‹ Défense de la liberté de l'égliseChapitre 49 sur 75 · II. H · texte numérisé non relu

II. H

L'éducation catholique, dont nous avons fait de si magnifiques éloges et réclamé si ardemment la liberié, cette grande éducation catholique du xyi* et du xYir siècles, nous proclamons aujourd'hui que, pendant trois cents ans, elle n'a été bonne gu'à faire des païens !

Je pourrais, Messieurs, poursuivre cet exameo, et vous signaler bien d'autres excès peut-être plus dangereux encore, et qui, depuis vingt-cinq ans, ne cessent de produire, au milieu de nous, comme des courantset des tourbillons d'idées fausses, auxquelles la multitude des esprits faibles ou inattentifs se laisse entratoen U serait facile en même temps de vous faire voir comment tontes ces exagérations et toutes ces erreurs se rattachent les unes aux autres, par cette malheureuse logique du faux, qui devient si redoutable et si puissante en des temps où tous les vrais principes ont fléchi.

Mais je craindrais de troubler la paix de vos études, si j'entrais avec vous plus avant dans le détail de ces tristes choses. Je m'arrête, et il me suffit, parmi ces aberrations, de vous avoir prémuni contre celle qui pouvait avoir pour vous et pour la grande œuvre dont vous êtes chargés, un danger plus prochain.

Demeurons donc. Messieurs, avec cette fermeté, a?ec cette sérénité d'esprit qui conviennent si bien à ceux qui combattent pour la justice, demeurons dans la vérité et le bon sens des choses : calmes, réfléchis, toujours fidèles aux enseignements de nos grands et véritables maîtres; s'il est possible, demeurons inébranlables parmi tous ces mouvements d'idées et de systèmes contraires, qui de proche en proche, si l'on n'y preinl

;arde, nous pousseront de plus en plus sur les penles de la barbarie.

Au milieu de cette intempérance et de cet emportement des esprits, demandons à Dieu de nous conserver àBUS cette sobriété delà vraie sagesse, tant recommandée par saint Paul. Ne rejetons rien de notre glorieux passé; ne mettons pas en oubli les belles et saintes traditions de nos pères ! Que les étonnantes leçons du temps présent nous profitent aussi ! Les lettres périssent, la philosophie succombe, le bon sens se perd, jusque dans réducalion de la jeunesse : partout on aperçoit des menaces de ruine. Et un tel étal de société, comprenons bien que c'est aux instituteurs religieux, c'est ^ux chrétiens intelligents qu'est réservée la tâche de sauver tout ce qui peut l'élre encore, comme c'est à ^Ux qu'appartint autrefois la mission , si glorieusement accomplie, de tout reconquérir, alors que tout ^^ait perdu !

ForliUonsnos études : affermissons nos esprits : attablions-nous plus que jamais aux méthodes éprouvées Par le temps, consacrées par l'expérience, et qui produisirent tous ces grands hommes dont la littérature, '^s sciences, la philosophie chrétienne, la politique, ^*Église ont pu, à si juste titre, se glorifier depuis trois ^îèch's.

C'est ainsi, seulement, que nous répondrons à la Confiance si empressée que le pays et les familles nous témoignent en ces temps de péril. Ce sera fidèlement Continuer ce qui fut toujours une des gloires les plus Pures, aussi bien qu'un des plus grands services sociaux du clergé catholique.

Oui, il sera encore beau, il scia toujours bon que la

saine philosophie elles lettres trouvent chez nous l'asile qui ne leur a jamais manqué !

Et, s'il m'est permis de le dire en finissant, après tant d'années de contradictions et d'épreuves, nous avons peut-être mérité cette dernière gloire par notre patience.

Adieu, Messieurs ; vous savez tout ce qu'il y a dans mon cœur pour vous de profond et affectueux dévoûment.

MANDEMENT

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