VII
historiens nous les désignent, l'un comme étant le tumulus qui doit encore couvrir les ossements ou les cendres des guerriers morts si héroïquement pour l'honneur de la Grèce, et l'autre, comme ce temple de Gérés Amphictyonide , près duquel , quelques heures avant leur mort, Léonidas fit servir à ces mêmes guerriers un dernier repas, en leur disant : « Nous en prendrons bientôt un autre chez Pluton /... » Je puis me tromper. Sire, mais assurément la chose mérite d'être éclaircie. Elle peut l'être avec la plus grande facilité et à très-peu de frais. En tout cas, quels que soient les objets sur lesquels j'appelle votre attention suprême, ils sont du moins antiques; les recherches que sans doute il plaira à Votre Majesté d'ordonner, ne peuvent donc manquer d'offrir un assez vif intérêt pour la science archéologique , et elles peuvent en avoir beaucoup pour les arts- Mais, que dis-je? ce que je vous propose , Sire , n'a pas seulement en vue une satisfaction à donner aux archéologues et aux artistes; si mes conjectures se réalisent, comme je l'espère, Votre Majesté peut prétendre à un plus grand résultat et l'obtenir : tout ce qui existera dans Tavenir en Europe et en Asie d'êtres capables d'apprécier convenablement les actes de courage et de dévouement à la patrie, j'ose bien vous l'assurer, Sire, vous saura éternellement gré d'avoir rendu à la vénération des siècles les deux monuments les plus susceptibles de faire naître ou d'entretenir chez les hommes la pratique de si nobles vertus. La tombe que l'on saura contenir les reliques des Spartiates , le portique auprès duquel ils rapportèrent le corps de leur illustre chef, et accomplirent le généreux sacrifice de leur vie ; cette tombe , mise en évidence , ce portique relevé par les ordres de Votre Majesté, concourront, autant
( VUl)
que la splendeur de la nouvelle Athènes, à attira* dans ses Étatt un grand mouvement d'étrangers de tous les pays , et pourront contribuer non moins puissamment à la complète régénération de son peuple.
J'ai l'honneur , etc.