PAR LA FORME
On aurait peut-être droit de demander à ceux qui écrivent ces choses d'où leur vient l'autorité pour prononcer de tels jugements, et qui leur a permis d'établir une distinction aussi étrangement arbitraire et injurieuse entre des saints que l'Église nous enseigne à vénérer sous le même nom , sous le grand nom de Përes et de Docteurs ! Mais n'insistons pas davantage et bornons-nous à constater que, si nous sommes païens, nous le sommes en bonne compagnie ; et que la plupart des Pères latins sont bien faits pour nous consoler et nous rassurer I
Voilà cependant jusqu'où peuvent conduire les emportements du zèle! Mais aussi voilà comment on manque le but en le dépassant. C'est aujourd'hui une assez fréquente manière de le manquer : ce n'est pas la meilleure. Mais du moins un tel zèle peul-il êlrc excuse? Je l'accorderai volontiers, pourvu qu'on m'accorde aussi qu'il ne peut plus être écoulé ; car il ne s'entend plus lui-même.
Je me borne donc , Messieurs , à vous redire ce que je 70US disais tout à l'heure.
Vous pouvez persévérer sans inquiétude dans la pratique d'un système d'enseignement qui , pendant tant d'années, a été approuvé, pratiqué, non-seulement par tous les plus grands esprits, mais aussi par les esprits les plus chrétiens, par les plus grands saints, partons les instituts religieux enseignants, par tout le clergé, de l'aveu même de vos accusateurs : par les Évëqaes, par les Papes, c'est-à-dire par l'Église elle-même.
Ici, vous le voyez. Messieurs, l'autorité décide, et la sage raison décide avec elle, comme toujours.
Je pourrais vous citer des témoignages innombrables; je ne vous en citerai que deux : un grand génie qui fat assurément chrétien, et un grand saint qui avait assurément aussi son génie; je veux parler de Bossuetetde saint Charles Borromée : ces deux grands noms me suffisent. Il est vrai qu'ils en représentent mille autres, et que leur grave parole s'appuie sur celle des Pères, des Souverains Pontifes et des conciles.
Certes ce n'est pas saint Charles Borromée que Ton accusera de complicité dans les excès de la Renaissance: s'il y eut jamais un saint auquel l'austérité de son esprit et la gravité de ses habitudes et de son caractère aient dû inspirer peu de goût pour les fables païennes, ce fut saint Charles.
Et toutefois c'est lui qui , dans les admirables règlements qu'il fit, de concert avec les Évéques de la province de Milan, pour l'exécution des immortels décrets du concile de Trente et rétablissement des écoles ecclésiastiques, a tracé les plans d'études païennes,
[)ptées depuis dans tous les séminaires catholiques dans toutes les maisons d'éducation chrétienne. 3es règlements décident qu'il y aura dans les sémires des classes de grammaire où Ton expliquera, le tÎD, les Êpîires familières de Gicéron, le soir, quel- 3S endroits plus faciles d'Ovide et de Virgile; et que is ces auteurs expliqués seront la matière des le- )s apprises et récitées de mémoire le lendemain par élèves.
Dans les humanités^ on expliquera les Offices de Giron, auxquels on joindra ceux de saint Ambroise, les ^cutanés du même auteur, son Traité sur rAmiliéy 5 Épitres à Atticus, Parmi les poêles, on traduira Vir- B et Horace, expurgés comme il convient : dans les derniers mois, on verra la Rhétorique de saint Gycn et quelques-uns des Discours de Gicéron les plus iles h entendre : et saint Gharles Borromée indique JVo Marcello et le Pro Archia poeta \