FÉVRIER 1609. D'IBERVILLE A TERRE
Le 13, j'ay traversé à la terre qui est au nord d’icy, à quatre lieues, avec ma biscayenne et onze hommes et mon frère dans un canot d’escorce avèc deux hommes. J'ay mis à terre, où j'ay trouvé deux pistes de Sauvages de hyer que je suivis par terre avec un homme, et mon frère allant dans le canot d’escorce, et la biscayenne nous suivant à demy lieue de nous, pour ne pas espouvanter les Sauvages. Je les ay suivis deux lieues, allant du costé de l’est, où la nuit m'a pris et où j'ay campé. Des vaisseaux à traverser cette terre, il y a quatre bonnes lieues, droit au nord. Je tro:vay entre deux seize pieds d’eau vase; l'approche de la coste est fort plat (sic). A demy lieue au large quatre pieds d’eau. Cette coste court à l’ouest un quart sor-ouest et est un quart nord-est. Les bois y sont fort beaux, meslez; nous y voyons beaucoup de pruniers fleuris, des pistes de coqs d'Inde, des perdrix qui ne sont grosses que comme des cailles, des lièvres comme en France, des huistres assez bonnes.
Le 14 février, je continuay de suivre les pistes des Sauvages, ayant laissé, où j’ay couché, deux haches, quatre couteaux, deux paquets de rassade, un peu de vermillon, ne doutant pas que deux Sauvages, qui sont venus me descouvrir, au soleil levant, à trois cents pas, n’y viennent quand nous serons partys. À une lieue et demye d’où j'ay couché, marchant comme le jour cy devant, j'ay aperçeu un canot, qui traversoit à une isle, et plusieurs Sauvages qui l'y attendoient, qui joignirent cinq autres canots, qui traversèrent à la terre du nord. Celle où j’estois en estant séparée par une baye d’une lieue de large et quatre lieues de long, je m'embarquay dans mon canot et je poursuivis les canots que je joignis, comme ils abordoient à terre, qui s’en furent tous
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