IL RECHERCHE LA FOURCHE DU FLEUVE
dix heures, distant des Bayogoulas de trente-cinq lieues. Je fus dans le village, que je trouvay à deux lieues et demie dans les terres, où je fus bien receu et où je ne peus rien sçavoir que ce que j'avois sçeu à l'autre; ils me parlèrent fort de Tonty, qui avoit couché plusieurs nuits chez eux et qui leur avoit fait des présens.
Le 21°, je m'en revins joindre mes chaloupes, assez embarrassé de ce que je devois faire, me voyant à près de cent trente lieues des navires et cent de la mer, n'ayant plus de vivres que du bled d'Inde, sans viande ni graisse, mes gens très fatigués et hors d'espérance de trouver de fourche, un courant très rude à refouler. Appréhendant que les Oumas n’eussent les mesmes raisons que les Bayogoulas, je leur fis connoistre que je sçavois qu’il y avoit une fourche, où je voulois aller pour faire descendre à la mer par là une partie de mes gens, que cette fourche devoit estre près d’une rivière qui vient de l’ouest qui tombe dans le Malbanchia, qu'ils me nommèrent Tassenocogoula, que je voulois aller voir les Naché ou Telhoel, qui est la première nation au-dessus de chez eux, où ils s’offrirent de me mener, et pour cela me donnèrent un canot avec six hommes, et je partis le 22°, Je pris
dans ma chaloupe un Taensa qui connoissoit le pays, ayant
esté jusques aux Acansas, pour le questionner séparément des autres et luy faire faire des cartes du pays. Il m’assura qu'il n'y avoit point de fourche des Oumas aux Akansas, me marqua toutes les rivières qui tombent dans le Malbanchia depuis les Akansas, me parla de celle de la Sablonnière, qui se nomme Tassenocogoula, et des nations qui sont dessus, chez lesquelles M. Cavelier passa, s’en venant de la baye Saint-Louis. Ne pouvant douter que tant de Sauvages peus-