‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 335 sur 504 · JUILL.-AOUT 1099. MAUVAIS EFFETS DE L'EAU-DE=VIL · texte numérisé non relu

JUILL.-AOUT 1099. MAUVAIS EFFETS DE L'EAU-DE=VIL

sorouest qui règne par les grandes chaleurs, on seroit mort en ce pays.

Le 21° de ce mois, il est arrivé quatre Sauvages de la nation des Pascoboulas, qui, ayant passé une nuit parmi nous, ont reparti chargés selon eux de nos présens, qui ne sont que très minces.

Quant au sujet de l’eau-üe-vie, je n’en puis parler qu'avec aigreur, et dire que c’est la plus pernicieuse boisson qu'il y ait tant pour la santé, que pour les discussions et querelles qui en proviennent. Elle ruine le corps, abrutit l’homme; quelque

précaution que j’aye pu prendre, il ne m'a pas esté possible

de leur faire boire leur ration journellement. Ils la prennent pourtant de mesme; mais ils ont le secret de la cacher si secrètement, qu'on ne sçauroit la déterrer pour la boire, quand ils en ont assez accumulé. S'il estoit possible d'envoyer du vin suffisamment ou assez de grains et de mélasse pour faire de la bière, ils s'en porteroient bien mieux, et cela nous exemptcroit de faire des punitions qui, estant de sang-froid, nous sont espargnées. Le vin ne fait point le centiesme effet.

Le commencement d'aoust a esté le plus beau du monde. Il cest arrivé le 8° une pirogue, dans laquelle il y avoit sept Sauvages de la nation des Pascoboulas, parmi lesquels le chef de cette mesme nation y cestoit, qui s'appelle Chenoua. Ils sont establis sur la rivière de la Mobile. J'avois dans mes instructions de faire beaucoup de caresses à ces nations, s'il en venoit, et leur donner un fusil, ce que j'ay fait. Ils vont indubitablement voir les Espagnols, car ce chef avoit un de leurs mousquets; outre le fusil, je luy ay donné un sabre, un chapeau brodé, un capot, un plumet et autres

présens pour les siens; ils se sont si bien trouvés parmi nous

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