‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 99 sur 504 · MARS 1699. LES BORDS DE LA RIVIÈRE PLEINS DE CANNES · texte numérisé non relu

MARS 1699. LES BORDS DE LA RIVIÈRE PLEINS DE CANNES

lataniers, auprès desquelles il y a un petit réduit sur une pointe à droite de la rivière à hauteur d'homme, fait de cannes en forme d'ovale, de vingt-cinq pas de large et cinquante-cinq de long, avec quelques loges dedans. Ils nous font entendre que depuis peu ils ont eu de leurs gens tués, ct que ce sont les Chicachas et Napyosa qui l’ont fait, mais j’ay sceu depuis qu'ils n’ont point de guerre ensemble. Les Quinipissas et Bayogoulas ne se voyent pas à cause de quelque pique que les chefs ont eue ensemble. Voilà ce qu'ils appellent guerre, à ce que les Oumas m'ont fait entendre. Toutes ces terres noyent d'un pied jusqu’à demy lieue dans les bois, où j'ay esté. Les deuxbordsdelarivière, presque partout, depuis la mer, sont si pleins de cannes de toute grosseur, d’un pouce, deux, trois, quatre, cinq et six de rondeur, que l'on n'y peut marcher. C'est un pays impraticable, qui seroit facile à déserter'. La pluspart sont sèches; y mettant le feu, elles bruslent facilement et font autant de bruit en bruslant comme un coup de pistolet. Une personne qui ne sçauroit pas cela et ne les verroit pas brusler, croiroit que ce seroit une escarmouche. Ces cannes ont des racines à trois et quatre pieds en terre, qui ressemblent à une bamboche?.

Le &, les vents ont esté au nord-nord-ouest, qui nous contrarient beaucoup aux détours et poussent les eaux si fort que le courant en est plus fort d’un quart de lieue par heure; nous n'avons pu faire que quatre lieues et demye et cabané à la droite de la rivière; mes gens se fatiguent beaucoup.

Le o°, les vents ont esté au nord-ouest, qui nous ont beaucoup retardés. À deux lieues de la couchée, le Sauvage que

1, Essarter ou dessarter.

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