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suites de sa blessure reçue le 2 novembre au matin. ;
3 décembre. — Letems s'adoucit, il dégèle presque i entièrement. j
Le duc de Wurtemberg répond qu'il a désigné, l pour accompagner le colonel de Richemont, le capi- ; taine Freyman, aide de camp de M. le général Lœ- i wis, mais qu'il désire que ces officiers ne partent ^ que le lendemain 4. j
4 décembre. — Même tems que la veille, il dégèle ; entièrement. |
Le colonel de Richemont part à 8 heures du | matin, arrive avec mes chevaux à Langfuhr et en ■ repart à 9 heures avec des chevaux de poste pour ; se rendre auprès du duc, à Oliva, où l'attendait le i capitaine Freyman. Il déjeune avec le duc et repart • à midi pour continuer sa route. ;
On célèbre les funérailles du général Breïssan. | ô décembre. — Même tems que la veille, fort doux l pour la saison. — Rien de nouveau. i
6 décembre. — Tems très doux, belle journée. — ■ Rien de nouveau.
7 décembre. — Tems brumeux et très doux. ^ Le Gouverneur envoie son aide de camp chez le ;
duc, avec une lettre pour l'inviter à faire accélérer la restitution des eaux de la Radaune. Il le fait pré- -\ venir en même tems qu'il ira lui rendre visite in- j cessamment. I
8 décembre. — Journée très brumeuse et humide, j point froide. J
Le général Farine, chef d'état-major, se rend ^
à Langfuhr à uae conférence avec le chef de l'état-major russe concernant la marche de la garnison après l'évacuation de la place. On convient qu'elle prendra la route de Stettin (près de Stettin), Prenzlow, Brunswick, Hanovre, Mûnden, Munster et Wesel. D'autres mesures proposées sont ajournées au surlendemain, 10.
9 décembre. — Même tems que la veille.
Un aide de camp du duc de "Wurtemberg vient porter au prince Radziwill deux lettres de famille.
L'ordre du jour annonce l'ordre de marche pour rentrer en France sur quatre colonnes commandées parles généraux Grandjean, Heudelet, de Gampredon et Bachelu.
1 0 décembre. — Le tems devient froid et sec, il dégèle un peu. Belle journée.
Le Gouverneur va rendre visite au duc de Wurtemberg accompagné des généraux Heudelet et Gavaignac. On le reçoit avec de grandes distinctions et beaucoup de politesses.
/ / décembre. — Tems couvert, il neige. Le soir, beau clair de lune, le froid augmente, il gèle dans .la nuit.
M. le colonel Pullet vient dîner chez le Gouverneur, j'ai une longue conservation avec lui concernant le siège.
i 3 décembre. —Froid de 6 degrés au-dessus de la glace. Belle journée.
Les Bavarois qui se trouvent dans la place, formant le fond du 13™' régiment de la ligne com-
mandé par le colonel comte Buttler, partent à 10 heures du matin, au nombre d'environ 400. (Mon valet de chambre Jean Kreis se marie.)
Gejourierminele 11"^ mois de mon séjour àDantzig.
1 3 décembre. — Froid un peu moindre, assez beau tems.
Toutes les troupes de la Confédération du Rhin, qui faisaient partie de la garnison de Dantzig, quittent cette place.
i4 décembre. — Le froid se soutient. Belle journée.
Le chef d'état- major va conférer à Langfuhr avec celui des Russes pour régler la marche de la garnison après l'évacuation de la place. (Cette conférence ne peut avoir lieu, M. de Welyamminoff étant retenu chez lui pour cause de maladie.)
i 5 décembre. — Froid diminue,'il dégèle presque toute la journée. Le soir, il neige.
Les chefs d'état-major des deux armées ont une conférence à Langfuhr pour régler la marche-route.
y 6 décembre. — Il dégèle tout à fait.
On annonce le départ de deux colonnes d'éclop pés pour le 23 et le 26.
y 7 décembre. —Le tems est le même.— On communique la marche-route.
On annonce que dès le lendemain, 18, la viande (même celle de cheval) cessera d'être distribuée. On réservera pour les hôpitaux le peu de chevaux disponibles.
i 8 décembre. — Le tems devient froid ; la gelée est assez forte le matin ; elle diminue le soir.
Tous les prisonniers russes, au nombre de 8 à 900, sont rendus à l'ennemi et sortent de la ville.
/ 9 décembre. — Il dégèle presque entièrement. — Le pont de bateaux qui communique avec le Holm est rompu par les glaces que cliarriela Vistule.— On y établit un bac.
20 décembre. — Le dégel continue.
Conférence entre les deux, chefs d'état-major. On convient de faire marcher les éoloppés sur cinq colonnes, au lieu de deux.
2i décembre. — Le dégel continue.
Le chef d'état-major russe écrit pour demander qu'on règle le cérémonial de la remise de la clef de la porte d'Oliva, le 24.
22 décembre.— Le dégel continue.
Conférence à Langfuhr entre les deux chefs d'état-major; elle se passe d'une manière satisfaisante. J'accompagne le Gouverneur aux allées de Langfuhr où il y avait marché. Nous y voyons les généraux Borosdyn et Koulebakin. Le comte d'Olira, Prussien, y était aussi.
23 décembre. — Le dégel continue.
La première colonne des écloppés part de Dantzig.
24 décembre. — Mèmetems.
Le Gouverneur reçoit une lettre du duc de Wurtemberg, datée de la veille (11 heures du soir), qui lui annonce que l'Empereur Alexandre n'a point approuvé l'article de la capitulation qui porte que la garnison de Dantzig rentrera en France, ainsi
que celui relatif aux Polonais, qui doivent retourner en Pologne d'après la volonté de l'Empereur Alexandre.
L'Empereur Alexandre, sans avoir égard à la capitulation ci-dessus, ordonne que la garnison de Dantzig soit envoyée en Russie comme prisonnière de guerre, au lieu de rentrer en France.
Le général en chef, Gouverneur Grénéral, a répondu par la protestation suivante à la lettre du général ennemi qui lui annonçait cette violation de ses engagemens.
Le comte Rapp au duc de Wurtemberg K
Danlzig, le 24 décembre 1813.
Monseigneur,
J'ai fait une capitulation avec V. A. R. Aujourd'hui elle m'annonce que, sans y avoir égard, l'Em-
1. Lo colonel de Richemont, qui était parti le 4 pour porter la capitulation à Napoléon, avait été arrêté, le 18 décembre, à Francfort-sur-lc-Mein d'où il écrivit la lettre que nous donnons ciaprès :
Au Prince Wolkonski, chef de l'état-major général de Sa Majesté l'Empereur Alexandre.
Francfort-sur-le-Mein, le 17 décembre 1813.
Monseigneur,
Conformément à l'un des articles de la convention conclue le
28 novembre dernier entre S. A. R. le duc de Wurtemberg,
commandant en chef l'armée combinée devant Dantzig, et Son
Exe. le comte Rapp, Gouverneur Général de cette place, j'ai été
pereiir Alexandre ordonne que la garnison de Dantziii soit envoyée en Russie comme prisonnière de guerre au lieu de rentrer en France. Le 10°" corps
di'signé pour être le porteur de la capitulation à S. M. l'Empereur Napoléon, et j'ai reçu de Son Altesse un passe-port et une sauvegarde pour traverser l'Allemagne et être remis aux avantpostes français. Depuis quatre jours, je suis arrêté dans cette ville en attendant la permission de poursuivre ma route pour remplir ma mission. Ce délai inattendu, les bruits qui circulent dans le public et quelques articles douteux insérés dans plusieurs gazettes allemandes m'auraient donné de vives inquiétudes sur les dispositions des alliés, relativement à l'exécution de la capitulation, si le caractère connu de S. M. l'Empereur Alexandre eût permis le moindre doute injurieux à sa justice et à sa loyauté.
La garantie du traité qui fixe le sort de Dantzig repose sur tout ce qu'il y a de sacré parmi les hommes : la parole du souverain, l'honneur de la nation, les lois de la guerre, respectées de tous les peuples civilisés et sanctionnées par l'histoire du monde, et enfin la bonne foi, avec laquelle les premières conditions de ce traité (qui ont livré pour ainsi dire les assiégés à la merci des assiégeans) ont été remplies.
Tels sont. Monseigneur, les titres qui établissent les droits de la garnison de Dantzig. Votre Altesse en appréciera plus particulièrement la légitimité par le détail des circonstances qui ont précédé et accompagné la capitulation.
Dés les derniers jours d'octobre, S. A. R. le duc de Wurtemberg avait adressé à S. Exe. M. le Gouverneur de Dantzig des propositions d'entrer en accommodement, en lui faisant part des événemens qui avaient eu lieu sous les murs de Leipzig, et de la capitulation de Dresde. Ces ouvertures avaient été renouveléis depuis, mais toujours sans résultat. Vers le 15 novembre, S. A. R. récidiva ses propositions en insistant sur la convenance de profiter du moment pour obtenir des conditions avantageuses qu'il pouvait encore accorder, mais que la garnison ne pouvait plus espérer si elle tardait à traiter. Cette notification fui accompagnée de la copie officielle d'une lettre écrite par S. M. l.de toutes les Russies à S. A.R. Cette lettre était conçue dans le même sens; elle avait servi de base aux propositions du duc et devait être, pour Monsieur le Gouverneur, la preuve authentique que Son AJtesse était investie de toute la confiance et des pleins pouvoirs de l'Empereur Alexandre. C'est alors
laisse à l'Europe, à l'histoire et à la postérité, à juger une aussi étrange infraction des traités, contre laquelle je proteste formellement.
que commencèrent les négociations qui amenèrent la capitulation du 28 novembre. Tous les articles en ont été discutés en présence du duc , ou plutôt avec Son Altesse Royale elle-même, qui, fidèle à ses instructions, n'a jamais voulu admettre que les conditions qu'elle était autorisée à accorder, déclaration qu'elle a renouvelée plusieurs fois dans le cours des négociations, pour prouver aux commissaires sa bonne foi, et pour éloigner jusqu'au plus léger doute de la scrupuleuse exécution des conditions qu'il aurait consenties. La capitulation a donc été conclue non comme traité provisionnel, mais comme traité définitif, et son exécution a commencé le jour même de la signature, par la remise de presque tous les forts extérieurs et des positions qui avaient le plus d'influence sur la défense de la place. C'est-à-dire que les assiégés, se reposant sur la sainteté d'un traité solennel, sur la bonne foi et la loyauté des assiégeans, se sont, dès les premiers jours, livrés à leur discrétion et, dès lors, ils ont dû disposer des approvisionnemens qui leur restaient pour améliorer le sort du soldat, en lui restituant la portion de subsistance que les circonstances avaient forcé de lui retirer. — Quelles dispositions pourraient aujourd'bui rétablir les rapports qui existaient entre les armées respectives au moment de la capitulation, et remplacer les vivres dont la consommation n'aurait point eu lieu sans elle ? Mais comment douter de l'exécution d'un traité qui concilie les intérêts des assiégeans aussi bien que ceux de la garnison? — Le faible avantage de rentrer en France, sous la condition de ne point servir d'un an et un jour, n'est-il pas compensé par la possession d'une des places les plus importantes de l'Europe, dont la saison, ni les progrés des travaux ne permettaient d'espérer la conquête sans des sacrifices immenses, et qu'on ne pouvait obtenir que démantelée, puisque l'abandon succès- | sif des forts qui composent son ensemble en aurait commandé la destruction.
M. le Gouverneur n'a pas seulement traité avec S. A. R. le duc de Wurtemberg, comme commandant en chef de l'armée combinée. C'est un prince de la Maison Impériale, c'est l'oncle de l'Empereur Alexandre qui s'est engagé envers lui ; Sa Majest-é pourrait-elle retirer une parole donnée en son auguste nom? et la garnison de Dantzig, après un an entier d'une défeusc hono-
Par suite de ces principes sacrés, j'ai l'honneur d'annoncer à V. A. K. que, m'en tenant strictement au texte d'une capitulation que je ne dois pas regarder comme anéantie parce qu'elle est violée, je l'exécuterai ponctuellement, et que je suis prêt à remettre aujourd'hui même aux troupes de V. A. R. les forts Weichselmûnde, Napoléon et le Holm, ainsi que tous les magasins,, et à sortir de la place, avec ma garnison, le 1"" janvier prochain.
A cette époque, la force et l'abus du pouvoir pourront nous entraîner en Russie, en Sibérie, partout
rable qiii a dû lui mériter l'estime de son ennemi (et qu'elle avait encore les moyens de prolonger), n'est-elle pas en droit de réclamer une capitulation qu'elle a elle-même accordée à l'armée prussienne dans des circonstances, sans doute, bien malheureuses et au moment de donner l'assaut?
Pardon, Mouseignem*, d'avoir arrêté si longtems Votre Altesse sur un sujet qui probablement n'a élevé aucune difficulté. Mais j'ai cru de mon devoir, comme l'un des commissairas qui ont pris part à la capitulation de Dantzig et comme l'officier qui a été désigné pour en porter la copie à S. M. l'Empereur Napoléon, de profiter de la proximité du quartier général de l'Empereur Alexandre pour présenter à Votre Altesse des détails qui sont peut-être ignorés d'elle et de Sa Majesté ellemême.
J'aurais pu ajouter que les avantages stipulés par la capitulation du 28 novembre sont plutôt apparents que réels, puisque la garnison de Dantzig est composée en partie de troupes allemandes dont les souverains sont entrés dans la Confédération générale: mais c'est une considération tous à fait étrangère au traité et qui ne peut avoir aucune influence sur son exécution.
J'ose espérer que Votre Altesse confirmera tous mes presseutimens en me permettant, conformément à ce traité, de continuer ma route jusqu'aux avant-postes français.
J'ai l'honneur d'être, avec un profond respect, De Votre Altesse, Le très, etc..
Signé : Coloael de Richemont.
OÙ l'on voudra; nous saurons souffrir, mourir même s'il le faut, victimes de notre confiance dans un traité solennel.
L'Empereur Napoléon et la France sont assez puissans pour nous venger tôt ou tard.
Dans cet état de choses, Monseigneur, il ne me reste aujourd'hui aucun arrangement à faire avec Votre Altesse Royale, m'en référant entièrement à la capitulation du 29 novembre qu'on peut, je le répète, enfreindre, mais non anéantir.
J'ai l'honneur d'être, avec respect.
Signé : G'« Rapp.
L'aide de camp du Gouverneur, monsieur Tiirkeim, chargé d'apporter la lettre ci-dessus au duc, revient le soir même à 10 heures avec une seconde lettre de celui-ci. Il avait causé longtems avec le duc et le général Borosdj^n.
35 décembre. — A peu près même tems.
Le Gouverneur répond à cette dernière lettre du duc. Monsieur Turkeim la porte et revient vers 5 heures du soir, annonçant que le duc répondra le lendemain et qu'il semble vouloir exiger qu'on entre dans un nouvel arrangement.
26 décembre. — Même tems.
Monsieur le général du génie Manfredi vient apporter à Monsieur le Gouverneur une lettre du duc de Wurtemberg qui le presse de nouveau d'entrer dans un nouvel arrangement. Il demande qu'un général se rende auprès du duc qui le désire.
37 décembre. — Tems un peu plus froid. — Un peu dégelée. Les généraux de CampredonetBachelu (après une convocation extraordinaire des principaux officiers de troupes françaises) se rendent auprès du duc de Wurtemberg et ont une conférence de deux heures avec lui.
Le soir, les quatre plénipotentiaires russes arrivent chez le CTOuverneur(à 11 heures), portant l'ultiluatum du duc qui lui annonce que les hostilités recomuienceront le 29, à midi, si la capitulation dont il envoie le modèle n'est pas signée.
Le duc de Wurtemberg proposait, si la garnison ne voulait pas se rendre prisonnière de guerre, de restituer les ouvrages qu'il avait occupés, sauf Neufahrwasser qu'il gardait comme garantie delà sortie des Westphaliens, et de reprendre les hostilités. C'était, d'après lui, remettre les choses en l'état. Au lieu de 12.000 hommes detroupes, présentes le 19 novembre, dont les Russes ignoraient alors les dispositions, il ne restait plus que 6.500 Français ou Napolitains pour garder une place immense ; cette garnison n'avait plus que pour huit jours de vivres, l'ennemi le savait ; le fort et le faible des ouvrages occupés par lui étaient maintenant connus ; le prestige enfin dont avaient su s'entourer les défenseurs de Dantzig et qui faisait la moitié de leur force, s'était évanoui à la vue de ce petit nombre d'hommes épuisés.
28 décemhre. — Conseil de guerre pour délibérer bur l'ultimatum du général ennemi. On convient unanimement, vu le manque absolu de vivres, de se soumetttre aux conditions qu'il impose. A 10 heures du soir, les généraux de Campredon et Devilliers se rendent à Oliva (ou plutôt Polanken), quartier gé-
néral du duc de Wurtemberg, et tâchent d'obtenir quelques modifications. On convient d'une capitulation qui doit être signée le lendemain.
Tems humide. Il gèle dans la soirée.
29 décembre. — Tems moux et humide.
Le général Borosdyn et le colonel Pullet rapportent la capitulation qui est signée et approuvée par les deux généraux en chef dans la journée.