SUR LA. THÉOLOGIE SCUOLASTIQUE
et commandés par la marche du temps et des erreurs. Qu''on lise la Somme de saint Thomas , le type et le modèle de toutes les théologies anciennes , qu'on la compare avec nos livres modernes de théologie dogmatique, tout y est changé, renouvelé : les matières de la religion et de FEglise sont à peine touchées dans les écrits du Docteur angélique ; elles occupent des volumes entiers dans la théologie moderne. Saint Thomas ne ressemble pas plus au père Petau , que celuici ne ressemble à Tournely et au théologien Habert. Depuis le rationalisme et le naturalisme des savans incrédules de TAllemagne, Tétude des langues orientales se ranime et se réveille dans nos écoles : nos grandes controverses ont changé de place ; elles se dirigent contre les athées , les matérialistes , les déistes , quelles poursuivent dans toutes les formes variées où se cachent leurs doctrines anti-chrétiennes. J'invite ces prétendus réformateurs à lire les thèses de théologie et de philosophie soutenues dans nos collèges et nos facultés de théologie aux quatorzième , quinzième , seiz-ième , et dix-septième siècles , et l\ les comparer avec celles qu'on a soutenues dans la dernière moitié du dix-huitième ; ils y remarqueront tant de diftérence , qu'à peine ont-elles (pielque chose de semblable pour le fond et pour la forme. JNV a-t-il pas
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encore (les adtlitioiis ou des retraiiclieinens à faire dans nos livres de théologie, pourles mettre dans un accord plus parfait avec le siècle, pour mieux approprier, dans la guerre présente entre la vérité et Terreur, la défense à l'attaque? Je n"'oserois dire le contraire. Quand le moment favorable à cette réforme sera venu , dliabiles théologiens, sous la conduite des prélats français, s''occuperont de ce travail, commencé et poursuivi par des hommes à système, avec plus de présomption que de succès; et je ne vois pas que le coup de cette réforme doive tomber principalement sur les études philosophiques. Les hommes sages peuvent désirer dans nos livres de philosophie des formes plus agréables , et plus de politesse dans le style; quant aux matières qu*'on y traite, le choix en est plein de discernement et de sagesse; les motifs de nos jugemens sur lesquels repose la certitude, les preuves de Pexistence de Dieu, sa nature, ses perfections infinies; lame, ses propriétés constatées par Texpérience et accessibles à notre raison; la distinction essentielle entre le bien et le mal, fondement de la morale et de la vertu; le culte intérieur, extérieur, dû à la divinité par fhomme considéré dan5 la famille comme dans la société civile; la religion réxélée, sa possibilité alors même qi^clle intime aux hommes de la part de