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DEFENSE DE L'EPISCOPAT

Après la science suffisante du prêtre, il plaît à notre docteur de traiter de la science suffisante de

— 35 ^ révêque, ce qui m'oblige à opposer aux quatre questions qu'il remue en cet endroit les quatre propositions suivantes: l"sa théorie sur la science suffisante de l'évêque est, comme la précédente, pleine d'exagération et de fausseté ; 2" cette science qu'il assure ne se rencontrer aujourd'hui que rarement dans ce corps vénérable y est au contraire si commune, si universelle, que les termes manquent pour exprimer la hardiesse de sa proposition adverse; 3*" les évéques qu'il estime condamnés à l'ignorance et à l'incapacité par le même vice de la faiblesse de nos écoles ecclésiastiques, ne sont ni moins savants, ni moins zélés pasteurs que ceux d'autrefois; 4" rien de plus mal choisi que les noms des prélats qu'il distingue dans notre épiscopat pour en faire le but de ses injures et de ses accusations d'ignorance et d'hérésie.

Avant de commencer cette controverse, je proteste en face de nos prélats que c'est à regret que je m'y vois engagé.

L'épiscopat français n'a aucun besoin de mes apologies ; il se défend assez par son propre poids, par l'éminence d'une si haute dignité. Qu'un professeur disserte à son aise dans le loisir de son école sur la science et les qualités nécessaires à un évéque aux termes des canons et de la discipline de l'Eglise; qu'il fasse de ses autorités et de ses principes, aux hommes, aux choses, des applications dont l'inconvenance égale la fausseté, l'épiscopat ne se sent pas blessé par de pareils discours, il peut n'y opposer que le silence et le

mépris. Toutefois, j'ai cru ne pas devoir les laisser passer sans un mot de réclamation, pour les raisons que j'ai déjà touchées plus haut. On est fâché de voir un vieux professeur, un vétéran dans le sacerdoce, oublier que les évéques, alors même qu'ils auraient été nos élèves dans le cours de leur éducation, deviennent, par la grâce et le caractère de leur ordination, nos pères dans l'ordre de la religion et nos maîtres par le titre de leur mission.

Article 1.

La théorie de notre docteur sur la science suffisante de l'évêque convaincue d'exagération.

Il n'est pas vrai que la science suffisante d'un évêque soit celle d'un docteur. L'évêque est pasteur. Or, nous l'avons dit, et la chose est incontestable après le témoignage de saint Paul : autre est la science du pasteur, autre celle du docteur. Toujours l'Eglise verra assises sur la chaire de l'épiscopat la science des docteurs et la vertu des saints; mais ici nous pouvons appliquer ce principe de l'école : la perfection et l'héroïsme de la vertu sont le partage de la communauté, et non le devoir et le précepte imposé à l'individu. Je le sais, toujours l'Eglise possédera des évéques doctes ou docteurs, héritiers de la science et de la doctrine des Athanase et des Ambroise, de l'érudition des Huet et des Duperron, de la sainteté des Borromée et des François de Sales j

mais ces hommes ne sont appelés grands que parce qu'ils sortent de la foule et se placent dans un ordre à part. La science nécessaire à un évéque, et qu'on peut appeler une exigence de ce poste éminent, aux termes du concile de Trente et des canons de l'Eglise, cette science s'élève au-dessus du commun des pasteurs, mais elle peut se tenir à une grande distance du docteur qui parle au nom de l'Eglise, et qui défend ses décrets et ses décisions dans de savants ouvrages. Ce pasteur connaît les principes de la morale; il en a fait une étude sérieuse et approfondie pendant et après le séminaire; il en connaît la pratique, et j'appelle pour lui la pratique de cette science l'habitude de résoudre les cas de conscience dans son cabinet ou dans son conseil d'administration, habitude vraiment supplémentaire à l'expérience du ministère pastoral, par la nécessité où elle met le casuiste de s'identifier avec le pasteur, avec les cas les plus embarrassants de son ministère; car enfin un consultant, pour être clair dans son exposé, doit montrer son espèce, en indiquer les diverses faces et en laisser apercevoir les nuances les plus délicates, et force sera alors au docteur interrogé de se confondre avec lui et de se mettre à sa place.

Ce premier pasteur n'est pas étranger à la science du droit canonique; la triture des affaires, sa correspondance ministérielle l'ont mis au fait des formes et des procédures, des ordonnances et des lois de ce droit nouveau qui régit les églises et les

^ 38 — paroisses dans leur rapport avec le pouvoir civil; il est sage, il est prudent; il connaît le monde, les hommes, les affaires; il a le discernement des esprits, le lact des convenances; il manie les caractères avec habileté, il ne cherche pas à heurter les passions, il ne les aborde jamais qu'avec peine; rarement il les pousse jusqu'à leurs dernières extrémités; il prévient les éclats et en regarde les explosions comme la plus fâcheuse des nécessités. Sa langue re dit que ce qu'elle veut, et sa discrétion est admirable dans ses rapports avec la puissance séculière. Oh ! que celte science du docteur de l'école est petite au prix de la prudence de cet évéque! Avec la mesure de science que nous venons de lui accorder, ce chef de l'Eglise saura diriger, conduire les docteurs, les redresser dans leurs écarts, leur apprendre une foule de choses que la théorie ne révèle pas, s'approprier leur science, leur assigner la tâche qui leur convient, les appliquer aux œuvres dont ils sont capables, les faire servir comme moyens aux fins de cette administration dont il tient le fil et fait mouvoir les premiers ressorts. Désirons qu'un évéque soit le premier de son diocèse par la sagesse; et après cela, ne nous alarmons pas de lui voir céder à bien d'autres le pas et la prééminence de la science. C'est dans ce poste éminent que se vérifie l'histoire ou la fable de cette élection, où le chef de la communauté fut ainsi choisi par acclamation : Doctus estf docent nos; sanctus est, oret pw nobis; sapiens est, regat nos. On ne gouverne ni les

Etats ni les Eglises avec de la science et de l'érudition, mais avec ce bon sens exquis qui est comme la fleur de la raison, cette élévation, cette fermeté de caractère, qualités où je crois voir le fond sur lequel viennent s'asseoir volontiers Théroïsme de la vertu sociale et de la magnanimité chrétienne. Henri IV et Louis XIV étaient, à peu de chose près, de vrais ignorants; saint Charles Borromée, saint Vincent de Paul n'étaient rien moins que des érudits et des savants distingués : sapiens est, regat nos, c'est au sage à nous gouverner.

Or, cette science telle que je viens de la définir, telle qu'elle est exigée des évéques par les canons de l'Eglise, est aujourd'hui commune parmi eux; et il y a plus que de la témérité dans un simple prêtre de faire de la proposition contraire la matière d'un doute et d'un problème. Voilà la solution de l'article 2.

Article 3*

Ces prétendus évêques incapables ne le cèdent en rien à nos prélats les plus distingués de l'ancien régime, ce que je remarque à cause de la prédilection de notre docteur pour les parallèles entre les hommes et les choses cle l'ancienne et de la nouvelle France.

Je le sais, nos anciens évéques ont été, en 1790, la colonne et le soutien de la foi, et sans la glo-

rieuse confession qu'ils en ont faite, cette lumière se serait peut-être éteinte parmi nous, et ce divin chandelier aurait changé de place; mais je dirai ici volontiers à noire docteur : Pour être équitable envers l'ancien épiscopat, votre œil doit-il être louche et méchant envers le nouveau? Nos anciens prélats étaient-ils plus versés dans la science divine, plus résidents au milieu de leur troupeau, plus assidus à le visiter, à le consoler, à l'édifier par l'exemple d'une vie sainte et irréprochable ?

Pourquoi nous mener sur un terrain si incommode et nous imposer une si désagréable comparaison? Mais, puisque nous y voilà forcés, tâchons de prévenir dans notre jugement celui de la postérité, car l'ancien épiscopat y est déjà entré depuis quarante ou cinquante ans qu'il a cessé d'exister ou de régner. L'équitable et inflexible histoire en est l'organe, et il vient un moment où tous les morts comparaissent à son tribunal, sans distinction de rang et de condition; elle accordera aux prélats dont je parle la gravité et la décence des mœurs, et tout ce que l'honneur français pouvait offrir de plus loyal et de plus généreux parmi les nobles et les grands de l'ancienne France. Elle les vengera contre les calomnies des beaux esprits philosophes de cette époque. Toutefois, elle ne pourra s'empêcher d'attribuer aux évêques de la nouvelle France la supériorité qui fait le prêtre pieux et le pasteur modèle, une vie plus exemplaire, plus assidue à ces œuvres caractéristiques de la piété sacerdotale, dont le saint autel et la

méditation journalière de la loi de Dieu sont le centre, la source, le soutien et la force.

Me voici arrivé à mon triste parallèle; mais avant de le commencer, je crois devoir faire, en présence des contradicteurs qu'il pourra rencontrer, la déclaration suivante : Ma pensée n'est pas d'appliquer les détails qu'il renferme à tous les individus de cet antique corps, dont toutes les générations raconteront le courage et la généreuse confession de la foi ; mais si j'affirme que plusieurs d'entre eux auraient pu s'y reconnaître, les vieillards, contemporains comme moi de l'ancienne France, ne me démentiront pas.

Nos évêques connaissent à présent leur position, ils savent jusqu'où les engage la représentation de leur place; celle de l'ancien épiscopat était en général beaucoup plus simple et plus facile : il ne s'agissait en quelque sorte, pour eux, que de s'asseoir sur la chaire, de s'y tenir avec dignité, d'y avoir à la bouche quelques-uns de ces mots gracieux, de ces formules honnêtes qu'une bonne éducation faisait alors abonder facilement sur les lèvres des grands. Le sacerdoce vulgaire abordait difficilement leurs personnes.

Sur les avenues de leur trône épiscopal on rencontrait deux ou trois grands vicaires appelés travailleurs, par opposition à ceux qui ne travaillaient pas, et pour qui le grand vicariat n'était qu'un titre pour demander avec plus de bienséance les riches bénéfices à nomination royale; c'est pourquoi les plaisants appelaient cet office un croc dans leurs

mains pour tirera eux une pension sur les économals, en attendant une abbaye en commeiide ou un prieuré royal. C'est avec les \icaires travailleurs que le clergé du second ordre négociait ses affaires. Quant au prélat lui-même, une audience dans son cabinet, une invitation à sa table, quelques paroles honnêtes : c'était là, de sa part, assez d'honneur pour distinguer entie eux les notabilités de l'ordre de MM. les curés, et on ne s'en plaignait pas ; mais aujourd'hui tout est bien changé, et les temps et les hommes. Point d'ecclésiastique qui ne veuille correspondre avec son évéque; les lettres qui encombrent sa table le tiennent autant qu'un homme de bureau attaché à son cabinet, et dans le cours de ses visites pastorales on veut traiter avec lui seul à seul : la présence de son grand vicaire serait à charge. Là il faut résoudre toutes les difficultés avec toutes les instances, et si on est armé à la légère, on laisse bientôt apercevoir le défaut de la cuirasse, et l'observateur judicieux, en parcourant nos provinces, est souvent réjoui d'entendre sur le compte du prélat ces discours dont le contraste est frappant avec l'acrimonie de M. Pages: Vévcque serait encore notre supérieur par le mérite s'il était par sa place notre égal.

Notre docteur choisit bien mal son temps pour dénigrer l'épiscopat. On ne citerait pas dans notre histoire ecclésiastique une seule époque où une église ait offert le spectacle d'une plus grande réunion de pasteurs éminemment

dignes de ce nom, et assis sur la chaire épiscopale; je n'en excepte pas même celle où le savant pape Benoît XIV comparait l'Eglise de France à l'Eglise d'Afrique, dans ce beau temps où le grand Augustin y assemblait de si nombreux conciles, et où la sainteté de ces évéques était à ce degré, que tous offraient de descendre de leur siège et d'y installer à leur place les évéques donatistes, s'il ne tenait qu'à cet acte de dévouement de leur part que la paix fût rendue à l'Eglise. Faisons entendre ici, en l'honneur de notre épiscopat, un suffrage après lequel il se consolera sans peine, si M. Pages continue à lui refuser le sien; c'est le ministre du roi, qui, au milieu de nos Chambres, estime devoir rendre à nos évéques cet honorable et équitable témoignage :

«Je le dis sans hésiter, en remontant à l'origine »de la monarchie, et en la suivant de siècle en » siècle, je ne crois pas que l'on rencontre une épo- » que où l'épiscopat français ait été plus digne de la M confianceetdelavénération des peuples. On trouve » jusqu'au milieu des siècles barbares des pontifes » éminents en science comme en piété ; on trouve » surtout au siècle de Louis XIV, ce siècle véritable- » ment modèle, et que probablement la France est » destinée à ne plus revoir, des prélats unissant à la » plus haute vertu le savoir et le génie, les Bos- » suet, les Fénelon. Mais où trouver un épiscopat » tout entier dont les membres aient été plus véri- » tablement pasteurs que nos évéques, plus dé- » voués au bien de leur troupeau, plus assidus à

^ 44 — 9 le visiter pour le consoler et l'instruire, plusdés- » intéressés, plus accessibles à tous, animés d'un » zèle plus sage, plus éclairé; plus compatissant? » Non, Messieurs, je ne crois pas qu'aucune autre w époque de notre histoire, je dirai même que les » annales d'aucune autre nation aient présenté » quatre-vingts pontifes à la fois plus irréprochan bles, plus faits pour mériter l'estime et le respect » des fidèles. Je ne m'étonne pas après cela que » les évéques, en parcourant leurs diocèses et en » se présentant au peuple des campagnes comme » des cités, reçoivent des honneurs extraordinaires. » Comment ces populations n'iraient-elles pas se » précipiter devant ces hommes que la foi leur ap- » prend à révérer comme des envoyés de Dieu, et » qui effectivement en sont l'image à leurs yeux, « en leur apparaissant comme des anges de paix » et de charité ? Aussi a-t-on vu plus d'une fois des M mères de la communion protestante leur présen- » ter leurs enfants à bénir. Au lieu de porter envie » à ces éclatants hommages, il faut plutôt s'en ré- » jouir, parce qu'ils font à la fois l'éloge et du peu- » pie qui les rend et du pontife qui les reçoit. »

Ainsi parlait Monseigneur l'évéque d'Hermopolis, en sa qualité de ministre du roi, devant nos Chambres assemblées.

DEFENSE DES PRELATS ET DES PRETRES DÉSIGNES NOMINATIVEMENT PAR LE DOCTEUR PAGES.

Non content de ce prolixe manifeste contre i'épiscopat tout entier de notre France, où il est dénoncé comme ignorant, incapable, à l'Eglise universelle, notre docteur prend plusieurs d'entre eux à partie pour leur porter de plus rudes coups; et certes il est bien malheureux dans le choix qu'il en fait : ces prélats sont messeigneurs de Belley, du Mans, de Rennes, de Rodez, d'Annecy. J'ai pro-^ mis un mot sur chacun d'eux, et cette tâche est facile et agréable à remplir.

Monseigneur de Belley répand dans son diocèse une opinion énonce, condamnée nommément et expressément par le saint Siège (page 395). On ne lui épargne pas le reproche d'ignorance; elle est chez lui d'autant plus coupable^ quelle n'est pas exempte d'orgueil. Il s'avise de donner des instructions à son clergé sur une question dont il ignore les premiers fondements. Enlin, ses accusations

sont si arrêtées dans son esprit, qu'il en fait la matière d'une thèse; car je lis ces paroles dans son j)rospeclus : Opposition de mcssci^neurs de Bellej et du Mans y et des règles de conduite quils tracent à leur clergé^ awec les décrets des conciles œcuméniques.

Voyez si tout cela est sérieux. Des hérésies (car en voilà la notion la plus exacte que l'on connaisse, topposition manifeste d'une doctrine avec les décrets des conciles œcumc'niques)\ des hérésies transmises comme de règles de conduite par le premier pasteur, l'apostasie de la foi commandée par lui comme un devoir, une obligation ; ajoutez à tout cela, dans un prélat si coupable, une ignorance orgueilleuse, des questions quon enseigne comme des règles sans en connaître les premiers fondements ; et ces hommes sont les mêmes dont la France entière loue la piété et les savants ouvrages : l'un est auteur d'un Rituel que les diocésains comme les étrangers lisent avec fruit comme une sorte de livre classique; un autre ouvrage qu'on lui attribue parle en faveur de la profondeur de ses connaissances dans la discipline ecclésiastique ; les titres du second sont d'un ordre sous un certain rapport plus élevé, c'est une Somme de théologie devenue classique dans un grand nombre de séminaires. Comment M. Pages ne craint-il pas que ses airs de hauteur n'inspirent à quelqu'un de le peser dans la balance avec ces habiles théologiens, et de publier que dans cette appréciation il a été tiouvé léger? Et si quelque autre, avec

plus d'humeur encore, tenait ce propos : Mais, enfin, qu'est-ce que M. Pages? quelle est sa vogue, sa réputation, ses titres à l'estime publique, pour s'arroger une sorte de dictature tliéologique et dispenser du haut de son trône la louange et le blâme à son gré ? Je n'en serais pas surpris.

Nous avons de lui, pourrait-il dire encore, une dissertation sur l'usure, où il a mis en français les autorités et les raisons écrites en latin dans nos théologies élémentaires. Avec une production semblable, sur une matière rebattue, épuisée, et sur laquelle il n'y a rien de neuf à dire, est-il autorisé à faire tant de bruit et à traiter en disciples ceux qui ont le droit d'être appelés ses maîtres?

Monseigneur de Rodez est bien honorable, bien estimable. Tous les ans il publie des mandements où l'on oublie les grâces et la beauté du style pour ne s'occuper que de la solidité des pensées et de la doctrine; mais il a deux grands torts : 1" il adhère aux dernières décisions de Rome sur l'usure; 2° il est né en l'année 1791, année que M. Pages et autres astronomes ou astrologues estiment fatale.

Quant à monseigneur de Rennes, ce n'est pas l'ignorance, c'est l'astuce et la duplicité qu'on lui reproche. // tend des pièges au tribunal du Saint- OJJice pour en obtenir une réponse favorable à l'hé^ résie dont il s'est constitué le patron (page 438).

Mais, diront ici les amis du prélat, si tant de vertu et de piété n'était pas capable de désarmer notre censeur, est-ce bien le mensonge et la du-

plicité qu'il fallait reprocher à une ame si belle et si candide ?

Monseigneur Rey, évêque d'Annecy, paraissez : voici ce dont on vous accuse : Fous faites enseigner V hérésie dans votre séminaire; mais en outre, afin d'étendre les bienfaits de F Eglise de Calvin à toutes les parties de l'Eglise cat/iolique, vous favorisez la publication des écrits qui lui sont favorables. A votre mort vous reconnaîtrez que par cette contagieuse publication vous avez contribué à la damnation de plus de prêtres dans l'Eglise de France que n'en ont converti les excellents discours de vos retraites pastorales.

Je le sais, et je puis l'attester au public, cette rude semonce n'a pas ému la sensibilité de ce prélat à l'égal d'une chiquenaude. Cependant, comment notre censeur ne s'aperçoit-il pas qu'il contriste profondément par ce discours deux grandes et illustres Eglises? L'Eglise de France! elle a pleuré aux discours de monseigneur d'Annecy, et, dans ses diptiques sacrées, elle lui a assigné une place élevée au-dessus des docteurs en l'inscrivant parmi ses apôtres. Quant à l'Eglise de Savoie, elle a peine à contenir son indignation de voir un si digne successeur de saint François de Sales accusé d'être fauteur et propagateur de la doctrine calvi-

• Si jamais monseigneur Rey tombe en paralysie, pour le rércilieid'un soninicii léthargique, au lieu de lui mettre les fers chauds auv pieds, je conseille à son médecin de le traiter comme le saint prédécesbcur saint François de Sales, de l'r apper son oreille de ce mot : Ne sérier-

Pour nous, missionnaires ecclésiastiques, qui nous efforçons de marcher sur les traces de cet évéque, et qui demandons à Dieu avec instance une participation aux dons qu'il lui a si abondamment communiqués de remuer profondémenl un auditoire de prêtres et de lui faire verser des larmes, nous nous sentons blessés en la personne de notre ami, de notre chef, de notre modèle.

Après cela , ce docteur, qui s'en prend à tout le monde, attaque personnellement des prêtres, pasteurs et recteurs de plusieurs paroisses de Lyon, un séculier généralement estimé dans cette cité, et connu par des travaux utiles sur l'Ecriture sainte. Je n'ai pas l'honneur de connaître ces messieurs, mais ils le sont avantageusement du public; je me contente de dire ici à ce docteur : Quand il serait aussi vrai qu'il est évidemment faux que ces hommes ont failli dans la doctrine, en quoi sontils vos justiciables? quelle qualité avez- vous pour prononcer contre eux des censures théologiques et les dénoncer au public comme entachés des notes d'erreur ou d'hérésie? On ne saurait contrevenir plus formellement aux règlements du saint Siège. Sans doute que ce docteur ne conteste pas au souverain de l'Eglise le droit de régler en quelque sorte la police des disputes théologiques, les lois de modération et de retenue que les théologiens doivent y garder; je les mettrai sous les yeux du lecteur à la hn de cet écrit.

vous pas, par mallicur, ni) l'auteur ou prop.i^ateur de la doclrine de Calvin f

ïitt Ê^ïn^ulimi^i

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