‹ Défense de la Discussion amicale, en réponse aux Difficultés du romanisme de m. Stanley-FaberChapitre 8 sur 20 · XXVII. « Un homme peut bien être porté dans · texte numérisé non relu

XXVII. « Un homme peut bien être porté dans

V les mains d'un autre , nul dans les siennes. On ne » sauroit donc entendre dfe David , selon le sens lit-'

(i) St. Cyril. Alex. , liv. iv sur St. Jean.

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» êémlf ces mots , il était porté dans s^s mains (i). ^ Mais nous voyons comment cela peut s'entendi^e » d^ Jésus-Cbrist à la lettre; car il se portoit dans 9 ses mains, lorsque , donnant son corps, il dit: Ceci y> est mon corps , puisqu'il portoit alors ce même '» corps dans ses propres mains. Jésus - Christ but i> lui-même de son calice, de peur que ses Apôj» très l'entendant dire ces choses, ne dissent euxp) mêmes : Quoi donc? buvons -nous du sang, et 9 mangeons-nous de la chair ? et qu'ils ne s'en trouai blassent. Car, lorsqu'il parla de ces Mystères, plu- V sieurs furent scandalisés. Afin donc qu'ils ne s'en » troublassent point alors, il leur en donna l'exem- 9 pie le premier, les portant ainsi à participer aux 9 Mystères sans trouble ; et ce fut pour cela qu'il » but lui-même son propre sang (2). n 11 ne faut pas vous faire illusion , Messieurs ; ces idées , ces commentaires sont évidemment incompatibles av^ vos systèmes de présence figurée et de changement moral.

XXyiII. Un seul mot auroit du suffîre pour vous convaincre que la réalité du corps et du sang a toujours été l'objet de notre croyance. Ce mot n'a pu vous échapper, tant il est répété dans nos écrits; le voici encore : Adore et communie. Après avoir » communié au corps de Jésus-Christ, approchez- 9 vous du calice du sang, non pas en étendant les I» mains , mais en vous inclinant en attitude d'hom-

(i) St. Augustin , sur le tit. du ps. 33 selon les Septante. (2) St. Gluysost. , homélie 71.

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» mageset d! adoration j en disant u^men (i). Marie 9 adora Jésus-Christ, les Apôtres Y adorèrent aussi , » et les Anges même X adorent; ainsi qu'il est écrit, » que tous les Anges Yadorèrent. Or ils n'adorèrent » pas seulement sa Divinité , mais aussi l'escabeau » qui est sous ses pieds , parce qu'il est Saint. Que » si les Hérétiques nient que l'on doive aussi adorer

y^ les Mystères de son Incarnation ils peuvent

» lire dans l'Écriture que les Apôtres aussi Vadorè-^ » rent lorsqu'il fut ressuscité avec un corps revêtu t) de gloire. Car nous ne devons pas considérer sui- » vaut l'usage des hommes cet escabeau qui est sous 30 ses pieds. Nous ne devons aussi adorer que Dieu » seul.,... C'est pourquoi il faut examiner plus par- » ticulièrement quel est cet escabeau qui est sous » les pieds du Seigneur. Car nous lisons ailleurs : Le ii ciel est mon trône j et la terre est V escabeau qui » est sous mes pieds. Or nous ne devops pas adorer 30 la terre, parce que ce n'est qu'une créature. Pre- » nous garde néanmoins si la terre , que le Prophète 3» veut que nous adorions y n'est point cette terre 30 dont le Seigneur Jésus s'est revêtu dans son in- 30 carnation. Il faut donc dire que l'escabeau qui 30 est sous ses pieds est la terre; et, par cette terre, 30 il faut entendre la chair même de Jésus-Christ y la^ j> quelle encore nous adorons dans nos Saints MyS" itères (a), et que les Apôtres adorèrent dans sa j» personne. »

(i) Cyr. , homélie iv, mystag.

(2) St. Âmbroise , livre m , du St. Esprit*

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« Il ne s'agît pas de réduire ici, et dans plusieurs autres textes , l'adoration que nous lui avons rendue dans son Sacrement à un pur témoignage d'honneur, à un simple sentiment de respect. Vous venez de voir que c'étoit exactement celle qu'il avoit reçue de Marie et des Mages dans la crèche ; des Apôtres , avant et après la résurrection ; des Anges , à sa naissance, à son baptême; la même dont parle Saint Paul quand il nous apprend que, devant lui, tout genou doit fléchir au ciel , aux enfers et sur la terre; celle enfin qui est due à Dieu seul. C'étoit donc le culte que tous les hommes doivent à la Majesté Suprême de leur Créateur, le culte de Latrie,

XXIX. Mais vous. Messieurs, qui parlez avec admiration de l'Église primitive, et qui vous glorifiez d'avoir fait revivre la pureté, la beauté de sa doctrine , vous avez indignement rejeté l'adoration qui est due à Jésus-Christ dans l'Eucharistie. Vous cherchez à vous en justifier vis-à-vis des peuples et de vous-mêmes en réunissant les endroits de nos écrits où nous désignons les dons proposés par les noms de signes , de types , d'emblèmes , de représentations , de figures et de mémorial. Mais d'abord vous devriez savoir que ces expressions n'excluent point la présence invisible du corps de notre Sauveur : vous voyez nos successeurs dans le ministère et la doctrine , s'en servir sous vos yeux : nousmêmes aussi , nous en faisions quelquefois usage auprès des Fidèles pour leur faire connoitre l'accord de l'un et l'autre Testament , le rapport de la Loi Ancienne à la Loi Nouvelle , de la figure à la réa-

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lité , de la promesse à l'accomplissement. <c Le Sacri- » fice ofFert par notre Seigneur à son Père, disions- » nous alors , est le même que celui de Melchisédech, » le pain et le vin , c'est-à-dire son corps et son » sang (i). Après la manducation de la Pâque ty- » pique , Jésus-Christ passa au vrai Sacrement de la » vraie Pâque ; et, comme Melchisédech avoit ofFert » en figure du pain et du vin , Jésus-Christ rendit » présente la vérité de son corps et de son sang (2). » x> Il n'y a pas moins de différence entre les pains de » proposition et le corps de Jésus - Christ , qu'entre » l'ombre et le corps, l'image et la vérité, les figures » des choses à venir, et ce qui étoit représenté par » ces figures (3). Toutes les fois que nous appro- » chons du corps et du sang de Jésus-Christ, et que » nous le recevons dans nos mains, nous croyons » que nous devenons la chair de sa chair, les os » de ses os comme il est écrit. Car le Christ n'a » point donné à ce corps le nom de figure ni d'appa- » rence, mais il a dit, ceci est vraiment mon corps, » ceci est mon sang (4). » Les Fidèles , qui savoient parfaitement que Jésus-Christ étoit venu remplir les figures , comme les prophéties de l'Ancienne Loi , saisissoient sans difficulté le rapport de la figure de son corps avec la réalité de sa présence (5).

(i) St. Cyp. , ép. Lin à Cëcilius.

(2) St. Jérôme , ép. à Hédilia.

(3) St. Jérôme , épître à Héliodore.

(4) Maruthas. Métrop de Tagrit , BibL orient, , t. 1 , p. 1 7g.

(5) Il étoit réservé à M. Faber , et à ses maîtres depuis 1662 ,

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a Enfin ^ nous nous servions Iç plus souvent des mots signes , types , figures^ etc. , dans une intention fort différente. Vous n'ignorez pas que nous vivions au milieu de» Juifs et des Païens; que notre Divin Législateur nous avoit fait la défense expresse de leur découvrir les Mystères. Mettez-vous à notre place : qu'eussiez-vous fait^ lorsque du haut de la chaire vous auries^ découvert (ce qui nous arrivoit fréquemment) quelques-uns de ces profanes dans l'assemblée des Fidèles? N'auriez-vous point alors làk choiiç des expressions vagues , ambiguës , indé* terminées que vous rencontrez souvent dans nos discours et nos homélies? ne les auriez-vous pas également employées dans les écrits destinés à la publicité? Et que diriez^ vous aujourd'hui à ceux qui| après tant de siècles écoulés^ prétendroient juger de vos vrais sentiments par les passages où irons étiez forcés de les masquer ? Notez bien ce point-ciy nous vous le recommandons; ne l'oubliez jamais. Si notre croyance sur le Sacrement de l'Autel , avoit été conforme à la vôtre , nous n'aurions eu aucun motif de la cacher^ mais au contraire les plus pressants de la manifester.

XXX. Voulez-vous savoir dans l'exacte vérité ce que nous cachions avec tant de précautions relativement à l'Eucharistie? ce que nous pratiquions au

d*imagîner que les figures du Vieux Testament n'avoîest pas été remplies dans le Nouveau , et de nous apprendre que le pain n'éloit rien de plus pour les Chrétiens que pour les Hébreux , la figure éternelle du corps de Jésus>*Clirîst.

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service divin , et en quoi cela consistoil? Vous le voyez fidèlement et en détail dans nos Liturgies. Ouvrez-les. Par notre pratique vous conuoitrez la fond de notre croyance. Le rapport de l'une àlautro est si évident qu'il nous étoit ordonné de les soustraire également à la connoissance des Jui& , des Païens I des Catéchumènes, mais de les montrer |t découvert aux nouveau-Baptisés. Nous avons rempli avec fidélité cette double obligation. Nous éc^r* tions scrupuleusement les non-initiés à l'instant ou le sacrifice alloit commencer ; et quand noiis avions k parler de l'Eucharistie devant eux , nous nous ar-r rétions aux qualités extérieures du pain et du via* Avec les Néophytes nous allions au-delà ; nous pas^ ^ions de l'apparence à la réalité du corps qu'ils ai* loient recevoir, et nous leur expliquions l'ordre du ^rvice divin, auquel ils alloient assister pour Ja première fois.

La Providence a permis que , par exceptîop k I4 défense générale » quelques-unes de nos jCatéchèses lûent été mises en écrit et soient parvenues jusqu'à vous. Elles suffisent pour vous faire connaître toi^-p tes les autres ; car, pour l'essentiel , elles se ressem^ bloient dans toutes les Églises de la Chrétienté. Celles que vous possédez vous représentent la doc** trine universelle des cinq premiers siècles. Durant cette longue et fervente époque , il ne s'est pas fai^ un seul Chrétien qui en ait entendu de notre bouche une différente. Nous instruisions nos adultes connue vous instruise^ vos enfants. Seulement nous leur exposions nos dogmes avec plus de dé veloppements^

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parce que leur intelligence plus étendue les en rendoit capables. Si vous aviez existé de notre temps , vous auriez partagé les leçons que nous leur donnions; vous auriez reçu de nous la doctrine qu'ils reçurent; et s'il est vrai, comme vous l'assurez toujours, que vous soyez jaloux de vivre et de mourir dansleur communion , adoptez donc leur foi et leurs oeuvres. Croyez et pratiquez sur le sujet si important de l'Eucharistie ce qu'ils crurent et pratiquèrent.

XXXL Que ne nous est-il possible, hélas! de TOUS assurer que vous pouvez sans danger persévérer dans les opinions que vous avez reçues dès l'en- Êtnce, et que vous prêchez si ardemment ! car nous aimerions à ne vous faire entendre que des choses agréables; Dieu nous en est témoin. Mais, au risque de vous déplaire , nous aimons mieux vous être utiles. Nous vous le disons avec franchise, votre croyance n'est point celle de l'Église primitive : nous ne la connûmes jamais. Comparez nos Caté* chismes aux vôtres sur le sujet que nous traitons; Comparez les explications que vous y joignez avec celles que vous lisez dans nos Catéchèses : quelle différence ! Il faut opter : auxquelles donnérez-vous la préférence ? Vous ne pourriez hésiter sans vous contredire, puisque, de votre aveu , les cinq premiers siècles respirent la vraie et pure doctrine des Apôtres.

XXXII. Jésus-Christ nous a dit : « En vérité, en vérité y si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'Homme , vous n'aurez point la vie. » Et vous. Mes-

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sieurs , vous dites : « Mangez le type de sa ohair , il ' suffît ; nous vous promettons la vie. » Jésus-Christ a voulu se communiquer à tous les siens, leur procurer ainsi un avant-goût du ciel par un Sacrement qu'aucun mortel n'auroit pu concevoir, bien moin$ encore inventer et faire adopter à son Église ; et cette communication mystérieuse et céleste , vous la réduisez à la manducation d'une matière insensible et brute, à un souvenir qui laisse le cœur froid, l'âme vide et sans nourriture. Jésus-Christ vous a dit: Ceci est mon corps. Non, lui répondez-vou$ équivalemment; ce n'en est que la figure. Le pain n'a subi qu'un changement moral; et puisque sa substance y est toujours , la vôtre n'y est pas. Notre Église, instruite par les Apôtres, invoquoit dans tout l'univers Chrétien la descente du Saint-Esprit, afin de changer par sa grâce , transformer, trans" substantier le pain au corps de Jésus-Christ ; et pour • .vous , et à vous entendre, ce changement, cette transformation ou cette Transsubstantiation n'est qu'une source impure de superstition et d'idolâtrie. XXXII. Mais, nos amis, nos frères séparés, si vous saviez quelle affligeante impression fait sur nous l'audace de vos pensées ! Si vous saviez combien nous gémissons des maux infinis qu'elle attire sur vous, sur vos peuples ! Si vous pouviez concevoir les ressources, les consolations, les délices dont vous privez tant d'âmes rachetées par le sang de Jésus-Christ, et disposées à se donner à lui, à le recevoir avec amour, si elles étoient différemment éclairées ! Pardonnez à des avertissements que votre

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seul intérêt nous dicte , et que nous arrachent pour vous de trop justes alarmes ; revenez à la croyance de vos aïeux , à celle que reçurent tous les Chrétiens des cinq premiers siècles. Croyez désormais avec eux, et sur notre enseignement uniforme, w qua- » près la consécration , le pain qui paroîtà vos yeux » n'est plus du pain , quoique votre goût le jugé tel , » mais que c'est le corps de notre Divin Rédemp- » teur. »

XXXIV. Malheureux quiconque , après avoir entendu la vérité , persiste à n'en vouloir point! Plus malheureux celui qui , après avoir reconnu ses erreurs, s'obstine à y entretenir les peuples ! Il est des contrées, nous ne le voyons que trop, où l'on se fait honneur de défigurer à leurs yeux la vérité, d'embellir l'erreur et le mensonge; où l'on obtient à ce prix des avantages, des applaudissements; mais avancer dans la carrière de la vie , et paroître bientôt ensuite au dernier tribunal , chargé de ces perfides avantages, de ces applaudissements funestes, grand Dieu ! comment y songer sans trouble et sans épouvante !

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