‹ Défense de la Discussion amicale, en réponse aux Difficultés du romanisme de m. Stanley-FaberChapitre 10 sur 20 · SATISFACTION · texte numérisé non relu

SATISFACTION

XXXI. Dans son chapitre sur la Satisfaction^ j'y prends, encore votre bachelier , et vous allez l'y voir retomber dans son péché d'habitude, dans son infidéUté dominante. Lisez, je vous prie, ce chapitre x. Il m'en veut prodigieusement sur le mérite que j'attache , dit-il , aux oeuvres satisfactoires : il se démène et se met en quatre pour montrer que ni moi ni personne ne peut les appeler méritoires. A chaque page il me reproche cette épithète que je donne, assure-t-il, aux Satisfactionsdu pénitent (i). Vous voilà sans doute très-convaincu. Monsieur, que je parle en effet du mérite de nos Satisfactions, que nos oeuvres méritoires reviennent fréquemment dans mon livre. Eh bien ! Monsieur, prenez la peine de jeter les yeux sur ma lettre xn% vol. n, et, à votre grand étonnement, vous n'y verrez ni le mérite de nos Satisfactions',' ni leurs œuvres méritoires. Ces mots mérites et méritoires si aigrement reprochés par M. Faber, n'y paroissent aucunement appliqués

(i) tt L'Évêque , non content de l'étendre (la punition temporelle) juscjue dans l'autre monde, paroît ét^idemmentla consirdérer comme une expiation méritoire de notre part , soit que nous nous soumettions dévotement à celle que Dieu nous envoie, ou que de notre gré nous nous l'infligions artificiellement sur nous« mêmes. » Pag. i68. Et à la fin de la page suivante , parlant des bonnes œuvres : « Il est assez clair, dit-il, que l'Évêque les regarde comme méritoires. » Et passim.

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à nos Satisfactions personnelles ; non y pas même ime seule fois. Ce que je vous dis là est fort, et pourtant très-vrai. Où donc M. Faber les a-t-il pris? D'où vient qu'il ne cesse de me les attribuer, et d'invectiver contre moi à ce sujet? Que signifie cette manière de répondre ace que je ne dis point, et de ne pas faire semblant de pas entendre ce que je dis ? Je le défie àe satisfaire à ces questions. Il auroit bien voulu sans doute que j'eusse attaché, comme il m'en accuse, un mérite propre et indépegdant à nos œuvres satisfactoires. Malheureusement pour sa bonne foi et son honneur, je ne Fai point fait; j'ai même écrit le contraire: « Est-ce déroger au mérite de la croix, » ai-je dit p. a 1 5 , vol. ii* , que de reconnoître que » sans l'application particulière de ses mérites infi- » nis à chacun de nous , il est impossible à qui que » ce soit d'en recueillir le bienfait; que cette appli- » cation toutefois demande notre concours , parce » que celui qui nous a crées sans nous ne nous sau- » vera pas sans nous; et que cependant nos œuures y» personnelles et satisfactoires ne sont en elles-mêmes » que des œuvres mortes^ mais qu'en s'unissant à » celles de notre Sauveur , en approchant de sa croix, » en touchant au bois sacré et vivifiant , elles pren- » nent de la vie , de la force , de la valeur , en tant » quCipar Jésus-Christ elles sont alors offertes à son » Père, et qu'en Jésus-Christ elles sont alors accep- » tées par le Père (i)? Est-ce déroger au mérite de >^ la croix de Jésus-Christ que de nous rendre ses

(i) Concile de Trente , sess. i4;cl)*')p« i8.

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» imitateurs ^utqnt qu'il nous est possible; de » punir à| fioi^ exemple no» propres péchés sur nous- » fuéme^ , comme il a voulu qu'ils le fussent dans sa i) sflinte et divine personne } de joindre une faible et iBt impuissante satisfaction à celle qu'il a pleinement » et abondamment payée pour nous de tout son sang? » {jitesrmoi , potre devoir n'est-il pas d'imiter dç » nçilr^ /l?<«w ceUii qwi n'est venu que pour nous î» £^ervir âfi modèle, et qui ^ dit ; « Quiconque veut JK vepir fiiprès mai , qu'il prepue sa croix et me suive ?» j» Et n'estril pas visible que, loin d'être dérogatoires jp ^ux mérite^ de notre Sauveur , loin d être incom- »patibles ^vec se^ souffrances, nos satisfactions :p tempprelies en sont même absolument insépara^ XI blés? Et quoi dope! parce que pous ne pouvons V ep qffrir upe suffisa^pte, nous n'en offririons au- 3? cupe ? Nous serions exemptés de toute expiation , p parce que pops ne pouvons la porter à l'infini? Et n p^rçe que nous sommes hors d'état d'acquitter la »dettç çptière, pous serions dispensés de faire » quelques efforts pour entrer en payement suivant » pos facultés et pos moyens (i)? » Vpilà le passage,

(i) J,e v€ux m'étayer ici d'un noblç et g^^ûd appui. « Sans 1a » pénitence du Divin Sauveur, la vôtre seroit infructueuse^ sans » la vôtre , l{i sienne resteroit inutile. C'est la sienne qui donne » du prix à la vôtre ; la vôtre seule peut donner de l'effet ^ la to sienne. Que la vue de sa satisfaction soutienne et dirige la ». vôtre , qu'elle en soit l'encouragement et le modèle , qu'elle » vous apprenne et la nécessité et la manière de la pratiquer. » L'immortel cardinal de La Luzerne^ dans ses pieuses et profondes Considérations sur la Passion»

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duquel M. Faber a cité quelques mots, Y voyez^vous une seule expression à redire? Y voyez-vous Iç mérite de nos Satisfactions et nos œuvres méritoir res? Je dis au contraire que nos œuvres ne sont en elles-mêmes que des œuvres mortes ^ notre SatiSf* faction qu'une faible et impuissante Satisfaction^ Elle n en est pas moins nécessaire de notre part Mais autre chose est l'obligation , autre chose le m^ rite de satisfaire. M. Faber a jugé à propos de tair^ ces derniers mots soulignés, de les dérober à ses lecteurs par une perfkle réticence. A leur place il fait entrer ce qu'il vouloit attaquer , et qui n'y est point, le mérite de nos œuvres, notre Satisfaction méritoire. O équité I ô candeur ! Je vous cherche dans mon antagoniste et ne vous trouve point I

XXXII. En preuve de la nécessité de la Satisfac* tion j j'ai cité les témoignages de Tertullien , de Saint Cyprien, de Saint Âmbroise, de Saint Augustin : ce sont les Pères que M. Faber invoque lui-même à sa page 19, quoique très-certainement à faux, en fa« veur de son changement moral, et dont il porte alors l'autorité aussi haut qu'elle le mérite. Mais ici qu'en dit-il ? D'abord il ne sait trop comment entendre les textes fort clairs que j'en ai rapportés. En tout cas, c( s'ils ont donné à la Satisfaction le sens » que leur donnerÉvêque,je n'hésite point, ajoute* » t-il fièrement, à le déclarer, leur grossière igno- » rance de l'Écriture prouve uniquement que l'er- » reur et la corruption se sont glissées dans l'Église » de bien bonne heure , et sans peine. » Cette mordeste déclaration me suggère im rapprochement

assez fréquent entre M. Faber et son éminent M. Calvin. « Je suis peu touché, dit celui-ci, de ce » que Ton trouve à chaque pas sur la Satisfaction D dans les écrits des anciens. Je vois que la plupart ^ » ou, pour le dire nettement , presque tous ceux don t » il nous reste des ouvrages , ou ont erré positive- » ment sur ce sujet, ou en ont parlé trop durement. i> Le Réformateur convient franchement que presque tous les anciens Pères ont enseigné la nécessité de la Satisfaction. Le Réformé n'ose faire le même aveu ; il doute encore; mais, dans sa conclusion hypothé'* tique , il s'accorde avec son honorable Vditron; et l'on voit clairement que l'esprit de l'aïeul a passé tout entier dans son petit et très-petit-fils. Tous les deux sont décisifs dans leur arrêt contre les Pères; et , sans hésiter, taxent d'ignorance et d'erreur les génies du Christianisme les plus éclairés. Quelle effronterie! Et quel aveuglement de ne pas voir en eux-mêmes l'ignorance qu'ils ont l'audace d'attribuer aux grandes lumières de l'antiquité! Quipourroit se défendre d'un sentiment d'indignation ou au moins de pitié, en voyant l'un et l'autre venir faire la leçon sur un article de doctrine révélée, aux illustres Docteurs , qui la reçurent des Disciples Apostoliques, et l'enseignèrent avec tant de gloire à des époques où, de l'aveu le plus universel, la foi brilloit dans toute sa pureté primitive?

XXXin. Passant enfin de la spéculation à la pratique, j'ai montré l'enseignement des Pères rais en œuvre dans la pénitence canonique, établie généralement sous la persécution de Décius; monument

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éclatant et incontestable de la croyance universelle sur la nécessité de satisfaire à Dieu. A l'aspect de cette austère et imposante discipline, M. Faber reste muet. Il ne trouve rien à répliquer ; il se tait. Je loue ce silence. Que ne l'a-t-il gardé sur tout le reste ! Il auroit épargné à lui-même les déplaisirs qu'il m'a forcé de lui causer , et à moi la triste et véritablement pénible obligation d'exposer au jour son inaptitude en théologie, et son oubli continuel de bonne foi et de probité en controverse,

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