‹ Défense de Dantzig en 1813. Journal de siège. Journal personnel et notes du général de division de Campredon, commandant le génie du 10e corps. Lettres diverses. Annotés et publiésChapitre 11 sur 47 · DESCRIPTION DE DANTZIG · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DE DANTZIG

La Vistule, qui traverse la Vieille Prusse du sud au nord,.; se partage, en approchant de Dantzig, en plusieurs bran-^ ches formant un delta. Le bras occidental, arrivé à une; lieue de la mer, se détourne vers l'ouest, coule parallèle-ment à la côte, puis se redresse brusquement au nord^ détachant, du continent à sa droite^ une bande de sablô^

étroite appelée Nehrung. C'est sur la rive gauche du fleuve, au-dessus du coude de la Vistule, que s'élève Dantzig ^

La ville est en plaine, dominée seulement à l'ouest par de fortes collines. Elle forme un ovale entouré d'une enceinte bastionnée de vingt fronts dont la Vistule couvre le côté nord.

Une rivière de moindre importance, la Mottlau. venant du sud, la traverse, en forme comme l'axe, découpe au cœur une île comparable à la Cité, dans Paris, et rejoint,

1. Nous donnons en note la description de Dantzig et de ses environs par Elisée Reclus. Moins technique, elle nous montre celte ville sous un jour plus pittoresque que ne le comportait notre sujet.

Dantzig (en polonais gdansk) est une cité fort ancienne, appuyée sur de hautes collines à la base desquelles s'étendent les campagnes du delta ; elle est l'entrepôt naturel de tous les échanges entre la contrée de la basse Vistule et les pays d'outre-mer. Des coteaux environnants, les habitants de Dantzig peuvent contempler une partie de leur domaine, les eaux sinueuses du lleuve brillant çà et là entre la verdure, les villages, les groupes de maisons épars entre les arbres, la chaîne régulière des dunes se développant au nord-est en une immense courbe et, par delà le golfe parsemé de voiles, la longue péninsule blanche de Hela : « La vue du golfe de Dantzig, disent les habitants, est une des sept premières du monde. » Elle est certainement fort belle, surtout des hauteurs boisées de l'ouest ; lune d'elle porte l'ancienne abbaye d'Oliva, célèbre par sa chronique, document des plus précieux pour l'histoire locale...

Le commerce des céréales, telle a été de tout temps la

principale source de richesse pour les habitants de Dantzig. De diverses rivières navigables du bassin de la Vistule allemande, polonaise, gallicienne même, descendent des bateaux jilats chargés de blé, qui mettent parfois des mois entiers à suivre le courant du fleuve. Pendant les étés chauds et humides, les grains de la couche superficielle germent et donnent au bateau l'aspect de prairies flottantes.

Arrivés au port, les équipages allemands, polonais, ou ruthénes de ces flottiles jettent dans le fleuve les grains avariés, déchargent leurs embarcations, les dépècent comme vieux bois et s'en retournent à pied dans la patrie.

Elisée Reclus. — Nouvelle géogr., t. III, p. 877.

au nord, la Vistule, au point où celle-ci longe les bastions, ne laissant entre elle et les glacis que des canaux et des marais impraticables. Avant d'entrer dans la ville, laMottlau se déverse dans les fossés qu'elle remplit, enserrant de ses dérivations le corps de place tout entier.

Dantzig doit à ses cours d'eau d'être l'entrepôt des produits du nord de la Prusse et de la Pologne, qui descendent par la voie fluviale, tandis que les navires remontent de la Baltique jusqu'aux quais de la Mottlau par la Vistule et par un système de deux canaux : l'un, celui de Neufahrwasser, va du fleuve à la mer ; il évite à la navigation la barre de la Vistule et sépare du rivage l'île sablonneuse de la Flatte. L'autre évite le coude que fait le fleuve au-dessous de Dantzig et forme l'île du Holm. La libre communication avec la mer est assurée en tout temps par le fort de Weichselmiinde, au confluent de la Vistule dans le Nehrung.

Quant aux environs de Dantzig, ils présentent à l'œil trois zones nettement accusées. Si, de la ville, on regarde le nord, on aperçoit une plaine basse et sablonneuse jusqu'à la Baltique. A l'est et au sud, le Werder est une région marécageuse que l'on transforme facilement, à l'aide d'écluses, en une inondation qui couvre le tiers du front bastionné. Elle s'étend à plusieurs lieues de distance, limitée à gauche par les digues de la Vistule, à droite par un long faubourg, ^qui se prolonge vers le sud sous les noms d'Alt Schottland, Sladtgebieth et Ohra. A ces villages enfin commencent les hauteurs, qui, à l'ouest, dominent la cité. Elles sont partagées en deux masses par la vallée de Schidlitz, dont le ruisseau se glisse dans la ville par le front de Neugarten, entre deux forts construits sur les escarpements voisins. Le Bischofsberg regarde le plateau de Stolzenberg, le Hagelsberg fait face au plateau de Zigankenberg et se lie par le front d'Oliva, à la Vistule. Au nord-ouest, on rejoint la plaine qui sépare Dantzig de la mer. Une large allée d'arbres la coupe en ligne droite,

AVANT LE BLOCUS o5

allant de la porte d'Oliva au ^'^llage de Langfuhr puis au bourg même d'Oliva, et la Vislule la traverse au moment de rejoindre la Baltique.

Telle est la place qui fut enlevée en 1807 au corps prussien du général Kalkreuth et qu'allaient, pendant plus de H mois, défendre les Français.

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