MANIFESTE DU PALALINAT DE RUSSIE
Les manifestes de presque tous les palatinats et les eris de toute la nation ont publié suffisamment, et les moindres circonstances des malheurs de
notre répul)lique sont parvenus à la connaissance de l'Europe epiièrt}. Miii^ nous ne pouvons passer sous silence deux traits inouis de perGdie et de bar-<barie dont les généraux russes se sont rendus coupables contre tout droit des gens et d'humanité.
L'un est le traitement qu'essuya la première confédération de Cracovie. Nos confréjes, ayant été trahis, furent forcés de se Fendre et de capituler. Le général Apraxin leur promit, sur sa parole d'honneur, qu'on aurait pour eux tous les ménagements possibles, et quils pourraient retourner librement dans leurs familles ; il y a plus : après que la ville se fut rendue, il les admit aux fêtes qu'il jugea à propos de donner ; niais trois jours après ils furent étroitement renfermés, et sur de nouveaux ordres on les conduisit au Grod de la ville pour y réitérer la renonciation à la confédération, La noblesse de chaque palatinat s'y rendit sans méfiance, coinptant sur la liberté qu'on lui avait promise ; mais elle n'eut pas plutôt satisfait à ce qu'on exigea d'elle, que tous les confédérés, sans distinction d'âge et de rang, furent conduits à pied l'espace de plus de quinze lieues, el menés ensuite comme un vil troupeau jusqu'à Kiow ; mais il n'y a pas de terme pour caractériser l'inhumanité avec laquelle les confédérés de Leeri ont été traités par le colonel Dreuritz, commandant un détachement russe. La postérité refusera de croire que des gentilshommes, nés libres, et armes pour défendre la liberté et la religion DE LEUR PATME, surpris et faits prisonniers par cet otBcier, aient été mis à nu et égorgés de sang^froid à coups de piques et de baïonnettes par ses ordres, et sous yeux. Ce n'est qu'en frémissant que nous rappelons cette atrocité, peut-être inconnue chez les sauvages les plus féroces.