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LE CANADA ÔTE AU MISSISSIPI HUIT MILLE SAUVAGES

Si on leur permet cet establissement, il ne faut point prendre de mesures pour attirer les Illinois hors de leur pays, ny que l’on tire d'eux aucun secours que du costé du Canada pour le commerce du castor.

Nous ne serons pas maistres de leur faire faire la paix avec les Sioux, qui la recherchent ct ont fait des avances pour cela. Les Renards et les Kikapous et Mascoutins seront encore pris. Il ne faudra pas penser à aller chez les Sioux, estant exposez à rencontrer toutes les nations qui sont depuis les Illinois jusques au Lac Supérieur, qui sont dans l’est du Mississipi, qui nous insulteront comme ils ont fait.

S'il est vray que ces messieurs du Canada ayent trop de castors et qu'ils en soyent surchargés, pourquoy en vouloir faire venir de si loin d'eux, qui leur coustent de grosses despenses, entretiennent par là des Canadiens dans les courses des bois et dans le désordre que l’on veut empescher, sans avoir des establissemens à cinq et six et sept cents lieues d’eux pour oster au Mississipy plus de huit mille Sauvages dont ils ne peuvent tirer aucune utilité que le commerce de castor, au lieu qu’au Mississipy, outre le commerce que l'on fera avec eux, on s’en servira contre les Anglois.

Ne peut-on pas trouver un milieu à cela, qui est que le Canada n'aye point d’establissement plus ouest que le Détroit, où iront en commerce les Sauvages qui voudront faire du castor, soit du Mississipy ou d’ailleurs, sans que l’on aille chez eux les chercher, ce qui est un désordre très grand et la perte du temps des François occupés à ce commerce, au lieu que ce seroit le temps du Sauvage perdu, dont nous ne devons pas nous soucier.

Ayant placé, comme je le proposay, les Illinois à l'entrée

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