DE LA RÉPUBLIQUE EN
Témoignage de la reconnaissance, de l'attachement et de la profonde sympathie de l'auteur,
P.-N. Bonaparte.
La reconnaissance ! rattachement ! où étaientils», quand Grémieux fut traîné à Mazas?
On a dit de Grémieux : « Que sous un masque dont il est le premier à rire, on a toujours trouvé en lui l'âme d'un citoyen et Tesprit élevé d'un artiste. »
Voici un billet du 24 juillet 1849, qui confirme ce jugement :
a Hélas ! mon cher ami, à quoi bon être membre de la Législative? Non, vous ne vous figurez pas la fohe delamajorité; il faudrait à un peintre comme vous la vue de nos séances.
Taspect de ces mouvements tumullueux, de ces cris, de ces trépignements : joie, rire, fureur, tout se traduit et se montre à découvert. J'en suis navré ; j'en suis malade ; depuis cinq semaines une irritation violente des bronches m'a coupé la parole et je suis forcé d'aller demain en congé.
Mon médecin m'ordonne le repos et je vais à Ostende : je verrai Bruges et Gand, un peu les bords du Rhin, Aixla-Chapelle et Cologne.
A cet hiver qui nous rapprochera, j'espère ! Il est pourtant vrai que, chez quelques-uns^ la politique ne tue pas l'amitié : cela console un peu.
Cette lettre résume bien, ce me semble, le patriote doublé de Tartisle. Mais qu'aurait-il dit, grands dieux! s'il eût assisté à certaines séances de l'assemblée de Versailles !
Pour en finir avec ces tristesses, je reviens au général Trochu. Un journaliste d'un certain mérite lui envoya, en 1867 : A travers V Amérique centrale. Le Nicaragua et le canal interocèaniqucy 2 vol. in-8, avec cette curieuse dédicace :
Au Washington de la frange régénérée. Monsieur le
GÉNÉRAL TrOGHU,
Hommage de respect et d'admiration.
Félix Belly (1).
Pauvre Belly! au mois de novembre 1876, à
(1) Le général Trochu venait de publier son livre célèbre : L Armée française en \ 867.
la porte même d'un hôpital de Bruxelles, il se tirait un coup de pistolet au cœur. Heureusement, le coup ayant été mal dirigé, on put sauver un des premiers promoteurs du percement de risthme de Panama. Il y avait trois jours qu'il n'avait mangé !
L'architecte de l'Opéra, M. Charles Garnier, ne prend pas les dédicaces au sérieux. Je lis sur un exemplaire de : A travers les arts, causeries et mélanges y Paris, 1869, ces lignes familières :
Tenez, mon cher La Bédollière, je vous méprise tellement que je vous adresse ce bouquin, bien certain que je suis que vous êtes assez lâche pour en dire du bien dans un coin de votre journal.
L'auteur des Mères ennemies, Catulle Mendès, a aussi la dédicace facile. En voici une charmante que je trouve sur Philomela^ poème lyrique, Paris, Hetzel, 1863 :