‹ Dédicaces et lettres autographesChapitre 15 sur 21 · ODE IV · texte numérisé non relu

ODE IV

A Lucius Sextius

L'âpre hiver se dissipe aux zéphyrs printaniers ; La barque oisive au flot se livre ;

L'étable et l'âtre, enfin, lâchent leurs prisonniers

Et le pré n'est plus blanc de givre.

Sous la lune, déjà, Vénus conduit le chœur :

Aux Nymphes les Grâces décentes Se mêlent dans la ronde et Vulcain, plein d'ardeur,

Presse ses forges rougissantes.

C'est le temps d'entourer son front de myrtes verts

Ou de fleurs qu'Avril renouvelle Et d'immoler à Faune, aux bois d'ombres couverts,

Le bouc ou, s'il le veut, l'agnelle.

La pâle Mort, d'un pied égal, heurte taudis

Et palais... — Sextius, songe Combien les longs espoirs sont à l'homme interdits.

La nuit et les Mânes, mensonge !

Et la cour de Pluton te réclament... — Là-bas

Les dés ne font plus de monarque Et l'on n'admire plus ce tendre Lycidas

Que déjà la vierge remarque.

A rencontre de Tauteur des Emaux et Camées, Philoxène Boyer était quelque peu solennel dans ses dédicaces. Il visait un but qu'il n'atteignait pas toujours. Et cependant lit-on dans une de ses lettres : « Gomme un marchand fastueux demandait à Toracle d'Apollon si le dieu agréait ses ofifrandes splendides? — Oui, lui répondit le prêtre, mais il aime mieux le grain de farine du pauvre Hermionée. »

En 1849, il envoyait ainsi sa Lettre à Victor Hugo :

A M. Théophile Gautier, au grand poète, au grand cri-

tique, ce grain de sel jeté sur le seuil du temple dont il est riùérophante.

L'année suivante, ayant terminé « un tout petit acte sur Sapho, » dans lequel « pas un vers n'a été écrit sans avoir été ramassé d'abord dans ce grand courant de sentiments et d'idées qui découle de llda homérique (1), » il écrit ces mots sur un des exemplaires d'envoi :

A mon ami Ch. Asselineau, un de ceux qui lisent encore Homère en grec, cette toute petite chose néo-grecque.

Plus tard encore, en 1867, il publia les Deux Saisons^ et voici trois dédicaces pour cet ouvrage :

Page 1