RETRAITE DU 10^ CORPS DE LA GRANDE-ARMÉE DE LA DWINA SUR DANTZIG
Nous sommes en décembre 1812. La retraite de Russie ! achève. La Grande-armée, sortie victorieuse de Moscou pour marcher vers le sud à la poursuite d'un insaisissable ennemi, a dû transformer sa marche offensive en retraite, calme d'abord, bientôt désastreuse. Par un froid de 21" au dessous de zéro, elle s'est égrenée le long des routes, vaincue non par les armes, mais par lanature même. Une foule débandée, sans consistance, mélange confus de toutes les nationalités, court passer le Niémen, là même où tr.omphalement défilait, six mois avant, une armée compacte
1. Nous donnons en gros caractères tout ce qui est citation textuelle de documents authentiques et en petits caractères les renseignements que nous avons puisés à diverses sources, mais 8.vant tout chez des témoins oculaires.
En tête du journal et des lettres du général de Campredon, nous ne mettons pas de titre spécial. En tête des lettres écrites par d'autres que par lui, nous mettons le nom de l'expéditeur et la nom du destinataire.
Nous maintenons l'orthographe des noms propres telle qu'elle est dans les documents eux-mêmes,
Û DEKENSE DE DANTZlG j
de 420.000 hommes, la plus forte que l'on eût jusque-là i réunie. Napoléon, pour se montrer vivant à la France i avant que l'étendue de nos désastres n'y soit connue, a : quitté l'armée le 3 décembre à Smorgoni, laissant le com- ^ mandement à Murât. L'Élat-major général, privé de son j chef suprême, a renoncé à résister autour de Wilna et i cherche à regagner, à Kowno, la ligne du Niémen qu'il i espère encore défendre. De là, il pourra se lier, à droite, i au corps autrichien de Schwartzenberg, qui n'a pas été 1 sérieusement engagé, et à gauche, à celui du maréchal ; Macdonald, duc de Tarentc, qui n'a pas encore pu être ! entamé par les Russes. i
Le duc de Tarente croit la Grande-armée occupée à exécuter une dernière manœuvre avant de prendre ses i quartiers d'hiver. Fidèle à sa mission, il garde la Dwina j et prépare le siège de Riga, sans se douter du danger | qu'il court, resté seul sur cette ligne avancée. \
« Je suis très impatient de recevoir des lettres de \ Wilna», écrit, le 9 décembre, de Mittau, le gêné- ; rai de division de Gampredon, commandant en chef j le génie du 10""" corps, désigné pour diriger le siège \ projeté de Riga et chargé, depuis le commencement ■ de la campagne, du gouvernement général de là Gourlande. « Je présume que le général Chasseloup * s'y trouve depuis peu de jours. Nous saurons peut-être quelque chose de Victor 2 et de Maureillan ^, dont je n'ai pas de lettres depuis près de quatre mois. »