‹ Défense de l'enseignement des écoles catholiquesChapitre 18 sur 52 · TEMOIGNAGE DE GROTIUS · texte numérisé non relu

TEMOIGNAGE DE GROTIUS

Dans un plan d'études qu'il trace à Duniauricr, ambassadeur de France en Hollande, Grotius y lait entrer, comme ou le présume bien , l'étude du droit publie et du tlroit des gens ; et après lui avoir dit qu'il apprendra de Platon et de Ciceron , tlans leurs ouvrages sur les lois , comuient on tire les principes de ce droit de la sagesse morale, il lui conseille de lire la partie de la Somme de saint Thomas, qu'on appelle la seconde Seconde^ et principalement ce qui concerne les lois et la justice , en l'assurant qu'il ne se repentira pas d'avoir fait cette lecture. {Ep. 31aurer.p. 18.)

Les scliolastic[ues, qui ont succédé aux Pères de l'Eglise , dit-il ailleurs , montrent souvent beaucoup de génie et de

(l) Grotius, savant du |)reniier ordre, s'est acquis la palme parmi les jurisconsultes vraiment dignes du nom de philosophes. Sou ame est aussi religieuse que son génie est vif et pûnéirant. Ceux qui de nos jours ont dcrit sur le droit de la nature et des gens, ne sont pas dignes de lui être comparés j et, quand un sophiste ignorant, comme J. J. Rousseau, croit se débarrasser de lui, en disant d'un ton doctoral , qu'il élaWissoit le droit par le fait , on ne peut qu'en sourire de pitié, comme à la vue d'une taupe qui voudroit prescrire au soleil la manière dont il doit éclairer le monde, (irolius sera difficilement surpassé dans le droit particulier naturel, dans le droit des gens qui n'en est que l'appiicaliou , et dans le droit criminel. Les principes sur lesquels il établit la succession héréditaire naturelle, et le droit de punir, son vingtième chapitre surtout de pœnis, son admirable déduction de la vraie nature et do la légitiruitc de la guerre, accompagnée des lois prescrites par rhuiuaiiité, et des règles de prudence pour la bien conduire, sufTiroient pour immortaliser son nom. (M. di^ llaller, Ucslauratian dv la science polUiquc, tom. I, pag. 38.)

lo'l TiiMOIGNAGES.

péuéuatlon ; mais comme ils ont vécu ilaiis des siôdts iiiallu'uieux, oii les lettres et les sciences les [)lus utiles étoicnt entièrement négligées , il ne faut pas s'étonner , si parmi plusieurs bonnes choses qu'ils ont dites , on en trouve (juelques-vuies sur lesquelles ils ont besoin d'indulgence. Cependant , lorsqu'ils s'accordent dans la décision de quelque point de morale ; il n'arrive guère qu'ils se t rompent , parce qu'ils sont très-clairvoyans, et fort ingénieux à découvrir les bévues et les fausses pensées des autres. Avec tout cet esprit de dispute , ils ne laissent pas de donner tm exemple louable de modestie , en ce qu'ils combattent leurs adversaires , uniquement par des raisons bonnes ou mauvaises, sans avoir recours à ces armes étrangères , dont 1 usage s'est introduit depuis peu , et qui déshonorent si fort les lettres et les savans ; je parle des injures , fruit honteux d'un esprit qui n'est pas maître de luimême. {De jure Belle , prol. n. ô3. )

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