‹ Défense de l'enseignement des écoles catholiquesChapitre 14 sur 52 · SUR LA THÉOLOGIE SCHOLASÏIQUE · texte numérisé non relu

SUR LA THÉOLOGIE SCHOLASÏIQUE

de Dieu au milieu des hommes, le dépositnirc de tous les pouvoirs divins que le Fils de Dieu a exercés sur la terre. Lier et délier lésâmes, remettre et retenir les péchés , ouvrir et fermer le ciel, appeler sur l'autel le Très-haut obéissant à sa voix, célébrer un sacrifice 011 un Dieu est olfertà un Dieu; telle est la hauteur oili s^ élèvent les pouvoirs du prêtre. Il np s^agit pas d'examiner si ces mystères impénétrables sont des vérités ou des préjugés; il me suffit de constater ,~'^ quW regard du catholique, ce sont des dogmes qu''il croit de cœur pendant qu^il les confesse de de bouche. Or, je soutiens que , pour un homme profondément convaincu de ses croyances, un prêtre est en quelque sorte un objet de culte (i); la dignité sacerdotale est, à ses yeux, plus honorable que celle des monarques ; elle est si élevée, que les anges n'en seroient pas dignes : cet homme, en qui une foi vive a imprimé fortement cette conviction dans l'esprit, dans !(; cœur et dans Fimagination , s''il est assis à une table royale, sera tenté de présenter la coupe il iMi prêtre avant que de FollTir au maître du du monde (2) il y en a même qui verroient peut-

(1) On sait qu'en Espngne , en Italie , en Belgique, et dans fjuelqucs provinces de Fiance, le peuple, à la vue «l'un piètre , accourt , se met à genoux, et lui demande sa bénédiction.

('0 Saint Mailin Ta l'ail à la la!>le de roinpereur ]Ma\in\c.

Cjo DISSERTATION

être pins de conveiiaiice que de liardiesse dyus une pareille action. Voilà ce qui nous explique les honneurs rendus au sacerdoce catholique dans tous les siècles chrétiens; ^imagination , dans ces beaux temps, en donnant un libre essor à ses pensées , ne voyoit rien de plus grand que Dieu, de plus imposant et de plus terrible que les promesses et les menaces de sa loi , de plus vénérable que le caractère sacré de ses ministres et de ses représentans au milieu des hommes. Au moyen âge , les guerriers couverts de fer ne révéroient pas, dans le prêtre, le lettré et le savant; ils estimoient à honneur de ne savoir pas signer leur nom ; ils renvoyoient l'étude des sciences et des lettres aux ouvriers de la cité et aux vilains de la campagne : mais s'ils bravoient les hommes, ils craignoient Dieu et Tenfer ; c''est pourquoi la vue d'un prêtre leur en imposoit, ils redoutoient sa malédiction encore plus qu(; la foudre; et le glaive de son excommunication , pénétrant jusqu^i la dernière division de Tame, leur sembloit plus terrible que la lance de l'homme d'armes qui tue le corps. Saint Bernard nVtoit pas, de son temps, le centre d(; toutes les grandes affaires, le juge de tous les

différens nés entre les rois, les comtes et les barons, à cause de ses belles connoissances ,

de cette éloquence doute et persuasi\r qui eu a

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