‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 89 sur 504 · FÉV. 1609. PREMIERS RAPPORTS AVEC LES SAUVAGES · texte numérisé non relu

FÉV. 1609. PREMIERS RAPPORTS AVEC LES SAUVAGES

dans les bois, abandonnant leurs canots et bagages. Je desbarquay à cinq cents pas au delà d’eux, et fus par terre avec un homme à leurs canots, où je trouvay un vieillard fort malade, ne pouvant se soutenir. Nous nous parlasmes par signes. Je luy donnay à manger et à fumer; il me fit entendre de luy faire faire du feu, ce que je luy fis et aussy une cabanne, auprès duquel je le mis avec tout son bagage et quantité de sacs de bled d’Inde et febves, qu'ils avoient dans leurs canots. Je luy fis entendre que j'allois coucher à demy lieue de là, où ma chaloupe me joignit. J'envoyay mon frère et deux Canadiens après ces fuyans, pour tascher de les faire revenir et en prendre un. Il m’amena sur le soir une femme, qu'il avoit prise à trois lieues de là dans les boys; je la menay avec le vieillard, où je la laissay, après luy avoir fait quelques présens et donné du tabac pour aller faire fumer ses gens.

Le 15°, trois de ces Sauvages et deux femmes, ayant esté rencontrez par un de mes Canadiens, s’en vinrent me chanter la paix. Le vieillard mourut sur les dix heures du matin. Un de ces hommes chantoit, portant dans sa main une petite planche de bois blanchy, qu’il tenoit en l’air, me la présentant. Je les conduisis à leurs canots, où ils firent une sagamité de bled d'Inde pour nous régaler; j'envoyay aussi quérir de quoy les festiner et leur fis présent de haches, couteaux, chemises, tabac, pipes, batte-feu et des rassides. D'autres de leurs gens les joignirent ; ils s’en furent coucher à demy-lieue de là.

Le 16%, au matin, de temps de brume et de pluye, je m’en fus par terre les joindre, où je ne trouvay que dix hommes tout nuds et en braye avec leurs armes, tous leurs canots et

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