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qu'une occasion aussi favorable que celle cy pour faire un party considérable, afin d'enlevr une ville. Les François ne demandent qu'une permission, par la connoissance qu'ils ont du peu de bravoure des Espagnols, de la fertilité du pays, jointe à la possibilité de réussir, dont ils sont persuadez, plusieurs en ayant fait le chemin, et ayant l'assurance certaine de faire de gros profits tant en attaquant les mines, qu'en attendant le convoy des mulets.
La réussite en est d'autant plus assurée que les Espagnols, nos voisins du Mississipi, sont gens indolens, soit vers les mines ou vers Panuco, qui, ne craignant aucune incursion d'Européens, estant enfoncez dans le plat pays et se croyant à l'autre bout du monde, ainsi prévenus qu’on ne peut les aller trouver que par mer, dont ils sont presque à l'abri à cause des gardes du bord de la mer qui advertissent, lorsqu'ils aperçoivent des navires, ce qui leur donne tems de se rassembler, ils n'ont que de foibles défenses du costé de ceste terre ferme, sans aucune expérience du combat. Jugez s'il sera diflicile avec plus de deux mille hommes, dont le party sera composé, de les y forcer.
Dans la certitude où nous sommes de nous rendre les maistres, si Sa Majesté désire nous accorder cent Francois, du nombre des quels il y aura vingt soldats choisis, nous promettons enlever et prendre quelque place sur les ennemis de Sa Majesté dans le Mexique, de porter la terreur du nom de Louis le Grand dans un pays, où il paroist presque esteint, à nos frais et despens, sans qu'il en couste rien au Roy, estant persuadez des grandes et considérables despenses qu'il fait non seulement en France mais aussi en Canada. C’est pourquoy pour concourir à un si noble ouvrage, nous supplions
humblement Sa Majesté denousaccorder ce nombre d'hommes que nous luy demandons, avec une avance des choses nécessaires, pour engager les nations avec nous par des présens considérables et des peuples qui n’ont aucun commerce avec les Européens. Ce sera un moyen efficace pour tirer des Sauvages des connoissances qui sont entièrement nuisibles aux Espagnols et advantageuses à la France, d'autant qu’il est très facile de parvenir à nostre entreprise, suivant nostre projet, moyennant que Sa Majesté veuille nous accorder pour nostre expédition le mémoire suivant, que nous espérons payer au retour de nostre voyage au prix de France :
Six milliers de poudre fine.
Huit milliers de balles et de plomb.
Cinquante grosses de cousteaux.
Mille livres de tabac.
Cinquante grosses de grelots.
Cinquante douzaines de bracelets.
Six cents livres de rassade assortie petite et grosse. F A t Trente grosses de bagues de cuivre. d Re C Cent fusils légers.