‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 379 sur 504 · MARS 1702. D’IBERVILLE VA AUX TOHOMÉS · texte numérisé non relu

MARS 1702. D’IBERVILLE VA AUX TOHOMÉS

pied. Ces habitations sont dans des isles, dont cette rivière est pleine pendant treize lieues. Il s'est fait montrer par un Sauvage le lieu où sont leurs dieux, dont toutes les nations des environs font tant d’histoires, et où les Mobiliens venoient offrir des sacrifices. Ils prétendent qu'on ne peut les toucher sans mourir sur-le-champ, qu’ils estoient descendus du ciel. Il a fallu donner un fusil au Sauvage qui les a montrés. Il n’en approcha qu’à reculons et à dix pas. On les trouva à force de chercher sur un petit costeau dans des cannes, près d’un ancien village qui est destruit, dans une de ces isles. On les a apportés. Ce sont cinq figures : une d'homme, une femme, un enfant, un ours et un hibou, faits de plastre à la ressemblance des Sauvages de ce pays. Pour moy, je crois que c’est quelque Espagnol qui, du temps de Soto, avoit tiré en plastre la figure de ces Sauvages. Il paroist qu’il y a longtemps que cela est fait. Nous les avons à l'establissement ; les Sauvages, qui les voyent là, sont surpris de nostre hardiesse et que nous n'en mourions pas. Je les porte en France, quoyque chose peu curieuse.

Le 6°, j'ay esté visiter plusieurs de ces isles et chercher quelque endroit où il y eust un ruisseau, pour faire un moulin à scie et pour establir une tannerie, sans en avoir trouvé ; tous les terrains sont parfaitement beaux à establir.

Le 7°, je renvoyay les chaloupes avec le mast pour le Palmer tout fait. On en peut prendre un très grand nombre en ce lieu.

Le 9°, je suis party dans une felouque pour aller aux Tohomés, J'ay esté coucher à cinq lieues de là; on trouve la fin des isles à trois lieues au-dessus de l'Establissement.

Depuis l’Establissement, j’ay trouvé presque partout, des deux IV, 33

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bords, des habitations sauvages abandonnées, où il n'y a qu'à placer des habitants, qui n'auront que des cannes ou roseaux, ou ronces, à couper pour ensemencer; larivière, au-dessus des isles, à une demi-lieue de large et cinq à six brasses d’eau.

Le 10°, j'ay esté coucher chez les Tohomés que je trouvay esloignés de l’establissement de huit lieues, à suivre les détours de la rivière. Les premières habitations, appelées Mobiliens, en sont à six lieues. Ces deux nations sont establies le long des deux bords de la rivière et dans des isles et petites rivières, séparés par familles; quelquefois ils sont quatre et cinq et jusqu’à douze cabanes ensemble. Ils sont fort laborieux, travaillant beaucoup à la terre. La plus grande partie de leurs habitations noyent aux grandes eaux pendant huit à dix jours. Le village des Tohomés, c'est-à-dire du Petit Chef, où il y a environ huit ou dix cabanes ensemble, est par la latitude de 31 degrez 22 minutes. Ils ont des chemins de communication des uns aux autres; cela peut estre de l’'Establissement, que nous nommons la Mobile, à six lieues et demie au nord 1/4 nord-est. Suivant ces costeaux, on vient facilement à ces villages; les chemins de charrette seront faciles à faire; on peut y aller et venir à présent à cheval. Le flux et le reflux vient jusqu'aux Tohomés, quand les eaux sont basses. Par le nombre des habitations que j'ai veue: abandonnées, il faut que cette rivière ayt esté bien peuplée. Ces Sauvages parlent la langue des Bayogoulas, du moins il

y a peu de différence. Ils sont dans ces deux nations

350 hommes.

Le 11°, je suis revenu au fort, où j'ay trouvé M. de Jourdy, qui a amené M. de La Salle et sa famille, comme aussi des lettres de Pensacola. Le gouverneur me demande des vivres.

n'y a qu'à | roseaux, lessus des es d’eau.

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IX nations

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