‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 8 sur 504 · SR PRE · texte numérisé non relu

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Majesté à aucuns frais ny faire les despenses excessives que l’on a creu indispensables et qui ont rendu le voyage du sieur de La Salle infructueux après sa mort, plusieurs personnes qui sembloient devoir le continuer préférant le commerce et leurs propres intérests à la gloire du Roy, y ayant laissé sans secours plusieurs familles qui s'estoient embarquées avec le sieur de La Salle pour commencer l’establissement de cette descouverte, quoyqu'il fust facile de les assister, Le sieur de Manthet et moy depuis cinq ans travaillons avec attache, pour trouver un moyen assuré de restablir cette entreprise dans sa première splendeur et nous estant réglez sur les fautes d’autruy nous n'avons pas voulu nous ouvrir, que la nécessité ne nous parust assurée. Pour y parvenir, nous avons consulté quantité de Sauvages de différentes nations, afin de prendre des mémoires et des connoissances certaines et véritables des pays que nous souhaitons enlever, les quels mémoires nous avons examinez avec les journaux de plusieurs François, qui y ont esté tant avec M. de La Salle que depuis. Les Sauvages nous ont donné le plan du pays en général, celuy des establissemens des Espagnols en particulier, la quantité des Sauvages, leurs alliez, qui sont en petit nombre vers les mines, à cause qu'ils les y font travailler, et le détail et les noms des Sauvages qui leur font la gucrre, qui sont très nombreux et ne respirent que l’occasion de se venger des cruautez qu'ils exercent sur eux, lorsqu'ils en peuvent attraper, soit par force ou par finesse, Ils nous ont désigné les mines, leurs forteresses qui sont faciles à prendre, quelques unes estant de pierres, et d’autres de pieux, avec peu de personnes pour les garder; des mulets chargez

de leurs richesses, qu'ils nomment pierre blanche dans des

paniers au nombre de plus de soixante, qu'ils dépeignent sur de l’escorce de la mesme maniere que les nostres de France, avec leurs anneaux, conduits par huit ou dix hommes armez de carabines, qu'ils mettent sur le bast des mulets dans leur route. Ils adjoustent qu'ils font deux fois l’année le voyage des mines au bord de la mer, et dans différentes saisons, où de grands navires reçoivent ce qu'ils portent. Les Sauvages les attaquent souvent et ils se contentent de lever une chevelure et fuyent au premier coup de fusil, dont le bruit seul les estonne, n'en ayant pas l'usage non plus que du fer. Ils rapportent quelques fois de leurs guerres des ustensiles, servant aux Espagnols, comme tasses, cuillers et morceaux d'argent en lingot qu'ils accommodent à leurs usages avec des pierres, lorsqu'ils sont de retour dans leurs villages.

C'est un reproche que souvent nos alliez, c'est-à-dire ceux qui sont depuis longtems avec nous, nous font, connoissant l'estime que nous avons de l’or et de l'argent et mesme de certaines pierres bleues que nous nommons Turquoises, dont ils ont l'usage pour se parer. « D'où vient, disent-ils, que cette nation qui est si cruelle aux Sauvages profite d’un bien que vous pouvez avoir, comme eux, puisque vous avez des fusils, que vous estes guerriers et qu'ils ne le sont pas. Il faut que vous soyez amis, puisque vous ne les tuez pas pour profiter d’un métal, que vous aimez avec tant de passion. Ce sont des hommes sans cœur, qui ne sortent de leurs maisons qu'après que le soleil est couché, qui ne sçavent point aller dans les bois ny en canot et n'ont des fusils que pour faire du bruit. » |

Tous les Sauvages se joindront volontiers à nous dans cette entreprise pour se venger des Espagnols. Ils ne souhaitent

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