‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 347 sur 504 · Je lis ici Scsara, ailleurs Siscara · texte numérisé non relu

Je lis ici Scsara, ailleurs Siscara

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tend s'estre emparé et avoir pris possession avec vingt-cinq soldats et un chapelain, je ne vois pas que ce puisse estre dans la baye du fort de Biloxi, où on ne les auroit sans doute pas soufferts sans qu'il s'y fust passé quelque chose dont il rendroit compte, quoyque je voye par la suite que c’est de cette place dont il prétend parler, dont il auroit eu dessein de nous chasser, en n’amenant pour cela que des petits bastimens propres à y entrer. Il prétend y avoir semé des graines et en avoir vécu du fruit.

Il ajoute que cette entrée n’a que cinq cent cinquante verges de large, que ce lieu est avantageux à establir, que c’est le meilleur endroit du golfe et que nous y sommes establis, qu'il y a trouvé une carrière près du rivage. A tout cela, je ne connois point la baye où est le fort de Bilocci que par le peu d’eau qu’il y a à son entrée, qui est sept pieds, et dedans six à sept. Au lieu de cinq cent cinquante verges de large à son entrée, elle atrois quarts de lieue, où nous n’avons point veu de pierre qu'à quatre lieues de là, sur une batture à une lieue au large.

Je ne voy pas par quel endroit ils voudroient faire là un establissement, ayant Pensacola et la Mobile. Si j'y en ay fait un, c’est que je n’ay pu le faire ailleurs la première année, et que je n’avois pas Pensacola ny la Mobile, comme ils l'ont. Cette baye du fort de Biloxi n’est bonne que pour y placer quelque habitant, qui éleveroit des bestiaux et couperoit des masts, qu’il meneroit à l’isle du Mouillage, où les vaisseaux les chargeroient et du bois propre à faire des barreaux de navires et courbes et bois des cultures et des planches de pin.

Pour la lettre qu'il escrit au Roy, sans date ny marque du lieu d’où il l’escrit, que je crois estre apparemment du lieu où

il a escrit sa lettre datée du 24° janvier mil sept cent un, de

la baye Saint-George, ne connoissant point cette baye, je n'en diray rien.

Comme il me paroist que ce qu’il dit de cette fortification à faire paroist avoir quelque rapport au havre de Pensacola, je respondray sur les articles dont j'ay quelques connoissances, qui sont très petites, n’ayant point esté à terre pour y examiner la différence d’un terrein à l’autre.

Ils avoient construit leur fort à gauche en entrant, à trois quarts de lieue de la Barre, sur laquelle je n'ay pas trouvé moins de vingt-deux pieds d’eau, et où on ne trouve pas, de mauvais temps de chûte 4e mer, deux pieds pour un grand navire, la mer y estant fort courte, de manière qu’un vaisseau qui tireroit dix-neuf à vingt pieds d’eau y peust entrer. Ayant dépassé cette barre, on peut mouiller huit et dix navires par cinq, six et sept brasses d’eau, hors de la portée du canon, à moins que de les tirer à toutes volées, et encore plusieurs n'iroient pas au vaisseau.

Premier article, où il marque que le fort n’est pas fait au plus cestroit de l'entrée. S'il estoit plus avant dans la baye, où peut cstre le plus estroit, cela mettroit hors d’inquiétude du canon les navires, qui pourroient mouiller à l’abry de la barre, d’où ils pourroient empescher ce secours d'entrer dans le havre et former là l’ordre d'une descente à terre, s'ils estoient les plus forts. La hauteur sur laquelle est ce fort n’est point trop élevée. Pour bien bastir dans ce canal, la despense de mettre un terrain comme celuy-là à fleur d’eau dans un lieu où l’on n’a pas toute la commodité et le monde, seroit d’une longue haleine et cousteroit considérablement, ct seroit un vray travail d'ingénieur, qui ne demande que de grands travaux et grosses despenses.

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Quatriesme article, où il dit que le sable est mouvant, ce qui a fait pourrir les pieux et les logemens, où il en faut faire d'autres, et, si on les veut faire de pierre, il faut creuser neuf verges pour aller au plan horizontal. Je diray que cela cousteroit beaucoup et n'est point nécessaire. Un canon n'est point trop élevé de neuf verges pour battre à quatre, cinq ou six toises, où est le chenal.

Sixiesme article, où il parle du mauvais temps qu'il y a sur cette coste, qui empescheroit de descharger les vaisseaux; je diray que toutes sortes de navires, que l'on pourra envoyer à cette coste, comme de soixante-dix canons, y peuvent entrer et estre en lieu d’estre deschargés, estant au dedans de la barre, quelque temps qu’il fasse.

Septiesme. Il prétend que le chasteau ne commande pas sur mer à plus d'une portée de pistolet. Si ce qu'il dit là est, ce n'est pas infailliblement de Pensacola dont il parle, car ce fort est à descouvert de la mer,quoyqu’il y ait une pointe qui le couvre; mais il commande, cette pointe estant plus élevée. Je ne diray rien sur l’establissement qu'ils (sic) voudroient faire plus à l’est, sur la pointe qu'ils nomment Aguero, si c’est la pointe qui est de l’autre costé du havre, à l’est du fort, sous laquelle les navires mouilloient, où est le carénage, où le terrain m'a paru du sable et très peu de bois. Je n'ay pas assez approché de cet endroit pour en parler.

Si tout ce qu’il dit de ce lieu est vray, il seroit fort avantageux pour tous pour empescher les navires de mouiller au dedans de la barre, où le canon de la pointe à droite, en entrant près du carénage, ne porteroit pas. Il parle de la bonté des terres des environs de là, du nombre desquelles il met Apalache, qui en est à plus de soixante lieues à l’est.

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