‹ Défense de la liberté de l'égliseChapitre 65 sur 75 · II · texte numérisé non relu

II

Et qu'on yeuille bien entrer ici un mon^nt avec moi dans le fond môme de la question, et pénétrer la Traie nature de cette puissance surnaturelle, persomifiée dans le Chef de TÉglise. Cette puissance, établie pour le bien de tous, n'a jamais rien à décréter qui flatte les intérêts misérables ou les mauvaises passions des hommes ; elle est Tennemie naturelle de Taoïsme qui les trouble et les pousse entre eux aux divisions et aux révoltes. Il est donc de son honneur, comme de son devoir, de n*être, de ne paraître jamais suspecte, de s'élever toujours plus haut que toutes les prétentions rivales, que toutes les préventions jalouses. Il laut que u les esprits chagrins qui murmurent, ni les esprits oigaeileux qui s'emportent, ni les esprits Jbibles qui se troublent, ni les grands esprits qui s'égarent et que le Pape a\ ertit, ni les rois qui oppriment leurs peuples et que le Pape reprend, ni les peuples qui se révoltent et qne le Pape condamne ; il faut que nul sur la terre ne puisse jamais suspecter l'autorité, la sincérité, la parfaite indépendance de ses décrets. Or, il serait justement suspecté, s'il était courbé sous un pouvoir, sous une domination quelconque; il n'est pas d'effort, pas de sacrifice qu'il ne dût faire pour arracher son autorité à ce péril.

J'ai pour confirmer cette doctrine l'exemple de Pie IX lui-même, lorsque, fuyant Rome devant l'outrage et la violence, il protesta solennellement en ces termes : « Parmi les motifs qui Nous ont déterminé à « cette séparation, celui dont Vimportance est la pbts « grande, c'est d'avoir la pleine liberté dans Vexeràce c( de la puissance suprême du Saint-Siège^ exercice fu^ « Vunivers catholique pourrait supposer à bon droUi

CONTRE LE SAlNT-SIÊGE (1859). 37f>

« dans les circonstances actuelles, n'être plus libre entre « Nos mains. »

J'ai déjà cité le premier Consul; voici ce qu'il disait encore lorsqu'il aspirait à la gloire de Charlemagne. Hélas ! nous savons depuis ce que deviut cette gloire ; mais nul n'a contesté qu'il ne fût alors dans la plénitude de son génie :

tt L'institution qui maintient l'unité de la foi, c'est-à- (f dire le Pape, gardien de l'unité catholique, est une « institution admirable. On reprocbe à ce Chef d'être un a souverain étranger. Ce Chef est étranger, en effet, et « il faut en remercier le ciel. Le Pape est hors de Pa- « ris, et cela est bien. Il n'est ni à Madrid, ni à Vienne, « et c'est pourquoi nous supportons son autorité spiria tuelle. A Vienne, à Madrid, on est fondé à en dire au- « tant. Croit-on que s'il était à Paris, les Viennois, les M Espagnols consentiraient à recevoir ses décisions? On « est donc trop heureux qu'il réside hors de chez soi, (c et qu'en résidant hors de chez soi, il ne réside pas a chez des rivaux, qu'il habite dans cette vieille Rome, « loin de la main des empereurs d'Allemagne, loin de (c celle des rois de France ou des rois d'Espagne, tenant a la balance entre les souverains catholiques, penchant « toujours un peu vers le plus fort, et se relevant bientôt « si le plus fort devient oppresseur. Ce sont les siècles « qui ont fait cela, et ils l'ont bien fait. Pour le gouver- (c nement des âmes, c'est la meilleure, la plus bienfai- (f santé institution qu'on puiâse imaginer. Je ne sou- « tiens pas ces choses par entêtement de dévot, mais «par raison ^ »

' M Thicrg, Histoire du Consulat et de VEmpire,

Vainement, plus tard, égaré par son extrême puissance et gêné dans les rêves de son ambition par la Soaveraincté du Ponlife, Napoléon essaya-t-il d'abriter une autre doctrine derrière le grand nom de Bossuet;iiD simple prêtre, M. Émery, eut le courage de lui répondre :

u Sire, Votre* Majesté honore Bossuet et se platl à le (( citer ; Toici ses paroles :

« Nous savons que les Pontifes romains possèdent (( aussi légitimement que qui que ce soit sur la terre des « biens, des droits et une souveraineté {l^ona^ jura, maperia). Nous savons de plus que ces possessions, en 0 tant que dédiées à Dieu, sont sacrées, et qu'on ne a peut, sans commettre un sacrilège, les envahir. Le (( Siège apostolique possède la souveraineté de la ville tt de Rome et de ses États, afin qu'il puisse exercer sa a puissance spirituelle dans tout l'univers plus librea MENT, EN SÉCURITÉ ET EN PAIX {Hberior ac tutior),

« Nous EN FÉLICITONS NON-SEULEMENT LE SiÉGE APOSTO- (( LIQUE, MAIS ENCORE TOUTE L'ÉGLISE UNIVERSELLE, et nOUS

« souhaitons de toute l'ardeur de nos vœux que cePrin- « cipat sacré demeure à jamais sain et sauf en toutes « manières *. »

Bossuet écrivait encore : « Dieu, qui voulait que cette (( Église, la mère commune de tous les royaumes, dans (( la suite ne fût dépendante d'aucun royaume dans le « temporel, et que le Siège où tous les fidèles devaient a garder l'unité, à la fin fût mis au-dessus des partiali- « tés que les divers intérêts et les jalousies d'État poor- (( raient causer, jeta les fondements de ce grand dosseio

* Bossuet, Defens, declar., lib. I, sect. I, cap. vi, p. 273.

K par Pépîn et par Charlemagne. C'est par une heu- (reuse suite de leur libéralité que TÉglise, indépeni dante dans son Chef de toutes les puissances temporelles, se voit en état d'exercer plus librement, pour le bien commun, et sous la commune protection des rois chrétiens, cette puissance céleste de régir les âmes, et que, tenant en main la balance droite, au milieu de tant d'empires souvent ennemis, elle entretient l'unité dans tout le corps, tantôt par d'inflexibles décrets, et tantôt par de sages tempéraments. » {Disjurs sur l'Unité de l'Église.)

Malheureusement, les conseils de M. Émery el l'autoité de Bossuet furent dédaignés. Mais oublions nos rerets. La ProTidcnce a ses vues, qui ne sont pas les ôtres; chaque temps a ses épreuves et ses secours, el 'est aujourd'hui le neveu de Napoléon qui écrit : « La Souveraineté temporelle du chef de l'Église est intimement liée à l'éclat du Catholicisme comme à la liberté et à l'indépendance de Vltalie, »

Et c'est le ministre du môme Prince, qui, an début e la campagne d'Italie, écrivait à l'Épiscopat français : Le Prince qui a ramené le Saint-Père au Vatican t:eut que le Chef de l'Église soit respecté dans tous ses droits de souverain temporel. Le prince qui a sauvé la France de l'invasion de l'esprit démagogique ne saurait accepter ni ses doctrines, ni sa domination en Italie. » Mais, répondent les révolutionnaires italiens, la Sousraineté du Pape, nous ne voulons pas Tabolir ; nous julons seulement la diminuer et la restreindre. Et pourquoi, dirai-je à mon tour, si c'est diminuer et tnoindrir en même temps Thonneur du Catholicisme, 1 dignité et son indépendance ?

Pourquoi, si c'est dimiDuer aussi et amoindrir la sou- Teraineté la plus italienne qu'il y ait dans la Péninsule?

Pourquoi surtout, si, à l'heure qu'il est, et en lace du déchaînement de toutes les passions ennemies, celte sentence d'incapacité rendue par tous contre le Saint- Siège est une sanglante insulte, jetée aux yeux du monde, à cette majesté désarmée et opprimée?

Pourquoi, si cet outrage au Souverain altère inévitablement chez les peuples le respect dû au Pontife? Pourquoi, enfin, si cette injure rejaillit inévitablement aussi sur tous les catholiques dignes de ce nom?

Vous dites : on lui Otera seulement la Romagne elles Légations. Mais, permettez que je vous le demande : de quel droit ? Et pourquoi pas le reste, s'il vous plaltî Dans vos rêves d'unité italienne, pourquoi les villes que vous lui laissez auraient-elles un autre sort que Bologne et que Ferrare ?

Sans craindre de tous mettre en contradiction avec vous-mêmes, tous parlez d'anciennes circonscriptions territoriales. Mais s'il faut en revenir aux délimitaticms anciennes, à quoi se réduisent les possessions de la maison de Savoie, et de tant d'autres ?

Pourquoi ne vous contentez-vous pas de laisser au Pape Borne seulement, avec les jardins du Vatican? - Vous l'avez dit, nous le savons.

Mais pourquoi lui laisser Bome elle-même?

Pourquoi le successeur de Celui qui n'avait pas une pierre où reposer sa tête, en trouverait-il une en Europe pour reposer la sienne?

Pourquoi Dioclétien et les catacombes ne seraient-ils pas le meilleur des régimes pour l'Église ?

Mais puisqu'il est tant qjoestion de sépai^ation et d'an*

iiieiion, qoe dirait TEurope, que dirions-nous, si le Tyrol jl'ane part et la Franche-Comté de Fautre, comme plusieurs le Youlment en 1830, demandaient k devenir [gantons suisses, et à être annexés à la Confédération aelvélîque? El s'il plaisait quelque jour à la Lorraine et 9i l'Alsace de tourner leurs regards vers la Confédération germanique, qu'en penserait-on ?

Ces questions, et bien d'autres , naissent d'ellesmêmes, et nul ne peut y échapper l

Oui, pourquoi, si vous êtes révolutionnaires et anlicatholiques, vous arrêtez-vous tremblants devant votre principe de spoliation? Et si vous êtes catholiques, pourquoi le posez-vous ?

Où allez-vous? où vous conduit ce principe détestable ? Dites-nous le donc clairement : dites-nous ce qu'allait faire à Rome la France en 18/ï9, et s'il nous faut en 1859 renier cette gloire? Ces tentatives qu'elle a comprimées alors, ne sont-elles pas aujourd'hui celles de» révolutionnaires romagnols? ne sont-cepas toujours les mêmes hommes ?

Quoi donc, qu'y a-t-il ici ? et que faut-il que nous pensions ?

Est-ee de votre part un calcul' habile, et ne pouvant pas, ou n'osant pas aujourd'hui davantage, attendezirous le reste du temps cl de la violence des événements ? Biais qui voulez-vous qui en soit dupe ?

Nous ne le sommes que trop peut-être de Tinaction des honnêtes gens, de la lenteur des uns, pendant la marche rapide des autres, de ceux qui veulent précipiter les événements, dans l'espoir qu'on sera bien forcé xm jour de compter avec la logique des faits accomplis.

Faut-il que notis disions-avec Torgaûe le plusaccréuitë

de la presse anglaise que dans V affaire actuelle, la France est agressive et insidietise? Non, non, noas n*admeltons pas, pour notre patrie, la part qu'on Tondrait lui faire : de tels calculs vont mal à la générosité française, et pour ma part je proteste, avec toute l'énergie de mon âme, contre les déloyales intentions qa'oD ose nous prêter.

Mais, eu finissant, j'ai à faire une protestation encore plus haute.

Fils dévoué de cette sainte Église romaine, mère el maîtresse de toutes les autres, je proteste contre rimpiété révolutionnaire qui méconnaît ses droits, et vcot ravir son patrimoine.

Gomme Évéque catholique, je proteste contre rbomiliation et rabaissement qu'on voudrait faire subir aa premier Évéque du monde, à celui qui représente FÉpiscopat dans sa plénitude.

Je proteste au nom du Catholicisme, dont on voudrait diminuer la splendeur, la dignité, l'indépendance, eo attaquant le Pasteur universel, le Vicaire de Jésus- Christ.

Je proteste comme Français : qui n'est humilié, comme Français, de voir, malgré les conseils coniraires el les protestations de l'Empereur, cette misérable suite de nos victoires, ce funeste prix du sang de nos soldats?

Je proteste au nom de la reconnaissance qui me montre, dans l'histoire, les Souverains-Pontifes comme le lumineux symbole de la civilisation européenne, comme les bienfaiteurs de Tltalie, et, au jour des plus grands périls, les sauveurs de sa liberté.

Je proteste au nom du bon sens et de l'honneur, qui s'indignent de la complicité d'une souveraineté italienne

CONTRE LE SÂINT-SIËGE (1859). 381

însurreclions el les révoltes, et de cette conju- [es basses cl ininlcUigeutes passions contre des >8 reconnus el proclamés dans le monde chré- ' tous les Trais cl grands politiques!

dteste au nom de la pudeur et du droit européen la Yiolation des majestés, contre les passions \f qui ont si souvent inspiré les plus lâches s.

il faut tout dire : je proteste au nom de la bonne itre cette ambition mal contenue et mal dégui- \ réponses évasises , celle politique déloyale , QS avons le spectacle !

otesle, au nom de la justice, contre la spoliation armée ; au nom de la vérité contre le mensonge;

de Tordre contre l'anarchie ; au nom du respect le mépris de tous les droits !

otesle, dans ma conscience et devant Dieu, à la

mon pays, à la face de TÉglisc et à la face du

: que ma protcslalion trouve ou non de Técho, >lisun devoir.

f Feux, Évoque d'Orléans.

sont. Messieurs, mes senliments et mes pensées, î comprenez sans peine pourquoi j'ai cru devoir s confier.

e moment, je n'ai plus à vous dire, dans la simde nos entretiens ordinaires, qu'un mot, dont la esse de vos cœurs et la haute justesse de vos esaus feront également comprendre l'imporlance ;

282 PROTESTArTION AU SUiBT DBS ATTENTATS

et, la comprenant bien, vous éviterez un péril dans lequel je vois, à Tbeure qu'il est, donner de très-bom esprits et même de Bobles cœurs.

Dans le commerce du monde et ies amitiés hum»* nés, rien n'est plus fecitev et par ceta même pkn commun, que de se faire le conseiller de ses amis malheareux. Leur malheur inspire ua étrange eourage, et comme un besoin singulier de venir tout à coup kor donner des conseils qui, a«i fond, ne sont que des p^ proches, souvent très-injustes et toujours sans dignité. Dans la prospérité, on n'avait jamais eu la forée d'offrir un conseil utile : des flatteries le plus souvent, d^ bassesses au besoin, voilà ce que les enfant» du slèdesivent oflrir à leurs amis dans la fortune ; et puis, ém l'adversité, le délaissement ou l'injure. Les amis de Job nous en offrent un exemple mémorable.

Il se produit aujourd'hui quelque cbose d'aaaiogtR. Je ne puis m'empêcher d'être vraiment surpris et attristé en entendant tout ce que d'honnêtes gens, et même de bons chrétiens, se permettent de dire, entre eux et tout haut, sur le Saint-Siège, depuis qu'il est malheureuL Je m'étonne en voyant combien il s'en rencontre qui se laissent aller à ce triste entraînement, et profitent de cette occasion pour exposer avec une confiante assurance leur pensée sur les améliorations possibles dans les Étals pontificaux, dans Tadministration civile, financière, politique, dans les bureaux des chancelleries romaines, etc., etc. Pour moi, quand j'aurais eu jamais l'inspiration d'une pensée et d'un conseil, sur quoi que ce soit, à confier à l'oreille de Celui qui me nomme son Frère dans l'Épiscopat de Jésus-Christ, et que je nomme mon Père dans la hiérarchie sacrée, j'éprouverais ose

CONTRE LB SAINT-SlÉGE (1859). 2Sa

rëpogaance înstiDctive et îDyincible à rien lai dire de Mreil en uo tel moment.

Messieurs, que ce soit là notre ligne de conduite à :oas : soyons fidèles à cette grande loi du respect pour e malheur, à cette grande loi du respect pour la plus sainte et la plus haute autorité qui soit sur la terre. Si aous De savons, si nous ne pouvons pas combattre [K>iir elle, sachons nous taire et prier, et qu'il n'y ait, AaDS nos conversations, pas une parole que puisse désavouer le sentiment le plus délicat de la tendresse respectueuse et douloureuse que nous devons, à Theure qu'il est, et plus que jamais, au Vicaire de Jésus-Christ.

Et vraiment, est-il donc si difficile de trouver dans son cœur la mesure de la conduite à tenir, dans ces graves circonstances, quand le bon sens Ta proverbialement tracée pour les plus vulgaires accidents de la vie ? Je comprends que, devant un écolier qui se noie, les msdtres d*école de tout âge et de toute condition accourent, saisissent avec bonheur Toccasion de donner leur leçon, et de montrer leur supériorité de leurs vues et de leur sagesse; mais quand c'est la demeure du Chef suprême de l'Église catholique que le torrent des révolutions humaines menace d'entraîner, qu'ils choisissent ce moment, et viennent alors gravement indiquer les précautions qu'il aurait fallu prendre pour s'éclairer, pour éviter un faux pas, les réparations qu'il aurait fallu faire à la maison pour prévenir le danger, les règlements mêmes qu'il aurait fallu donner aux gens, etc., etc. ; je le dirai hautement. Messieurs, je ne connais, pour moi, rien de moins noMe, et, si cela n'était pas si sérieux, je dirais, rien de plus ridicule.

Sans doute, il y a, il doit y avoir toujours dans TÉ-

glise, plus que partout ailleurs, une sainte et courageuse liberté : la yérilé doit toujours s'y dire, avec le respect:] nécessaire. Sans doute nous voyons saint Bernard^ adresser au successeur de Pierre son beau livre de I Considération au pape Eugène : mais il serait sage d remarquer que saint Bernard était dès lors saint Ber^^ nard : Eugène avait été son disciple et se nommait ei% ^ core son lils, et la Souveraineté pontificale, en sa personne, était alors au comble de la prospérité et de h gloire. Je ne sais si saint Bernard eut besoin décourage pour adresser son livre à Eugène Uï; mais il est évident, du moins, queTabbé de Glairvaux ne fil pas alors une lâcheté.

Et certes, s'il fallait remonter à la première etinyslérieuse origine des choses chrétiennes ; et au grand exemplaire des douleurs immortelles de l'Église, nous ne voyons pas qu'au jardin des Olives et au pied deia croix, les disciples aient rien fait de pareil à ce que des hommes honnêtes, et qui ne sont pas sans gravité, se permettent si librement aujourd'hui. On le sait, parmi les disciples du Sauveur, les uns dormaient, les plus lâches fuyaient, le plus méchant trahissait, le plus vaillant tirait Tépée hors de propos; mais je doute qu'ils eussent choisi ce moment pour faire à Jésus-Christ de^ observations, comme ils l'avaient osé quelquefois durant sa vie, sur la conduite qu'il aurait dû tenir : pour lui représenter les inconvénients qu'avait eus peut-être son lelour en Judée, son entrée triomphante à Jérusalem, la charité extrême qui lui avait fait conserver des avares et des traîtres dans sa compagnie ; non, ils se taisaient dans leur tristesse : et tandis que, du moms, les amis fidèles, mais trop timides de Notre- Seigneur le

raient de loin, noti a longa^ il est consolant de voir \ les disciples plus fermes, et saint Jean le premier, aeuraient avec Marie, immobiles, aux pieds de la ix; non pas abattus, mais debout, et sans cris inus, prêts ù donner mille vies comme une goutte d*eau ir celte vie si chère et si menacée, cl attendant du Le avec confiance, dans leur extrême douleur , le isiëmejour, qui ne manque jamais aux impéri<isables tinées de la croix et des cruciûés.

\ F., ÉvOque d'Orléans.

PREMIÈRE LETTRE A UN CATHOLIQin

snr la broohnre le Pape et le Congrès (1880)

Mon cher Ami,

Vous me demandez ce que je peuse de la brochure le Pape et le Congrès, qui vient de se produire arec toute la solennité d*un mystère, qu'on voudrait en vain rendre transparent, dans Tintérét d*ane plus éclatante publicité.

Il m'est facile de vous répondre ; c'est une œuvre en effet qu'on peut juger sommairement et complètement.

Je pourrais écrire un volume sur cette brochure, car elle touche à bien des choses ; mais quelques lignes suffiront ; la logique et le simple bon sens dispensent des longs discours.

Et du reste, pour refuser à cette brochure Timporlante origine que plusieurs affectent de lui donner, il suffit de la lire: il n'est même pas nécessaire de se rappeler les hautes promesses faites au Saint-Siège,

Le programme le plus sévère disait : a Pas de démembrement ; des réformes ; » la brochure dit absolument le contraire : « Pas de réformes; les abus sont saints : le démembrement. »

La hrochure se divise pour moi en trois parts, que voici : LES prihigipes, les moyens, le but.

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