‹ Défense de Dantzig en 1813. Journal de siège. Journal personnel et notes du général de division de Campredon, commandant le génie du 10e corps. Lettres diverses. Annotés et publiésChapitre 6 sur 47 · V. E. pardonne que je ne sois venu moi-même · texte numérisé non relu

V. E. pardonne que je ne sois venu moi-même

pour l'avertir du procédé ; c'était pour m'épargner \

une sensation très pénible à mon cœur, parce que \

les sentimens de respect et d'estime pour la per- j

sonne de V. E., que je conserverai jusqu'à la fin de ■

mes jours, m'auraient empêché de faire mon devoir. |

Je connais le cœur de V. E., elle ne permettra i pas que les pauvres habitans de Tiisit, qui ont déjà

tant souffert pendant cette malheureuse guerre, ne '

soient encore rendus plus malheureux parles trou- ; pes qui sont dans ce moment sous les ordres de

Daignez recevoir les assurances de ma pure es- i

time et de ma plus haute considération. \

Le 31 décembre 1812. ■

Le Lieutenant général, !

Massenbach. >

Une lettre du général Bachelu au Maréchal duc de Ta- ;;

rente donne quelques détails sur la défection des troupes i

prussiennes qu'il commandait à Tavant-garde et qui, jus- i

que là, l'avaient bravement suivi au feu. J

Le général Bachelu au Maréchal duc de Tarante.

Le 30, à 8 heures du soir, je reçus l'ordre de V. E. de rentrer la nuit dans Tiisit. J'ordonnai sur le champ ce mouvement. Une demi-heure après, le lieutenant-colonel Tuskow et les autres officiers

prussiens entrèrent chez moi et m'observèrent que le tems était très mauvais, et que l'on risquait de perdre beaucoup de monde ; qu'il fallait attendre jusqu'au lendemain matin pour se mettre en marche.

Comme je n'étais pas du tout disposé à y consentir, il y eut une espèce de discussion assez vive

Cependant la colonne s'est mise en marche, malgré tous les retards et la mauvaise volonté qu'on y mettait... La colonne était, à 4 heures du matin, dans le faubourg de Tilsit.

L'es dragons devaient loger dans l'intérieur de la ville. Les trouvant en bataille dans le faubourg, je témoignai mon mécontement de ce qu'ils n'étaient pas encore logés. On me dit que le lieutenant-colonel Tuskow était allé prendre les ordres du général Massenbach et avait ordonné qu'on l'attendit. Cette démarche me parut singulière, puisqu'il était sous mes ordres. Mais comme cet officier jouit d'une très mauvaise réputation dansFarmée prussienne..., j'attribuai à de l'inconséquence de sa part ce qui avait un but criminel. J'ordonnai de faire rentrer les dragons et je me rendis en ville.

A 9 heures du matin, j'appris que les dragons, les hussards et la batterie du major Grossman m'avaient abandonné.

Je dois ajouter que les officiers russes qui sont venus en parlementaires, au moment où V. E. est partie de Tilsit, ont paru fort étonnés de ce que l'on ne se doutait pas de la défectioc du corps prussien.

12 DEFENSE DE DANTZIG l

L'un d'eux nous a affirmé que, depuis près de trois \ mois, cette affaire était en négociation. )

Baron Bachelu. j

Le duc de Tarenle prévint immédiatement l'état-major général. !

Le Maréchal duc de Tarente au Major général l

Tilsit, le 31 décembre 1812. I

Monseigneur, \

Après quatre jours d'attente, d'inquiétude et d'an- -

goisses, dont une partie du corps prussien a été j

témoin, sur le sort de l'arrière-garde, qui, depuis j

Mittau, suivait à une marche de distance, j'apprends ;

enfin, par une lettre du général d'Yorck, qu'il a i

décidé lui-même du sort du corps prussien. i

Je joins ici copie de cette lettre sur laquelle je ne j

me permets aucune réflexion ; elles sont trop acca- '

Liantes. \

Le général Massenbach, qui était ici avec moi, j

avec deux batteries, six bataillons et six escadrons, \

est parti ce matin sans mes ordres pour repasser le \

Niémen ; il va rejoindre le général d'Yorck; il nous \

laisse ainsi en proie à l'ennemi, et sans un homme i de cavalerie.

Je rassemble à la hâte la T division et je la mets , en marche pour Labiau. J'ignore si je pourrai y

arriver intact, étant enveloppé de toutes parts de cavalerie.

Agréez, Monseigneur, etc,

Mac DONALD.

Si le maréchal s'était attardé, la situation de ce qui restait du 10* corps, entouré d'ennemis, eût été plus que compromise. Le danger était pressant. Macdonald dut précipiter sa marche. Il prit le chemin le plus mauvais, mais le plus court, allant de l'est à l'ouest sur Kœnigsberg par la route la plus au nord, le long du Curische-HafT, l'une des nombreuses lagunes qui bordent la Baltique. 11 n'avait plus que la division polonaise du général Grandjean ; mais il espérait trouver, en avant de Kœnigsberg, les renforts qui cherchaient à rejoindre le 10^ corps. La division Heudelet explorait en effet les routes de Labiau et d'Insterburg, par lesquelles pouvait arriver le maréchal Macdonald dont on était fort inquiet.

Le général comte Heudelet au Major général.

Vehlaa, le 31 décembre 1812. i h. soir.

Monseigneur,

Les reconnaissances de ce jour sur les routes de Tllsit et d'Insterburg n'ont rien appris d'intéressant et n'ont point encore communiqué avec le 10" corp?.

Le parti de 100 chevaux, envoyé ie 28 sur Labiau, avec ordre de faire en sorte de communiquer avec le 10^ corps, n'a, jusqu'à présent, pas fait parvenir

14 DÉFENSE DE DANTZIG j

de ses nouvelles et je ne sais où il est. Cependant ;

c'est un officier choisi qui le commande. j

La Pregel commence à couler et bientôt on sera :

forcé de lever les ponts si le froid ne prend pas. j J'ai fait passer ce soir le parc «ur la rive droite, et

je l'ai placé à Watlau vis-à-vis Vehlau ; lorsque ;

les rivières coulent et que l'on a son avant-garde à ; Taplacken, on ne doit pas occuper Vehlau. Toutes

les troupes devraient être sur la rive droite. J'ai j

commencé cette disposition en plaçant un bataillon ?

à Ripkeim et un autre à Oppen, ce qui couvre le ,

parc, et je prie Votre Excellence de me dire si elle |

approuve que je fasse ce qui est convenable et mi- i

litaire, c'est-à-dire de ne pas occuper Vehlau et de i

passer en entier sur la droite de la Pregel. i

J'ai l'honneur d'être, avec respect, Monseigneur, etc. I Le général comte Heudelet. ,■

Le -10' corps, ou pour mieux dire la 7^ division, mar- j chait à grandes journées pour rejoiadre ces renforts. ^

Le 1" janvier. — Couché à Labiau (quartier général), l.e général Bachelu y fut attaqué par les Russes, le lendemain, et les repoussa.

Le 2. — Couché à Lapsau, village à un mille de Kœnigsberg.— Monpiqueur fait une chute de cheval et se blesse.

Le lendenoain, la 7^ division était sauvée grâce à la rapidité de sa marche. Elle eût pu être secourue plus tôt

AVANT LE BLOCUS io

par les troupes de seconde ligue. Mais l'état-major général, abandonné de toutes les troupes, avait pu gagner Kœnigsberg : partagé entre la crainte de se découvrir et le désir de secourir Macdonald, il n'employait qu'avec hésitation les ressources qu'il avait sous la main.

Le Maréchal duc de Tarente au Major général.

Labiau, le 2 janvier 1813.

Monseigneur,

Je viens de recevoir du général Heudelet l'avis qu'il part ce matin de Wehlau pour se porter en deux marches sur Kœnigsberg.

Je suppose que ce mouvement précipité est la conséquence des informations que j'ai transmises à Votre Altesse par mes lettres de Tilsit et de Labiau. Je n'ai reçu d'elle, jusqu'à ce moment, aucune réponse, ni disposition et je crains que ses ordres ne soient interceptés.

Un très mauvais esprit se manifeste; déjà quelques rixes ont eu lieu ici, hier soir, entre des officiers polonais et prussiens. Nous ne devons pas nous dissimuler que l'opinion des habitans nous est très défavorable, surtout parmi les campagnards, et une insurrection ou au moins un soulèvement, qui par la suite peut devenir général, est à prévoir. C'est par cette raison qu'il faut prendre ses mesures d'avance; car il y a toute probabilité que l'on s'attachera à intercepter nos communications, si l'on ne peut nous faire d'autre mal.

Gomme Votre Altesse m'a fait dire par mon aidede-camp, de Garamayel, qu'elle m'attendait à Kœnigsberg , je m'y rendrai demain , désirant d'ailleurs re'^evoir toutes ses instructions verbales et par écrit, pour le cas où je continuerais à être séparé du quartier général.

J'envoie à Votre Excellence duplicata de mes dépêches d'hier. Je l'informe en même tems qu'au lieu de venir à Labiau, mon arrière-garde restera aujourd'hui au débouché de la forêt à moins qu'elle ne soit contrainte à se retirer plus en arrière. La tête de la division Grandjean arrivera aujourd'hui à Gayraen. Je me suis décidé à commencer de replier cette division sur Kœnigsberg, d'après la connaissance que j'ai du mouvement du général Heudelet.

Je serai ce soir à Gaymen.

Agréez, Monseigneur, etc.

Le Maréchal duc de Tarente, Macdonald.

Mais le roi de Naples, apprenant la défection des Prussiens, avait cru devoir, en présence des mauvaises dispositions de la population, se retirer sur Elbing. Le bruit de la défection du général d'York faisant supposer que la Prusse abandonnait notre alliance, un frémissement de révolte courait dans tout le pays. L'elfervescence ne se manifestait pas seulement sur le passage des troupes qui battaient en retraite, mais encore là où nous semblions solidement établis. Les nouvelles des désastres de la Grande-armée, la vue de nos blessés et, à côté de cela, les levées de troupes, faites sous prétexte de nous secourir

par le gouvernement prussien, augmentaient l'agitation et exigèrent quelques mesures de rigueur. On laissa, pour garder Kœnigsberg, le duc d'Elchingen qui adressait, le 2 janvier, la lettre suivante au major général.

Le Maréchal duc d'Elchingen au Major général. Kœnigsberg, le 2 janvier 1813.

Monseigneur,

Les dépôts d'infanterie et de cavalerie prussienne, qui étaient à Kœnisberg et environs, ont reçu l'ordre du Roi, leur maître, de partir en toute hâte pour se diriger sur Graudentz et ils se sont rais en marche ce matin. La levée des recrues se continue dans ce pays avec la plus grande activité, et elle est telle qu'on peut apercevoir que la Prusse s'apprête à jouer, pour ou contre nous, un grand rôle militaire. On dit ici, publiquement, que cette puissance mettra 100.000 hommes en campagne.

La précipitation du départ des troupes prussiennes a occasionné quelques rumeurs dans la ville. J'ai de suite fait arriver la cavalerie du général Gavaignac pour faire des patrouilles. Les habitans semblent nous menacer, mais nous sommes en mesure de les réprimer.

Le Maréchal duc de Tarente arrivera ici, sans doute, demain matin de bonne heure; je m'entretiendrai avec lui de tout ce qui peut intéresser le bien du service.

Le général Heudelet couche aujourd'hui entre Kustern et Valdau ; il arrivera demain à Kœnigsberg; il est en communication avec M. le duc de Tarante, auquel il a fait part de son mouvement.

Une reconnaissance, que le général Heudelet a dirigée sur la route d'Insterburg, a appris des habitants que le gros des Cosaques s'est dirigé, moitié surElbing, moitié sur Pillau; cette dernière partie de la nouvelle n'est pas croyable.

Je suis, avec un profond respect,

Maréchal duc d'Elchingen.

Macdonald, en communication avec le général Heudelet, qu'il savait être à Vehlau sur sa droite, se croyait gardé de ce côté. Mais ce général avait été subitement rappelé vers Kœnigsberg où la situation paraissait tendue. La droite de Macdonald fut ainsi un moment complètement découverte.

Le Maréchal se plaignit vivement de cette fausse manœuvre qui le mettait en péril.

Le Maréchal duc de Tarente au Major géuéraL

Gaymen, le 2 janvier 1813, à 8 heures du soir.

Monseigneur,

Je reçois seulement à huit heures ce soir copie de la lettre que Votre Altesse m'a fait l'honneur de m'écrire hier et que m'adresse le duc d'Elchingen.

C'est une fatalité que cette précipitation de re-

tirer sans m'en prévenir la division Heudelet de ses positions de Taplacken et Tapiau, sur Kœnigsberg. Ce mouvement compromet essentiellement la?"»" division.

J'ai informé Votre Altesse, de Tilsit, que je me dirigeais sur Labiau, mais il fallait le tems d'y arriver.

L'arrière-garde, ainsi que je l'ai mandé, n'y sera réunie que demain.

Si l'on eût abandonné aujourd'hui la forêt de Baumwald, l'ennemi inonderait déjà de sa cavalerie la plaine de Labiau et pourrait insulter demain les faubourgs de Kœnigsberg.

Puisque l'intention du Roi^ était de me donner la division Heudelet, il fallait la laisser dans ses positions de Wehlau et Taplacken. Ma nouvelle ligne se serait établie sur la Deirae. Les mouvemens auraient été simultanés pardes opérations combinées.

Pour réparer, s'il est possible, l'inconvénient de ce mouvement, j'envoie l'ordre au général Heudelet de rester à Waldau et de reporter son avant-garde à Kustern, d'où, par des partis, il protégera le flanc droit de la 7™^ division.

Je ne sais si mon arrière-garde a été inquiétée. Je me flattais de faire ma cour demain au Roi et à Votre Altesse, mais j'apprends que Sa Majesté est partie hier pour Elbing.

Je ne connais point les articles du traité du général d'Yorck; je sais seulement que le corps prus-

l. Murât, roi de Naples.

sien restera neutre deux mois, et qu'il doit occuper, en attendant, Mémel, Labiau et Tilsit. J'ai également appris que toutes les troupes de Memel ont capitulé, quoique je leur aie fait donner l'ordre de se retirer avec les marins du colonel Proteau et le bataillon de marche. Cet ordre était parvenu le 20 au commandant; il avait tout le tems convenable, le Nehrung qu'il pouvait suivre sans être même inquiété, mais il parait que c'était un parti pris. Je recueille maintenant une foule de circonstances qui prouvent que depuis jongtem s on négociait clandestinement avec l'ennemi. C'est M. Rapatel, aujourd'hui colonel au service de la Russie, qui était le digne ministre de cette œuvre d'infamie.

Agréez, Monseigneur, avec bonté, l'hommage de mon respect et de mon attachement.

Le Maréchal duc de Tarenie, Macdonald.

Le 3. — Couché à Kœnigsberg. Le Maréchal Macdonald y arrive le même jour.

Désormais, Macdonald, renforcé de la division Heudelet, ralentit sa maiche et s'efforce d'arrêter les Russes, donnant le temps aux fuyards de passer en sûreté la Vistule.

Le roi de Naples croit un moment que la jonction opérée à Kœnigsberg permettra de traiter avec l'ennemi pour prendre des quartiers d'hiver sur la Pregel.

Lettre du Major général an Maréchal duc d'Elchingen. Brandenbourg, le 3 janvier, 6 heures du matin.

Monsieur le duc d'Elchingen,

J'ai reçu vos lettres du 2janvier,et le Roi a reçu celle que vous lui avez envoyée du duc de Tarente. S. M. part ce matin pour Elbing sans avoir reçu de nouvelles du duc de Tarente et sans connaître le résultat de l'entrevue que devait avoir ce Maréchal avec le prince Repnin ; dans tout état de chose, faites connaître au duc de Tarente qu'il ne peut être question que de dispositions pour prendre réciproquement ses quartiers d'hiver: S. M. approuverait une convention par laquelle nous prendrions la ligne de la Pregel, conservant Pillau, l'entrée de Nelirung, Merael, Labiau et Pultusk, le prince de Schwartzenberg couvrant Varsovie et le Grand- Duché. Le Roi consentirait à une pareille proposition ; mais, dans tous les cas, il ne faut pas se laisser amuser et perdre du tems, parce que les Russes se vantent de s'être servis avec avantage de ce moyen contre nous.

Des ordres ont été donnés à tous les chefs du génie, de l'artillerie et de l'administration, de pourvoir à tout ce qui est nécessaire à la place de Kœnigsberg et de Pillau, d'employer humainement tous les moyens possibles pour faire évacuer tout ce qui nous appartient, et, enfin, de prendre vos ordres

22 DEFEMSE DE DANTZIG

OU ceux du duc de Tarente pour faire détruire tout ce qu'on ne pourrait emporter^ quand ils seront prévenus par vous ou par le duc de Tarente que l'on doit évacuer Kœnigsberg. La lettre à ce Maréchal, dont je vous ai envoyé copie, dit tout cela.

Le prince de Neufchdtel, major général, Alexandre.

Le grand quartier général était arrivé sain et sauf à Elbing au moment où Macdonald entrait dans Kœnigsberg.

Le Major général au Maréchal duc de Tarente.

Elbing, le 3 janvier 1813.

Monsieur le duc de Tarente.

Le Roi est arrivé ici aujourd'lmi. Nous avons trouvé l'esprit assez bon sur la route et dans cette ville. Leduc d'Elchingen a dû mettre à votre disposition le général Heudelet avec ses douze bataillons, le régiment provisoire du colonel Farine, et la brigade de dragons du général Gavaignac. Le Roi vous recoTimandede mettre Pillau en bon état de défense, de lui donner la garnison nécessaire et de presser l'évacuation de toutes les choses qui ne vous sont pas utiles, de Kœnigsberg sur Dantzig. Le Roi attend de vos nouvelles. S. M. ne peut i^'en référer qu'aux instructions générales qu'elle vous a fait donner. Il paraît que le Roi se rendra demain à Marienbourg.

Le prince de Neufchdtel, major'généraX, Alexandre.

Les Russes, trop heureux de leurs avantages inattendus, ne songeaient guère à s'arrêter et, quoique fort éprouvés eux-mêmes, serraient de si près le duc de Tarente, que l'en dut songer à le rappeler sur la Vistule.

Joachim Napoléon ^ au Général comte Reynier. Elbing, le 4 janvier 1813.

Monsieur le Comte,

On dit ici que l'Amiral et Kutusow sont en mouvement contre Varsovie; je n'en crois cependant rien, parce que je connais leur état d'épuisement et le besoin qu'ont ces deux corps, principalement celui de Kutusow, de prendre leurs quartiers d'hiver. Wittgenstein (grâce à la perfidie du général d'Yorck, commandant les troupes prussiennes du 10^ corps) marche contre le Maréchal Macdonald ; cette trahison dérange ici tous nos projets et me force à rapprocher de la Vistule le Maréchal Macdonald ; sans ce malheureux événement, l'ennemi était forcé de prendre ses quartiers d'hiver sur la rive droite du Niémen, et nous faisions perdre aux Russes tous les avantages que les froids rigoureux leur avaient donnés sur nous. Les Prussiens deviennent insolens ; cependant, le Gouvernement continue à se montrer dans les meilleures dispositions ; j'attends avec impatience sa détermination sur la conduite de l'infâme d'Yorck.

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