‹ Défense de l'enseignement des écoles catholiquesChapitre 39 sur 52 · ISI · texte numérisé non relu

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» couronnée reine, si elle ne piofesse la religion romaine. Ceux qui cban- » geront de religion seront punis du bannissement. »

Le traité et la constitution que nous venons de citer sont insérés dans la collection des constitutions, etc., par M3I. Dufau, Duverger et Guadet, publiée à Paris et à Rouen en 1823 (connnencement du quatrième volume) .

Mais revenons au clergé polonais. La conduite qu'il a tenue dans les derniers événements a fini, dit l'arlicle, par avilir l'union aux yeux des Grecs- Unis eux-mêmes, tant cette conduite était contraire aux préceptes du christianisme. Laissons à d'autres le soin d'examiner comment cet avilissement exagéré peut se concilier avec la fermeté par laquelle les tirecs-TJnis ont protesté contre les efforts qui veulent les détacher de l'union. Considérons la conduite en elle-même du clergé de Pologne ; nous déclarons sincèrement qu'elle'est digne de blâme pour avoir été, comme nous le reconnaissons nous-mêmes, peu compatible avec les préceptes du christianisme; mais disons aussi que l'on ne doit pas attribuer à tout le clergé catholique de la Pologne une faute de ce genre, quelle qu'elle soit, puisqu'elle n'a été commise que par une partie seulement du clergé. Quelques ecclésiastiques, et non tous, quelques ecclésiastiques, et même un petit nombre, en proportion de leur totalité en Pologne, se trouvent avoir pris part aux troubles excités contre le gouvernement. Nous croyons de plus pouvoir franchement afïlrmer que les ecclésiastiques qui se rendirent alors coupables ne doivent pas être réputés indignes d'excuse et d'indulgence. IVe vivons-nous pas à une époque où les voix trompeuses des droits des nations et des peuples se font entendre dans tous les coins de la terre? Ces droits si vantés ne sont-ils pas offerts au monde avec une apparence de titres et de raisons propre à enflammer les esprits et à les induire en erreur? Ajoutez que, dans le cas particulier de la Pologne, on fit surtout prévaloir le prétexte de défendre la religion et l'Eglise autant que l'honneur de Dieu. Si un motif aussi spécieux produisit sur le peuple une grande impression, il ne pouvait pas manquer d'entraîner quelques prêtres, puisq^ie les intérêts de la religion et de l'Eglise doivent être plus chers encore au cœur du clergé qu'à celui du peuple.

Faut-il donc supposer que les ecclésiastiques polonais ignoraient les préceptes du christianisme sur les devoirs des sujets envers leur souverain? On ne peut entacher dune si honteuse ignorance un clergé aussi respectable. Les prêtres polonais connaissent certainement les exemples laissés par nos pères, quand la nécessité et les malheurs des temps les mirent sous la puissance de tyrans ou de princes de religions différentes ; l'histoire nous dit qu'alors les catholiques se signalèrent au-dessus de tous les autres sujets par leur obéissance et leur fi(Jélité ; et que, dans le conflit des lois du prince avec celles de Dieu et de l'Eglise, ce ne fut point par la révolte, mais par le<

s<juHianecs, les tourments et la mort, qu'ils rendirent témoignage à leur religion. Mais, dans la dernière révolution de Pologne, plusieurs ecclésiastiques de ce royaume, efirayés (\n grand péril dont la foi catholique était menacée, crurent que, pour la défendre, ils pouvaient alors, comme en d'autres circonstances on avait cru pouvoir le faire, user de la force pour se soustraire au joug du gouvernemenl. Dans le trouble général, au milieu du bruit des armes, à la vue de l'immense mullitude des morts et des blessés, avec la perspective fondée d'un avenir souverainement fatal à la religion, il était trop facile de confondre les idées et d'établir une assimilation entre des cas tout à fait dilTéj-ents. Nous ne cliercberons pas ici comment, dans les esprits troublés des prêtres de Pologne, se sont représentées offertes les guerres des Macchabées, surtout s'ils estimaient vraie l'opinion de Grotius, qui, dans le liv. i", ch. 4, § 7, de Jure Belli ac Pacîs, soutient que les rois de Syrie, contre qui se battaient les Macchabées, étaient les rois légitimes des Hébreux. On voit encore, après la venue de Jésus-Christ et dans le sein de son Eglise, quelques exemples que, par erreur, on pourrait croire applicables à l'état de la Pologne. Quand l'empereur Léon l'Isaurien déclara, l'an 720, la guerre aux saintes images, il se fit de la part des cathoHques sujets de l'empereur, en Orient comme en Occident, divers soulèvements pour la défense de la doctrine et de la discipline catholique sur le culte des images. Le premier mouvement fut celui des îles Cyclades et des autres peuples de la Grèce, qui se révoltèrent, en 726, et, donnant la couronne impériale à un certain Cosme, s'avancèrent avec une armée navale contre Léon. Limpie Constantin Copronyme, fils et successeur de Léon, vit se révolter contre lui Artabas, son cousin, qui, s'étant toujours montré ferme dans la foi, fut trèsaimé et reconnu pour empereur par les sujets de l'empire. On connaît mieux les soulèvements de l'Occident dont les i)euples, alors soumis à l'empire d'Orient, irrités contre Léon l'Isaurien à cause de son édit, qui ordonnait l'incendie des saintes images, secouèrent le joug de leur antique dépendance, et aidés d'autres princes et peuples d'Occident, pourvurent à leur salut non moins qu'à la défense de la foi catholique. >'ou3 ne pouvons nous étendre sur l'histoire des entreprises des sujets catholiques contre les empereurs iconoclastes. Nous engageons à consulter, sur cette matière délicate, la dissertation écrite par Orsi en italien sous ce titre : De l'origine du domaine et de la souveraineté des papes sur les Etats qui leur sont temporcUement soumis. Le chapitre 5 de cette dissertation va surtout à notre but, parce que les observations de l'auteur sur le caractère particulier de la persécution des empereurs iconoclastes et les effets qu'elle produisit dans le monde catholique, nous conduit à expliquer l'équivoque que peuvent avoir préseiilée ou pourraient offrir pour excuse les ecclésiastiques polonais. Orsi

observe donc que la persécution des hérétitjues iconoclastes difl'érait essentiellement de celles excitées par les païens ou les autres hérétiques. Les Gentils, en effet, étaient tellement éloignés d'attaquer Dieu directement, qu'ils déclaraient persécuter les chrétiens comme coupables d'athéisme pour avoir renoncé au culte de leurs dieux, et s'être mis à vénérer un homme crucifié, un séducteur de la Jufiée.

Les autres hérétiques, tout en attaquant quelques-unes des vérilés enseignées par Jésus-Christ, ne dirigeaient toutefois pas leur colère contre Jésus, mais contre des hommes qu'ils jugeaient faussement, à la vérité, être ennemis du Christ. Tandis que, pour les iconoclastes, leur persécution allait directement contre les images de Jésus, reconnu par eux pour vrai Dieu, et, par conséquent, elle attaquait Dieu lui-même, et leur haine ne se déversait seulement pas sur les catholiques, défenseurs des saintes images, mais sur les images elles-mêmes par eux indignement profanées, foulées aux pieds et livrées aux flammes. De cette différence, il résulte que les chrétiens, bien qu'ils eussent souffert en paix les autres persécutions, ne crurent pas être obligés à souffrir celle des iconoclastes. Et, dans la ville de Conslanlinoplc, quand un officier de Léon l'Isaurien vint par son ordre frapper une célèbre image de Jésus-Christ, pour l'ébranler et la renverser, les cathohques, présents à cette scène, ne purent s'empêcher de sauter impétueusement sur l'échelle où l'officier était monté, de le précipiter à bas avec elle, et de le mettre à mort. On fit alors un grand massacre de ces catholiques par ordre de l'empereur ; et de leurs actes, rapportés en grec et en latin par les Bollandistes, sous la date du 9 août, nous savons qu'ils n'étaient pas tous de la populace et du sexe féminin, dont le zèle irréfléchi eût pu être excusé par l'ignorance, mais de tout sexe et de toute condition. « Multique (dit l'auteur » de ces actes) multique illa eadem die redimiti fuere corona marlyrii : inler » quos erant mulieres ac viri, sacerdotes ac levita;, innuptte ac moniales, » prœsides ac subditi : quorum numerum et nomina solus novit Dominus : » neque enim in nobis tanta est facultasut numerum eorum inire possimus. »

Il faut ici observer que ces catholiques sont nommés dans les actes : Redimiti corona martyrii, ce dont l'auteur ne voulait pas laisser de doutes, puisqu'il ajoute : Si quidem hoc débet verc martyrium censerî. En effet, comme l'a observé justement Orsi, qui nous fournit ces réflexions, bien que l'Eglise défende d'admettre au nombre des martyrs ceux (|ui provoquent imprudemment la fureur des tyrans, elle n'a point usé de cette rigueur envers ceux qui précipitèrent l'officier impérial, profanateur d'une image de Jésus-Christ, et la gloire des saints martyrs ne leur a été refusée par personne. L'Eglise elle-même, latine et grecque, en célèbre la mémoire le 9 août. Dans l'Eglise latine, le Martyrologe romain, audit jour, le? propose à la vénération de*

fidèles, au nombre de dix, et les dit martyrisés : Ob Salvaloris imagincm quam in porta œnea constituerant, L'Eglise grecque en marque un bien plus grand nombre dans le Ménologc de Basile, qui décrit aussi l'hisloire fibrégéc de leur martyre. L'autorité de ce Ménologe est grande, puisqu'il a été compilé au x*-" siècle, sous l'empereur Basile Porphyrogénéte.

II fut, pour la première fois, publié en entier avec la traduction latine en regard du texte grec, par le cardinal AUiani, neveu de Clément XI, a L'rbain, en 1027. Suivant celte traduction, on lit, à la date du 9 août ; « Certamen

» sancti inartyris Juliani et sociorum At imperatore Leone icoiioclasto

>) claruere Adnimadvertentes euim illum a sanctarum imaginum adora-

» tionc aversum atque eas igné absumere, zelum ex boc concipiebant, mœrorc )) contabescentes. At cum vidèrent vcnerandam etiam Christi iniaginem qua; » in ajrea portaextabat, effringi, dignum animisensum in médium prolulerunt » spathario qai scalam, effigiem destructurus, ascendebat, eum una cum scala » dcjicicntcs, intcrfecerunt ; atque ad iram commoto tyranno, alii quidem )) statim gladio consumpti (niuUicnim erant numéro intcr quos plurcs femi- » nœ et Maria Patricia) , alii custodiis tradili, a facie combusti plurimosquc » passicruciatus, capite fuere oblruncati. »

Revenant maintenant au clergé de Pologne, nous avons déjà observé que, dans les derniers troubles, on cbercha à insinuer l'idée que, combattre contre le gouvernement russe, c'était défendre Dieu même. Nous convenons bien volontiers qu'à ces insinuations le clergé devait opposer les préceptes du christianisme. Néanmoins, sous le prétexte de la gloire de Dieu, quelques ecclésiastiques nont pas craint de prendre part aussi à l'attaque dirigée contre le gouvernement russe. Qu'en résulte-t-il ? c'est que leur conduite fut coupable, mais non qu'on doive leur refuser toute excuse. Il fut un temps, en effet, où l'Orient et l'Occident décidèrent à la fois qu'en certains cas, les préceptes du christianisme ne défendaient point aux sujets de se soustraire à l'obéissance envers leurs souverains, ou d'user contre eux de la force pour défendre le culte sincère et légitime de la divinité. On ne peut pas dire que les circonstances où se trouvait la Pologne fussent semblables à celles dont nous parlons, mais elles pouvaient paraître l'être à ceux dont l'àme était agitée , et il est plus que facile dans un état de violente inquiétude de prendre un sens équivoque entre la vérité et l'apparence des choses.

En résumé, quelques-uns des membres du clergé polonais avaient pu, ilans l'épouvante générale de la Pologne, regarder les persécutions des iconoclastes comme une fidèle image de celles que la Russie avait déjà fait souffrir à la foi catholique en Pologne, et de celles plus terribles encore que Ton appréhendait pour l'avenir : aussi avaient-ils pu croire être permis à leur nation ce qui avait jadis paru être licite dans uh plus vaste et un plus anti-

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que empire. Ils étaient sans doute obligés à user de plus de prudence "avant de se décider sur ce point, attendu qu'outre l'obscurité qui enveloppe ces questions, par la difTicullé qu'il y a à discerner ce qui peut être nié ou rendu à César sans offenser Dieu, le danger de se tromper croissait encore pour eux, vu la préoccupation dans laquelle ils étaient de l'esprit de parti. Avec un plus tranquille et plus niùr examen, ils eussent facilement aperçu que le gouvernement russe, tout en travaillant ses sujets catholiques, tendait bien à les rendre tous schismatiques, mais n'avait point l'intention d'imiter entièrement les iconoclastes, et de faire directement la guerre à Dieu. Il n'était donc pas permis de combattre par les armes, mais on devait le faire par la force de la vertu. Enfin, notons bien que la résistance opposée aux empereurs iconoclastes est considérée comme juste, non parce que les sujets qui se soulevèrent en décidèrent ainsi par leur action, mais parce que, à cause de circonstances et de conditions particulières qui se réunissaient alors, elle fut ainsi jugée par tout le monde catholique, jusqu'à faire reconnaître pour martyrs, par les Eglises grecque et latine, quelques-uns de ceux qui perdirent la vie en cette rencontre. Une erreur a donc été commise par ces ecclésiastiques polonais dont nous avons parlé en dernier lieu ; mais puisque, dans l'erreur, l'esprit ne découvre pas clairement tout ce qui est nécessaire à voir pour juger, sous son vrai jour, la gravité de la faute, il s'élève en faveur des coupables un juste titre d'indulgence et d'excuse.

Ici finissent nos observations critiques sur l'article relatif à la Russie, inséré dans le JouiJial de Francfort du 22 avril 1839. Le motif qui nous a fait écrire est la défense de la vérité et le désir de détromper le public. Nous avons toujours éloigné de nous la pensée d'offenser personne, moins encore avons-nous prétendu porter préjudice aux droits du gouvernement russe. Ceux qui se mêlent d'en faire l'apologie en se faisant les défenseurs des abus et non des droits, et travestissant l'histoire pour fonder leurs discours sur des faussetés ; ceux-là ne font point honneur à ce gouvernement, donnant ainsi clairement à entendre que sa cause doit être bien mauvaise, puisqu'il n'a d'autre moyen de se défendre qu'en ayant recours au mensonge.

A la suite du document qu'on vient de lire, nous croyons utile de publier les pièces suivantes, qui l'appuient en même temps qu'elles confirment le récit que nous avons donné hier d'après le Journal historiqxc et littéraire de Liège.

Le clergé grec-uni du district de Aovogrodek à Mgr. Joseph Siemasko, évêque grec-uni du diocèse de IJlhuanie, membre du collège (ecclésiastique catholique romaiu), chevalier de beaucoup d'ordres.

C'est avec le respect dû à votre dignité pastorale que nous exposons, à l'occasion de la réforiiK' proposée pour les rits grecs-unis, nos vœux exprimés dans les points suivants :

1° De même que l'union solennelle de l'Eglise orientale et occidentale fut décrétée, l'an 1439, au concile général de Florence, de même on y adopta la réforme des rits grecs, réforme que l'Eglise scbisnialique, excitée par l'esprit turbulent de Marc, évéque d'Ephèse, ne voulut point recevoir. Mais pour nous, à l'exemple do notre métropolitain, Isidore de Kiow, et de Joseph, patriarche de Constantinople, nous sommes décidés unanimement à la suivre; car cette réforme a été prescrite pour toute lEglise grecque, comme une règle que nous tous, en qualité de Grecs-Unis, sommes tenus d'observer.

2» Lorsque, après le schisme de la Russie septentrionale, le clergé romain de Lithuanie, sous son métropolitain Michel Rahoza, se fut uni à la sainte Eglise romaine, dans le synode tenu à Bressici (Lithuanie) enl59î, et que cette union eut été confirmée l'année suivante par le pape Clément VllI, le même synode nous prescrivit, comme une règle inviolable pour tous les siècles futurs, la profession de foi, de même que la réforme des rits, décrétée . dans le concile de Florence.

3° Léon Kiszka, métropolitain de toute la Russie, dans le synode tenu à Zamosc (Petite-Russie ou Russie-Rouge), en 1720, non-seulement confirma avec tous ses prélats la susdite union, mais, en outre, pour l'approuver davantage, il spécifia la différence entre les rits schismatiquesetles rits grecs-unis ; il réforma les cérémonies dans le sens de l'union; il détermina l'appareil pour la célébration de la messe, et tous les vases sacrés, en se conformant plus à la solide dévotion et à l'usage du pays qu'aux anciens usages de Constantinople. Un exemplaire authentique de ces résolutions fut laissé, pour mémoire éternelle, au clergé de la Gallicie, de la Hongrie, de l'Esclavonie, de la Dalmatie, de la Croatie, etc., et il nous obligea par serment à garder éternellement l'union avec la sainte Eglise romaine.

40 En comparant les plus anciennes éditions des Missels, faites par le soin de l'autorité des cvéques, savoir: l^le Missel publié en 1659 par le métropolitain Cyprien Zachowski, et dédié au prince Charles-Stanislas Radzi\\ ill, avec une très-belle préface où l'on exhorte le clergé à garder l'union ; 2o le Missel publié en 1727 par le métropolitain Kiszka, et le Missel imprimé en

1790 par le métropolitain Szeptycki ; 3" et sans parler enfin de beaucoup d'autres : le Missel publié à Vilna par le soin de notre métropolitain Joseph Bulhak, encore vivant. En comparant tous ces Missels, disons-nous, nous trouvons qu'ils ne difîèrent en rien; de même nous voyons que tous les Rituels s'accordent ensemble, et que la ditTérence entre eux est imperceptible ; d'où il suit que ces IMissels et ces Rituels émanent de la source commune de l'Eglise d'Orient, puisqu'ils ont été approuvés, durant un si long espace de lcmi)s, par tant d'évéques grecs-unis.

5" Comme le 3Iissel à l'usage du clergé grec-uni, imprimé à Moscou en 1831, dilTére de nos Missels sur un point essentiel, le dogme de la procession du Saint-Esprit; comme certaines oraisons y ont été ajoutées; de plus, comme il ne fait aucune mention du souverain pontife, à qui nous avons promis avec serment, lors de notre ordination, obéissance et respect, tout aussi bien qu'à l'empereur, nous supplions votre autorité pastorale de ne pas nous forcer à recevoir ce Missel, et de nous laisser les Missels de l'édition de Vilna, dont nous nous sommes servis jusqu'à présent.

6« Le peuple grec-uni est accoutumé, depuis environ deux siècles, aux génuflexions, aux expositions du Saint-Sacrement les jours de fête et les dimanches, aux messes privées et chantées, aux litanies, aux processions et aux profondes adorations de la sainte Eucharistie. Toutes ces choses sont nécessairement dans notre rit, et elles ne peuvent être abolies sans otTenser le peuple, qui déjà commence à se montrer sérieusement irrité contre le clergé.

7» Sous le règne de notre très-clément empereur, et au milieu de tant de millions de sujets, le clergé grec-uni, qui lui doit plus d'un bienfait, jouit aussi sans doute de sa protection paternelle. Et comme sa suprême volonté laisse à tout le monde la pleine liberté de professer sa propre religion, il a voulu en particulier que cette liberté demeurât intacte pour le clergé grecuni. C'est pourquoi nous ne sommes pas moins tenus que les autres communions de conserveries antiques et saintes pratiques de notre culte, afin de ne pas paraître faire peu de cas de la souveraine bonté de notre très-clément empereur

Enlin, pour que l'Eglise grecque-unie soit distinguée de l'Eglise schismalique, notre clergé du district de Novogrodek expose ses vœux avec le respect dû à votre bienveillance pastorale, et implore la sollicitude et la protection de son excellent pasteur. Ces vœux, exprimés unanimement sur tous les points susdits ont été signés de notre propre main.

Donné à Novogrodek, le 2 avril 1834. Ont signé 54 prêtres.

Pétition « l'empereur, votée par la noblesse de la province de Vitepsk, dans sa session de l'an 183i.

Le tros-clémcnt empereur, aujourd'hui heureusement régnant, et dont le Rouvorncmeut veille aux inlércMs ^.'énéraux de ses peuples, désirant que, dans les cas particuliers, ses fidèles sujets aient la faculté de proposer leurs humbles requêtes, a statué, dans son décret touchant l'ordre des assemblées, que la noblesse, réunie en session, pourrait examiner ses propres besoins et ce qui lui paraîtrait utile, et lui faire connaître ses vœux par le président de l'assemblée. Appuyée sur ce fondement, la noblesse de la province de Vitepsk, pleine de sentiments de gratitude, et animée d'une conDance filiale, prend la liberté d'exposer les faits suivants.

Depuis quelque tcmi)s, mais surtout dans la présente année 1834, on met tout en œuvre pour enlrainrr les Grecs-Unis à la religion dominante. Ces manœuvres ne feraient aucune impression sur les esprits, dans cette province, si on laissait aux fidèles la liberté de se diriger, dans cette affaire, selon les inspirations de leur conscience, et d'après une forte et libre conviction ; mais les moyens qu'on emploie remplissent l'àmc de terreur; car, en beaucoup dendroits, on convoque un petit nombre de paroissiens, sans la participation et à l'insu des autres, et on les oblige, non par la voie de la libre persuasion, mais par une violence contre laquelle ils ne peuvent lutter, à embrasser la religion dominante; et lorsque cet acte d'adhésion prétendue, qui n'est jamais que le fait du petit nombre, est ainsi obtenu, on annonce à tous les auîres habitants du village ou de la paroisse, qui, pendant ce temps, étaient restés chez eux, qu'ils doivent professer la religion dominante. —Quelquefois, n'ayant aucun égard aux réclamations qui ont lieu dans l'assemblée publique, on met, sans les consulter en aucune manière, tous les paroissiens au nombre de ceux qui professent cette religion. — Dans l'un et l'autre cas, on chasse l'ancien curé, et on échange l'égliscunie en église grecque, sans tenir aucun conqjte des règles prescrites en cette matière. — L'union ainsi établie par la violence, et en dépit des habitants, si ceux-ci recourent à l'autorité ecclésiastique ou civile, en protestant qu'ils veulent demeurer inviolablement attachés à la loi de leurs ancêtres et défendre leur cause d'une manière légale, leur démarche est considérée comme une désertion de la religion dominante, librement acceptée par eux, suppose-t-on. Ils sont réputés apostats, et, comme tels, soumis à différenfcs iwines. — Dans quelques paroisses où une paiiic du peuple de-

meiiro, malgré tout, fidrle à la foi de ses jjércï:, on n'en transforme pas moins en dglise grecque l'église paroissiale, ou on la ferme en la mettant sous le scellé. — C'est ainsi que les uns, sans avertissement préalable, et par le seul ordre des magistrats ; les autres, elfrav es par une persécution atroce, dont ils voyaient de fréquents exemples; d'autres encore, par l'espoir d'obtenir quelques grâces particulières, ou d'être délivrés des charges publiques ou de l'esclavage ; c'est ainsi, disons-nous, qu'ils ont été entraînés à la religion dominante. — Et cependant, tout en la professant, ils demeurent fermement attachés, dans le cœur, à la religion que suivaient leurs ancêtres et qu'eux-mêmes observaient depuis si longtemps. Ils avouent même à ceux qui les contraignent que, s'ils obéissent aux ordres qu'on leur donne, que, s'ils fréquentent les églises et s'approchent des sacrements de la religion qu'on les force à pratiquer, cela ne les empêche pas de garder intérieurement, et dans ce sanctuaire de l'àme, sur lequel la violence n'a point de prise, leur ancienne croyance. Enfin, et pour achever de tout dire, ceux qui persévèrent dans la foi se voient dépouillés de leurs églises, privés de leurs prêtres, et ne peuvent qu'avec les plus grandes difficultés parvenir à se procurer l'instruction chrétienne et les autres secours spirituels.

Il résulte de tout cela qu'on commence à croire généralement, parmi le peuple, que la religion peut changer selon les circonstances; qu'il n'est pas nécessaire d'être persuadé qu'elle est vraie, et d'y consentir intérieurement, et qu'on peut l'abandonner dans la vue de se procurer quelque avantage par-' ticulier. — De là vient que les maximes religieuses ne font pas sur les cœurs l'impression qu'elles devraient faire; elles cessent d'être le fondement de tous les devoirs et des vertus civiles. Les citoyens et les sujets sont en proie à des doutes continuels et à de vives inquiétudes, tantôt à cause du bruit généralement répandu qu'il faut changer de religion, tantôt à cause des dénonciations auxquelles ils sont incessamment exposés, sous le prétexte qu'ils empêchent la propagation de la religion dominante.

Par ces motifs, la noblesse de la province de Vitepsk, quoique persuadée que la liberté de conscience est suflisauuuenl garantie par les lois de l'empire et par la suprême volonté de l'empereur heureusement régnant, et que la religion dominante ne prescrit pas moins que les autres confessions l'obligation de remplir ses devoirs, eu insérant dans sa morale les principes des vertus religieuses et civiles; néanmoins, elfrayéc des moyens qu'on emploie pour la propager, et des suites que cette violence ne peut manquer d'avoir, elle a résolu ;de recommander au président de la noblesse de recueillir tous les faits particuliers et certains concernant cette aiTaire, d'en faire rapport à qui de droit, et de présenter une supplique à l'empereur.

Relation écrite, donnée par les habitants du village d'Vszacz, dislrirt de Lepel, province de Vitepsk.

Au mois d'août de l'an 1835, nous habitants de la paroisse d'Uszacz, nous envoyâmes une supplique au ministre des cultes à Saint-Pétersbourg, implorant sa grâce et sa miséricorde, parce que, privés de notre église, nous nous étions vus forcés de professer extérieurement une religion que nous n'avons point voulu embrasser ; mais nous ne reçûmes aucune réponse. Seulement l'évoque Bulhak nous prévint que bientôt arriverait une commission avec le prêtre qui nous était destiné. — Et, en effet, la commission s'est présentée le 2 décembre, et ayant convoqué le peuple, elle l'a invité à embrasser la religion grecque. Mais nous nous sommes tous écriés d'une voix unanime : ?tous voulons mourir dans notre foi, jamais nous n'avons voulu ni ne voulons pas d'autre religion. Alors la commission, laissant les paroles, en vint aux faits ; c'est-à-dire qu'on se mit à nous arracher les cheveux, à nous frapper au visage jusqu'à effusion de sang, à nous donner des coups à la tête, à mettre les uns en prison et à transporter les autres dans la ville de Lepel. — Enfln la commission, voyant que ce moyen ne lui réussissait point non plus, défendit à tous les prêtres grecs-unis d'entendre nos confessions, ou de nous administrer quelque autre secours spirituel. — Mais nous avons dit : « Nous demeurerons sans prêtres, nous ferons nos prières à la maison, nous mourrons sans prêtres, nous confessant les uns aux autres, mais nous n'embrasserons point votre foi. — Qu'on nous prépare plutôt le sort du B. Josaphat, c'est ce que nous désirons ! » Et la commission s'en est allée, en se moquant de nos larmes et de nos prières. Et nous, nous sommes demeurés comme des brebis errantes, et nous n'avons plus d'asile. Nous signons

No 4.

Pétition des habitants du cillage de Lubavieze, district de Babinowieze, province de Mohilow.

Très-auguste et très-clément empereur !

Ecoutez la voix de ceux qui souffrent persécution sans le mériter, de ceux qui implorent la clémence de Votre Majesté impériale.

Nos ancêtres, nés dans la foi grecque-unie, toujours fidèles au trône et à la patrie, ont passé paisiblement leur vie dans leur religion ; et nous, nés dans la même foi, nous la professions librement depuis longtemps. Mais par

la suprême volonté, comme ou nous disait, de l'impératrice Catherine, d'heureuse mémoire, l'autorité locale, en employant des moyens violents et des peines corporelles, était parvenue à forcer beaucoup des coparoissiens, à abandonner la religion de nos ancêtres. Quelques-uns cependant, quoique ayant subi les mêmes peines, comptant sur le secours divin, et mettant leur espoir dans la miséricorde de l'impératrice, persévérèrent dans l'antique fol. — Notre espérance ne fut pas trompée : l'impératrice arrêta la persécution et nous laissa dans la religion de nos pères. Cette religion, nous la professions librement jusqu'à aujourd'hui, sous la protection de votre volonté impériale, et nous ne pensions pas que, sans un ordre exprès de Votre 3Iajesté impériale, nous puissions être troublés dans îa libre profession de la foi que professaient aussi nos ancêtres, et dans laquelle nous sommes nés comme eux. — Mais les prêtres de la religion dominante, alléguant pour prétexte que quelques-uns d'entre nous, ce qui n'a point eu lieu, ont été dans la communion de la religion grecque-russe, nous forcent dabjurer notre foi, non par des peines corporelles, mais par des moyens plus atroces, c'est-àdire en nous privant de tous les secours spirituels, en défendant à nos propres prêtres de baptiser nos enfants, d'entendre nos confessions et de bénij, nos mariages. C'est de cette manière qu'ils nous arrachent à nos pasteurs.

Dans une si cruelle persécution, il ne nous reste de refuge que dans la clémence de Totre Majesté impériale. — Monarque, défendez ceux qui souffrent pour la foi.

Ont siyné 1-20 paroissiens.

Lubow icz, le 10 juillet 1829.

Le collège ecclésiastîque'catholiqiie défend à tout prêtre d'entendre en confession toute personne qui ne lui serait pas bien connue.

Conformément au décret de Sa Majesté impériale, le collège susdit a entendu une ordonnance du ministre des aflaires intérieures, chevalier Démétrius Nicolajewicz Bludo>v. En nous communiquant cette pièce, le ministre nous a appris que le saint Synode permanent, ayant à résoudre le cas particulier d'Elisabeth AVoytkowski, qui passait de la foi dominante à la religion catholique romaino, a prescrit au clergé gréco-russe de tenir exaclement note de tous ceux qui professent la religion dominante, et a présenté un décret au sénat gouvernant, pour (lu'il fût défendu au clergé des autres communions d'entendre en confession et d'admettre aux sacrements les personnes inconnues. Ayant reçu à ce sujet l'ordonnance du sénat gouvernant, 1«

DÙiiisirc rccomniaiidc au collège d'urdonncr de sa pari ù loiis Icâ préircs catholiques romains de se conformer ponctuellement au susdit dc^crct du saint Synode, et de leur défendre, sous une responsabilité grave, d'entendre les confessions des personnes qui leur seraient inconnues, et de les admettre à la connnunion.

Le collège, ayant reçu cette ordonnance, a résolu de prescrire à tous les évéques, administrant des diocèses, et à tous les provinciaux, d'ordonner aux prêtres qui leur sont soumis, d'observer exactement ledit décret du saint Synode en ce qui concerne la défense, sous une responsabilité grave, d'entendre en confession les personnes inconnues. Et il a communiqué ce décret au ministre des affaires intérieures, chevalier DémètriusNicolajewirz Bludow.

Si'jné: l'évêque présidentloNACE Pawhowicz.

Voici sur le faux exposé de l'empereur de Russie des détails précieux. Je les tire d'un de nos journaux ecclésiastiques les mieux instruits, que je connaisse, sur les affaires de notre clergé français et de celui des églises étrangères. Ils y ont été transmis par un homme non moins éclairé sur l'état de la religion en Russie et en Pologne, que les naturels eux-mêmes, nés, domiciliés et estimés dans le pays , à cause du rang distingué qu'ils y occupent et de la haute réputation de science et de piété dont ils jouissent. On remarque dans cet acte (il parle de l'adresse rédigée dans le soi-disant concile de Polock, et adressée au synode de Saint-Pétersbourg par les trois évoques, courtisans et défectionnaires, qui y ont présidé au nom de tout leur prétendu clergé, et d'un peuple dont ils élèvent le nombre jusqu'à 1,500,C()0 catholiques ; requête qui a pour objet la réunion de tout ce vaste territoire à l'église schismatique ; suit cette honteuse demande sur laquelle ce respectable

Polonais fait les observations suivantes) Après cette longue parenthèse, il

est temps de l'entendre parler lui-même dans le journal qui sert d'organe à sa pensée : « On remarque, dit-il, dans cet acte, que les évêqucs disent que les 1305 signataires coniposent la totalité du clergé grec-uni, et le journal officiel de Saint-Pétersbourg, du mois d'octobre suivant, fait observer que les trois évêques signataires sont les seuls du culte grec-uni qui existent en Russie. Or, il y a encore là un de ces escamotages de la vérité, ou plutôt un de ces mensonges tels que nous en avons déjà trop vu dans celte discus-

sloi». IViiii ca juger avec quelque terlilude, nous alluns duuiicr quelques détails authenliques sur le clergé grec-uni de la Russie.

» Il faut savoir que depuis longtemps le gouvernement russe s'est donné le pouvoir de changer le nom et la circonscription des évéchés sans en prévenir la cour de Rome. Pour avoir def^ détails précis sur cette allaire ténébreuse et embrouillée à dessein, voici d'abord la liste des évéchés du culte grec-uni recomuie par l'Eglise de Rome. Elle est extraite de VAlmanach officiel publié à Rome le 12 juin 1809. »

Liste alphabélique de tous les évi'cliés grecs-unis reconnus par Rome.

Brest, ou Rresla, ou Brzesc, en (Uijavic, siège réuni à celui de Wladimir. Voir ce mot.

Chelma ou Chclm, en Wolhynie, réuni à celui de Belzi, dont le titulaire est Mgr. Philippe -Félicien Szumborski.

Luck, en Wolhynie, réuni à celui de Oslrog ; vacant.

IVIinsck ou Minsko, eu Lilhuanie; titulaire : Algr. Joseph Ilolownia, de l'ordre de Saint-Basile-le-Grand (1).

Pinsco, en Lithuanie, réuni à celui de Turovia ; vacant.

Polosko, archevêché, dans la Russie-Blanche, auquel .sont réunis les sièges d'Orsa, de Micislow et de Vitepsk ; vacant.

Wladimir et Bresta, réunis dans la Wolhynie et la Lithuanie. Mgr. Josaphat Bulhak, de l'ordre de Saint-Basile-le-Grand, métropolite de la Russie, mort tout récemment.

Voilà l'organisation des Eglises greeques-iinies de la Russie telle qu'elle est reconnue par la cour de Rome. Examinons maintenant quels changements ont été opères dans ces Eglises par la volonté du gouvernement russe.

Chaugemenls opérés nolemmenl par le gouvernement russe dans les Eglises grecques- unies.

Faisons d'abord connaître en peu de mots quelle est la constitution de ces deux Eglises, la schismatique et l'orthodoxe en Russie.

L'Eglise russe schismatique était liée à l'Eglise de Constantinople par la métropolic de Kief ; au xv^ siècle, tandis que les Russiens, dans la personne d'Isidore, métropolitain de Kief, assistaient, en i 'i39, au concile de Florence et se rémiissaieut à l'Efilise romaine, les Russes se d/'lachènul de Conslantinoplc et établirent un an hevéchi' à Moscou.

;i| Mr!'. U..lciwm;i PSI mnrl dipui» plus de iU\ Mt^

Au xvi« siècle, tandis que les llH$$içns, clans le concile lepu à Biosi, en 1595, se consliluaicnt en GrecsTUoig, Içs Russes schismaliqucs érigeaient Moscou en métroijolic.

Au xviir« siècle, cette méiropolie fut .supprimée, lorsqu'en 1717 Pierre le Grand transféra tout le pouvoir de l» juridiction de rjiglise russe au saint Synode établi à Saint-Pétersbourg, et se décl^r^i lui- roûine chef suprême de l'Eglise russe, au moyen d'une pétition qu'il se fil adresser par tous les évèques qui le suppliaient de devenir le chef de la religion. C'est à cette même époque de 1717 à 1720 que les Grecs-unis, assemblés à Zamock, complétèrent l'union commencée à Jîrest, et établirent l'Eglise grecque-unie telle que nous l'avons damYAlmanach officiel de l'Eglise romaine.

Dans cette réunion, il fut établi, de concert avec l'Eglise romaine, que l'Eglise grecque-unie correspondrait avec Rome par le moyen du métropolitain de Ilalicz, lequel, nommé par Rome, donnait lui-même l'investiture et la juridiction aux autres évêques grecs-unis.

Suivons maintenant les actes du gouvernement rosse contre l'Eglise grecque^unie.

Il y avait dans le royaume de Pologne 69 évéchéa latins ou grecs avant le partage ; après le p^rleige, et dans la portion que s'adjugea la Russie, voici les changements qui eurent lieu :

En 1794, Catherine supprima la méiropolie de Halic? ; de cette manière, elle brisa d'un coup toute l'Eglise grecque-unie, en supprimant le chef qui correspondait avec l'Eglise de Rome, qu'il représentait en Russie.

En 1795, par un ukase du 17 septembre, elle supprima tous les évêchés grecs-unis, à l'exception de celui de Polock et de celui de Minsk, qu'elle transforma en évéché latin.

En 1797, de* instances furent faites auprès de l'empereur Paul pour le rétablissement des évêchés, mais elles furent infructueuses. Il fut défendu aux évêques existants d'habiter dans leurs diocèses ; ils durent tous ou se readre à Rome, ou habiter Saint-Pétersbourg.

En 1798, sur la demande du cardinal Lista, Paul autorisa le rétablissement des évêchés de Brest et de Luck.

En 1802, Alexandre, pressé par les évêques et par la noblesse grecqueunie, consentit à rétablir le titre de la méiropolie de Halicz, mais par un simple ukase, sans l'intervention de Rome, et comme un évéché in partibus, sans que le titulaire fût attaché à aucun évéché existant. Ce qui fait qu'il nomma métropolite tantôt l'évêque de Polock, tantôt celui de Luck, sans que Rome fût consultée ou les approuvât.

Enfin, en 1817, Mgr. Bulhak, élève de la propagande de Rome, fut nommé mi'frnpolitain do toute l'Eglise grecque-unie, et obtint, le gO Ofilolwe 1818,

sabuMe «rinslitiitioinini lui conservait le titre de mélropolllain d'Halioz, en l'attachant à révcché de Brest ; de plus, tons les tHéchés de la Pologne furent réunis dans celui de Chclm.

Mgr. Bulhak fut revêtu des droits de délégué apostolique avec les pouvoirs extraordinaires nécessaires pour réparer tout ce qui s'était fait d'illégal pendant l'absence d'un métropolitain conflrmé par l'Eglise romaine. C'est luiqui donna l'institution canonique à tous les évêques dont nous allons parler, et rétablit l'union entre les Grecs-unis et Rome, à laquelle il est resté fidèle jusqu'à son dernier soupir. L'Eglise grecque-unie jouit alors de quelque repos qui ne fut pas de longue durée.

En 1835, Nicolas monta sur le trône de Russie, et, dès 1828, par un simple ukase, il supprima l'évêché de Luck.

En 1832, nouvel ukase qui décide que les seuls évêchés restants, ceux de Brest et de Polock, porteront le nom de diocèse de la Lithuanie et diocèse de la Russie-Blanche, et que ce seront les seuls reconnus en Russie; ce qui fut fait sans aucune intervention ou approbation de l'Eglise Romaine. C'est à cette époque que fut supprimé l'ordre entier des Basiliens, comme nous l'avons vu dans notre N» l»"", et, de plus, un grand nombre de couvents du rit latin. En outre, on s'attacha à suivre ce système de persécution sourde et incessante signale déjà, et que l'on verra plus développé dans la pièce officielle suivante.

Maintenant que nous connaissons l'état réel de l'Eglise grecque-unie, telle qu'elle a été faite par l'empereur, et te.lc qu'elle est reconnue par Rome, nous pouvons juger en connaissance de cause et les évèques signataires de l'adresse et l'assertion oflicielle qu'ils lorment l' unanimité des évèques yrecsunis existant en Russie.

Celui dont le nom est en tète est Joseph Siemaszko; il réside à Saint- Pétersbourg, où il est président du Collège grec-uni romain, sous la direction du procureur général du saint Synode schismatique. Le titre d'évêque de Lithuanie, qu'il prend, est seiilenu'ut de la création de l'empereur : c'est l'instrument le plus soumis de lenipercur, el l'agent le plus actif do Conte cette ténébreuse all'aii'c.

Le deuxième est Basile Luzynski. Le titre d'cv(}que d'Orsza est un titre in partibus, et celui de gérant du diocèse de la Russie- Blanche est de la création de l'empereur. Il demeure, non à Orsza, mais à Polock.

Le troisième est Antoine Zubko. Le titre (Vécêque de Brest el celui de vicaire du diocèse de la Lithuanie sont de la rréalion de rempercur. Il était seulement coadjuteur de Brest sous Algr. Biilliak, litre qui équivaut à peu près à celui de grand-vicaire. Il liabile Brest.

Tels sont les évèques qui ont demandé làebemeut la réunion et sont désignés officiellement comme formant la totalité des évêques unis de la Ru$ne,

On volt déjà «nu' pas nti dr res cvî-tiues n'est i/'clleiiicni incriibiv du clergé fîrec-imi rcconiiii pur le l'ape. Mais le riieiisoiij.'e est encore plus llaj^rant quand on saura qu'il existail trois aulrr.s ropr/ucs du clergé grec-uni, et dont on ne fait aucune mention; ce sont :

i" Mgr. Zarszki, évéque in pariiliits, membre du clergé grec-uni de Saint- Pétersbourg, mort il y a à peu près un mois à Uylonie, près de Brest, en protestant de sa lidclité a l'EcNse Komaiue, el ayant refusé de souscrire à la demande de réunion ;

2»Mgr. Joszyf, attaciié aussi au Collège ec(ièsiasti(pie romain de Saint- Pétersbourg, vivant encore, el ayant refusé de souscrire ;

30 Mgr. Szumborski, évéque de Chelm depuis 1818, vivant encore, et resté fidèle.

Ainsi on commence il voir clairenienl dans cette œuvre de ténèbres; on comprend que le gouvernement russe a fait pour les évè(pies ce qu'il avait déjà fait pour les religieux de l'ordre de Saint-lJasilc. Pour ceux-ci, il a défendu d'abord de recevoir des novices sans sa permission. Pendant longtemps il n'a accordé aucune permission ; puis il a supprimé tous les couvents de l'ordre, par la raison qu'il n'y avait pas assez de sujets. Pour les évêques, il a fait quelque chose de pire. Longtemps il a empêché de remplir les sièges vacants; puis, fatigué d'attendre que les anciens titulaires mourussent, d'un trait de plume il a confondu tous les évêchés existants dans deux de sa façon ; il y a nommé deux de ses créatures, pour faire nombre ; il a donné à l'un un coadjuteur; puis il leur fait signer une demande de réunion, et il leurfait dire dans cette pièce, et il dit dans le journal oITiciel qu'ils forment la totalité des éoèques rcnnis de la Russie. On se demande comment un gouvernement peut se respecter assez peu pour user de semblables moyens aux yeux de l'Europe civilisée et du monde chrétien.

IMÈCI^S .USTIMCÂTIVES IU:LATIVES .V LA 1>R[)SSK.

La presse de toutes les couleurs s'est soulevée contre ces mesures tyranniques. Voyez dans le Livre rouge (1) : l^La Lettre d'un savant Westphalien à /' Univers; 2" L'Extrait de la Correspondance du Conservateur Beh/c : 3° Le Courrier Français; 4» La Lettre d'O'Connel au Morning-ChronicJe.

(1; Le Vivre rouse se vi-iiil ti I i lilir.iiiio d.' I.i !-.;i-lri,- de rEiisi-igneiiirnl cailinliijiie, 7, nii- Pit-rre Sairazin.

A tous ces arlicle«, je dois en joindre un autre qui est encore d'un plus grand prix. Il appartient à M. Saint-Marc Girardin , cet honorable député, que Ton rencontre, dans le Journal des Débais, joujours favorable aux bonnes doctrines.

« Nous avons jiublié rallututioii que le pape a adressée aux cardinaux en consistoire, au sujet de la deslruction de l'Eglise gréco-catholique ou grecque-unie dans les provinces, autrefois polonaises, de la Russie-Blanche. Nous laissons de côté le renversement des lois, des institutions, de la propriété polonaise, de tout ce qui faisait l'ancienne nationalité. Ce sont de vieilles complaintes qui, dit-on, n'émeuvent plus personne. Maintenant l'empereur Nicolas s'occupe à détruire l'Eglise catholique en Pologne, comme le roi de Prusse s'occupe à la subjuguer en Westphalie et dans le duché de Posen. Contre ces violences s'élève, non plus la voix de la presse, mais la voix du pai>e, <iui, du haut de la chaire pontiticale, dénonce au monde ces bouleversements des consciences humaines.

» Nous ne voulons pas nous exagérer la puissance du Vatican ; nous accordons à la philosophie l'honneur d'avoir fait une grande brèche au pouvoir de la papauté ; reste à savoir si tout ce que la philosoiihie a ôté au Pape, elle l'a donné à la liberté et à la tolérance. Nous en douions, pour notre part, en voyant ce qui se passe dans le nord de l'Europe. Le Pape, nous le voulons bien, n'est plus qu'un vieillard qui, entouré d'autres vieillards, déplore les outrages faits à l'Eglise catholique. Il n'a de force que celle de la plainte, mais celle de la plainte publique; et peut-être est-ce à ce titre qu'elle nous touche davantage. Organes de la publicité, nous mettons une secrète confiance dans cette publicité d'un nouveau genre. Puis on peut toujours accuser un journaliste d'être un brouillon et un rhéteur; mais le Pape a droit de parler, surtout (juand il pirle au nom de l'Eglise catholique tout entière. Sa voix ne retentit pas seulement dans les consciences populaires; elle adroit de se faire entendre dans les i ours. Nous suivons donc avec un vif intérêt cette querelle, qui chaque jour .-^'élargit et s'étend entre le Pape et les princes d» Nord. Le Pape n'a pas cédé pour l'archevêque de Cologne, et bientôt l'archevêque de Posen est monté sur la brèche, où il est encore. Voici maintenant un nouveau débat au sujet de l'oppression de l'Eglise catholique en Russie ; et il ne faut pas s'étonner de voir le Pape entrer, sans crainte et sans hésitalion, dans cette nouvelle querelle, et ne pas plus s'intimider devant un empereur de Russie qu<' devant un mi de Prusse. L'Eglise, de nos jours, n'a

ripii à traiiuire, rien que la prospérilé : c'est la seule chose qui radaiblisse.

» L'état de choses que l'empereur de llussie vient de détruire i>ar son ukase n'est pas d'hier : il date de trois cents ans, ce qui est bien quelque chose. L'Àheilledc Saiul-Pélersboxr;/, (\m a céléhré en termes pompeux la défection des évèques unis, le reconnaît cile-mciiie; car elle s'applaudit de Miir renouer les liens que les chrétiens du rit {irec-uni avaient rompus depuis (rois cents ans. L'Abeille de SaiiU-J'ctcrsbuurg ne manque pas, il est vrai, de dire qu'au xvi« siècle, en 1596, c'était par l'intrigue que s'était Jaite l'union des Grecs avec l'Eglise romaine ; elle s'apitoie sur l'oppression que l'Eglise catholique a fait peser, pendant trois cents ans, sur les chrétiens du rit grecuni, et cependant elle avoue elle-même que l'Eglise romaine avait laissé aux Grecs-Unis les cérémonies et les rils de l'Eglise orientale. Mais c'est là surtout où elle voit l'intrigue et la fraude. « On engagea, dit-elle, une partie du clergé grec à reconnaître l'Eglise romaine, et pourtant on lui laissa la liberté de garder toutes les cérémonies et les usages de l'Eglise d'Orient, et cette reconnaissance reçut le nom d'union avec l'Eglise latine ! » En vérité, la conduite de Rome peut avoir été en cela fort habile, si on le veut ; mais elle a été fort peu oppressive assurément, et nous croyons que lorsque la Russie se mêle d'opprimer, elle n'y va pas si doucement. Que voyons-nous, en eOet, dans la .conduite de l'Eglise romaine en 1596 ? beaucoup d'intelligence et beaucoup de tolérance. Elle a exigé que lesévèques grecs reconnussent la suprématie du siège pontifical, c'est-à-dire le principe d'unité qui fait la force de l'Eglise catholique; mais, ce principe reconnu, elle ne les a point chicanés sur les cér^rtionies extérieures du culte ; elle n'a pas > oulu bouleverser les habitudes du peuple. Oii donc est l'oppression?

» Nous ne prétendons pas, au surplus, qu'il n'y ait pas eu d'intrigues dans l'histoire de la réunion, en 1596. Où n'y a-t-il pas d'intrigues dans les choses de ce monde ? L'Abeille de Saint-Pétersbourg voudrait-elle faire croire k l'Europe que l'intrigue n'a pas eu sa part dans l'abolition de l'union de 1596'? Et encore, s'il n'y a eu que de l'intrigue, si la persécution ne s'en est pas mêlée, s'il n'y a pas eu oppression, nous nous tenons pour contents.

)) Voyons donc l'histoire de l'abolition de l'union gréco-catholique, voyons comment la raconte l'Abeille de Saint-Pétersbourg. ISous avons, pour contrôler son récit, l'allocution consistoriale du Pape. Nous pouvons donc opposer à la parole de S. M. l'emiwreur de Russie la parole de S. S. le Pape. Cela nous met à l'aise.

» Quand Catherine II s'empara des provinces polonaises de la Russie- Blanche, l'Eglise grecque-unie ne'fut pas aussitôt détruite; car l'Abeille de Saint-Pétersbourg parle de deux miltiont d'àmes qui restèrent encore dans les lien» de cette union. On se contenta de défendre de passer de l'Eglise grec-

que-unie à l'Eglise latine, oe qui était une garantie du maintien de l'Eglise grecque-unie; mais on y ajouta en même temps la défense de passer de l'Eglise latine à l'Eglise gfecque-unie, ce qui était aussi une garantie donnée au catholicisme contre le prosélytisme moscovite. Ainsi, loin d'être \iolentc et oppressive , la conduite de Catherine II fut modérée et tolérante. Elle donna des jraranties à l'Église catholique ; elle maintint l'Eglise grecqueunie ; et si c'est la politique et son intérêt qui lui donnèrent cette prudence, si elle craignit de blesser trop vivement les sentiments populaires en attaquant ouvertement l'Eglise unie, cela prouve seulement que trois.cents ans de durée avaient donné à cette Eglise assez de force pour être respectée ; cela prouve seulement que cette Eglise, qui avait gardé ses rits et ses cérémonies orientales, n'avait point, en reconnaissant la suprématie du Pape, accepté un joug qui parût insupportable au pays. Et, en effet, beaucoup penseront que, dépendance pour dépendance, mieux vaut dépendre d'un pouvoir qui ne peut contraindre que par la conscience, plutôt que d'un pouvoir qui peut contraindre par la force.

» Un des premier.*; soins de l'empereur aclufl, en moulant t>ur le trône, dit l'Abeille de Saint-Pctersboury, fut de s'occu[ier de l'Eglise grecqueunie. C'est donc seulement à l'empereur Nicolas qu'il faut que le Pape s'en prenne des mesures qui ont amené la destruction de l'Eglise grecque-uniê. Avant lui, cette Eglise était maintenue dans son indépendance ; c'est un fait important à constater, et, quel que soit le mouvement universel de centralisation auquel obéissent toutes les administrations européennes, sauf la France, qui a fait en ce genre tout ce qu'elle pouvait faire, et l'Autriche, qui ne parait vouloir rien faire, quel que soit le penchant qui existe à tout ramener à un centre commun, on ne s'était point encore avisé de centraliser la religion. Voyons les mesures qui, selon l' Abeille de Saint-Pétersbourg, ont été prises par 8. M. l'empereur de Russie pour ramener l'Eglise grécocatholique à l'Eglise moscovite. On créa à Saint-Pétersbourg un comité ecclésiastique chargé de diriger les affaires de l'Eglise grecque-unie, et» chose singulière, on ne lui donna une administration i)artioulière que pour la détruire, et non pour la maintenir. On tâcha de rapprocher autant que possible l'Eglise grecque-unie des formes de l'Eglise grecque-moscovite. On substitua des livres d'église faits dans cet esprit aux livres d'église faits depuis l'union de 15%. Ces livres étaient plus corrects, dit l'Abeille de Saint-Pétersbourg. Le Pape, dans son allocution, dénonce aussi cette substitution, qu'il appelle frauduleuse, de nouveaux rituels, afin, dit-il, d'amener peu à Iteu le peuple au schisme, sans même qu'il s'en pût douter.

» Voilà déjà" quelques mesures prises pour arriver au but; ce n'est pas tout. Nous continuons, d'après l'Abeille de Saint-Pétersbourg, qui, sur la manière dont la conversion des Gi^cs-unis a été préparée et opérée, en dit

l»lii> «juc Ir l'ii|M' liii-rii('iii(> ilaiis .son alloculioii : «Personne ne fut plus noninn' a aucune fonction eeelf'siastique sans avoir subi un examen qui prouvill qu'il connaissait sullisamnient les usages et les rits de lEglise orientale. Tous les évoques travaillèrent, avec un zèle infatigable et un succès merveilleux, à répandre ces idées dans le clergé qui leur était soumis. En même (enips toute la jeune génération cléricale reçut, dans deux séminaires nouvellement établis, une direction décidée versl'Eylise grecque orientale. Cette direction ne pouvait pas être bien comprise par quelques moines qui avaient passé de l'Eglise latine à l'Eglise grecque-unie (il s'agit des Basiliens). Pour ne pas faire violence à leur conscience, on leur donna un délai [de cinq ans pendant lequel ils avaient la liberté de retourner à l'Eglise latine, et pendant cinq ans proGta qui voulut de cette liberté. » Il y aurait bien des remarques à faire sur tout ceci ; mais que pensez -vous surtout de cette tolérance quinquennale du gouvernement russe? Il y avait une Eglise grecque-unie qui durait depuis trois cents ans, et cette Eglise avait ses moines. Il |)laît au gouvernement russe de supprimer cette Eglise .séculaire, et il donne aux moines cinq ans pour se convertir ou à l'Eglise latine ou à l'Eglise grecque-orientale : voilà comme on entend les droits de la conscience ! Vous ne jiouvez pas garder votre culte, qui me déplaît, mais je vous donne cinq ans pour en changer. Grand merci! en vérité. J'ai cinq ans pour changer de religion, c'est me faire grâce. On pouvait être plus brutal, et ne me donner que cinq jours.

"Nous ne savons pas ce qu'on pourrait ajouter au récit de V Abeille de Saint- Pétershoury. Ne nommer aux emplois ecclésiastiques que ceux qui sont disposés au schisme; donner une direction décidément schismatique à foui le jeune clergé ; chasser les luimmes qui ne veulent pas suivre cette direction : voilà ce qu'a fait le gouvernement russe de son propre aveu. Nous trouvons dans l'allocution du l'apc un nouveau fait qui n'est pas plus étrange que ceux que nous nvoiis cités, mais qui l'est autant. Les curés ont été forcés de signer une fommle (radliésion à l'Eglise gréco-moscovite, avec menace, s'ils refusaient, de perdre leur cure. Comment, après cela, croire, avec l' Abeille de Saint-Pétersbourg, que l'i'.nion de 1596 était délestée, et que tout le clergé aspirait avec ardeur au moment où il pourrait rentrer dans le sein de l'Eglise orientale? En vérité, le clergé grec-uni nous semblait attendre avec bien de la patience la délivrance que lui a faite l'empereur Nicolas; car il a pu avoir cette délivrance après les conquêtes de Catherine II; il a pu l'avoii sous Paul, sous Alexandre, cl il ne la ni cherchée ni demandée. Pour qu'il se soit avisé d'y penser, il a fullu que la Pologne fût détruite et abattue, et il a fallu de plus qu'un comité ecclésiastique siégeant à Saint-Pétersbourg s'occupât particulièrement de celte affaire. A tous ces signes assurément la conversion de l'Eglise polonaise, connue sous le nom de grecqne-imie, ne paraîtra pas lrè--sponlan' r.

» C'est le 12 février 1839 que les évêqucs de IKclise unie, sY-tani assemblés à Polock, signèrent un acte où ils exprimaient le vœu de se réunir à leur Eglise nationale et primitive, et prièrent l'empereur de vouloir bien approuver cette réunion. «L'empereur, dit l'Abeille de Saint-Pétersbourg, recul celte lettre avec un profond sentiment de reconnaissance pour le roi des rois, et ordonna de la renvoyer au saint Synode. Le saint Svnode ressentit la même joie que l'empereur. Eulin, le 25 mars, la décision du saint Synode, qui approuvait la réunion, fut soumise à l'empereur, qui la signa, en ajoutant ces mots au-dessus de sa signature : «Je remercie Dieu et j'autorise. » Et bientôt se répandit partout l'heureuse nouvelle que le clergé et le peuple de l'Eglise gréco-latine étaient, par leur union avec l'Eglise moscovite, régénères pour le ciel et pour la terre : pour le ciel, où ils feraien t désormais partie de l'Eglise universelle du Christ; pour la terre, où ils n'avaient plus rien qui les séparât de leur vieille patrie moscovite. »

» Le Pape flnit son allocution en disant que, fidèle à l'ordre donné au prophète, clama, ne cesses! quasi tuba exalta vocem tuam, il ne cessera pas, du haut de la chaire apostolique et à la face du monde chrétien, de dénoncer les violences faites à l'Eglise. Nous qui avons conlîance dans la puissance de la parole humaine, quand l'iionune a raison, quels que soient d'ailleurs la faiblesse et l'isolement de celui qui parle, nous qui croyons qu'il n'y a pas une plainte juste qui ne prenne peu à peu contre le persécuteur une force irrésistible, nous applaudissons avec joie à cette fermeté pontificale. Aujourd'hui, le pouvoir de la plainte vaut le pouvoir de l'excomnmnication; car il s'appuie de même sur la conscience des peuples. »

HCTF. DE LA CONFÉDÉRATION DU PAI.VTINAT nh SANDOMIK FAIT A MOSZYNKA, LF. 19 WlUl. 1769.

Des Russes armés bouleversent la constitution fondamentale de la patrie, cassent les anciennes lois qui nous ont toujours été si sacrées. De nouveaux règlements sont établis; l'autorité des grands généraux est aiiéai.lie ; un évêque, un sénateur, un nonce, malgré le rang qui les distingue et la sûreté publique, sont arrêtés et tenus jusqu'à jjrésent tlans les prisons. Le pays est surchargé d'impôts; les soldais russes y \ivenl à discrélion, ils brûlent, saccagent, massacrent, sans aucune raison, les citoxcns de ce royaume ; nos de-

pouilles les enrichissent, U« k«s transportent dans leur pay», l'Ukraine, dont le sort est si déplorable. Le reste de cette province, qui ne leur est pas encore soumis, Us y fomentent la rébellion; ils engagent par des promesses ou par la forée à leur prêter le serment de fidélité ; ils démembrent nos provinces ; ils suscitent même, dans les palatinats de Wolhynie, de Braclaw et dans toute la Russie, leurs propres sujets à se révolter contre leurs seigneurs : U» sèment ainsi le germe d'une guerre civile. L'histoire nous fournit-elle de pareils exemples? Les zélés patriotes sont enlevés de leurs maisons, chargés de chaînes et mis dans les prisons; d'autre», ne pouvant soutenir ce traitement cruel, expirent dans la misère elles tourments.

C'est ainsi que ce royaume, florissant par une longue paix sous le règne du bien-aimé Auguste III, est saccagé, incendié, dévasté pardçs troupes qui se disent auxiliaires et nos amis.

Nous implorons donc le secours de toutes les puissances, de celles qui soutiennent notre religion. Nous leur présentons nos mystères profanés, nos Eglises pillées, nos prêtres meurtris de coups, nos évêques enlevés. Nous montrons l'état de notre patrie à ces puissances respectables qui ont garanti les traités d'Oliva, de Carlowitz et de Pruth; notre situation présente avilit, anéantit et dégrade leur autorité.

Nous appelons les puissances voisines, et nous les prévenons sur le danger qui les menace; et ces puissances qui commercent avec nous, feront une perte réelle par la dévastation de notre pîîys.

Nous demandons aussi aux puissances amies les secours sur lesquels nous comptons sûrement; mais, pour que nous ne paraissions point les attendre dans l'oisiveté, nous abandonnons plutôt à notre ennemi la possession de notre patrie dévastée , que de souffrir qu'étant libres l'on nous impose le joug honteux de la servitude. Nous courons aux armes avec empressemenl, sacrifiant nos maisons, nos biens et notre vie pour la défense de la religion, de la liberté et de nos ancieniies lois. Nous renouvelons nos serments et nos promesses mutuelles de fidélité, et de ne point nous séparer en nous unissant suivant les règles de la confédération de Bar qui a déjà commencé depuis si longtemps.

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