AVRIL 1700. CABANES DE LA NATION DES NAKASAS
pirogues des Sauvages à ces cabanes. Mes gens furent à la chasse et tuèrent six chevreuils.
Le 15°, mes gens sont revenus et m'ont amené trois pirogues, dans lesquelles nous nous embarquons, et avons fait le nord quart nord-est quatre lieues, et sommes arrivés à l'autre costé du lac, où nous avons couché.
Le 16°, nous avons laissé nos pirogues et marché, le long du lac, sur un costeau de beau pays et bois, où on a tué cinq chevreuils en chemin faisant, et fait trois lieues et demie au nord-ouest, passant plusieurs costeaux assez hauts, pleins de petites pierres. Nous tirasmes plusieurs coups de fusil pour advertir les Sauvages, qui estoient cabanés de l’autre costé d'un lac à une lieue de nous au ouest-surouest, qui sont venus dans une pirogue, cinq hommes, pour descouvrir qui nous sommes. Nos guides les ayant appelés et fait venir, je me suis embarqué dans leurs pirogues avec deux de mes gens, laissant trois de ces Sauvages à ma place. Je fus à leur cabane, qui estoit pleine d'eau. Les eaux estant dessus la terre, ces Sauvages estoient cabanés sur des eschafauds; il y avoit là quinze cabanes dispersées de la nation des Nakasas, qui sont sur le bord de la rivière de Marne. J'envoyay chercher les pirogues des cabanes; il ne s'en est trouvé que trois fort petites, que j’envoyay à mes gens.
Le 17° au matin, j’ay renvoyé les pirogues à mes gens, qui se rendirent sur le midi. Aussitost je partys dans deux pirogues pour aller aux Yactachés, coupant au travers des bois au plus court, la rivière ayant dégorgé et noyé plus de deux lieues dans la profondeur. La nuit nous a pris vis-à-vis d’un petit village de Nakasas de huit cabanes, sur le bord de la rivière de Marne, à gauche, où nous fusmes coucher. La