RELIQUES
Tâchons d'en finir ; car , eh vérité, le dégoût me fait tomber la plume des mains (x) ; et pourtant la
(i) J'étois dans cette triste disposition d'esprit lorsque, arrivant à la page 277 de M. Faber, je vois reparoître la question des Images déjà traitée par lui page 1 3 , et plus amplement par moi. Je tourne vitement le feuillet ; je saute les images et m'attache aux reliques. Depuis la publication de ma Défense en Anglois , je suis revenu sur mes pas ; j'ai voulu voir ce que j'avois passé , et j'y ai découvert le texte de TertuUien , que j'avois reproché à M. le bachelier d'avoir dissimulé à ses lecteurs. Je m'empresse de lui en faire toute la réparation possible : je m'accuse de précipitation , et avoue ma méprise. Mais aussi ^ deux dissertations sur le même sujet et dans un seul ouvrage ! Devois-je m'y attendre ? Et n'est-ce point Là prendre son monde par surprise , surtout ' après lui avoir si puissamment inspiré l'envie d'en finir?
On saura donc que M. Faber n'a point, comme je lui en ai faussement , mais non méchamment fait le reproche , dissimulé le passage à ses lecteurs. Toutefois que leur en dit-il? Il com— mence par jetter du louche sur la signification du mot Calice, Il veut bien pourtant me passer de l'avoir pris pour P^ase sacré, avec tous les théologiens , avec Leibnitz. Mais il trouve fort mauvais que je prétende conclure de la parabole du bon Pasteur, représentée alors sur les calices, que les images ne furent pas étrangères à l'Eglise primitive. Leibnitz l'a conclu de même ; nous le voyons dans son fameux Système théologique , et son jugement vaut un peu plus , je pense , que l'opinion superficielle de M. le bachelier.
« Produisons , dit TertuUien , l,es peintures mêmes de tos calices, Procédant ipsœ picturœ calicum vestrorum, » A qui s'adresse-t-il ici? à ceux d'une opinion cgn traire à la sienne , et
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partie la plus odieuse me resteroit à réfuter, si j'étoîs aussi sensible aux outrages qui me sont adressés, qu'à ceux que l'on fait à la vérité et à la Religion. Je me bornerai dorénavant à jeter en passant quelques
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c'étoieqj,. jtoijs les docteurs de l'Église : leurs calices offiroient donc généralement la peinture du bon Pasteur.
A la page 366 , Discussion Amicale , vol. ii , jem*étois exprimé comme il suit : « Dans un temps où l'Église n'avort ni temples , ni lieux déterminés pour s'assembler , il lui eût été impossible d'y fixer des images , comme elle fit plus tard ; mais elle en avoit de portatives , par exemple sur les Vases sacrés , les seules qui pussent convenir à sa situation alors flottante et incertaine. » M. le bachelier rusant encore ici , comme si souvent ailleurs , supprime ces mots : « mais elle en avoit de portatives , » et me feit dire que les Chrétiens d'alors rendoîent un culte aux iinages , quoiqu'après tout ils nen a^foient, selon moi y d*aucune espèce. Cette démonstration , qu'il me prête , lui semble pas mal plaisante : il termine sa note , en me jettant , aux yeux de ses lec* teurs Anglois , ce trait de ridicule avec un air fort content de luinnéme. Je l'en félicite, et ne doute point que tout homme d'honneur et de sens n'y trouve autant de goût que de vérité.
Depuis qu'il a lu ma réponse en Anglois , M. Faber , assuret-on , persiste h regarder comme un fait démontré en histoire « que durant les cinq premiers siècles la doctrine du changement » de substance a été inconnue dans l'Églîse. » S'il disoit lenom, le root de Transsubstantiation , fort bien : mais la doctrine ! et tant de preuves du contraire ont passé sous ses yeux ! Et il vient de relire mes citations des Liturgies , des Catéchèses ! Et il vient de voir le rapport des unes aux autres , leur uniformité entre elles, leur Apostolicité marquée dans leur accord ! Ce malheureux homme est donc impénétrable à la vérité ! Et à force de la combattre , il ne l'aperçoit donc plus où elle est ? Qui pourra lui désîUer les yeux , le guérir de son aveuglement? Celui là seul , duquel il est tant parlé au chapitre ix de Saint Jean.
DE LA. DISCUSSION AMICALE. Sa 3
réflexions courtes et rapides. Et d'abord sur les Reliques , j'observerai , ce que j'ai tant et tant de fois observé , c'est que M. le bachelier me fait encore dire ce que je n'ai point dit , et même le contraire ^ et qu'il se plaît à le répéter, afin de l'inculquer à se» lecteurs. Voici ma phrase , à la fin de la page Sog ^ volume 2* : « On parle de notions erronées , super- » stîtieuses que les peuples ont souvent prises sur » les Reliques. Je n'en disconviendrai pas. » Il lui substitue celle-ci, page ^45 : « On parle de notions » erronées, superstitieuses , que nous avons souvent » prises sur les Reliques; mais je n'ai jamais pu les » découvrir. » Vous le voyez, c'est toujours sa méma tactique , sa même droiture , sa même honnêteté.
M. le bachelier fait ensuite V esprit fort sur les miracles opérés à l'occasion et en présence de Reliques. Il ne veut pas même de ceux qu'il trouve attestés par un Saint Cyrille d'Alexandrie ou de Jérasalem; par un Saint Ambroise , témoin oculaire; ainsi que Saint Augustin , alors à Milan ( voyez , pag. 3i5, vol. II, Discussion Jlmicale ). Félicitons M. le bachelier de la haute opinion qu'il a de sou savoir, et de l'entière confiance qu'il montre en luir même. N'en doutez pas , Monsieur , il est beaucoup mieux au fait de ce qui s'est passé à Milan, il y aprè^î de quinze siècles, que le savant et Saint Archevêque de cette métropole, lequel, apprenant que des Ariens de la ville révoquoient en doute la guérison mira*culeuse d'un aveugle , dont il avoit été témoin luimême , monte en chaire le lendemain , et prouve hautement' le fait devant l'assemblée du peuple.
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