‹ DédicacesChapitre 51 sur 69 · POUR MARIE · texte numérisé non relu

POUR MARIE

à F -A. Cazals

Chez nos anciens c'était une bonne coutume Qne la dame de nos amis tut célébrée.

Je venx donc dire de ma voix la mieux timbrée, Et les tracer du bec de ma meilleure plume,

Vos mérites et vos vertus dans l'amertume Douce de vous savoir d'un autre énamourée Mais d'un autre... moi-même — ■ et la tâche sacrée D'exalter et de promouvoir, or je l'assume,

La louange de vos yeux qui le surent voir, Celle de votre cœur qui put gagner le sien, Et celle due à voire, liclas ! lidclité !

Et, consolation ! celle du bon vouloir

Qui fait que votre main, sûre du respect mien

Serre la mienne en lui, sûr de ma lovauté.

A GUSTAVE li:rough

La vie est viaiiiieiit si sLupide que, ma foi ! J'ai, devant cette perspective plus que bête, Résolu de n'être absolument qu'un poète Sans plus et de vieillir ainsi, ne sachant quoi

Que ce soit que d'aimer au hasard devant moi. Aimer pour ne haïr, aimer d'amour honnête Ou non, d'estime ou d'intérêt, en proxénète A moins qu'un martyr, et n'ayant plus d'autre émoi!

Lerouge ! Et vous ? Tout cœur et toute flamme vive, Qa'allez-vous faire en notre exil ainsi qu'il est, Vous, une si belle âme en un monde si laid ?

Ba^i! faites comme moi, dussent trouver naïve Votre ample expansion ceux forts que fallait Aimer sans fin ni loi. Et qui m'aime me suive !

Bruussais, décembre 1891

AU COMPAGNON LAHTIGUES

pour Henri Choiin

Vous (|ui ne connaissez de brigue Que la seule briguedondaine Et n'ourdissez jamais d'intrigue Qu'en l'espoir de quelque fredaine,

Un penser d'amour el du haine Pourtant vous hante et vous fatigue Et vous fait plate la bedaine :

L'amour du Pauvre, bon Lartigue !

L'amour du Pauvre, mieux peut-cire Que celui du moderne prêtre Et de l'actuel philanthrope.

Si cela c'est être anarchiste

Inscrivez-moi sur votre liste

— Et que saute la vieille Europe !

IlôpUal Broussais, \b janvier 1893,

A M. LE DOCTEUR ClIAUEFART

Le poêle ii'csl parbleu pas ce que Ton croit. Il n'a que quand il veut toutes les ignorances Sans trop d'âpre verdeur ou de préjugés rances Et parfois même il sent profond et pense droit.

Son regard va, cruel et précis comme un doigt Et sa tôle, qui sait mûrir les apparences, Taisant soudain ses bruits de peurs et d'espérances, Voit terriblement clair à ce qu'aulrui lui doit.

Non son cœur, proie intarissable à l'infortune,

Mais sa tête, après tout auguste, et cœtera,

Et dès lors pour beaucoup s'amasse une rancune

Qui saura s'assouvir, advienne que pourra. Mais, ô fraîcheur ! pour quelques-uns elle recense Et réserve, à tout prix ! quelle reconnaissance !

Lxxxni

Page 1