‹ Défense de Dantzig en 1813. Journal de siège. Journal personnel et notes du général de division de Campredon, commandant le génie du 10e corps. Lettres diverses. Annotés et publiésChapitre 8 sur 47 · Ambassadeur à Bei;lin · texte numérisé non relu

Ambassadeur à Bei;lin

accompagner M. de Natzmer, pour qu'il puisse remplir la commission dont il est chargé et aussi de faire mettre à l'ordre du jour de l'armée française les résolutions du Roi; elles le seront également à Berlin, à Potsdam, en Silésie, et on les insérera dans les gazettes.

Le prince de Hatzfeld reçoit l'ordre de se rendre à Paris; il portera à S. M. l'Empereur l'expression des sentimens du Roi, de son attachement à la cause de S. M. Impériale et de son indignation de ce qui Tient de se passer.

Le Roi s'occupera incessamment des moyens de réunir un autre contingent; mais sur cet objet, il met en avant l'extrême détresse de ses finances et demande quelques acomptes sur les avances faites jusqu'ici.

Jusqu'à ce moment, le général d'Yorck n'a pas rendu compte au Roi de ce qu'il a fait. Le comte Enkel, aide de camp du Roi, qui a quitté ce général le 27 courant, est arrivé ici avant-hier; il a seulement rapporté que le général d'Yorck crojait devoir se trouver dans le cas de ne pas percer et de capituler.

On n'apprendra cette nouvelle à Berlin qu'en apprenant aussi les mesures adoptées par le Roi, ce qii neutralisera, je l'espère, l'effet que pourra produire un pareil scandale.

Le Roi et son Ministre paraissent de la meilleure foi; S. M. a paru très inquiète et très affectée du danger que court M. le Maréchal duc de Tarente.

26 DÉFENSE DE DANTZIG i

Si le corps est rentré' en Prusse, le Roi ne déses- l père point que le général Kleist le ramène aux | ordres de S. M. le Roi de Naples, mais il me parait ; difficile que l'ennemi et le général d'Yorck s'expo- \ sent à cette chance. Ils ne laisseraient venir le ! corps en Prusse qu'autant que le Roi aurait ap- i prouvé la convention. j

Je réexpédie de suite M. Boileau avec ces no- \ tions. M. de Natzmer le suivra à 15 ou 18 heures de ^ distance. |

J'ai l'honneur d'être, etc. i

DE Saint-Marsan. '

Tout cela n'était que comédie imposée par la nécessité, | comme le prouva la suite. Un mois plus tard, le Roi de ' Prusse se tournait contre la France, qui n'eut pas de pire i ni de moins généreux ennemi.

Le désaveu de la conduite du général d'Yorck était de pure ^ forme. Eût-il été sincère, qu'en l'état des esprits, il ne i pouvait avoir aucun effet. Le général d'Yorck et le corps ; prussien n'auraient pas obéi aux injonctions du roi. Il leur ] était facile de s'abriter derrière l'impossibilité matérielle ; résultant du voisinage des Russes. |

Le Maréchal duc de Tarente au Major généraL J

Braunsberg, lo 8 janvier 1813. i

Monseigneur, ^

Je reçois, avec la lettre que V. Altesse m'a faitî l'honneur de m'écrire hier, copie de celle du comtdj de Saint-Marsan.

Les intentions du Roi sont bonnes, mais celles de ses troupes sont très mauvaises. Les habitans de la Prusse orientale, pour ne pas parler de la généralité de ceux du royaume, partagent ce mauvais esprit.

La convention du général d'York porte, à ce que j'ai appris, que son corps occuperait trois points : Memel, Tilsit et Labiau. Les Russes avaient sans doute leurs raisons pour diviser ces troupes. Ils prévoyaient le cas où le Roi désavouerait la conduite de son général.

Croyez, Monseigneur, que les troupes prussiennes du général d'York ne feront aucune difliculté pour mettre bas les armes, si les Russes font seulement mine de vouloir les désarmer. C'est une ccmédie qui sera jouée à merveille par les principaux personnages.

Agréez, Monseigneur, etc.

Macdonald.

Le Maréchal était arrivé sain et sauf à Kœnigsberg. Mais à peine réuni à la division Heudelet, il dut reculer encore. Serrant de près l'arrière-garde , les troupes russes arrivaient par les deux routes, en assez grand nombre pour que l'on craignît d'être entouré. Leur cavalerie dépassait déjà Kœnigsberg, et à des nuées de Cosaques, nous n'avions que quelques dragons à opposer. Il fallut évacuer la place, l'un des centres les plus importants de la région où, depuis longtemps, nous concentrions magasins et approvisionnements. Des masses de malades et de blessés s'y trouvaient entassés, accourus là de Wilna et mourant par centaines de la lièvre de congélation. II était à craindre

que la population surexcitée ne leur fit un mauvais parti. On attendit jusqu'à la dernière limite, mais il fallut se décider : lOû kilomètres environ séparaient Kœnigsberg d'Elbingoù s'était porté le grand quartier général ; la route suivait les bords du Frische-Hafî par Brandenbourg, l'un de ses ports, et Braunsberg où. les navires remontent par la Passarge ; l'on était donc couvert sur un des flancs. Le pays était plus' mouvementé que celui que l'on venait de traverser; en une autre saison, et si la lutte avait été de quelque utilité, on aurait pu songer à le défendre pied à pied. Des collines, des bois, quelques cours d'eau, gelés il est vrai, le sillonnaient perpendiculairement à la roule à suivre. Mais, avec le petit nombre d'hommes dont il disposait, le Maréchal se voyait, à chaque halte, débordé. Il n'avait plus qu'à reculer, tout combat était inutile : l'on aurait fait tuer du monde, l'on en aurait tué à l'ennemi, mais sans l'cmpôcherde gagner sur nous, du côté où le Frische- Haff ne nous couvrait pas.

Le 4, couché à Schoeln, village un peu au-dessus de Brandenbourg. J'y rencontre des ingénieurs hydrographes qui me donnent des nouvelles du général Sanson *.

Le 5, déjeuné à Braunsberg, couché àFrauenburg, chez l'évéque suffragant du chapitre.

Actions de trois ou quatre heures. — Pertes insignifiantes, — On croit avoir démonté deux pièces à l'ennemi.

Le Roi de Naples espérait réunir assez de troupes pour arrêter la marche des Russes.

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