INSTRUCTION PASTORALE SUR LA PRIÈRE
Nos Très-Chers Frères ,
Nous ne voulons pas tarder à tous faire connaître les 'ctlres apostoliques que notre Irès-saint Père le Pape '^'c IX vient d'adresser à tous les patriarches , primats , ^''chevêques et évéques du monde catholique :
Vénérables Frères,
Salut et bénédiction apostoliciue.
Notre cœur s'est réjoui dans le Seigneur, Vénérables ''^ères, et nous avons rendu de trés-humbles et trèsbandes actions de grâces au Père très-clément et très- "^iséricordieux, au Dieu de toute consolation, dès que vos '^oiïibreux témoignages sont venus nous apprendre, au Milieu des incessantes et douloureuses sollicitudes dont ^^Us accable le malheur des temps, les fruits très-précieux ^^ Irès-abondants de salut, que, par Tinspiration de la ^^ce divine, les peuples commis à vos soins avaient re- ^^eillis de la faveur du Jubilé que Nous leur avons accordé. Vous Nous avez fait connaîti'e, en effet, qu'à cette ^^casion les fidèles de vos diocèses s'étaient empressés à
uuiuurt?, pcir lu ^t't•l^u^& uu ici ^rcii.-c uiviiiu , bui
fange du vice et des ténèbres de Terreur où ils lan misérabloment, sont entrés dans les voies de la \ la vérité, et ont commencé à travailler à leur salu avons été grandement consolé et réjoui, Nous qi si gravement inijuiet et préoccupé du salut d( hommes confiés à Nos soins par la divine Pro\ ne désirons rien avec tant d'ardeur, ne demai autre chose dans les vœux et les prières qui, joi montent de notre cœur humilié vers Dieu, sinoi les peuples, toutes les nations et toutes les fou chent dans les sentiers de la Foi, connaissent le et Taiment chaque jour davantage, observent ; sa sainte loi et suivent avec constance le chemin Mais si, d'une part. Vénérables Frères, No éprouver une grande joie en apprenant que les vos Diocèses ont recueilli abondamment les fruits de la grûce du Jubilé ; do Tautre, ce n'est pas ] un médiocre sujet de douleur, de voir quel triste table aspect présentent notre sainte religion, et civile dans ces temps malheureux. Nul d'e: n'ignore, Vénérables Frères, les perfides art monstrueuses doctrines, les conspirations de toi que les ennemis d(; Dieu et du genre humain i œuvre pour per\'ertir tous les esprits, coït mœurs, faire disparaître, s'il était possible, la r
Bée faite à toute la religion catholique et à celte Chaire apostolique, la haine la plus implacable poursuivant la vertu et l'honnêteté ; la licence effrénée de tout penser, de tout faire et de tout oser ; Timpatience absolue de tout commandement, de toute puissance, de toute autorité ; la dérision et le mépris déversés sur les choses les plus sacrées, les plus saintes lois, sur les plus excellentes institutions : de là surtout la déplorable corruption d'une jeunesse imprévoyante, le débordement empoisonné des mauvais livres, des libelles, des brochures, des journaux répandus avec profusion et propageant partout la science du mal ; de là le venin mortel de Vindifférentisme et de Tincrédu- Ulé ; les mouvements séditieux, les conspirations sacrilèges, la moquerie et l'outrage de toutes les lois humaines et divines. Vous n'ignorez pas non plus, Vénérables Frères, quelle anxiété, quelle incertitude, quelle pénible hésitation, quelle terreur préoccupent et agitent tous les esprits, particulièrement les esprits des gens de bien, qui croient avec faisoD que les intérêts privés et publics ont à craindre tous ks maux, lorsque les hommes s'écarlant misérablement des règles de la vérité, de la justice et de la religion, pour se livrer aux entraînements détestables de passions effrénées, méditent tous les forfaits.
Au milieu de tant de dangers, qui ne voit que toutes nos espérances doivent se reporter uniquement en Dieu, notre salut; que vers lui doivent s'élever continuolknnent nos ferventes prières, pour que sa bonté propice répande sur tous les peuples les richesses de sa miséricorde, qu'il éclaire tous les esprits des lumières célestes de sa grûco, qu'il ramène dans la voie de la justice ceux qui s'égarent, qu'il daigne tourner vers lui les volontés rebelles de ses ennemis, insinuer dans tous les cœurs l'amour et la crainte de son saint nom, et leur inspirer de penser toujours, et de bire tout ce qui est droit, tout ce fiui est vrai, tout ce qui ^st pur, tout ce qui est juste, tout ce qui estsaint. Et puisque
9h SUR LA PRIÈRE.
Dieu est plein de suavité, de douceur et de miséricorde, puisqu'il est riche envers tous ceux qui Tinvoquenl, puisr qu'il regarde la prière des humbles et aime surtout à manifester sa puissance par la clémence et le pardon, approchons , Vénérables Frères , avec confiance du trône de grâce pour obtenir miséricorde et trouver secours dans le temps opportun.
Car celui qui demande reçoit, celui qui. chcrcbc trouve, et on ouvre à celui qui frappe*. Rendons d'aiwrd d'immortelles actions de grâces au Dieu de bonté! Que, dans la joie, nos lèvres louent son saint nom, puisque cq de nombreuses contrées de l'univers catholique il daigne opérer les merveilles de sa miséricorde.
Venons donc tous unanimement, animés par la sincérité de la môme foi, par la fermeté de la même espérance, par l'ardeur de la môme charité ; ne cessons un seul moment de prier et de supplier Dieu humblement cl avec instance, pour qu'il arrache sa sainte Église à toutes les calamités, que chaque jour il l'agrandisse, la dilate cl l'exalte parmi tous les peuples, dans toutes les contrées de la terre; qu'ainsi elle purifie le monde de toutes les erreurs, conduise avec une tendre bonté tous les hommes à la connaissance de la vérité et dans la voie de salut; afin que Dieu, devenu propice, détourne les fléaux de sa colère que nos péchés ont méritée, qu'il commande à la mer et aux vents, crée la tranquillité, donne à tous cette paix tant désirée, sauve son peuple, et, bénissant son héritage, le dirige et le conduise vers la céleste patrie.
Et afin (lue Dieu, plus accessible, proie l'oreille à nos prières et exauce nos vœux, élevons nos regards et nos mains vers sa très-sainte mère, Marie, Vierge Immaculée; nous ne pourrions trouver de protection plus puissante ni plus assurée auprès de Dieu ; elle est pour nous la plus
' Maltb., VII, 8.
re des mères,- notre plus ;ferme confiance, et mémo le motif de nos espérances, puisqu'elle ne demande qu'elle ne l'obtienne, et que sa pricre ne saurait être Qssèe. — Implorons aussi les suffrages d'abord du ce des Apôtres, à qui Jésus-Christ lui-môme a donné rlefs du royaume des cieux, qu'il a établi comme la pe fondamentale de son Église, sans que les portes de ér puissent jamais prévaloir contre elle. Prions ensuite , le compagnon de son apostolat ; prions le patron de [ue cité, de chaque pays et de tous les bienheureux, • que le Seigneur trés-miséricordieux répande sur j, avec abondance et largesse, les dons de sa bonté, assi. Vénérables Frères, tandis que Nous ordonnons des prières publiques dans Notre Ville sainte. Nous j invitons, par ces lettres, à vous unir à Nous dans une munauté de vœux, vous et les peuples commis à vos s ; Nous excitons de tout notre zèle votre fervente relii et votre piété, pour qu'en vos diocèses vous ayez i de prescrire aussi des prières publiques, destinées à lorer la divine clémence.
t pour que les fidèles apportent plus d'ardeur el stance dans les prières que vous ordonnerez. Nous as résolu d'ouvrir de nouveau les trésors célestes de [lise, sous la forme d'un Jubilé, comme il vous sera rement indiqué par d'autres lettres qui sont jointes l\
e-ci.
ous concevons dans notre cœur cette ferme espèce, Vénérables Frères, que ce sont les anges de paix , tenant en main les coupes et l'encensoir d'or, offriront
Tautel d'or Nos humbles prières et celles de toute jlise, pour que le Soigneur lui-même, les recevant avec regard de bonté et exauçant Nos vœux, les vôtres et IX de tous les fidèles, veuille dissiper les ténèbres de lies les erreurs, chasser la tompôle nienaruiile de tant
maux, tendre une main secourable à la société chré- II. 5
66 SUR LA PRIÈKE.
tienne et à la société civile, et faire que tous les hommes aient la même foi dans leurs esprits, la même piété dans leurs œuvres, le même amour pour la religion, pour la vertu, pour la vérité et pour la justice, le même zèle pour la paix, le môme attachement aux liens de la charité; et qu'ainsi, dans toute retendue de Tunivers, le règne de son Fils unique, notre Seigneur Jésus-Christ, soit chaque jour de plus en plus augmenté, affermi, exalté.
Enfin, comme un gage anticipé de tous les dons célestes, et comme témoignage de Notre ardente charité pourvous, recevez la bénédiction apostolique, que, du fond de Notre cœur. Nous vous donnons avec amour, à vous. Vénérables Frères, à tout le clergé, et à tous les fidèles confiés à votre vigilance.
Donné h Rome, près Saint-Pierre, le 24* jour de novembre, Tan 1851 , de Notre pontificat le sixième.
Plus PP. IX.
Telles sont, nos très-chers Frères , les lettres apostoliques.
Qu'il est beau , qu'il est toachant de voir le Pèr^ commun des ûdëles, du haut de la chaire suprême, inviter ainsi la grande famille des peuples catholiques à élever avec lui vers le ciel, des mains suppliantes et des prières pacifiques * ! Qu'elle est belle celte înspiratioD d'une charité tout évangélique, celte ferme confiance d6 l'espérance chrétienne ! Qu'il est touchant de voir prier le Vicaire du divin Pasteur des âmes, de l'entendre g^' mirpour nous sur la montagne sainte ! A la vue delafl*
Manus puras et sine disccptatlone. (S. Paul.)
de maux, ses entrailles paternelles se sont émues , et il veut nous solliciter avec amour de nous unir à lui , de ne faire tous ensemble qu'un cœur et qu'une Âme pour ipaiser le Seigneur, et obtenir que Tesprit de paix descende sur les cœurs désunis et fasse enfin relub-e sur lous des jours plus heureux et meilleurs, des jours qui •oient rimage de ce beau jour où les douleurs , les génissements et la mort s'enfuiront loin des enfants de Oiea!
Dieu, dit quelque part le grand évêque d'Hippone, partage les temps entre sa justice et sa miséricorde ; tantôt il éprouve les sociétés humaines par des agitations douloureuses , tantôt il les console par sa bonté , et les fait marcher dans les sentiers de la paix.
Mais la nécessité des maux, ajoute saint Augustin, loin d'en adoucir la rigueur, est au contraire ce qu'ils Ont de plus rigoureux , puisqu'il n'y a rien de plus déplorable dans les maux que d'avoir pu les mériter par Ses fautes , et de ne pouvoir plus les éviter même par les plus grands efforts de la sagesse humaine.
Hélas ! il le faut dire avec un prophète ; il le faut avouer avec confusion et douleur : les peuples ont profondément péché, profunde peccaoerunt. (Osée.)
La terre est agitée par les passions des hommes comme la mer par les tempêtes.
Aussi , qui ne tournerait enfin ses regards vers les deux grandes puissances qui, seules au ciel et sur la terre, peuvent infailliblement nous sauver :
Au ciel , la puissance de Dieu ;
Sur la terre, la puissance de la prière.
La puissance de la prière! grande question, mystérieuse, s'il en fut jamais; caria prière, c'est la grande
et SUR LA PRIÈRE.
poissaDce de rhamaoité et tout à la fois le grand tëmoigD^e de sa faiblesse. Oai, il y a ici-bas , dans ce faible et paoTre cœur de Thomme, une puissance cachée, une poissancc inconnue de la foule , mais une puissance instituée, une puissance légilîme, une puissance redoutable au ciel même, parce qu'elle est suppliante, omnipotentia supplex... C'est là un grand mystère ; pour moi la Trinité m'étonne moins; la présence réelle m'étonn moins , et quand tous m'aurez entendu jusqu'au bout TOUS le penserez peut-être comme moi. Cet inconce Table mystère de la faiblesse de l'humanité et de puissance dans la prière, étonne, attire et absorbe tocL — tes mes attentions : regardons-y de près. En effet, l«t prière me découTre d'abord dans l'homme un mystère de faiblesse : il ne peut rien sans elle , tous les besoins de sa faible nature , toutes les nécessités de sa triste existence , tous les mécomptes de la Tic , le réduisenl quelquefois à des désolations indicibles, s'il ne prie point; et , chose étrange I le plus souvent il ne prie pas ou il prie mal ! Mais quand il se décide à prier, quand il prie bien, sa faiblesse même devient une force : plus il se sent faible , plus il est fort. Il peut tout par la prière. Oui, tout; la prière égale la puissance de Dieu: que dis-je , la prière surpasse quelquefois la puissance de Dieu : elle triomphe de sa volonté, de sa colère, de sa justice même.
Il y a en Dieu deux manifestations de sa puissance: il y a premièrement la puissance ordinaire et proTidentielle , qui se manifeste dans le cours bienfaisant et régulier du gouTcrnement des choses humaines. 11 y ^ secondement la puissance extraordinaire et miraculeuse qui éclate par des prodiges, quand il le faut.
Telle est la puissance de la prière.
Les promesses en sont formelles dans le saint Évang^île et dans toutes les divines Écritures, et prouvent fn anifestement que Dieu ne nous a pas jetés au fond de cette vallée de larmes et de misères sans nous donner a VI près de lui , et quelquefois contre lui , un recours et vtwTkc puissance quelquefois irrésistible.
Dieu est tout-puissant, dit un prophète; qui pourra lm£ £ résister ? Je réponds sans hésiter : la prière.
l,e Seigneur lui-même semble avoir voulu , s'il est permis de s'exprimer ainsi , se mettre quelquefois en garde contre la puissance de la prière ; et, quand il veut donner un libre cours à ses justes vengeances, il demande à ses serviteurs de ne le pas prier.
« Le peuple que je vous ai confié, disait-il à Moïse, uion peuple, m'a gravement offensé; laissez-moi; dt- ^itte me; ne me priez pas pour lui , vous m'empècherioz de le punir.
— Non, Seigneur, répond Moïse, je ne vous laisserai pî^s. Je vous prierai pour le peuple coupable ; il ne sera P^s dit que vous les frapperez sans que j'aie intercédé pour eux; non, je ne les abandonnerai point sans défense à votre colère. Je prierai pour eux jusqu'à la fin! ^hjjses autem orahat Dominum.
^Moise, laissez -moi , laissez-moi, disait Dieu, c/i- ^^itte fne. Moïse résistait toujours et priait, et disait : *^on, je ne vous laisserai pas, Seigneur! »
Qui sera le victorieux dans celte lutte étrange? Sera-ce
^^ Seigneur ou Moïse? sera ce le Tout-Puissant qui
^*Gnt entre ses mains la foudre, ou son humble serviteur
^^mé contre lui de la prière?
Mes très-chers Frères, non-seulement la prière aura
70 SLR LA PRIÈRE.
la force de résister à Dîea , elle aura la paissance aussi de le vaincre. Vainement Dieu dit à Mo!se de ne le pas prier; Moïse prie : il sait que la prière est le droit, en même temps que le besoin et le triomphe de la faiblesse : et tandis qu'il tremble et qu'il prie pour son peuple, il désarme le bras du Très-Haut et, dans ce grand débat entre l'homme et son Dieu, c'est l'homme qui l'emporte I
Qui ne sait encore Thistoire d'Abraham? Dieu voulait envoyer le feu du ciel sur cette ville abominable.
Dans une délicatesse d'amitié toute divine, «je ne puis cacher cela à mon serviteur Abraham, dit Dieu ; il faut ^ j/ que je lui confie les résolutions de ma justice.
— Mais, Seigneur, dit Abraham, si dans cette ville, ilK y avait cinquante justes , vous n'y enverriez pas le fe du ciel ? — Non , dit le Seigneur.
— Mais s'il n'y en avait que quarante, s'il n'y en avait" que trente, s'il n'y en avait que vingt?... » Et c'est aînsr que , de prière en prière , il arrachait des mains d Seigneur la sentence de mort. Enfin , il se réduit à dix « Oh ! Seigneur, quand il n'y aurait là que dix justes n'est-ce pas, vous n'y enverriez pas le feu du ciel : non vous ne le feriez point? cela ne serait pas digne d^ ^^ vous. Hoc non est tuum. »
Qui n'admirerait ici, mes Frères, la puissance e-^^** l'audacieuse familiarité de la prière? — «Je ne le fer point, dit le Seigneur. »
Ainsi, s'il y avait eu dix justes dans Sodome, Sodom^ eût été sauvée par un seul homme I
Voilà ce que peut la prière pour le salut du monde voilà ce que peuvent, ce que doivent oser avec Dieu le hommes de prière, pour sauver leurs frères I
C'est d'après ces exemples mémorables, que les historiens de l'Église n'ont pas craint de dire que les déserts des anachorètes, les cavernes des Antoines et des HilarioD, étaient plus avantageuses, plus secourables à r£mpire , sous les Constantin et les Théodose , que les pensées des sages et la force des plus vaillantes armées. L«à , dans ces profondes et inaccessibles solitudes se traitaient devant Dieu les intérêts des peuples el le salut des nations , avec plus de succès que dans les conseils de ceux qui semblaient alors les maîtres du monde.
Là, des mains désarmées, mais incessamment tendues vers le ciel, obtenaient comme celles de Moïse. les pardons demandés, la victoire au jour du péril, ou inspiraient ces lois justes qui donnent enfin aux nations agitées la paix qui est la tranquillité de l'ordre : Pax iTanquillitas ordinis, (S. Augustin.)
Aujourd'hui encore , en jetant les yeux d'un bout de l'Europe à l'autre, qui pourrait calculer jusqu'où le Seigneur porterait son courroux contre les empires dégénérés, sans la prière des justes?
Le plus grand bienfait du ciel sur une nation, sur une famille, sur un cœur, c'est d'y répandre l'esprit de prière : car alors les regards se détachent de la terre el se tournent vers le ciel, les cœurs émus cherchent dans une région plus élevée et plus heureuse les biens qui leur manquent, les familles retrouvent dans l'union des âmes la paix religieuse.
Et les grandes nations elles-mêmes , troublées profondément par tant d'orages, demandent à la protection de Dieu le gage le plus assuré de la sécurité publique ; et à l'abri d'un tel rempart , elles espèrent avec raison
Yoir reluire pour elles des jours plus sereins dans un aienir meilleur.
Je répandrai sur la famille de David et sur les habitants de Jérusalem l'esprit de grâce et de prière, dit le Seigneur, et ils tourneront leurs regards vers moi , vers celui dont ils ont percé les pieds et les mains , et qalli ont attaché à la croix.
Et effundam super Domum David , et super habiia» tores Jérusalem spiritum graiiœ et precum; et aspieient ad, me quem confixcrunt. (Zac. 13.)
Et si ceux à qui s'adressent ces paroles ont le bonheur de croire à Jésus crucifié, leurs yeux alors s'élèvent naturellement vers la croix; ils regardent avec confiance Celui dont les pieds et les mains percés furent attachés à cette croix ; ils le prient, ils Timplorent dans Tesprit de grâce; et bientôt des bénédictions mystérieuses , et profondes comme les abîmes de la miséricorde éternelle, descendent de cette croix sur les cœurs, sur les familles*, sur les nations qui l'invoquent.
Il faut donc prier I mes Frères : oui, il faut prier !
Il faut prier et gémir, devant Dieu, entre le vestibule et l'autel . Il faut faire violence à Dieu : il le veut! il faut détourner les derniers coups de sa colère!
Il fautprieï* pour ceux qui ne prient pas; il faut gémir pour ceux qui ne gémissent pas!
Dieu, dit rÉcrilure, exaucera les prières et fera la volonté de ceux qui le prient et le craignent : donc, il faul enfin craindre Dieu, redouter sa justice éternelle, et aussi, puisqu'il est bon, puisqu'il nous laisse vivre et respirer encore, il faut n'être point ingrat à ses bontés.
Il faut prier pour tous :
Il faut prier pour ceux qui semblent tenir entre leurs
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maiosles destindes des peuples; car ils sont eux-mêmes entre les mains de Dieul
Il Taut prier pour ces pauvres peuples, afin que Dieu les éclaire, les ramène et les sauve.
II faut prier pour ceux qui sont chrétiens et pour ceux qui n'ont pas encore le bonheur de Tétre, afin qu'ils le deviennent. Il faut prier pour toute FÉglise, pour la Sainte Église Ronaaine, Mère et Maîtresse de toutes les Églises; pour la France, toujours si chère au cœur de Dieu !
Enfin, en priant pour tant de besoins et tant de maux pour nous-mêmes et pour tous nos frères, n'oublions pas ceux qui ne sont plus et qui viennent de paraître iei ant Dieu !
Prions pour les morts I Hélas ! hélas! quand cesserons ûous donc ces prières funèbres, dont les douleurs et la ïiécessité se renouvellent si souvent ?
A ces causes, et pour entrer dans les religieuses et paternelles intentions de Sa Sainteté :
1^ Une quarantmne de prières se fera dans le diocèse d'Orléans. Elle commencera le 8 décembre , fête de l'Iinmaculée-Conceptionde la très- sainte Vierge, et finira le 18 janvier, fêle de la Chaire de saint Pierre, prince des Apôtres.
2« Nous invitons tous les fidèles de notre Diocèse à '^ciler chaque jour:
— Trois fois : Notre Père qui êtes aux deux.
^ Trois fois : Sainte Marie, reine conçue sans péché, P^^iez pour nous.
— Trois fois : Saint Pierre et saint Paul, et tous les ^^ints Apôtres, priez pour nous.
premier jour de l'aonée, le jour de la fêle de la de saint Pierre, et tous les dimanclieâ, peDdaot ] raDtaiae, an salut solennel sera célébré dans loi ^ises et chapelles de noire Diocèse .
On y chantera le Rorafe , cœli desuper : aranl oédiclion, trois fois le Parce, Domine; et, après nédictioo, Irois fois : Cor Jesu sacratissânum, m nobis.
W Tous les prêtres diront chaque jour A la outre les oraisons ordinaires, les oraisons pour et pour la France.
5° Nous invitons tous les Fidèles de notre Dioc particuliërenaent les âmes pieuses et les commi religieuses, à faire une ou plnsieors communioi dant la quarantaine, aux intentions do Père ce des ûdëles.
LETTRE AU CLERGÉ DU DIOCÈSE
Portant communication du Mandement de Mgr rArchevêque
de Friboarg en Brisgau.
Messieurs et très-chers Coopérateurs,
Dans Tadmirable unité de la sainte Église catholique, ^nand un membre Tient à souffrir, tous les membres souffrent et compalissent avec lui, disait autrefois saint Paul : Compatiuniur omnia membra.
Dans la forte et inyîncible solidarité de cet épiscopat dont saint Gyprien disait : Episcopatus tnnis est, cvjiis pars a singulis in solidum tenetur, quand un évoque combat pour la vérité et pour la justice, tous les évoques du monde prient, combattent avec lui , et s'associent, 3u moins de cœur, à ses glorieux périls.
A l'heure où je parle. Messieurs : tous, évoque, prêtres et fidèles, nous avons ce grand et saint devoir à ï^mplir.
Non loin de nous, sur les bords du Rhin, un héroïque "Vieillard, l'archevêque deFribourg en Brisgau, souffre et ^mbat pour la foi, pour la liberté de l'Église, pour les ^its les plus inviolables de la sainte discipline ecclésiastique : les prêtres fidèles de ce religieux pays se pressent à Tenvi autour de leur archevêque, partagent
7c df: la liberté de L'église.
la gloire et les périls de sa confession, et offrent, selon le sublime 4angage de saint Paul, dans cette belle et in* violable unanimité , un de ces grands spectacles qai deviennent tout à coup rélonnemenl du monde, la plas haute leçon de la vertu chrétienne, le réveil de la foi dans tous les cœurs, Tadmiralion des hommes et d anges : Spectaculum facti sumus mundo et angelis e hominibus.
Là, s'élaicnt rencontrés des hommes, livrés encor aux préjugés misérables et aux rancunes étroites d'u passé qui n'estplus, des hommes, qui, selon Féncrgiqa^ expression du grand archevêque de Cantorbéry, saicn t Anselme, voudraient faire de l'Église une servante, atm— cillam ! oui, de celte épouse immortelle du Fils de Diei3, de celte mère auguste et vénérée des enfants de TÉvan* gile, ils voudraient faire une servante dans la maison de l'État ! Qu'elle parle et se taise comme une servante, quand les maîtres de la maison le lui ordonnent ; qu'el/e agisse en tout à leur gré, ou n'agisse jamais; qu'elle mette ses prières à leurs ordres, son catéchisme et ses enseignements à leur service : puis, qu'on la paye comme une servante : ou si elle s'y refuse , on ne la payera pas I
Hommes imprudents ! qui n'ont pas compris que c'est la sainteté, et non rabaissement de l'Église qui sert à la grandeur et à la sécurilé de l'État! Hommes malhea* reux, qui n'ont pas senti que la dignité humaine est intéressée à la dignité sacerdotale; que, quand la servilité pénètre dans le sanctuaire et se cache derrière l'autel, elle est bientôt partout, et les peuples doivent trembler; et qu'enfin, quand la liberté chrétienne, la libcrlc des âmes périt quelque part, il ne reste plus aux
bâbitaols de la terre une seule des libertés légitimes , dont la société humaine a besoin pour respirer vers le ciel! Hommes aveugles, qui n'ont pas su découvrir que l'honneur vaut mieux que le pain ; que la foi est meiN leurequela vie; et que, dans Testime des serviteurs de Dieu, Vâme est plus que la nourrUure : Anlma plus est QUAMESCA, dit fortement Jésus-Christ,
Voilà ce qu'ils n'ont pas su comprendre ! Hélas ! on les combattant, il faut leur pardonner ! — De grandes et illustres nations ne Tout pas toujours compris non plus I — Et, dans leur profonde inintelligence des choses divines et humaines, ils sont descendus jusqu'à la persécution, dernière et misérable ressource de l'aveuglement et de l'impuissance.
Hais, grâces immortelles en soient rendues au ciel, ils ont rencontré sur leur chemin un homme qui a compris tout cela! un homme, dont les cheveux ont glorieusement blanchi dans les luttes pour In foi ; un bomme qui, dans un cœur de quatre-vingts ans, porte encore la ferveur du feu sacre el de la flamme apostolique; un vieillard, dont la voix près de s'éteindre sait encore pousser des accents qui émeuvent toutes les iaaes !
En un mot, selon la brève et forte expression de saint Bazile, l'immortel docteur de Gésarée, ils sont tombés Sur un évéque : Incideruntin Episcopum!
Us ont trouvé là une vertu sur laquelle ils n'avaient pas compté... un octogénaire paciflque et modeste, mais inébranlable, qui leur montre que, dans les évoques de Jésus-Christ, la foi et le courage ne vieillissent pas ; qu'il y a dans la persécution, dans la pauvreté, dans la nubile et le dépouillement du corps, un vêtement d'hon-
non possumus des temps apostoliques I
Messieurs, quoique.Ies évoques de cette tn jamais manqué à l'élise; quoique, depuis la terre catholique ait toujours vu surgir, péril, CCS hommes courageux, qui se son de recueillir fldôlemenl pour le transme successeurs, ce grand héritage de la magna la lorce ecclésiastiques : rendons grâces i
Oui, bénissons Dieu I en voyant refleurir de si belles et de si fortes vertus sur cette magne, depuis longtemps déjft ravagée par ti mais si longtemps bënie aussi I qui, comc autrefois Fénelon, « a donné & l'élise tai «pasteurs, tant de pieux princes, tant ( Il solitaires I »
Oui, rendons grâces k Dieu de ce qu'il dai à l'Église germanique cette nouvelle gloire époque dégénérée ce nouvel exemple.
Dans les siècles où, comme au nôtre, te ractères et les fortes convictions sont rares térôt meut presque toutes les âuies, et que I abaissés semblent ou vaincus par la peur, oi â la fortune, c'est le dessein de la Provii
olr au monde étonné ce que peuvent, seules, en Qce de tous les intérêts humains, les nobles inspis de la conscience et Ténergique mobile d'une foi sasel
tes, quand les nations , violemment poussées en lontraires par le mouvement des révolutions , pa- Dt avoir également perdu Tidée de la juste obéis- , et celle de la liberté raisonnable , pour ne plus lire que les excès, n'est-il pas digne de la sagesse la bonté de Dieu de leur ménager alors quelques s exemples, où l'obéissance et la liberté subsistant ible et se montrant chacune à sa place , l'exacte lie mesure de ces deux grandes choses devient ), et leur notion se rétablit?
an siècle, enfin, où les résistances n'ont presque î été que des révoltes; lorsque soixante années rts ont été impuissants pour constituer l'équilibre >rces politiques et arriver à la pacification sociale, 5, par tant d'abus d'une liberté licencieuse, le sa- 5 de tous les plus généreux sentiments semble evenu, pour un moment, la triste et nécessaire lion de la paix publique , l'Europe n'avait-elle pas 1 que ridée de la résistance légitime et réglée fût yelée, et que, dans d'éclatantes luttes engagées eux de l'univers entier, entre la force d'une part Iroit de l'autre , on vît tout ce qu'il peut y avoir (pendance et de générosité dans les cœurs , sans f ait des armes dans les mains?
ïl l'Église, presque toujours, que Dieu choisit, 1 il veut donner à la terre de telles leçons et de tels icles. C'est ainsi qu'à la fin du siôcU dernier, un . pape, Pic VI , une grande Église , l'Église de
persoDDiflée dans l'immortel arclicvéquc de dans Monseigneur l'arclievëque de Fribour^
Et Dieu, en même temps, accomplit par là ( promesse qu'il a faite à son Église de ne la j ficr sans persécutions, vos persequentur,Ae 1 avec soin de la mollesse et des périls d'une prospc'rilé , et de lui faire trouver sa force parmi les orages du dehors, et dans les Ii dont ses ennemis l'abreuvent, le renouvelli gloire I
Encore une iok rendons grâces à Dieu , qi ainsi, pour la centième fois, que, parmi les rieuses d'uD monde où il y en a si [leu, la pi de toutes, sans contredit, c'est la lutte poi que les mâles courages , les saintes résistan voûmenta héroïques ne croissent bien et i phent glorieusement qu'à roml>re de la cr que la palme des martyrs , l'intrépidité des magnanimité des pontifes et des confesseur! glise la seule couronne digne d'elle et de J des respects du ciel et des adorations de la i
Et voilà pourquoi Dieu lui-m4ime lui a couronne de ses mains; et, bien qu'il y ait
à son front : il est doux à son cœur : cette parure lui mieux que toutes les splendeurs des prospérités huines.
tendons grâces à Dieu d'avoir montré encore une \ an monde qu'on peut avoir tout ensemble, selon la *ole de l'Évangile, la simplicité delà colombe, la iiceur des agneaux et la force du lion dans le cœur : e, selon l'ineffaçable parole du grand martyr de Carige, quand on tient l'Évangile d'une main et la croix Vautre 9 on peut être tué , jamais vaincu! Occidipoi : Vinci non potest; que pour être un humble cathopie, on peut n'en être pas moins, au jour du Seigneur, I fier chrétien ; qu'on peut captiver son esprit sous la i et l'autorité de Dieu , sans être prêt à subir le joug B tontes les tyrannies; que l'indépendance emportée e l'esprit n'est pas toujours l'indépendance et la nolesse du caractère; et qu'enfln ce n'est pas aux chréens fidèles que s'applique cette triste parole de l'Eccléiasle : Tai cherché sxtr la terre un homme digne de ce om^ et j'en ai à peine trouvé un sur mille : Virum de rfife, unum reperi.
Vous lirez , Messieurs , les paroles de Monseigneur archevêque de Fribourg , et vous direz si jamais les tix-huit premiers siècles de l'Église ont fait entendre un >1q8 grand langage que le dix-neuvième. Non , je le dis i^ec une joie profonde : cette tradition est évidemment nunortelle! Depuis Pierre et Paul commandant tous 1^ la soumission au pouvoir, et ne résistant ^ tous ^ qu'en donnant leur vie sous un Néron pour leur <>ij il n'y a pas eu d'interruption !
* tJiqoe ad sanguinem resUtisUs. (S. Paul ad Heb., xii, 4.)
Vous verrez. Messieurs, par cet écrit, comparable <l tout ce que la plus grande antiquité ecdé^astique nous a légué de plus beau , vous verrez l'injustice inconcevable des persécutions que ce vénérable vieillard et 1^ clergé de son arcbidiocëse ont été trouvés dignes d^ souffrir pour la sainte cause de Jésus-Christ, et pour ■ défense de la liberté chrétienne l
Et vous y verrez en même temps avec quelle magn^ nime simplicité un évéque catholique s'élève comme naturellement, sur le flot amer des tribulations, à too^ la hauteur du courage sacerdotal : vous verrez que c courage calme , modeste » respectueux envers les paû. sauces , autant que libre et généreux , n'est pas de ces faux courages qu'on voit passer si vite de l'insoleDce i la bassesse, de la servilité à la révolte ; mais que , gardant l'ordre de l'obéissance, il se borne à mettre les commandements du Seigneur au-dessus de ceux des hommes, et dit simplement : Non possumus !
En offrant à vos méditations ces pages dignes de toute la beauté des anciens jours , j'ai voulu avant tout, Messieurs , vous donner une grande consolation et tous montrer un grand exemple.
J'ai voulu aussi vous offrir Toccasion de témoipervotie sympathie à ce vénérable pontife et ù ses prêtres g/^ sont vos frères dans la fol et dans le sacerdoce.
De toutes parts, en France et en Allemagne, on souscrit pour celle sainte et noble cause.
Ah ! sans doute , ces généreux confesseurs ne nous demandent ni notre argent, ni notre or; comme to apôlres, d'ailleurs, nous en avons peu* : ce peu nous
* Aurmn et argcntuai non habeo. (Act. Apoat.)
lYODS partagé naguère encore avec nos frères soufants de la Galice : mais en offrant, malgré la dureté î8 temps , à nos frères des bords du Rhin , Tobole de 3trè pauvreté, quelque faible qu'elle puisse ôlre, celle bole aura ici une sainte, et haute signiiicalion : elle Ltestera du moins, Messieurs, que dans la grande Codante du clergé catholique , vous sentez ce que vous evez sentir, vous comprenez ce que vous i\e\ez cornrendre !
Mous vous exhortons donc à prier avec ferveur pour ) dei^é et les fidèles des églises de la province du laot-Rhin , et en particulier pour le vénérable métroolitain deFribouiç, Monseigneur de Vicari. Vous pourei,à cette intention, réciter à la sainte messe, pendant 5 saint temps de TAvent, la collecte j)/o Ecclesiâ.
Nous vous engageons aussi à nous faire parvenir le lus tôt possible, par l'intermédiaire de MM. les doyens, ss offrandes que vous destineriez au service de celle ainte cause.
Si quelques personnes charitables de vos paroisses 'oolaient bien s'associer spontanément à celte bonne ftuvre , vous pourriez aussi nous faire parvenir leurs ^firandes par la même voie.
Qae la grâce et la force de Notre-Seigncur Jésus-Christ -l la communication de son divin Esprit-Saint soient •^njours avec nous I
XANBEMENT BX Mgr Xi'AILCHEVXÇUX
BE FAIBOUAG
Hermann de Vicari, par la miséricorde de Dieu et la K^ce du Saint-Siège apostolique, Archevêque de Fribourg:
et métropolitain de la province ecclésiastique du Rhin si péricur, docteur en théologie et en droits canon et civil 1» grand'croix de TOrdre du Lion de Zœhringen, de rordr "C royal de Wurtemberg de Frédéric, grand'croix de 4«clasi5=^ de Tordre du prince de Hohenzollern, prélat domestiqi de Sa Sainteté, assistant au trône pontifical, comte rc main, etc.
A tous les Prêtres et Fidèles de son Archidiocèse salut bénédiction dans le Seigneur.
Au milieu des tempêtes qui assaillent le vaisseau de I sainte Église, dont le gouvernail nous est confié pai vous, nous aurions toute raison d'imiter les Apôtres qui surpris par une tempête sur le lac, éveillèrent le Seigneu en lui disant: Seigneur^ sauve^sr-nous^ nous périssons! nos faibles mains, celles d'un vieillard de quatre-vingt-u: ans, pourraient bien faiblir, par suite de la faiblesse h\ maine, dans un combat si prolongé pour les droits de Die' et la liberté de son Église ; mais le Seigneur a dit dans 1 temps, et il dit encore : Prenez courage et soyez forts^ afit que vous ne trembliez pas devant leur face^ parce que je sut avec vous.
Et c'est au Dieu éternel que nous élevons notre voix e^ nos mains en disant : Seigneur Je souffre violence^ répondra pour moi.
Prêtres et Fidèles de notre Archidiocèse î vous savez tou^ quelles prières nous avons présentées avec nos frères dans^ répiscopat devant les trônes de nos augustes souverains pour obtenir enfin la liberté de notre Église ; vous savez combien nous avons supplie afin d'être exaucés dans notre sollicitude pour le salut des âmes et de la société, si manifestement menacée de nos jours. Vous avez appris par les deux mémoires de Tépiscopat de notre province ecclésiastique le sujet de nos négociations.
Au heu de nous répondre par des principes de droit, on a répondu par la force ; et comme, selon le devoir de notre
•ge, nous somiuos resté s:in> craiuUî ù notre p>stO(lo lien du sanctuaire de Dieu, enjoint maintenant Tou- [6 à la violence. Il faudrait que nous ne fussions pas oint du Seigneur ni un successeur des Apôtres, si is ne nous mettions pas en devoir de défendre de les nos forces TÉpouse sans tache du Sauveur contre attaques dont elle est l'objet, de quelque côté qu'elles onent.
îos suppliques, appuyées sur le droit , n'ont pas été lucées par l'autorité (lui doit être la tutrice de tout droit : 3e nous reste, par conséquent, d'après le droit public TAllemagne, aucune voie de droit. C'est pourcfuoi nous appehns au sii^ge apostolique^ qui est le protecteur de is les opprimés, i\ la foi et h la conscience de toute la rètienté, et à vos prières, trés-chers diocésains, lous allons vous exposer comment toute cette affaire 5t passée et où elle en est actuellement. Outre la gri\ce de rédemption et de la sanctification de l'humanité, le ristianisme a proclamé le principe de la distinction •re le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel: « Rendez 'fésar ce qui est à CJsar^ et à Dieu ce qui est à Dieu. » «ce moment, deux grands ordres ont dirigé la société : gUse et VKtat, Chacun de C(»s pouvoirs est autonome et iépendant sur son terrain. Si chacun d'eux agit dans ses «les, le but qu'ils doivent également poursuivre, le nheur éternel et temporel dos hommes, sera atteint, car Pleur union ils procurent le bonheur de la société. Mais l'un de ces pouvoirs empiète sur l'autre, les consciences seront troublées et blessées, et la société sera jetée dans perturbation. L'histoire est là pour le dire h tout le >Dde. On devait croire que dix-huit siècles suffiraient ur instruire le xix»* siècle ; mais celui-ci a oublié cet enipenient.
M est notoire qu'au commencement de ce siècle, lors de Confédération du Rhin, dans les jours des plus grandes
humiliations, TÉglisc, en Allemagne, perdit, par la chute de TEmpire, la protection que le droit général lui assurait par TËmpereur et par TËmpire. Tandis que le chef suprême de TEglise était exposé aux peines et aux persécutions les plus accablantes, et même réduit pour quelque temps en captivité, la plupart des sièges épiscopaux de TAUemagne: demeuraient vacants, et toute Torganisation ecclésiastique^ était troublée et pour ainsi dire anéantie. A cette époque^ l'organisation ecclésiastique dépendait de fait et entière^ ment de la volonté arbitraire des gouvernements partial liers. C'est alors, le 44 février 4803, que parut dans ce paî|j de Bade le troisième édit d'organisation par rapport à 1 Religion, et le 44 mai 4807 Tédit de Constitution ecclésims tiqm ; ces deux édits disposaient également d'une maniè^rt souveraine de TËglise catholique et de la confession prcK testante. En 4809, Torganisation générale du pays attribua à rÊtat une si grande part dans legouvernement de TÉglise, qu'il ne resta plus à l'Évêque qu'une très-faible portiwi d'autorité ecclésiastique, de sorte qu'il n'avait plus celle qui lui était nécessaire pour gouverner l'Église selon les prescriptions canoniques et les devoirs de la conscience. Les plaintes que l'Église porta au congrès de Vienne ne furent pas écoutées, et l'ordre spirituel en vint à un tel point de décadence, que les gouvernements eux-mêmes se virent forcés de chercher à porter remède à un si grand mal. C'est ce que fit le gouvernement grand-ducal avec plusieurs autres États de la Confédération. Ils chargèrent leurs plénipotentiaires d'élaborer, en 4848, les bases d'un concordat qu'ils soumirent ensuite au Saint-Siège. Mais la déclaration contenue dans cet acte était tellement opposée à la foi et h la constitution de l'Église catholique, que leSaini- Père la rejeta le 40 août 4849 ; néanmoins, pour mettre fia h l'état intolérable de l'Église, étal si préjudiciable au salut des catholiques de ces contrées, Sa Sainteté érigea, enl8î' et 4827, la province ecclésiastique du Rhin supéHeuTi ptf
les deux bulles Provida solersque et Ad dominici (jregis eustodiam. Ces deux bulles garantissent à notre É^'lise tous les droits que Tépiscopat de notre province réclame actuellement; car, d'après le paragraphe 6 de la Bulle do 1827, ^Archevêque dans son diocèse et sa province ecck^sias- Uque^ et chaque Evêque dans son diocèse particulier, doivent exercer de plein droit lu juridiction épiscopale qui leur est attribuée diaprés les constitutions de VKijlise et la discipline existante.
Malgré tout cela, les très-hauts gouvernements de la province publièrent, le 30 janvier i 830, un décret entièrement Cîontraire h la susdite définition conventionnelle, et ce décret réduisit Tautorité épiscopale et la constitution de l'Église catholique h un état tout à fait insuffisant. Ost pour cela que le Siège apostoliciue déclara, par un bref du 30 juillet i830, que ce décret avait été fait contrairement « à la parole publiquement donnée parles gouvornemonts, w €t enjoignit aux Évêques de s'opposer à son exécution de manière à le faire retirer. Ce décret était au fond identi^pie è la « déclaration » que le Saint-Père avait rejetée à diirerses reprises, etqueles gouvernements avaient abandonnée, déclaration opposée h la doctrine et aux lois de l'Église catholique.
Sans tenir compte des réclamations du Souverain Pontife, les gouvernements mirent à exécution ledit décret. Dans ces dernières années, les grands États do, TAllemagne rendirent enfin îi l'Eglise la justice (lui lui avait été si longtemps refusée. Nous nous levâmes à notre tour pour revendiquer le droit de'notre Eglise, mais l'épiscopat des autres pays nous a devancés en cela. Vous soumîmes notre nièmoire du 5 février 1854 aux hauts gouvernements, qui y répondirent par les ordonnances connues du mois de mars 4S53. Ces ordonnances écartent les demandes des Evéques dans tous les points essentiels et maintiennent les anciennes conditions. La province ecclésiastique du Rhin su-
périeur, T Allemagne catholique, tout le monde c^illioliquc fut rempli d'étonnemcnl et de douleur en apprenant a ordonnances. Elles mettent TEglise catholique hors de tour-^ droit, et la lettre ministérielle du 4*^ mars, qui les accom--:^ pagne, porte littéralement : « Nous ne voulons pas exanii^" « ner plus allentivement ce que dispose le droit existanl « qu'il suffise de considérer ce que demande le bien « TEtat et de TEglise ; » — et ajoute (jue le gouvernemepeut changer, arbitrairement et quand il veut, tout TEl de droit. (Rechtszustand.)
Il ne nous restait donc plm^ à nous qui sommes établi de Dieu gardien de la constitution de VÈglise^ qu'à remj^^ notre devoir ecclésiastique vis-à-vis du gouvernement ^fui entrave de fait les droits de V Église ; — nous n'avons plus qu'à marcher sur les traces des saints confesseurs et mstrtyrs, en confessant notre foi, en exerçant les droits qu'e^li^ nous impose le devoir de maintenir, et en souffrant tout plutôt que de les abandonner. Nous nous sommes rapp^ié l'expression du saint martyr Cyprien : a Quand un Evêc4i*^ « est rempli de crainte, c'en est fait de lui. » Le droit po* sitif d'agir ainsi, nous l'avons établi en détail dans notre mémoire du 18 juillet de cette année, mémoire auquel i^ gouvernement ne rcpliciue que par la menace de la for^C' au lieu de nous opposer des principes de droit. Nous étions donc forcé de remplir nos devoirs sajisplus tarder; à"^^ côté, la mesure d'outrage et de dommages que l'Eglise * eu à supporter depuis un demi-siècle de la part d'une l^^" reaucratie qui n'a voulu profiter d'aucun enseignement est plus que comble ; d'autre part, le spectacle de la m^" ladie et des souffrances, de la corruption de la foi et des mœurs, qui ont augmenté d'une manière effrayante dura^^ la longue période de l'administration de l'Eglise par l'EW^ ne permet plus de différer les remèdes, quelque douloU' reux qu'ils soient ; et la pleine conviction qu'il s'agit en celte circonstance de l'existence môme de l'Eglise dans
notre patrie nous fait un devoir impérieux d'agir comme nous agissons.
On le sait, même sous le gouvernement de quatre princes justes, fou les grands-ducs Charles-Frédéric, Charles, Louis et Léopold, qui tous étaient animés de droites intentions pour TEglise catholiciue, l'administration de TEglise par TEtat s'est rendue coupable d'une telle (juantité d'injustices et de torts contre l'Eglise de Dieu, que nulle autre époque de V histoire ecclésiastique iCen présente un pareil eaemple.
Cette administration s'est rendue coupable contre le ministère d'enseignement de l'Eglise; elle a fait enseigner <ies choses hostiles h la foi.
Elle s'est mêlée de choses qui regardent le culte et a porté atteinte, par sa législation, aux saints sacrements et ^^x préceptes sacramentaux de l'Eglise.
Elle s'est emparée du gouvernement de l'Eglise et l'a ^nfiè îiux mains des fonctionnaires laïques.
Elle a privé la sainte religion dans son action (Geltung; sup la vie publique du peuple.
Elle a entravé l'influence du Christianisme sur renseignement public, en commençant par l'Université catho- ^*que de Fribourg, à laquelle elle a tûché d'enlever le ca- ^cièrc catholique qu'elle a d'après sa fondation ; et en ^^scendant jusqu'aux écoles paroissiales qu'elle a privées, ^Us bien des rapports, de la grûce d'une éducation chré- ^^^nne et de la foi.
Nous ne parlons pas de l'administration des biens ecdé- ^^^tiques ; l'Eglise, que la constitution de l'Etat recon- ^^ît propriétaire de ces biens , en a été dépossédée. C'est ^iusi que l'héritage qui nous a été transmis par nos pères, '^ foi et la fidélité antiques^ a été perdu. Des passions se ^tit emparées du peuple, qui a été négligé ; et à ses souffrances et à sa misère, qui vont toujours croissant, viennent ^ joindre la corruption et la perte éternelle des âmes.
En face de ces misères multiples nous tic pouvom, st^ngeanl au jugement h venir, que suivre Texemple deNot «^ Sauveur, qui, comme bon pasteur, s'est immolé pour 1 c?s siens. Nous aussi nous voulons, comme pasteur fidèl^i combattre et souffrir pour le troupeau qui nous est confi ^i et expier ainsi les fautes nombreuses qui, au sein de cet^e portion de Fidèles, ont provoqué les châtiments de Dieu.
Toutes nos suppliques antérieures ayant été repousserai il ne nous est resté d'autre voie que d'agir dorénavant dax^s toutes les fonctions du gouvernement de TEglise, d'apr^^^s les saintes lois canoniques qui sont garanties par ledroi*^ positif.
Dans TArchidiocèse de Fribourg, le Conseil supèrie ecclésiastique grand-ducal était en première ligne Torga établi pour la réalisation des injustices faites h TEgli^ Composé tout entier de catholiques^ ecclésiastiques eXU^ ques^ ce conseil était organisé de manière à voiler sa te dance et son action aux yeux du peuple catholique. Faisa partie de Torganisation générale du pays créée en 18(^ cette autorité, dont la nature primitive portait déjàattein à rindépendance et à Tautorité de l'Eglise, loin de mitigée cette tendance hostile à TEglise, Ta encore augmentée l'occasion de tous les changements organiques postèrieu
Ce Conseil ecclésiastique s'était emparé de toutes les a tributions et de tout le pouvoir qui appartiennent à l'A chevéque, sauf une petite part; aussi le Souverain Ponti exigea-t-il la cessation de cette usurpation de droits ecclé siasticjues. Nous reconnaissons entièrement le pouvoir qu* le souverain de faire des organisations ; nous ne penson nullement à supprimer une autorité établie par le chefd l'État; mais, ce que nous ne pouvons reconnaître, c'est V exercice des droits épiscopaux par des fonctionnaires civUs; tout catholique qui participe à de pareilles fonctions se rend coupable d'une grave atteinte contre la constitution de l'Église, et par là même d'un grand péché.
Nous qui avons la charge des âmes, et au nom de ([ui cette charge s'exerce dans TArchidiocèse, nous avons aussi le droit et le devoir de détourner du péché les membres du conseil ecclésiastique supérieur, de les exhorter et de les punir s'ils le méritent. Aussi les avons-nous recjuis de présenter au très-<Uément régent une supplique^ afin d^othtenir que leurs fonctions soient organisées de mani\*re à ce Çn'ils ne se rendant pas coupables de péché en les exerçunt^ teur représentant que leur devoir était d'user de ce droit de supplique pour sauvegarder la liberté de leur conscience^ ?itt est garantie par la Constitution,
Dans leur défense, ils n'ont pas cherché à démontix^r la légitimité des fonctions de leur charge; ils se sont contenus, pour justifier les fonctions qu'ils exercent, de s'en rapporter à des ordres supérieurs. Ils ne se sont pas rendus à nos exhortations. Nous qui n'en appelions ([u'à leur conscience, nous avons réitéré plus instamment nos exliortotions; comme ils ne les écoulaient pas, nous les avons naenacés enfin des peines canoniques; ils sont demeurés opiniâtres et nous forcent ii prononcer la peine ([u'ils ont encourue : Vejccommunication,
La première invitation que nous avons faite aux membres
<lu conseil ecclésiastique supérieur regardait la collation
^« cures et d'autres bénéfices; nous les avons exhortés,
en leur qualité de catholiques, à rendre justice au droit
ewionique, qui attribue àl'Évéquc la collation des paroisses
et des bénéfices, et ne reconnaît au souverain ([ue le droit
^^ présentation, s'il peut prouver son titre de fondation.
Voici une preuve toute particulière de Tétat dans lequel
ûous nous trouvons en ce pays, et c'est une cliose qui ne
^ trouve nulle part ailleurs : sur huit c^wf.s paroisses, le
gouvernement ne veut peimettre h nous, Arclievéciue, que
"^Q conférer à peine quelques-unes (colles qui devien-
"ï^ient vacantes dans deux mois désignés). Nous nous
*^ûinies donc enfin décidé, poussé par notre sollicitude
pour le salul des âmes, à nommer h des paroisses, et eu premier lieu à la paroisse de Thôpital à Constance, sur laquelle le très-gracieux souverain n'a pas cherché à prouver son droit de patronage, quoique nous Ten eussions requis.
Nous avons fait dépendre simplement de notre examen, et sans la participation d'un commissaire du gouverne ment, l'adînission des aspirants au sacerdoce dans le séminaire clérical, parce que c'est nous qui avons à leur conférer les saints ordres et à décider sur la digne réception de ces ordres.
Ces trois actes : l'action simplement personnelle et spirir tuelle des membres du Conseil ecclésiastique supérieur, la collation de ladite paroisse et l'exameh des séminaristes^ — actes purement ecclésiastiques, suite nécessaire de Ta^" tonomle reconnue à V Église parla Constitution de T Et ^^'» et que les Évoques de tous les autres pays du monde exei^ cent sans opposition, — le ministère d'Etat grand-ducal * cru devoir les considérer comme des empiétements sur *® domaine suprême du souverain, et les traiter en con:^^ quence. Ce ministère a député, dans l'avant-dcrnière ^ maine, un de ses membres auprès de nous, et nous a r< (luis, d'abord en particulier, ensuite dans une réunies ^ tenue avec nous et notre chapitre métropolitain, de rap^^ porter les susdits actes comme actes de désobéissancT^ contre « les lois de l'État, » et de nous soumettre sans rér-^ serve au droit de l'État sur rÉglisc. Mais notre saint- Église nous apprend (lue nous ne devons obéir aux pouvoir* léijitimes que dans les choses permises. Le chrétien n'ose pi obéir à Vautorité civile, quand celle-ci commande une chose"^ défendue, — et cela par la simple raison que c'est Dieu qui l'a défendu, et qu'il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. C'était donc un devoir pour nous de rejeter cette proposition, et le vénérable chapitre métropolitain, comme on devait l'attendre de lui, s'est rangé du côté de son Evêque. Nous avons maintenu notre ferme résolution de défendre
droits de TEgliso, et nous Tavons exposée dans une ■e particulière au ministère d'Etat grand-ducal, le I de QOis.
5 qui paraissait incroyable et ce qui est inouï dans toute îtoire de VÊglise^ devait arriver.
ar une ordonnance du ministère d'Etat publiée par la lie d'Etat, nous, Evéque d'un million de Fidèles et ropolitain d'une vaste province ecclésiastique, nous ns été suspendu de fait du gouvernement ecclésiastique 'Archidiocèse que Dieu nous a confié. Le gouvernement «tte portion de l'Eglise, qui nous est si chère, doit être i, d'après l'ordonnance du ministère d'Etat grandal, par un employé subalterne de police, sans l'approon duquel nous, l'Archevêque, et noire ordinariat, nous levons plus pouvoir faire parvenir aux Fidèles aucun ou ordonnance de notre ministère. El cet employé, qui té baptisé dans l'Eglise catholique, a accepté celte •gecontre sa mère, et il la provoque pour se faire punir, ti ! que ne nous est-il donné de pouvoir dire avec un id confesseur de nos temps : « Dieu soit loué ; mainiDt on emploie la violence î » Mais ce qu'on nous fait, 'est pas la violence ouverte , — cette violence a encore Ique apparence de respect ; mais ici on veut, — nous isitons pas à nous ser\'ir de ce terme, —on veut frapper capacité (Mundtodt) et l'Eglise et son premier pasteur li de Dieu.
ir cette ordonnance, on a cherché h séparer nos fils ituelsde nous, qui sommes leur père spirituel ; on les tltés, mais on a aussi compromis leur honneur, en int leur désobéissance présumée, et en leur promettant avantages temporels.
n a cherché, par des moyens de police, h nous séparer, s le pasteur établi de Dieu, de notre troupeau. On a, $ raison aucune, assimilé l'obéissance ecclésiastique et profession publique de cette obéissance au trouble du
9t DE LA LIBERTÉ DE L'ÊGLiSt.
repos public. On a menacé des peines de l'état de sié^e mitigé tous les Fidèles qui entreprendraient de défendre les droits de TEglise.
Dans un pays auquel la Constitution garantit la liberté de la presse, ou s'est emparé de toutes les imprimeries» qu'elles ne puissent plus rien publier de notre part pou la défense des droits de l'Eglise ; on a menacé du bras d la police les prêtres catholiques fidèles, et promis l'impunil aux transgresseurs de leurs devoirs.
C'est ainsi qu'à toutes les violences antérieures ou a eicr core ajouté le plus grand outrage contre l'Eglise.
Oui, ces derniers actes du pouvoir civil montrent à ch CUH quel plan il poursuit contre l'Eglise de Dieu; ils d voilent le but qu'il se propose et comment il veut encha-e.^ ner l'Eglise sur un terrain où elle ne pourrait ni vivre — ^| mourir.
Maintenant entin on pourra juger en connaissance mc5^ cause la conduite de ceux qui ont encore de la foi et ^cde ceux qui aiment la justice. Cette portion de l'héritage ^de Dieu a été, il est vrai, depuis longtemps un scandale a'sjx justes; mais ce n'est qu'à présent qu'elle s'est montrée i^u monde entier telle qu'elle est.
Nous, Prêtres et Fidèles bion-aimés,nous sommes donn. ^ actuellement en spectacle aux anges et aux hommes. Mo*»trons-nous tous, dans ces graves circonstances, dignes ^® notre sainte mère l'Eglise. Soyons soumis à Dieu, prél:^ * tous les sacriiices, obéissants à l'exemple de Celui qui ^ été obéissant jusqu à la inort^ et encore jusqu'à la mort ^^ la croix. Que le Dieu tout-puissant nous accorde la fQ!"^*^ de pouvoir vous servir de modèle et de nous maintew^î' lidèle à celle exhortation divine : Travaillez' de toutes i^^ forets de votre âme pour la justice^ combatte:^ pour elUjti^' qWà la mort. Et Dieu domptera pour vous vos ennemis.
Nous avons vieilli au service de l'Eglise; il y a juste un demi-siècle que nous sommes entré au Conseil de lEvêcht^
de Constance : que Dieu daigne par sa grâce nous rendre digne du martyre que la violence nous fait subir.
Kous soupirons après le moment où nous serons appelé auprès de notre Seigneur et maître, auprès du Roi éternel de notre Eglise, jK>ur lui.rendre raison, non de nos actions, qui sont d'un poids minime dans la balance de la justice, niais de notre bonne volonté.
Chaque jour nous avons, au saint sacrifice, prié avec fidélité, disant : Seigneur^ f ai aimé L'oimement de votre maison et la demeure de votre gloire. Et il nous est donné d'adresser au Seigneur ces autres paroles : Ne perdez pas^ mon t>ieu, mon âme avec les impies dans les mains desquels il y o. des injustices.
Prêtres et Fidèles, notre cœur s'épuise et nos membres sont chargés d'années. Nous avons un pied dans le tombeau. Et pourtant nous disons courageusement avec saint Thomas : « Par la miséricorde de Dieu, je ne ferai rien qui puisse être préjudiciable à l'Eglise tant que je vivrai; j'ai choisi cette voie, je ne changerai pas de direction,, j'y i*oslerai sous la conduite du Sauveur, car cotte voie est salutaire pour moi, — c'est la voie royale qui conduit à la vie. ^ ous aussi, vous devez marcher dans cette voie, pour sui- ^'re les traces de Jésus-Christ et des Apôtres. L'Eglise ne ^oit pas être gouvernée par des moyens voilés, par la ruse, ^îiis par la justice et la vérité, qui délivrera tous ceux qui *a suivront. Faites cela, et vous aurez sûrement Dieu pour ^iUe, et du reste, ne craignez rien de ce que les hommes ^"ous feront. »
^les hien-aimés, écoutez deux prières ;de votre premier Pasteur, qui vous quittera bientôt : ce sont peut-être les dernières.
Abandonnez avec confiance ii mes vieilles épaules ce ^oml)at pour la gloire de Dieu et la liberté de la sainte ^^lise. Restez lidùles et obéissante au père de la patrie que ^^icu vous a donnéy mais en vous souvenant de votre foi et
sans y laisser porter atteinte. Un pareil combat daus un Etat constitutionnel n'est dirigô que contre le ministère responsable : la Couronne n'en peut pas ôtre atteiote. Tenez-vous dans la subordination, et en considérant la justice de notre cause, ne perdez pas la confiance en Dieu; confiez- vous aussi aux sentiments de justice de votre trèsauguste régent et aux prières des princes chrétiens. Ne troublez en rien Tordre et la paix publique, pour ne pas profaner la cause pure et sainte. Nous-méme, nous serions obligé de frapper tout écart semblable des peines de TËglise. Mais nous attendons de vous avec confiance que vous obéirez sans crainte et cordialement aux injonctions de votre Evoque, qui n'entre dans ce combat que pour suivre les préceptes de Dieu et remplir son devoir. Notre jchapitre métropolitain s'est rangé unanimement autour de nous, à la joie et k la consolation de notre cœur. Vous aussi, prêtres vénérables, vous resterez unis avec nous comme le cep avec la vigne, vous serez en accord avec nous comme les cordes de la harpe, afin que Jésus-Christ, notre bien-aimé Seigneur et Sauveur, soit loué et béni.
Unisse:^vous donc à nous dans la prière^ dans une prière incessante pour TEglise qui souffre chez nous, dans la prière au Dieu tout-puissant, au Père qui dirige les cœurs des puissants comme des fleuves d'eau; dans la prière au Fils éternel, qui agit victorieusement comme chef invisible de son Eglise; dans la prière au Saint-Esprit, qui est donné comme consolateur à TEglise jusqu'à la fin des siècles; dans la prière à la sainte Vierge Marie, la bonne Mère des grâces divines, qui ne rejette aucun de ceux qui implorent son intercession dans cette vallée de larmes.
Implorez Tintercession de tous les saints qui, dans celle vie, ont combattu, souffert et versé leur sang pour notre sainte Eglise, afin qu'ils unissent leurs prières aux mitres devant le trône de TEternel. Si Dieu est avec vous, qui sera contre nous?
Prosterne devant Timage du Sauveur crucifié, et apW's ivoir invoqué TEspiil-Sainl, nous ordonnons ce qui suit :
Chaque jour, h la messe paroissiale, à laquelle le prêtre tjoutera la collecte pro Ecclesia^ on exposera le trés-saint acrement dans Tostensoir, et les fidéh^s diront le chapeît. Après la messe, le prêtre dira les litanies de tous les aints avec les versets et oraisons qui suivent; si les curés igent plus à propos de faire ces prières le soir, nous le ?nnettons. Chaque dimanche et fête, on joindra h la prière liverselle, après le sermon, la prière suivante : < Dieu tout-puissant, ne rejetez pas votre peuple, qui élève sa voix vers vous dans les peines qui le pressont, mais venez au secours des souffrants, pour la gloire de votre nom. Nous vous supplions. Seigneur, de recevoir avec bonté la prière de votre Église, afin que, délivrée de toute peine et de tout joug d'erreur, elle vous serve en pleine liberté, vous qui vivez, etc. »
La présente Lettre pastorale sera publiée aussitôt qu'il îra possible en chaire; elle s(M'a répandue parmi les dèles.
La grâce de notre Sauveur et S(»igneur Jésus-Christ soit ivec vous. Ainsi soit-il.
Fribourg, en la fête du saint évêque Martin, le H novembre 1853.
Hermann, archevêque de Fribourg,
LETTKE CmCULAIRE ET MANDEMEf^T
Sur la Liberté de l'Église et les Prières publiques (1852)
Messieurs et très-chers Coopêrateurs ,
Plusieurs d'entre vous m'ont consulté au sujet do I« demande de prières publiques qui leur a été adressée officieusement par les autorités locales, à l'occasion ^* la proclamation de l'Empire.
Le gouTernement ne nous a point fait parvenir jusqu'ici de demande à cet égard. Toutefois , comme il ^^^ urgent de vous tirer de Fincerlitude où vous vous trouvez, laquelle pourrait produire de fâcheuses divergence là où la conduite doit être une ;
Gomme d'ailleurs il y a lieu, dès maintenant, dBOS un événement de celte importance, d'élever nosesprH^ et nos cœurs vers Dieu, et d'implorer les lumières ^^ l'assistance d'en haut sur Celui qui se trouve chargé de la grande et difficile mission de gouverner la France ;
J'ai cru devoir décider qu'il serait fait, dimanche prochain, dans toutes les paroisses du diocèse, 1^^ prières qui vous seront indiquées par le Mandemeu* ci-joint.
S'il y avait des Paroisses auxquelles la distance de^
lieux elle temps ne permissent pas de recevoir ce Mandemeot ayant dimanche prochain , les prières auraient lieu, dans ces paroisses, le dimanche suiyant.
MANBEMEWT
Nos Très-Chers Frères,
L*Église a vu s'ouvrir enfin devant elle, après cinquante années d'épreuves diverses, une ère plus heui^use , qui semble destinée à la mettre en possession ^e ses libertés.
Oui, ces saintes libertés du bien, du vrai, du dévoûïïient sacerdotal, de la charité pour tous , de la perfec- ^oii évangélique et du gouvernement spirituel, ces par- ^^s essentielles d'un trésor qui n*a jamais servi qu'au bonheur des hommes et à celui des empires; voilà que, ^^puis quelques années , des perspectives inattendues ^O promettent à l'Église le maintien ou le retour.
Vous le savez. Nos Très-Chers Frères, les libertés de ^'Église ne sont pas de celles qui troublent les peuples ^ qui divisent les esprits et les cœurs.
La liberté de l'autel et du sacrifice , c'est-à-dire la liberté d'offrir à Dieu le culte suprême et public qui lui ^tdû;
La liberté du ministère et de la parole évangélique, ^'est-à-dire la liberté d'enseigner la vérité et la vertu ^Ux hommes;
La liberté de la sacrée hiérarchie, c'est-à-dire la liberté des conciles et des assemblées d'évôques , la liberté des relations nécessaires de chaque évoque avec l^ Chef suprême de l'Épiscopat ;
La liberté de tendre à la perfection du Chrislianisr^^ et de s'associer pour le mieux faire , c'est-à-dire la 1 berté de la chasteté, de la pauvreté et de l'obéissan dans les congrégations religieuses;
La liberté de s'assembler charitablement pour seco rir les malheureux et les pauvres, c'est-à-dire la liber C: é de l'aumône et des associations charitables;
Enûn, la grande et féconde liberté de Tenseignemer^^^ et de l'éducation :
Voilà , certes , des libertés légitimes , des liberU saintes, qui ne peuvent jamais être contraintes quepa la violence tyrannisant la conscience chrétienne cd qu'elle a de plus élevé, de plus noble, de plus libre, d^^ plus pur !
Et cependant nous pouvons le dire , — car nous le ^ disons sans amertume, — pendant cinquante années et plus, de ces libertés , on nous a ravi les unes , on nous a disputé les autres; et il y a quatre ans, nous les réclamions vainement encore.
Grâces immortelles en soient rendues à la Providence de Dieu, au zèle persévérant et intrépide des défenseurs de rÉglise, et à Tintelligence plus éclairée de ceux auxquels, dans ces derniers temps , a été conûé le gouvernement de la France, nous jouissons aujourd'hui de la plupart de ces droits sacrés qui constituent la liberté de rÉglise, la sainte liberté chrétienne et ecclésiastique.
Je ne viens point ici , Mes Très-Chers Frères, examiner par quel déplorable aveuglement cette liberté de rÉglise , si nécessaire à son existence , si nécessaire au salut de la société temporelle elle-même, a été toutefois méconnue, et si longtemps enchaînée par tous les pou-
ET LES PRIÈRES PUBLIQUES. - 1852. lOi
Toirs qni se sont rapidement succédé au milieu de noas, depuis la première origine de nos troubles révolationnaires.
Proûlant d'une heure favorable, ce que je viens en ce moment vous faire contempler, vous faire admirer, c'est Tallitude toujours calme et digne , toujours forte et pacifique et quelquefois héroïque de TÉglise , pour maintenir et revendiquer cette liberté sacrée, qui fut toujours le premier de ses biens , comme la plus inconteslablc de ses divines prérogatives.
C'est ainsi qu'aux temps où l'impiété révolutionnaire feîsait régner sur notre patrie une formidable terreur, • Église de France , plutôt que de subir le joug de la ^yr^innie, sacrifia sans hésiter son antique patrimoine et toutes les richesses qu'elle avait reçues de la piété de ses enfants, laissant même renverser ses tabernacles et ses autels, et immoler la fleur de la tribu sainte, pour conserver à tout prix son antique discipline et les droits inaliénables de la liberté évangélique : et c'est alors que, faisant revivre la beauté la plus pure des *ï^oiens jours , une croix de bois , des calices de verre ^^ des prêtres d'or lui suffirent encore une fois pour s^taver le feu sacré et défendre les âmes !
C'est alors aussi , plutôt que de se séparer jamais de '^ sainte Église romaine, de cette Église Mère et Maî- ^^sse infaillible de toutes les Églises , et de ce Siège de Werre, centre immobile de la catholicité et de toutes A* promesses de Jésus-Christ, c'est alors que cette ^•ise gallicane inspira à ses Pontifes et à ses Prêtres dorage qui fait affronter les échafauds , descendre J^^Qs les catacombes et subir toutes les douleurs de
Elle répondait ainsi par avance aux injures que d vaient lui adresser, cinquante années plus tard, dans ^ coupable emportement d'une aveugle passion, qu^s^i ques-uns de ses enfants : comme sMIs n'avaient ^^^ reçu d'elle le baptême , les enseignements de la foi » pardon de leurs péchés, et retrouvé, au prix mém&: c son sang, cette liberté de la parole dont ils abasen ^ ; étrangement contre elle !
Quoi qu'il en soit de TlDgratitude et des calomnies €M ses enfants, ce sera l'éternel honneur de l'Église €Mî France d'avoir traversé les périls d'une longue prospérité sans s'amollir; et quand un siècle impie estvecP'^ lai demander le témoignage du sang , son front n'^^ point pâli, et elle s'est trouvée prête à le lui donner.
Oui, ce fut un grand et beau spectacle de voir, à I fin d'un xviip siècle, cent trente évêques et cinquante mille prêtres se lever à la voix du successeur de Pierre^ se presser autour de lui au jour du péril, soutenir av lui l'arche chancelante d'une main généreuse, la fortlfler d'un triple rang de confesseurs et de martyrs, et, plutôt que de sacrifier en rien la liberté des âmes, mourir, quand il le fallut, en combattant pour elle!
Cette altitude si digne et si forte, l'Église de France ne l'a jamais perdue! Elle l'a d'abord gardée sous cet Empire qui voulut la relever sans la rendre libre , loi créa des entraves dans une loi destinée à l'organiser sans son aveu et malgré les plus justes réclamations du Saint-Siège et de ses Évêques, et finit bientôt par la persécuter dans la personne sacrée de Celui qu'on n'atteint jamais, sans frapper en lui du même coup l'Église entière dont il est le Chef auguste.
A cette grande et solennelle époque , certes , l'Église
ne s'était pas montrée ingrate; elle avait béni avec effusion de cœur la main puissante qui l'aida à relever ses premiers autels : mais le bienfaiteur étant devenu tout à coup un ennemi par le fatal entraînement des passions humaines, les plus extrêmes condescendances du pouvoir spirituel ne recueillirent bientôt plus que l'ingratitude et l'outrage. La modération et la patience de TÉgiise et du Vicaire de Jésus-Christ furent portées à leurs dernières limites : et nous vîmes alors, avec le dernier abus de la puissance, le dernier excès de nos Hfiaux.
Tristes souvenirs, que nous voudrions pouvoir effacer
<ïe notre mémoire ! Mais, si l'histoire s'y refuse, TÉglise
^'oubliera jamais non plus la délivrance de Rome et ce
Rlorieux et persévérant service rendu à la chrétienté
*^ut entière et au Père commun des fidèles par un autre
^^poléon.
Qnoi qu'il en soit. Dieu avait alors ses desseins, et le '^^onde devait voir encore un grand et mémorable spec-
Les évêques de France, toujours dignes de la gloire ^^ leurs pères, firent entendre de nouveau le cri apostolique : Il vaut mieux obéir à Dieu qnaux hommes^ !
l»a douceur céleste de i'angéliquc vieillard du Vatican
^^ la pierre contre laquelle vint se briser le marteau
^^1 avait abattu tant de trônes; et, peu d'années écou-
*^^» , la cité sainte était devenue une fois encore l'asile
^^ puissances humaines tombées , et le sol protecteur ^^ de grandes infortunes trouvaient le respect et les ^^Iris d'une religieuse et paternelle hospitalité.
Obedire oportet Deo magis quam hominibas. (Act., ▼, 20.)
Cette attitude , TÉglise de Fraoce l'a gardée sous le «
gouveruemeDt de la Restauration , dont les intentions ^
lui étaient assurément favorables, mais que l'esprit plus ^
puissant du siècle lui rendit toutefois si contraire.
Gomment est-il arrivé que ces princes pieux, qui nous ^
aimaient et que nous aimions, n'aient pu nous offrir le ^
plus souvent qu'une protection compromettante ? C'est ^ .
que, généreux d'ailleurs envers l'Église, ils n'osèrent ^^
pas lui donner la seule chose qui ne la compromette «^j
jamais, la liberté.
Pendant combien d'années n'avons-nous pas eu à ^ ^
supporter avec tristesse les funestes conséquences d'une ^ j^ situation fausse et d'une malheureuse faveur?
Pendant combien d'années n'avons-nous pas eu à ^^ ^ gémir du bien qu'on nous voulait faire plus que des ^^5 maux les plus cruels?
Et, après une révolution faite contre l'autel non moins ^ ms que contre le trône, il a fallu la longue continuité des ^^-^s dévoûments et des sacrifices les plus héroïques poor^K^ir nous relever du poids accablant des calomnies et des^s ^s colères de l'opinion égarée !
Ahl c'est que, comme le disait autrefois, enpleii siècle de Louis XIV, Fénelon : Quelque besoin que FÈglise semble quelquefois avoir des puissances humaines^ elle a encore plus besoin de conserver sa liberté, Quelquf^ ^^ appui qu'elk reçoive des meilleurs princes, elle a tau — ^jours à craindre que la protection ne soit bietitôt plu^s^ «'^ un secours f mais un joug déguisé* ;iaïïdis qu'avec s^s^ -^ liberté, elle ne court jamais aucun péril.
Et il y en a une raison profonde :
* Discoars pour le sacre de l'Électeur de Cologne.
ET LES PRIÈRES PUBLIQUES. - 1852. lOS
Sa liberté , c*est sa nature , c'est son action pure et essentielle, c'est sa Tie.
Sa liberté, c'est le ministère donné à V Épouse immédiatement jmr le seul Époux, disait encore l'énelon , et l'Église doit Texerccravec une entière indépendance des b ommes !
Sa liberté, pour le dire dans le langage le plus simple et le plus fort, c'est la vertu du Docete omnes génies!
Sa liberté , c'est la toute-puissance de YEuntes ergo : Ecce ego vobiscum sum !
C est la force invincible de la parole qui envoya l'Église ù travers le monde, comme elle avait autrefois lancé les lumières célestes dans la nuit du cbaos : Allez, ^^^^eignez toutes /e.s nations.
Et, en même temps qu'elle dote TÉglise de sa liberté, la même parole donne à cette liberté divine une garan- '*e ferme, qui la doit à jamais préserver de la licence Paroùdégénèrenlet périssent flnalement presque toutes l^s libertés humaines : Et voilà que je suis avec vous J^i^u'à la consommation des siècles !
Ahl quand je considère cette haute origine et cette
Souveraine nécessité de la liberté ecclésiastique , je
comprends pourquoi, dans tous les âges, c'est celte li-
t^erlé sainte pour laquelle réclamaient les évèques,
écrivaient les docteurs, mouraient les martyrs, priaient
^otis les saints.
C'est cette liberté que saint Cyprien défendait contre •^8 persécuteurs , lorsqu'il disait : Un évêque, qui tient ^^*^ne main VÉvangile de Dieu, la croix de Vautre, peut ^^^^ tué Jamais vaincu : Occidi potest, vinci nonpotestK
Kp. s:> ad Cornel., p. 88, Kd. Raluz.
G*est cette liberté que saint Aagastin défendait mtoi
contre la protection quelquefois oppressive des lorsqu'il allait jusqu'à dire : A Dieu ne plaise que VÉ glise soit jamais assez abattue pour avoir besoin de à un tel prix ^!
C'est cette liberté que saint Ambroise défendait enco en disant à Théodose : Vous êtes au dedans de VÊglis mais vous n'êtes pas au-dessus d*elle *.
C'est dans ces sentiments que tous les siècles chr tiens ont toujours dit à toutes les puissances humaine s, avec Tertullien : Nous ne sommes pas à craindre ; mcM is nous ne craignons pas non plus * : seulement laisse:^" noiui libres et ne combattez pas contre Dieu !
Les grands évéques de France ne furent pas au-d^tssous de ces magnanimes exemples : C'est ainsi (jtie Bossuet ne craignait pas de proclamer devant toute !• magistrature française assemblée : Messieurs, VÊglis^ ^ souvent à se plaindre de ses enfants qui V oppriment ; ^^ ne cesse d'entreprendre sur ses droits sacrés : la ptM-és^ sance temporelle semble vouloir la tenir captive^... P(^^^ moi, écrivait-il bientôt après, fy mettrais la tête!
A la môme époque, dans la circonstance la plus 3^>' lennelie, Fénelon ajoutait à la belle et riche traditi^^** des siècles passés ces grandes paroles : 0 hommes ^^* n'êtes qu'hommes j quoique la flatterie vous tente d'o^^ blier l'humanité, et de vous élever au-dessus d'elle^ s(^^^ venez-vous que Dieu peut tout sur vous, et que vous ^^ pouvez rien contre lui. Troubler l'Église dans ses fo
' Ep. c. ad Donat., n. i, p. 269. — • Ep. 21.
• Non (erremus, qui ncclimcmua. Àd Scap., cap. v.
* Oraison funèbre du chancelier Letellier.
tiùfis^ c'est attaquer le Très-Haut dans ce qu'il a de plus cher, qui est son Épouse ; c'est blasphémer contre ses promesses ; c'est oser l'impossible; c'est vouloir ren^ t)erser le règne éternel*.
El que je m'écrierais volontiers aussi avec cet immorel ëvêque : 0 Dieu I continuez à do7iner à votre Église des Cyprien , des Ambroise , des Augustin , des pasteurs qui honorent leur ministère et qui fassent toujours sentir qu'ils sont les dispensateurs des mystères divins *.
Oui, N. T.-C. F., je suis fondé à le dire hautement,
celle grande altitude de FÉglise de France ne s'est ja-
Daais démentie : et pour reprendre la suite des temps
Jiisqu*aui jours où nous sommes parvenus , qui n'a ad-
^^Té les remontrances si sages , si fermes et si bien
Concertées de l'épiscopal français , et sa résistance pa-
^'fique autant que forte à un pouvoir, qui , né d'un
''^oovement populaire, au sein d'une révolution, et
l'^îilnant après lui les embarras de son origine, ne put
J^ïTîais, malgré de prudents conseils et de saintes in-
^^ences, trouver la force d'accorder à l'Église cette
"l^erîé vitale pour elle et qui eût clé peut-élre salutaire
Pour lui !
Mais Dieu avait encore ici ses desseins : les ébranle- '^^nts du monde devaient servir une fois de plus à ré- *^blir la nécessaire liberté de l'Église. Tout à coup la ^^Odre éclata dans ce ciel qui semblait si serein ; et de ^^otes parts on entendit gronder les menaces de la plus Ivoire tempête qui fut jamais. La religion paraissait de- ^^îr être entraînée dans cet étrange et immense nau- ^age qui menaçait de tout engloutir. Les enfants de
Diicoart pour le sacre de TÉlccteur de Cologne. — ' Ibidem.
respectée là où l'on ne respectait plus rien, et par tous comme la divine et secourable poî! laquelle n éié providentiellement réserrde i meilleure dans nos plus mauvais jours, et une: miséricordieuse et riJparatrice- dans les dcst plus adverses de l'Iiumanitél
Ah ! ce fut bien encore là un grand spect milieu de cet immense dc^aordrc des pensée mœurs publiques, tandisque les plus hautes e icrribles controverses sociales étaient violemn . (ées, il était heau et consolant de voir tous Ic! lassés des scènes douloureuses de la Icrre, se vers rÉi;iise comme vers une autre patrie éclai soleil plus pur, et que les hauteurs sereines quelles elle est assise tiennent au-dessus des du siMe.
Les Ames épouvantées des ruines de la vie e naccs de la mort, invoquaient l'Évangile, cette raie et éternelle que, depuis trop longtemps, Toirs politiques s'obstinaientvainementà leniri impuissante. On la proclamait, on lui rendail hommage : plusieurs peut-âtrc sausgrande inte quelques-uns même en y joignant de témérair criminelles inlerpiétatioas, mais tous avec élon
ET LES PRIÈRES PUBLIQUES. - 1852. lOD
iVune religion involonlaîre, et l(?moignaiit par là même en faveur de celle force supérieure et irrésistible, qui les condamnait tous h prononcer avec respect des noms divins qu'ils blasphémaient naguère !
l-a propriété, la famille, le foyer domestique, le père, la femme, l'enfant, tout ce qu'il y a sur la terre de vénérable et de sacré, était menacé : la croix ne le fui pas. Au milieu du naufrage de tant de nobles et antiques '''crlus, la charité de Jésus-Christ ne périt point, et les flots de l'émotion populaire vinrent se briser respectueusement devant l'inuige d'un Dieu crucifié; puis, lorsque se leva le jour des grandes douleurs de la pairie, ï^ous vîmes les colères emportées de la multitude s'arrêter devant la majesté inattendue d'un Pontife, s'immolant avec une magnanime simplicité à la concorde publique, demandant la paix au ciel comme le prix de son Sang versé, et s'cnsevelissant enfin dans la gloire d'une •^^ort immortelle!
Ah ! sans doute, en ces jours de grande et douloureuse '^^éinoire, nous, enfants de l'Église, nous fûmes vio- '^Uïment agités dans la barque qui nous portait, mais J^ous y demeurâmes tranquilles cl pleins d'une confiance inébranlable, toujours sûrs du pilote invisible qui la 5uide à travers les ondes.
Comme nous n'avions point imprudemment cherché '^s tempêtes, elles ne nous effrayèrent pas ; et, bien l^e des nuages épais semblassent nous dérober la vue ^lu rivage, nous savions qu'il nous altendait en dépit ^^s écueils; et, au moment même où la violence des ^^nis déchaînés nous menaçait des derniers périls, nous ^^dîmcs noire voile avec assurance, et c'est l'orage '^^^nie qui nous poussa en frémissant au port!
C'est alors, et au milieu de ces terribles secousse: que la liberté de renseignement nous fut rendue po^^i le salut des générations présentes et à yenir : c'est al(^.^ que les évéques purent de nouveau s'entendre, et c(^ n. cerler, dans l'unanimité de leurs sacrés conseils, les moyens d'arracher le monde au naufrage en le recu^jj. lanl dans l'arche sainte : c'est alors aussi que la Fraxice eut encore une fois cette gloire, si belle et si pure, de porter au Vicaire de Jésus-Christ un fidèle secours» et de protéger sous son drapeau victorieux le siège de Pierre contre les barbares de la civilisation, cooame elle l'avait autrefois défendu contre les hordes de la Germanie !
Tout cela fut grand ; et l'histoire comme l'Église conservera avec reconnaissance le souvenir du Prince courageux et des hommes de cœur qui, de concert a^^ lui, travaillèrent, au milieu de tant de périls, à raccoDOplissement de ces œuvres immortelles !
Mais ici, N. T.-C. F., une haute et importante cotïsidération vient se présenter à notre esprit.
Bien différente des puissances temporelles, que troP souvent les faveurs de la fortune enivrent et perd^'**' l'Église a toujours su, dans son immuable sagesse, g^^' verner sa prospérité. Les leçons qu'elle offre là -dessus aux autres , elle se les donne à elle-même : les faveii^ des princes, comme les acclamations des peuples, ne '* trouvent jamais ingrate, mais jamais non plus ir^f conflante.
Elle sait qu'il n'y a pas loin de l'entrée triomphaoC ^ de Jérusalem au Calvaire , et que VHosanna filio Dovi^ est quelquefois promptement suivi de l'aflreux Crucip^ gatur.
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De ces grands souvenirs elle conclut que les prospérités sont aussi pour elle des épreuves que son immortel Époux lui envoie, et pour lesquelles il lui demande et lui inspire des vertus comme pour le lemps de l'adversité : et, jetant les yeux sur ses glorieuses annales, elle voit qu'il n'y eut pas moins d'honneur pour elle à garder sa liberté pure el sa dignité inaltérable sous Constantin qui la protégeait, qu*à se montrer héroïque et invincible sous Dioclétien son persécuteur.
Celle Église sainte n'est pas autre à cette heure qu'elle fol dans tous les temps.
Au milieu du mouvement des partis , des espérances ^mpées, des mécomptes cruels , et de tout ce que la *cène politique a offert de tumultueux pendant ces der- ■^ères années, on Ta vue poursuivre avec une noble ^anquillité ses destinées qui ne sont pas de ce monde; *^ prêter à tous sans se donner à personne, et n'em- Ployer les clefs du royaume du ciel qu'à sauver les peuples et à raffermir l'ordre ébranlé dans les royaumes *e la terre.
D'un bout du monde catholique à l'autre, elle a donné *^ enseignements à toutes les fortunes , ses prières à ^Us les besoins : elle n'a refusé ses consolations à ^^cune défaite, ses soins à aucune blessure, ses encouragements à aucun repentir, et elle est restée fidèle à la 5ï*ande mission de chercher toujours et partout le salut ^^ âmes.
En voyant aujourd'hui l'ordre social se rasseoir plus ''^ïlement sur une de ses principales bases, et le Pouvoir ^^ner parmi nous sans obstacle, le principe de sa conduite n'est pas changé : elle n'aliène pas sa liberté ; elle ^Çoit les secours qui lui sont offerts, pour travailler.
dans le dévoûment et la sincérllé de son ministère, au renouvelleinent de la foi , à la restaaration des incenrs, au rétablissement de la piété chrétienne ^et aa soalagcment des pauvres; et elle répudie comme injustes les reproches qui lui seraient faits de condescendre à des vues humaines dans son adhésion et ses prières.
Quoi qu'il arrive, l'œuvre de Dieu est toujours la sienne; c'est la seule dont l'Église. soit chargée sar la terre; l'on ne songera jamais à lui en demander ooe autre : elle répondrait qu'elle est sans mission pour y travailler. On lui laissera accomplir dans la ])aixetla liberté de son céleste gouvernement sa sainte et glorieuse tâche : nous en gardons pour garants, deTaot Dieu et devant les hommes, ces fortes assuiancessi souvent et si solennellement réitérées par le PouToir nouveau qui régit la France.
A Dieu ne plaise qu'en remplissant le devoir de la charité et de la prière, en obéissant au précepte de saint Paul, et en intercédant pro omnibus qui insubtimitate sunt^; et cela afln que tranquillam vilamagd" mus in omni pietate et castitate * : à Dieu ne plaise que rÉglise paraisse s'associer à aucune passion, flatter aucun parti, insulter aucun malheur!
Non : les prières qu'elle fait avec sincérité defant Dieu ne peuvent jamais attrister que les ennemis de l'ordre public.
11 importe que ceci soit bien compris par tous.
Sans doute, nous avons entendu depuis cinquante ans bien des prières et des vœux en apparence contraires. Naguère encore on voyait les chants funèbres associés le
' s. Paull, I Tira., ii, 2. — • Ibidem.
PRIÈRES PUBLIQUES. Ht
même jour aax Te Deum d'actions de grâces : triste image des vicissitudes humaines, dont TEspritSaint a dit : Extrema gaudii luctus occupât * /
Mais dans tous ces yœux et dans toutes ces prières, J'Église n'a jamais demandé qu'une chose : la paix dans l'ordre et la piété sincère : tranquillam vitam in omni pietate et castitate.
Dans tous les événements permis par la Providence, et au milieu desquels l'Église prie, il y a, par le fait, toujours à prier : parmi tous les changements des choses de ce monde, Vhomme s'agite , mais Dieu le mène; et au milieu du mouvement des passions humaines, quand l'Église et ses enfants se prosternent pour prier, îl y a toujours un bien possible, une espérance légitime, âe s grâces importantes à demander.
Et qui pourrait reprocher à l'Église de bénir Dieu et do lai rendre solennellement grâces de ce que la main do sa Providence se cache, et opère invisib!ement dans *^ profondeur des événements humains ? qui pourrait '^i faire un blâme de ce que, supérieure à toute la poli- Wque mondaine, elle prie pour le monde sans être du '^^onde; et essaye par ses prières d'obtenir pour les habitants du monde cette paix que le monde ne peut ni dooner , ni ôter, et qui est la suprême tranquillité de *'ordre? Pax iranquiUiias ordinis.
Qui pourrait trouver mauvais qu'elle prie pour ceux ^^x mains desquels est déposée la force mystérieuse ^Ui 7ient de Dieu , et cela afln qu'ils soient les dignes ^ï^struments de sa Providence? Qui pourrait lui repro- ^^er de solliciter pour eux la sagesse dans la victoire,
* Prov., XIV, 13.
la modération dans la puissaDce, la justice dans les entreprises , la préToyance dans les conseils , et les vertus chrétiennes sans lesquelles ceux qui commaDdent, commandent mal et se précipitent?
£t même, quand l'Église consentit à descendre jusqu'à bénir les symboles passagers de cette liberté si orageuse, qui n'est plus aujourd'hui, et qui pouvait devenir si falale, qui oserait dire que ses bénédictions et ses prières furent vaines et n'aient pas aidé à conjurer les orages?
Qui oserait dire que ce peuple si puissant , si formidable alors, n'a pas été mystérieusement enchatné dans sa colère par cette miséricordieuse douceur? Non, siia France, un moment, dans l'oubli profond de tous les dissentiments passés, dans l'accord, hélas! trop vite évanoui de tous les honnêtes gens et de tous les partis, a eu l'immortelle gloire de se sauver elle-même: l'Église de France a participé à cette gloire, et a montré encore une fois au monde que ni les révolutions , ni Tordre paisible des temps, ni les prospérités , ni les malheurs, n'avaient pu rompre une alliance de quatorze siècles entre la nation et l'Église de Jésus-Christ , entre le sacerdoce français et une patrie toujours chère !
CmCUL AIRES
Demandant des Priôres publiques
Monsieur le Curé , Je viens de recevoir la lettre suivante :
Monseigneur l'Ëvêque,
Pour appeler les bénédictions du ciel sur la France et sur la grande mission qui m'est confiée par le peuple français, je vous prie de faire chanter dans votre église cathédrale, le jeudi l*'' janvier, un Té» Dé'wm solennel et d'actions <îe grâces.
Recevez, Monseigneur TÉvêque, l'expression de mes "^'ceux et de mes sentiments particuliers d'affection.
Signé: LOUIS-NAPOLÉON.
Le Ministre de rinsU^uction publique et des Cultes^ St^n^:H. FORTOUL.
En conséquence , le Te Deum sera chanté jeudi pro- <^haîn i** janvier, à onze heures précises, dans Téglise ^thédrale de Sainte-Croix ; et pour répondre au désir ^iprlmé d'ailleurs par M. le Ministre des cultes , vous 'Voudrez bien vous concerter avec les autorités civiles
lie PRIÈRES PUBLIQUES.
et militaires de votre paroisse , et chanter un Te De\
le dimanche 11 janvier 1852 , à Tissue de la messe ]
roissiale.
Monsieur le Curé ,
Je viens de recevoir de S. Exe. M. le Mmislre de instruction publique et des cultes la lettre suivante ;
Paris, le 4 août 1866.
« MONSEIGÎVELR ,
« Dans une pensée k laquelle toute la France s'est unie, a l'Empereur a voulu consacrer au soulagement de nobles « infortunes les sommes destinées à célébrer la solennité « du 45 août. La dette de la patrie ne serait pas entièrement « acquittée, Monseigneur, si nous n'exprimions au ciel « notre reconnaissance dans la cérémonie reUgieuse que « ramène cet anniversaire national. L'année qui vient de a s'écouler a eu ses labeurs, qui ont rendu encore plussen- « sible la protection de la divine Providence : le calme et « la sécurité de la paix au milieu des entreprises de la « guerre ; d'une part un commerce florissant, une activité « industrielle sans exemple ; de l'autre des luttes héroïques « qui rehaussent chaque jour le prestige de notre nom et « resserrent les nœuds de nos alliances; dans toute lîi « nation cet enthousiasme réfléchi et soutenu qui grandit « sans cesse en révélant d'inépuisables ressources, voilà' « Monseigneur, de légitimes motifs d'actions de grâces pour « le passé, d'espérance pour l'avenir. C'est avec ces senti- « ments de gratitude et de confiance que tous les fidèles « de votre diocèse voudront, je n'en doute pas, répondre à
PRIÈRES PUBLIQUES. m
rappel de Votre Grandeur, et demander à Dieu, dans la solennité du 45 août, de répandre ses bénédictions sur la France et leurs Majestés Impériales.
« Agréez, Monseigneur, l'assurance de ma haute considération,
< Le Ministre de VlnstrucUon publique et des Cultes^