‹ Défense de la liberté de l'Eglise (volume 2)Chapitre 6 sur 39 · I. — NÉCESSITÉ ET SPÉCIALITÉ DES PETITS SÉMINAIRES · texte numérisé non relu

I. — NÉCESSITÉ ET SPÉCIALITÉ DES PETITS SÉMINAIRES

Si plusieurs de vos assertions, dont je vais remettre le texte sous vos yeux une seconde fois, étaient fondées, Monsieur le Duc, la conclusion qu'il y aurait à en tirer immédiatement serait la complète inutilité des petits séminaires. A quoi bon en effet ces établissements, si, dans plusieurs diocèses, le recrutement du sacerdoce s' opère en très-grande partie parmi les élèves des collèges

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royaux et communaux, si dans d'autres les élèves des petits séminaires fréquentent les cours descollèges , si enfin il 1/ a desdiocèses dans lesquels 1rs èvêques ont jugé in utile d'nucrir un petit séminaire, trouvant toutes l<fs facilités

désirables dans les institutions privées et dans les collèges ?

Ou je nie trompe , ou un logicien intrépide allant jusqu'au bout de sa pensée, déclarerait que les petits séminaires ne sont guère dans l'Église qu'une superduité dont on peut tolérer, niais non soutenir et fortifier l'existence.

Vous n'êtes pas allé jusque-là, Monsieur le Duc, et, permettez-moi de vous le dire, vous n'aviez peut-être pas assez solidement établi vos prémisses pour leur demander de si rigoureuses conséquences.

Que devient en effet l'autorité de ces affirmations, s'il est vrai qu'il y a à peine en France un seul diocèse qui n'ait pas de petit séminaire ' ; que dans un seul, les élèves du petit séminaire suivent les cours du collège; enfin, s'il est vrai que, dans aucun des quatre-vingts diocèses de France, le recrutement du sacerdoce ne s'opère en très-grande partie parmi les élèves des collèges royaux et communaux?

Cinq diocèses vont ici vous répondre pour tous les autres. A Paris, sur plusieurs milliers d'élèves des collèges, pensions, maisons particulières, il n'y en a pas trois par an qui arrivent du collège au grand séminaire.

La proportion est la même dans presque tous les dé-

1 Pons, au diocèse de La Rochelle, a toujours été et est encore un véritable peUI séminaire.

parlements. On m'écrit de Meaux : Notre collège n'a pas donné un seul prêtre, ni même un seul sujet pour le grand séminaire. On m'écrit de Versailles : Depuis dix ans, et peut-être depuis vingt, nous n'avons aucun prêtre qui ait été élève interne du collège royal de Versailles. Monseigneur l'évêque de Grenoble nous apprend que depuis trente ans le collège royal de Grenoble n'a pas fourni six prêtres à son diocèse. Monseigneur l'évêque de Chartres nous attesle que toutes les maisons universitaires de son diocèse réunies ne lui ont pas donné un prêtre en dix ans; et s'il a renoncé pendant quelques années à avoir un petit séminaire proprement dit, ce n'est pas, comme vous le pensez , Monsieur le Duc, parce qu'il trouvait toutes les facilités désirables dans les institutions privées et dans les collèges, mais parce qu'il ne voulait pas subir le régime des ordonnances de 1828.

Les faits, vous le voyez, viennent contredire euxmêmes des affirmations qu'un travail nécessairement précipité ne vous a pas donné le temps de vérifier ; mais cette réponse trop facile ne me dispense pas d'aller au fond même des choses, et d'établir, sur des preuves que je crois irrécusables, la nécessité et la spécialité des petits séminaires.

Les petits séminaires sont des écoles spéciales, des écoles nécessaires au sacerdoce. Les lois que l'Église a portées pour leur établissement , les règles qu'elle a tracées à ce sujet, le fait même de leur existence dès les premiers siècles du christianisme, prouvent invinciblement qu'elle les a toujours jugés indispensables.

Celte nécessité des petils séminaires est d'ailleurs fondée sur la nature des choses : il suffit d'examiner

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