‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 380 sur 504 · MARS 1702. D'IBERVILLE COMMENCE LA VILLE DE MOBILE · texte numérisé non relu

MARS 1702. D'IBERVILLE COMMENCE LA VILLE DE MOBILE

n'en ayant point du tout. On luy a déjà donné cinquante barils de farine.

Le 12°, j'envoyay M. de Jourdy aux Mobiliens et Tohomés, avec deux felouques, acheter du bled d'Inde. Le soir M. de Becancourt et Chateaugué sont arrivés chargés de vivres. Le 13°, je les ay renvoyés.

Le 14°, M. de Jourdy est revenu, les deux felouques chargées de bled d'Inde; la pluye les a empeschés de revenir hier. Il pleut depuis trois jours.

Le 16°, je renvoyay une des chaloupes acheter du bled.

Le 17°, les deux pinasses sont arrivées chargées. Il a tombé quantité de pluye depuis six jours, ce qui a beaucoup interrompu nos travaux.

Un maistre tanneur, que j'ay amené en ce pays, s'estoit esgaré dans les bois depuis quinze jours. Il a esté retrouvé par deux de nos chasseurs sur un beau costeau, au pied d’un arbre, proche une fosse qu'il s'estoit faite, au bout de laquelle il avoit planté une croix, où il avoit escrit son aventure, [l n’avoit plus figure d'homme, ayant esté douze jours sans manger, ne buvant que de l’eau.

Le 10°, à neuf heures du soir, d'Ambournes est arrivé, envoyé exprès par M. de Tonty, des Chactas, d’où il estoit party le 14° au matin pour m'advertir de son retour et qu'il avoit réussy et amenoit les chefs des Chactas et Chicachas. Il a plu si abondamment qu'une poudrière presque achevée a esté remplie d'eau et les terres esboulées dedans; il faut recom-

mencer de nouveau, le travail de dix hommes pendant douze jours estant perdu par là.

Les 20°, 21°, 22e et 23°, je travaillay à tirer les alignemens des rues de la ville et donnay des emplacemens; les

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