‹ Défense de la Discussion amicale, en réponse aux Difficultés du romanisme de m. Stanley-FaberChapitre 11 sur 20 · INDULGENCES · texte numérisé non relu

INDULGENCES

XXXIV. Quiconque rejette avec M. Faber le précepte de satisfaire à Dieu par des œuvres de pénitence, doit avec lui et Calvin , non-seulementaccuser les Pères d'erreurs et de dureté dans leur enseignement, et, par une conséquence nécessaire, accuser l'Église primitive d'injustice dans l'institution des peines canoniques et satisfactoires, mais encore dédaigner les secours et les grâces que l'Église offre et ajoute à l'insuffisance de nos Satisfactions ; il doit reléguer au rang des fables la croyance du lieu expiatoire , intermédiaire entre le Ciel et l'Enfer , et envoyer impitoyablement aux peines éternelles les âmes qui emportent dans l'autre monde des souillures contractées dans celui-ci ; il doit regarder désormais toute communication rompue entre lui et ses amis défunts , renoncer à la douceur de s'intéresser à leur sort, traiter de vaine et de superstitieuse la pratique de prier pour eux, attendu que

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nos prières leur sont également inutiles, soit qil'ils habitent avec les élus ou les damnés, avec les Anges ou les Démons. Aussi M. Faber ne veut-il entendre parler ni d'indulgences, ni de purgatoire, ni de prières pour les morts. Il raisonne conséquemment^ fen conviens; mais comme il part d'un faux prin* cipe, ses conséquences sont également fausses.

XXXV. La lettre xn* de ma Discussion Amicale a mis hors d'atteinte le précepte de satisCûre à la Justice Divine. La xin^ établit solidement dans l'Église le droit et le pouvoir d'accorder des Indulgences, et leur utilité, leur importance pour les pécheurs. M. Faber essaie , dans son chapitre xi*, d'ébranler mes preuves, mais en vain. Vous pouvez en juger en nous comparant l'un à l'autre. Je n'ai pas besoin d'avertir que, dans cexi* chapitre, il me met sans cesse à la bouche, et le mérite de nos Satisfactions , et nos oeuvres méritoires et nos expiations méritoifes. On voit clairement qu'il est décidé & me faire honneur de ces expressions, qui ne sont jamais sorties de ma plume. Il y reviendroit cent fois de suite, qu'autant de fois je répliquerois qu'il ne dit pas vrai. Il prétend que donner à l'Église le pouvoir d'accorder des Indulgences , c'est comme si on lui concédôit le privilège d'enlever à la Justice divine une partie des expiations qu'autrement elle auroit droit d'exiger de nous; et cette idée lui semble si spirituelle, si lumineuse, qu'il la reproduit peu après. Mais qui a donc investi l'Église de cette haute prérogative ? N'est-ce pas notre Sauveur lui-même? Qui pourra dès lors enchaîner l'exercice du droit

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que notice Sauveur lui a promis par ceà paroles solennel les? « TôUt ce que Vous délierez sur la tet*re » sera délié dans le Ciel. )> J'aperçois dalls la page suivante, 179, qu'il voudroit vous faire croisé qUe ce droit appartient à chaque Prêti^e. C'est entîore une idée à lui. Il devroit pourtant ne pas igiioréf que les Prêtres n'en font usage que par la déléga* tiott des Évéques dans l'étendue de leUt* jurisdiô^ tiou^et que le pouvoir* de cotnitiuniquer à toute là terré le bienfait des indulgences appat'tient au chet suprême de l'Église Unive^selle.

XXXVI; Je ne sais pourquoi, ou plutôt je' m'èil doute asseijil lui a plu d'intervertir, page 1 80, le fait de l'incestueux de Corinthe. «Les CorinthièUs, ainsi » que s'exprime Saint Paul, avoient livré à Satan uri » membre incestUeui de leur cortintUnduté , » dit M. Faber. Et au chapitré ô, l'^épitre, l'Apôtt-é leur reproche de l'avoir gardé dans leur société : « PdUr » moi , quoique absent de corps , mais présent d'es- » prit, j'ai déjà .résolu que celui qui a cottimis tm tel* » crime soit livré à Satan..;. Ifavez-vou? point là urt » beau sujet de vous glorifier ? îïe savei-vous pas n qu'un peu de levain aigrit toute la pâte (i)? 34 Et au chapitre nde la a'épitre: «A l'égard de cethommé- » là , c'est assez du châtiment qui lui a été infligé par «l'assemblée» (selon l'ordre de l'Apôtre), « de sorte » qu'à présent vous devez plutôt lui pardonner et le » consoler 9 de peur qu'il ne soit accablé par l'ei^^cès » de sa tristesse. C'est pour cela que je vous prie de

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(i) Traduct. de Beausobte et L'Enfâtit.

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«lui donner des marques authentiques de votre » amour.... Je pardonne donc à quiconque vous par- 2> donnerez. » C'est donc Saint Paul qui a puni et qui met fin à la punition. Dans M. Faber^ ce sont les Fidèles -qui, après avoir châtié , pardonnent. « Les Go- »rinthiens, dit-il, convaincus de la sincère contri-^ » tion de l'homme , lui pardonnèrent le déshonneur » qu'il avoit attiré sur leur Église, et le réhabilitéj> rent dans ses droits de Chrétien baptisé. Les motifs » de cette réhabilitation furent communiqués à Saint » Paul. Il leur répondit que, dès qu'ils lui avoient 10 pardonné', il lui pardonnoit aussi, à cause d'eux » et dans la personne de Jésus- Christ. » Ne diroit-on pas en vérité qu'il étoit écrit que ce malheureux bachelier gâteroit tout ce qu'il auroit à toucher, et ne rendroit jamais les choses comme elles sont?

. XXXVn. « L'Évêque d'Aire, ajoute-t-ilj)age 182, » ne balance pas à prononcer, avec ou sans ragré- » ment de son Église j que la validité des indulgences » dépend des dispositions du pécheur. » Pourquoi ce doute, et comment M. Faber peut-il l'élever, lui qui a lu l'admirable lettre dogmatique du savant et pieux Pontife qui occupe aujourd'hui si dignement lachaire deSaint Pierre? Ce principe y est développé dans tout son jour (i). M. le bachelier passe ensuite aux abus qui , dans le seizième siècle, déshonorèrent

(i) Je viens de relire avec une nouvelle admiration cette lettre encyclique aux Evêques du monde Catholique. Je soubaiterois qu'elle fût connue des Protestants ; elle feroit sur plusieurs une tout autre impression que sur M. Faber.

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la publication des indulgences ; et on se doute assez que sous sa plume ils n'ont rien perdu de leurénormité. « Quelle étoit, dit-il avec emportement, cette » abomination criante, qui alluma le feu de l'indi- » gnation dans le grand Luther, si grandement ca- » lomnié ? « Calomnié , n'est pas le mot. Personne n'a peint ce grand Luther sous des couleurs plus odieuses que lui-même, que ses adjoints à l'œuvre de la Réformation, Zwingle et Calvin, ces deux autres éminents personnages qui, avec Luther, composent Vhonoré Triumvirat du recteur de Long-Newton. Personne n'a mieux fait connoitre ses emportements et ses fureurs que son intime et timide amiMelanchton , qui se plaignit d'en avoir reçu des soufflets (i), et de fort rudes , je gage. A juger par le portait original que j'ai vu dans le temple de Wittemberg, le vigoureux Réformateur dut avoir la main lourde. En réunissant ce que l'on trouve dans ces quatre auteurs contemporains sur Luther, sur la fougue de ses passions et sur son orgueil démesuré, l'on restera convaincu que cet honorable, grand ou éminent homme n'a rien laissé à la calomnie même à inventer contre lui. ^

Pour en revenir aux abus dont parle M. Faber sur la publication des indulgences de Léon X, un écrivain impartial et de bonne foi n'auroit pas manqué d'observer que le concile de Latran , sous Innocent III en 1 a 1 5 , celui de Vienne , sous Clément V en 1 3 1 1 , avoient précédemment tonné contre la

(1) Ab ipso colaphos accepi. Epist. ad Tkeidor.

plupart des mêmes abus, etquele Concile de Trente, voyant avec douleur que les défenses faites par ces conciles n'avoient pu les déraciner, crut qu il falloit trancher dans le vif, supprima l'emploi des quêteurs, abolit jusqu'à leur nom en détestation de leurs scandales , et ordonna qu à l'avenir les Indulgences seroient publiées par les Évêques (i).

XXXVIIL Au sujet dont nous parlons , permettezmoi. Monsieur, de remettre sous vos yeux un passage de ma Discussion Amicale {i), « Si Luther, » s'appuyant des Conciles de Latran, de Vienne, » de Trente et des suffrages des plus habiles théo- » logiens , d*un Cardinal Cusa , par exemple , qnî » excita l'admiration de l'Allemagne, dans laquelle » il publia l'Indulgence du Jubilé de i45o. Si Lu- » ther, dis-je , ne s'étoit élevé que contre l'igno- » rance des prédicateurs de son temps , contre le » trafic indigne qui se faisoit des Indulgences , il » auroit mérité l'applaudissement de l'Église et de » la postérité. Mais cet homme à passions fortes ne » savoit ni se maîtriser, ni contenir la fougue qui î) Temportoit à la révolte. Oh sait les suites de la » trop célèbre dispute qu'il excita, et comment, i> ayant passé des abus aux principes , il en vint » jusqu*à contester à l'Église le pouvoir d*user d'in- » dulgence envers les pénitents. »

a Donnez plutôt aux pauvres, s'écrîoit-il à ses » auditeurs , donnez pour l'amour de Dieu aux

(i) Voyez Discussion Amicale, vol. ii , pag. 23 1. (2) Ibid.y pag. 232-2i34.

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» pauvres l'argent qu'on vous demande pour la fa* «brique de Saint- Pierre. Qui doute qu'il faille » donner aux pauvres ? Combien de fois les Églises » ne se sont-elles pas dépouillées de leurs vases d'or » et d'argent, de leurs ornements, de leurs pierre- » ries pour nourrir les pauvres ? Mais la charité en- » vers nos frères indigents empèche-t-elle un secours » extraordinaire pour ériger un temple au Seigneur, » surtout dans l'Église-Mère ? S'il faut condamner » les abus qui se commirent au temps de Luther » dans la levée des aumônes, quel est l'homme de » sens et de goût qui blâmât la destination de ces V aumônes? Aucun de ceux, sans doute, qui ont » contemplé cette basilique, le plus digne, le plus » noble monument que jamais les hommes aient » élevé de leurs foibles mains à la Majesté Su- 11 prême? »

M. Faber interprète à sa manière mon silence sur les richesses" qui composent le trésor inépuisable des Indulgences. H est pourtant bien simple que je n'aie pas repété ce qui est écrit dans toutes les bulles de Jubilé, dans tous les livres élémentaires sur les indulgences. Ce trésor est donc composé des mérites de Jésus-Christ, auxquels se trouvent associés ceux des saints personnages qui , par une grâce toute spéciale, ont mené sur la terre une vie d'innocence et de pureté. Leurs œuvres charitables et angéliques , toujours unies à celles de notre Divin Sauveur, tirèrent pendant la vie tout leur prix de cette union, comme après la mort elles tirent tout leur mérite des mérites infinis de l'Homme - Dieu. Que

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voit-on à redire dans cette doctrine? En vérité , pour y trouver quelque chose dont l'aveu puisse faire rougir, il faut avoir la tête furieusement embrouillée de préjugés. En voulant jeter sur cette pieuse et antique croyance des ridicules , on s'en couvre soimême. •

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