ont depuis France que je les ay embarqués malades. Je me suis rendu à bord à deux heures après midi.
Le 5°, le traversier est revenu; il a trouvé dans la passe, entre l'isle du Massacre et celle qui est à l’est d'icy, vingt-cinq et trente pieds d’eau, l'isle fort saine; mais, à trois quarts de lieue au large de cette passe, il a trouvé un banc sur lequel il n’y a que quinze pieds.
Le o° au matin, M. Levasseur-Russouelle est arrivé avec une biscayenne, venant des Colapissas, dont il a amené le chef et sa femme, et douze de ses gens. M. de Sauvole est allé au fort en canot d’escorce. Ils ont esté à ce village par terre de la baye de Saint-Louis, où ils avoient quitté leurs chaloupes et canots. Ils ont trouvé un très mauvais chemin, les eaux ayant desbordé par dessus toutes les rivières et ruisseaux. M. de Sauvole y a perdu son valet, qui s'est noyé passant une rivière à la nage. Ils ont trouvé beaucoup de bœufs en y allant, et ont apporté les peaux de deux vaches qu'ils avoient tuées près des chaloupes. Ils n'ont pû faire pescher des perles, les eaux estant trop grosses; elles se prennent dans les rivières. J’ay fait partir le traversier pour aller au fort du Mississipi, où je crois que mon frère doit arriver bicntost, pour en ramener vingt Canadiens qui doi-
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