III. — LE BUT
Il est difficile de faire plus d'efforts pour le masqoer; mais il se trahit.
« D'abord nous voudrions que le Congrès reconnût, « comme un principe essentiel de l'ordre européen, la « nécessité du pouvoir temporel du Pape. Pour nous, <( c*est là le point essentiel, n
Ces paroles ne nous étonnent pas; avant de déponiller le Pape et de l'interdire , il faut bien au moins loi rendre hommage, lui baiser les pieds et lui lier ks mains , comme disait Voltaire au dix-huitième siède. Au dix-neuvième, on ne veut par compassion qnehii ôter sa couronne d'épines.
« Quant à la possession territoriale, la ville de Home en «rfeume surtout Timportance : le reste (pas seulement « les Romagnes, mais le reste) n'est que secondaire. »
A la bonne heure , nous y sommes enfin I Rome avec les jardins du Vatican : nous attendions ce mot : on l'avait dit, nous le savions.
La souveraineté temporelle du Saint-Siège réduite ainsi, et bientôt, territorialement à la ville de Rome et à son suburbium ! C'est bien ; car, dit encore agréablement l'auteur de la brochure : nQuHmporte à la gran^ deur du Souverain^ Pontife les lieues carrées? A-t-il besoin de Vespace pour être aimé et res})ecté? Plus
LE TERRITOIRE SERA PETIT, PLUS LE SOUVERAIN SERA GRAND, n
Le Pape donc, si dignement posé, et là, comme dit encore la brochure, « immobile sur la pierre sacrée, y) il faudra veiller sur lui et le garder. — Pour cela, il y aura une milice italienne, prise dans Vélite de Farmée fédérale, et qui sera chargée d'assurer la tranquillité et FinviolabiUlé du Saint-Siège, — Puisqu'il ne peut pas avoir d'armée, il faut bien, afin qu'il soit libre, lui donner des gardes.
Et afin que tout soit pour le mieux, il faut encore qu'une liberté municipale, aussi large que possible, dégage lé gouvernement Pontifical de tous les détails de V€ulministration, Ainsi le Pape régnera, la commune gouvernera : ce sera le dédommagement offert à ceux que la brochure nomme les déshérités de la vie poli" tique.
Enfin, et pour couronnement du système, la Papauté sera salariée par l'Europe, comme les curés le sont par 1 Êlat; elle aura de la sorte un revenu considérable. Le
Pape sera transformé ainsi en premier et grand fonctionnaire européen du culte, auquel on pourra, à tel jour et en telle occurrence, supprimer son trimestre.
Eh bienl pour moi, je le dis sans hésiter, j*aime mieux du pain noir et les catacombes. — Nous ne toos les donnerons pas, me dira-t-on peut-être, cela tous réussit trop bien. — Dans ce cas, nous les prendrons.
Mais laissons là mes sentiments et mes pensées.
Voilà donc à quoi se réduira, en fin de compte, cette souveraineté dont l'auteur de la brochure a dit pompeusement dans les premières pages : « Au point de « Tue religieux, il est essentiel que le Pape soit soaT^ (f rain; au point de vue politique, il est nécessaire que (( le Chef de deux cents millions de catholiques n'apa partienne à personne, qu'il ne soit subordonné à ao- « cune puissance, et que la main auguste qui gouverne c( les âmes, n'étant liée par aucune dépendance, paisse « s'élever au-dessus de toutes les passions humaines. (( Si le Pape n'était pas souverain indépendant, il se- (( rait Français, Autrichien, Espagnol ou Italien, et le tt titre de sa nationalité lui enlèverait le caractère de « son pontificat universel. Le Saint-Siège ne serait plus « que Tappui d'un trône à Paris, à Vienne, à Madrid... tt U importe à l'Angleterre, à la Russie, à la Prusse, « comme à la France, à l'Autriche, que l'auguste re- « présentant de Tunité du Catholicisme ne soit ni con- « traint, ni humilié, ni subordonné. »
Et après avoir si bien dit, pour qu'il ne soit pas contraint, vous lui ôtez de force une partie de ses États. ;. Pour qu'il ne soit pas humilié, vous le mettez dans la position d'un père de famille que ses enfants font interdire comme incapable, sauf & lui payer une pension,
ms tribunal qui les y oblige toutefois, si l'un d'eux rese de payer sa part.
Enfin, pour qu'il ne soit pas subordonné, dépendant, ms le réduisez à n'avoir aucune ressource à lui, à re, pour vivre, à la merci de tout le monde; de ses ijets romains, s'ils s'insurgent; de la municipalité, si
Pape vient à lui déplaire ; de l'armée fédérale qui, si
conscience oblige un jour le Pape à contrarier la féîration, au premier signe de la fédération, le mettra 1 château Saint-Ange : je le dirai enfin, malgré mon »8pect pour les grandes puissances catholiques, à la lerci de la France, de l'Autriche, de l'Espagne; car al ne peut me répondre ni de l'impossibilité des révoltions, ni des mécontentements et des caprices trop iciles à prévoir.
Humiliation et dépendance, avilissement et servitude, oilà donc, en définitive, ce que Ton veut « pour assuvr à Vauguste Chef de la Catholicité la sécurité et la rondeur. »
Et l'auteur de tout cela est « pieux, mais indépenanl ; » il est « catholique sincère ! »
En finissant, il indique d'ailleurs, avec une religieuse ollicitude, leurs nouveaux devoirs aux quelques cent Aille âmes de sujets qu'il laisse au Pape. Il fait de Rome me ville à part, une espèce de monastère où il relègue î Pape, comme on reléguait autrefois, dans quelque cuvent, les rois imbéciles; et des citoyens romains un ^uple moine, « un peuple séquestré de tous les intérêts : et de toutes les passions qui agitent les autres peuples, [ et uniquement voué à la gloire de Dieu; un peuple I n'ayant d'autres ressources pour lui que la conlemt plation, les arts, le culte des grands souvenirs et la
a prière; ud peuple ea repos et recueilli dans une « sorte d'oasis, où les passions et les iotéréts de la «politique n'aborderont pas, et qui n*aura que les « douces et calmes perspectives du monde spirituel; u chacun des hommes de ce peuple ayant toujours c^ a pendant Thonneur de se dire citoyen romain. Cm a roinanus. »
A merveille : vous plaisantez délicatement; mais si, malgré cette poésie, si, malgré Tagrément de vos ironies, ce peuple voulait entendre autrement son titre de citoyen romain ; s'il se fatiguait uo jour de votre oasis, et de ces douces et calmes perspectityes du monde spirituel; s'il ne lui plaisait \^s de vivre toujours dansuB monastère; s'il se lassait a d'être à jamais, comme tous « dites encore, déshérité de celte noble part d'aclifité 0 qui, dans tous les pays, est le stimulant du patriolisme cî et l'exercice légitime des facultés de l'esprit ou des ce facultés supérieures du caractère, » s'il ne voulait plus du Pape enfin, que feriez-vous? — Vous le cootraii* driez, car vous admettez ici la contrainte. Et ce peuple, que fera-t-il dans la contrainte de celle nouvelle et odieuse existence que vous inventez pour lui?... Mais que vous importe? Vous ne vivrez pas là, vous; mais le Pape y vivra; il est bon pour une telle vie. Comme le Pape est un père et l'Église une mère, diles-vous. ils sauront vivre au milieu de la haine, des oulrages * leurs sujets, réduits par Tapplicatlou de votre ridicule et abominable système, à éive des parias au soiu de l'Italie même, les derniers des hommes, comprimés et fi*émissants dans la contemplation et la prière*.
' U faut sorlMit cela hre les joamaux anglais, iiui «Vbstinentds
SUR LA BROCHURE LE PAPE £T LE C0N4;RÈS. ZOi
Voilà dooc ce que vous voulez faire. Que uc TavezfODS dit d^abord et sans phrases?
Ueureasement cela ne sera point! Non, un tel système ne prévaudr a point dans le prochain grand conseil de l'Europe, surtout quand c*est à Paris que ce conseil se doit tenir, et quand c'est la France catholique et victo-
reste habilement à voir dans la brochure un manifeste du gouvernement français :
« 11 petit arriver, dit le Morning Post, que l'hostilité contre la souverainelé temporelle ne fasse que devenir plus Intengc, quand clic sera concentrée sur un espace plus restreint. »
« Certainement, dît le Times, la perspective qoc le pamphlet olVre lux habitants de Rome n'est pas fort agréable. Ils vivront au milieu ta ornes et des vestiges de Tantlquité. Quand ils ne seront pas absorbés par la prière et la contemplation, ils s'occuperont de marcher a tAtuns dans les ténébreuses fondations de leur cité, de classer les mines. (^e pourront-ils faire en outre ? Ah ! ils étudieront les légcndi s des nints et erreront à travers quelques centaines d'églises abandonnées.
« Cependant, si tout cela ne suflil pas aux Romains, 11 leur sera poslible d'aspirer à la dignité de conseiller municipal. D'un autre côté, comme le gouvernement Papal sera soutenu par les contrbulioris de^ grandes puissances catholi»iues, du moins tant que cellr?-cl seront exactes à payer, les Romains auront peu d'impôts h payer, jouiront d'une cour brillante et seront exempts de la guerre. En un mot, leur sort sera quelque chose comme celui des habitants de Delphes, dans !u Grèce antique. Enfin, ce bon peuple de Rome semble destiné à devenir de beaucoup meilleur ou beaucoup plus mauvais que le reste de l'espèce humaine ; condition dans laquelle il n'aura qu'une seule consolation de son esclavage politique et de son nihilisme individuel : celle de vÎYre dans un lien où, tant que la malaria le permettra, il sera facile de gagner de l'argent et de se distraire par de brillants spectacles. Les Romains seront des victimes sacriilées aux autres membres de l'espèce hamahie, qui seront certainement tenus de faire tout leur possible pour aëencir ce sort.
« Ces plans spéculatifs offrent sans aucun doute un attrait de r uriosité et même de poésie, quoiqu'ils soient un peu singuliers, quand ils nous vicnnent.du gouvernement d'une grande nation et à la veille d'un Congrès européen. »
rieuse qui est appelée à l'honneur de le présider. Non, la France ne le permettra pas ; elle ne permettra pas qu'il soit dit que c'est pour aboutir à un pareil résultat qu'elle aurait couru les « chances d'une grande guerre, « gagné quatre victoires, perdu cinquante mille hom- «mes, dépensé trois cents millions et ébranlé l'Eo- « rope. »
C'est assez : votre but est dévoilé. Il est digne de l'absurdité de vos principes et de l'iniquité de vos moyens.
« Quand on Iraite ainsi un pouvoir, dit franchement le journal la Presse, on le déclare aboli. » Mais détruire d'un coup le pouvoir pontiQcal, c'eut été une bratalitéà laquelle le monde n'est pas encore accoutumé; enlefer le Pape de Rome ne se peut guère recommencer; le proclamer incapable dans ses provinces en y supprimant son pouvoir, et capable à Rome en l'y iéshonorant, c'était une trop rare invention pour ne pas se donner l'avantage de la découverte, avec celui d'arriver au but à petit bruit, à petits pas, mais infaillibl^ ment
C'est la même politique qu'en 1809, avec cette différence qu'en 1809 on enlevait violemment le Pape de Rome: aujourd'huila brochure propose simplement de l'y étouffer.
L'enlèvement n'a pas réussi; l'élouffement serait moins scandaleux et réussirait peut-être.
11 faut avouer que tout ceci serait curieux, s'il n'était effroyable; et que nous avons d'habiles adversaires. Nous nous évertuons à leur prouver que le Pape doit être libre, indépendant, souverain, respecté; ils nous répondent que oui, et qu'ils le disent eux-mêmes aussi
haatet plas haut que nous : et pour cela que fout-ils du Pape 7 Une sorte d'idole sourde et muette, enchaînée et immobile au milieu de la vieille Rome ; « immobile « sur sa pierre sacrée. »
Vous avez, Messieurs, une étrange manière d'interpréter le Tu es Petrus^et super hanc petram
Hais prenez-y garde : il est dit de cette pierre que qui s'y heurte s'y brisera : Super quem ceciderU, conteretur.
Nous nous évertuons à leur prouver que Rome, que l'Italie, que l'Europe ne peuvent se passer du Pape; et ils nous répondent : Nous l'eitendons bien comme vous, et nous garderons si bien le Pape à Rome, au centre de l'Italie et de l'Europe, qu'il ne pourra nous échapper. Nous le tiendrons là, dans des embrassements si étroits, que nul ne pourra douter ni de notre tendresse ni de sa puissance.
Il n'y a qu'une difficulté à cela, c'est que les calculs même les mieux conçus réussissent mal contre Dieu : Dieu, du haut des cieux, veille sur son Église; et par des conseils imprévus, par des coups de tonnerre, s'il le faut, comme dit Bossuet, il la tire des plus grands périls, et se joue des habiles de la terre. 11 éclaire, quand il lui platt, la sagesse humaine si courte par elle-même; et puis, quand elle se détourne de lui, « il a l'abandonne à ses ignorances, il l'aveugle, il la pné- « cipite, il la conrond, elle s'embarrasse dans ses pro- « près subtilités, et ses précautions lui sont un piège. » L'épreuve passe enfin et l'Église demeure. Cela s'est vu bien des fois déjà, cela se verra encore.
Vous croyez le Pape vaincu, parce que depuis trois mois on a fait se révolter contre lui ses provinces. Vos II. iO
pensées sont courtes, et, permettez-moi de tous le dir^ vos prévoyances grossières. Nous ne nous rendons p^ si vite. Les Papes en ont vu bien d'autres, et tienne^ encore. Vous croyez le Pape ruiné, parce que les révi>. lutionnaires, après avoir ajouté à toutes ses charges^ déclarent ses finances en mauvais état; en cons^* quence, vous lui offrez une pension alimentaire. Sh bien I non, ce n'est pas de vos mains qu'il la recem; vous êtes de trop grands seigneurs : un jour peut-être vous lui reprocheriez vos bienfaits, ou vous les lui feriez payer trop cher.
Une aumône t Ab I si|ie Père des fidèles doit en être réduit là, il la recevra plus noblement de la main des pauvres que de vous. Cinq cents Évêques, qui, dans le monde entier, hier ont fait pour lui entendre leurs Toix» recueilleraient encore au besoin Fantique Denier de saint Pierre; et le monde catholique lui donnerait même des soldats, s'il le fallait.
Croyez-vous donc que le sang chrétien ait oublié de couler dans nos veines, et que nos cœurs ne battent plus dans nos poitrines ? Prenez-y garde, vous finirex par nous blesser : je ne sais si nous avions besoin d*étre réveillés, mais vous réussissez à merveille à nous oavrir les yeux.
Quoi qu'il en soit, nous attendons et nous prions; pleins d'amertume, voyant ce que les hommes préparent; pleins de confiance, sachant ce que peut la Providence.
Ce matin, mon ami, saint jour de la naissance da Sauveur du monde dans une étable, tandis que je méditais ces tristes choses» j'entendais des voix innocentes et pleines de vie redire dans ma cathédrale : Gloria in
excelsis DeOy et je me disais avec joie : Cela se chantera toujours sur la terre ; mais à ces paroles : Et in terra pax hominihus bonœ voluntatis, je me disais avec douleur : Les hommes n'ont pas la paix et ne la donnent pas, parce qulls ne sont pas des hommes de bonne Tolonté : daigne le ciel leur donner eafln cette bonne i^olonté sincère, et avec elle le courage qui leur manque pour accomplir l'œuvre de Dieu et leur propre destinée !
Que si vous demandez maintenant, mon ami, ma pensée définitive sur cette trop fameuse brochure, je vous dirai : Sauf les calomnies, dont la forme est plus vile chez M. About, c'est une nouvelle édition de son pamphlet. Les conclusions de M. About et celles de la brochure sont absolument les mêmes. Les voici formulées par M. About :
« Au pis-aller et en dernière analyse, le Pape conserve- « rait toujours la ville de Rome, ses palais, ses temples, ses « cardinaux, ses prélats, ses prôtres, ses moines, ses prin- « ces et ses laquais. L'Europe ferait passer des aliments « à cette petite colonie.
« Rome, entourée du respect de l'univers , comme d'une « muraille de la Chine, serait pour ainsi dire un corps étran- « ger au milieu de la libre et vivante Italie. »
Du reste :
a Les princes reliront l'histoire. Ils verront que les gou- « vernements forts sont ceux qui ont tenu la religion sous c leur main; que le Sénat de Rome ne laissait pas aux prô- « très carthaginois le privilège de prêcher en Italie ; que la « reine d'Angleterre et l'Empereur de Russie sont les chefs « de la religion anglicane et russe, et que la métropole sou-
a veraine des Églises de France devrait être logiquement a Paris. »
C'est assez sar cette brochure ; mais en finissant, je demanderai à l'autear, s'il le veut bien, de se faire connaître tout à fait On n'écrit pas de telles pages sans dire son nom ; on n'essaye pas de telles entreprises sans lever son masque. Il faut un visage ici ; il faut des yenx dont on puisse connaître le regard : un homme enfin à qui on puisse demander compte de ses paroles.
f Félix, évêque dVrléans.
Sur le démemliremeiit dont les États-Pontificaux
sont menacés (1860)
Mon cher Ami,
Vous me demandez par votre dernière lettre ce que je pense de l'abandon qui serait fait à la Révolution des provinces Pontificales insurgées depuis la guerre dltalie ; et si Ton peut admettre la nécessité, par suite de cette insurrection, d'un démembrement des États du Pape.
J'hésite à parler encore et à reparaître de nouveau dans l'arène; non que je redoute la contradiction, mais il est pénible d'avoir à discuter ce que la conscience suffit à décider clairement ; et la discussion est ici particulièrement délicate. Mais puisque vous croyez utile que je m'explique avec vous sur cette grave question, je le ferai avec toutes les convenances et la réserve commandées.
Si je consulte d'ailleurs la logique, le bon sens, l'équité, ma réponse sera simple ; je contiendrai mes tristesses, et vous dirai froidement ma pensée. La voici en peu de mots :
1*» Ce n'est pas là une solution ; c'est un expédient qui ne sauve rien et compromet tout ;
Ce serait le sacrifice, en pure perte, d'un droit incontesté et d'un principe capital ;
Ce serait, dans les circonstances où ce démembrement serait demandé, ou plutôt imposé, une déchéance morale, et bientôt la ruine complète, inévitable;
Bon gré, mal gré, ce serait un gage non d'ordre et de paix, mais de trouble et de guerre ;
On n'échapperait par là aux difficultés du moment, que pour les retrouver dans un avenir prochain autrement embarrassantes.
En effet, ce n'est pas l'étendue des États-Pontificaoi qu'on reproche au Pape, c'est toute autre chose : en démembrant ses États, on n'enlève pas aux sujets qu'on lui laisse leurs griefs, vrais ou faux, contre lui ; au contraire, on les sanctionne, et par là même on les aggrave: la situation reste au fond ce qu'elle était, devient même pire ; c'est le Pape avec une province de moins et une faiblesse de plus, au milieu des mêmes ennemis, des mômes dangers, de plus grands encore.
Il ne faut donc pas se laisser tromper par des apparences, et de faux semblants de conciliation ou de générosité : il ne faut point, par impatience ou découragement, prendre pour un accommodement utile ce qui ne serait qu'un sacrifice superflu et désastreux.
2° Le Pape, il est vrai, est faible pour se défendre; mais quand la faiblesse représente le droit, elle n'en est que plus digne de respect. Or, les droits du Pape sur ses États sont incontestables. « Est-il, disait hier un
courageux et éloquent écrivain*, est-il en Europe une souyeraineté qui repose sur une base plus ancienne , plus irréprochable à Torlgine que la Papauté ; et qui, soumise à plus d'épreuves, ait été plus souvent acceptée ou souhaitée par le vœu populaire, et enfin plus solennellement garantie par des traités qu'elle n*a pas violés, et que personne, humainement parlant, n'a le droit de violer contre elle? »
3*» Relativement aux provinces même insurgées , les puissances européennes ne sauraient méconnaître, et reconnaissent en effet , que les droits du Saint-Siège sur les Légations sont incontestables. Je cite textuellement. Je puis donc le dire : il y a là un de ces droits reconnus, auxquels est dû le plus profond respect : une possession garantie parle droit public européen.
Je mets au défi un publicisle quelconque de nommer une souveraineté existante , qui puisse alléguer pour elle un droit mieux fondé, je dis môme au simple point de vue historique et politique , indépendamment de la foi.
W Qu'est-ce qui peut porter atteinte à un droit de souveraineté ? La guerre ?
Les puissances belligérantes ont solennellement proclamé la neutralité du Saint-Siège : le Saint-Père y a été strictement Adèle, et la France a déclaré qu'elle protégerait le Saint Père et sa neutralité contre toute atteinte. — Ce serait la première fois qu'une guerre aurait en-
* La France, VEmpire et la Papauté, question de droit public, par M. VilIemalD, membre de l'institat.
traîné le dépouillemeDt d'une puissance que les belligé- ^ rants avaient déclarée neutre, et que le victorieux avait:iz prise sous sa garantie spéciale.
5"* Le mécontentement des provinces révoltées 1 J'ai^B sur ce point deux choses à dire :
— La première, je la dirai avec franchise, et sans ré
crimination, en constatant simplement le fait : c*est que ,
si ces provinces ont passé du mécontentement à Tin
surrection, c'est notre entrée en Italie qui en a été Foc
casion.
Tout d'abord , le danger fut prévu, et hautement an — nonce par les catholiques ; et ce fut aussi pour le pré — venir et signifier d'avance aux passions révolutionnaire ^ qu'on ne travaillerait point pour elles, que le gouverna ment français proclamait solennellement que la Franc n'allait pas en Italie fomenter le désordre et ébranler pouvoir du Saint-Père ; — que ses droits demeuraier^ i garantis dans toute leur intégrité. C'est cette parole formelle que tous les Évoques de France, dans la coixflance de leur bonne foi, ont redite aux fidèles.
Il y a donc ici pour nous une part de solidarité , qu'il est impossible de décliner ; une parole solennellement donnée, qui oblige.
£h bien I je le demande, est-ce que la responsabilité encourue ne demeure pas tout entière , est - ce que la parole donnée ne reste pas vaine, si ce qu'on redoutait d'une part, ce qu'on désavouaitde l'autre, se consomme, sous nos yeux, et de notre consentement 7
Je demande s'il est de notre honneur de laisser démembrer une souveraineté que nous avions prise sous notre sauvegarde, et qui devait compter sur nous 7
La RëYoIution d'ailleurs ne Teut pas autre chose. Elle se déclare satisraite et reconnaissante, — ses journaux Font dit, — non-seulement de ce que nous avons fait pour ritalie, mais de ce que nous y laisserions faire.
Notre abstention lui est nécessaire, et elle lui suffit.
^ous avons dit que nous ne voulions pas accepter S07i concours : par notre adhésion que ferions-nous ? Nous viendrions lui prêter le nôtre.
Non : la France, première nation catholique du monde, a fondé la Souveraineté temporelle du Pape. En tout temps, elle l'a soutenue. Il y a dix ans, elle Ta restaurée. Depuis dix ans, elle l'a maintenue. Avant la guerre, elle l'a garantie. Jamais elle n'a demandé à l'Europe la permission de remplir son rôle séculaire; autant aurait valu demander la permission de s'appeler la France.
Des promesses publiques, des actes répétés, des services courageusement rendus, lient étroitement le gouvernement français à cette conduite. Devant Tltalie ou devant un Congrès, il est assez puissant pour la faire prévaloir. L'Europe n'a rien à lui commander; l'Italie n'a rien à lui refuser. Rien ne l'a empêché de faire sa volonté; qui peut lui défendre de remplir sa mission?
-— Ma seconde observation, c'est qu'on ne peut avoir deux poids et deux mesures ; permettre à un peuple ce qu'on refuse à un autre ; proclamer ici un principe qu'on tremblerait d'appliquer ailleurs.
Depuis quand le mécontentement, fomenté par la cupidité ambitieuse des uns et l'esprit révolutionaire des autres, a t-il donné un droit à l'insurrection et à la séparation 7 Et où conduirait l'introduction de ce droit nouveau dans le code international de l'Europe 7
Lord Palmerston admettrait-il que sî la France, par exemple» était en guerre avec l'Angleterre, telle ou telle partie du Royaume-Uni, plus ou moins mécontente, acquerrait par là un droit à se soulever et à se séparer?
Or, si j'écoute les publicistes de toute l'Europe, je suis autorisé à croire que l'Irlande a ses mécontentements.
Et si, même en temps de paix, comme nous voyons aujourd'hui l'Angleterre le permettre pour l'Italie, on faisait une souscription en France pour envoyer des fusils aux Irlandais soulevés, le ministre de la reine d'Angleterre trouverail-îl cela bon?
Et que diraient de ce procédé nouveau les puissances européennes, qui doivent aux traités existants, que l'on veut violer contre le Pape, leurs titres aux plus importantes possessions territoriales?
Non, non; il faut voir les conséquences du principe que l'on pose. C'est parce qu'il y a un grand principe impliqué ici dans la violation d'un grand droit, que je défends inflexiblement et le droit et le principe.
6*» C'est ce que ne semblent pas comprendre assez ceux qui disent : Après tout, il ne s'agit là que d'une province de plus ou de moins. — Ce n'est pas tant le fait qui est redoutable ici, le fait de l'annexion plus ou moins prochaine au Piémont des provinces insurgées; c'est le principe au nom duquel le fait s'accomplirait. Eh ! sans doute, l'État-Romain aurait pu, comme tout autre État en Europe, être constitué autrement qu'il ne Test, et ces provinces ne pas lui appartenir; mais elles lui appartiennent : au nom de quel principe les lui enlevez-vous pour les donner au Piémont ? Voilà la ques-
tioD. Si la Silésie prussienne, par exemple, demandait à se séparer, que dirait la Prusse ? Si la Lorraine prétendait s'annexer à TAUemagne, si la Corse prétendait s'annexer à Tltalle, que dirait la France ?
Vous parlez d'incapacité : s'il faut discuter pour chacun la capacité et les réformes nécessaires, et prononcer ensuite des déchéances, où pourrait conduire cet
examen de conscience ? J'examinerai bientôt, s'il
plaît à Dieu, et avec détail, ce reproche tant répété; pour le moment, je me borne à demander: Est-il un trône en Europe sur lequel se soient assis plus d'hommes de génie que sur ce trône-là ? Que furent donc Léon le Grand, Grégoire le Grand, Grégoire VII, Grégoire IX, Léon IV, Alexandre III, Innocent IIÏ; et, dans les temps modernes, Nicolas V, Paul III, Paul V, Jules II mémo, Sixte-Quinl, et tant d'autres, qu'a nommés l'histoire?
Nos adversaires croient-ils donc qu'il y a entre la vertu et le génie le même divorce qu'une brochure récente osait proclamer entre la foi chrétienne et la civilisation ?
Non : il ne s'agit en ce moment ni de l'administration pontiflcale, ni même de l'indépendance italienne.
11 s'agit de savoir s'il est patriotique de couper en deux sa patrie pour satisfaire son opinion? s'il est légitime de s'insurger pour livrer une province à un souverain voisin? s'il est sincère d'appeler mouvement national une conspiration soutenue par l'étranger.
Encore un coup, ce n'est pas là une question de droit canon, mais une question de droit public.
Un Congrès va être formé ; je l'appelle de mes vœux. Eh bien ! qu'il se compose de Russes ou d'Espagnols,
de Suédois ou d'Autrichiens , j'aurai coufiance, si les pléoipoteotiaires ne méconnaissent pas ce premier article de la loi morale : « Ne faites pas à autrui ce que TOUS ne voudriez pas qui vous fût fait à tous* même. »
En effet, il n'est point, je ne dis pas un Souverain qui puisse ôlre assuré de sa Souveraineté; je dis : il n'est pas une nation qui puisse être assurée de la paix, si l'on consacre ce droit d'une province, d'une ville, d'un village de changer de maître quand il lui platt
Mais le Souverain ne veut pas accorder de réformes 1 Est-ce qu'au nombre des réformes, on lui demandait de céder Bologne au Piémont? Non, non, le Piémont et les écrivains qui parlent de réformes, sans jamais rien préciser, seraient bien fâchés que ces réformes fussent faites; ils seraient désolés que celui qu'ils ne cessent d'attaquer devint inattaquable. Ils ne marchent point i la défense d'une idée, ils volent à la conquête d'une province.
Qu'un Allemand, passant à Strasbourg, critique les institutions de la France, il abuse peut-être de l'hospitalité, il est libre pourtant; sa critique peut être une bassesse sans être un crime. Mais qu'il ameute les habitants ou la garnison pour chasser le préfet , c*est uu factieux. S'il est envoyé pour soulever l'Alsace au profil d'un Prince voisin, ce Prince est un usurpateur. 11 a beau parler de la liberté comme un chevalier, il traite la justice comme un pirate. Tout ce qui se fait sous une telle contrainte est nul.
On promet des merveilles à ceux que l'on entraine; on leur assure que, sous un nouveau maître, ils seront plus heureux. Le repentir attend ceux qui se laisseront
iéduire. Mais quand cela serait vrai , quand même 1c sbangement serait un progrès, il ne cesserait pas d'être ine injustice.
C'est, dit-on, le droit nouveau des peuples! Oui, on 3D a vu des exemples en Amérique.
Peut-être que le Texas est plus heureux d'appartenir lux États-Unis qu'au Mexique. Et pourtant la voix d'un ^nd citoyen , Ghanning, retentit encore , dénonçant cette prétendue guerre de rindépend^nce qui a livré le Texas à sa patrie comme une iniquité monstrueuse. Certes, ce n'est pas ici un Évêque défendant les idées cTun autre âge, c'est un républicain qui parle *.
On a osé faire allusion, à propos du gouvernement du Pape au gouvernement du Grand Turc. Acceptons un moment cette misérable allusion. Est-ce que F Angleterre et le Piémont ne se sont pas unis à la France pour empêcher les sujets chrétiens du Grand Turc d'aller trouver le bonheur sous le sceptre du Gzar ? On a soutenu le Turc, non parce qu'il était Turc, mais parce qu'il était opprimé. L'Angleterre et le Piémont veulent dé-
^ « Dans l'armée de huit cenls hommes qui onl remporté la victoiro, dissipé les forces mexicaines et fait prisonnier leur chef, il n'y avait pas plus de cinquante citoyens du Texas qui eussent des grief;; h venger sur un champ de hataille. Dans cette guerre, les Texiens ne sont qu'i;n nom, on prétexte, à Tabri duquel les aventuriers venus d'une antre contrée ont accompli leur œuvre de pillage.
« n est des crimes qui, par leur énormité, touchent au sul»lime; la prise du Texas par nos concitoyens a des droits à cet honneur. Los frmps modernes n'offrent aucun exemple de rapine commise par des individus sur une aussi large échelle. Ce n'est rien moins que le vol d'un État. Le pirate prend un vaisseau ; les colons et leurs assoiiés ne lé contentent pas à moins d'un empire \ »
' Channing, Lettre à M, Clay (é lit. LaI:otilaye).
pouiller le Pape, quoiqu'il soit opprimé, parce qu'il est le Pape.
T Mais pour nous consoler de la dépossession présente, et nous rassurer pour Tayenir, on nous promet la garantie du reste. L'Europe, dit-on, garantira aa Saint-Père, pour prix de ce sacrifice à TinsurrectioD, la possession paisible des États de VÈgilse. Mais quoi T estce que cette garantie n'existe pas déjà ? est-ce qa'i l'heure qu'il est toutes les puissances ne sont pas engagées envers le Pape 7 est-ce qu'il ne peut pas les invoquer, au nom des traités et du droit public européen? Oui, s'il y a encore un droit public européen, le Pape peut aujourd'hui sommer la France, l'Angleterre, la Russie, la Prusse, l'Espagne, la Suède, le Portugal, d'exécuter les garanties jurées.
Celle qu'on lui offrirait aujourd'hui, donnée dans des circonstances moins solennelles , aurait assurément moins de valeur : et si la garantie européenne qui existe ne sufllt pas, cette grande sécurité nouvelle qu'on lui promet serait-elle autre chose que du papier sur du papier?
8° L'Europe garantira au Pape la possession paisible du reste de ses États ; mais ici de deux choses l'une :
L'Europe a, ou n'a pas, le droit et le pouvoir de garantir au Pape ses États contre l'insurrection ;
Si l'Europe a ce droit et ce pouvoir, pourquoi n'en userait -elle pas aujourd'hui ? Et si elle ne Ta pas, comment pourra-t-elle en user plus tard ? — Si elle a ce droit à regard du tout, comme il n'est pas douteux, il m'est impossible de voir comment elle ne l'aurait pas à l'égard d'une partie.
Qne si, au contraire, l'Europe n'a pas le droit de garantir au Pape les provinces sur lesquelles l'Europe reconnaît cependant que les droits du Pape sont incotitestables j quel droit pourrait avoir l'Europe de lui garantir le reste?
9* Voilà ce que dit ici la bonne foi : le droit est certain pour la partie comme pour le tout, pour le présent comme pour l'avenir ; et quant aux moyens, j'ajoute qu'un droit, lorsqu'il est reconnu et proclamé par l'Europe entière, a une force devant laquelle tomberont, plus aisément qu'on ne le pense, toutes les résistances.
C'est ce que disait l'éminent publiciste* que nous avons déjà cité :
a La puissance intervenante et victorieuse n'aurait « nul besoin d'agir par la force contre aucun des disu tricts insurgés ou troublés. Il lui suffirait de ne pas « reconnaître nominalement une translation de pou- « voir, que l'avenir ne maintiendra pas et que n'a ja- 0 mais admise l'intérêt de la France. »
Hais si on laisse faire la Révolution, si on n'intervient pas, je ne dis môme point par la force des armes, mais par la proclamation ferme du droit, par le refus net de reconnaître une dépossession injuste, un démembrement impolitique et violent, qui me dit qu'on garantira efficacement quelque chose dans l'avenir?
Quoi I c'est au moment où vous déclarez impuissante la garantie déjà existante, que vous en promettez une nouvelle? Comment voulez-vous qu'elle rassure?
Et voici déjà un organe du ministère anglais actuel,
^ M. Villemain.
le Morning-Post, qui déclare que Y Angleterre ne garantira rien. En citant ces lignes du journal de lord Palmerston, je ne veux pas dire que l'Église a en face d*elle des hommes dont la passion du moment inspire toute la conduite : politiques de circonstance, politiques sans principes y sans respect pour eux-mêmes ni pour les autres ; mais je ne puis m'empécher de remarquer qoe lord Palmerston , en septembre 18/i7, écrivait ces propres paroles : « L'intégrité des États-Romains doit être (( considérée comme l'élément essentiel de l'indépeD- « dance de la Péninsule. » (Dépêche à lord Ponsonby.) Mais laissons ce qu'il y a là de contradiction. Je veux croire à la droiture. Je crois surtout à la puissance da droit européen reconnu, proclamé ; mais à la condition que l'Europe n'abdique pas ce droit en permettant qu'on le foule aux pieds ; à la condition qu'elle ne laisse pa$ ramener le droit au seul fait de la force.
10° Trop préoccupé du présent et pas assez de l'avenir, on dit : Mais ces provinces se sont soulevées. — Soit : les Romagnes se sont soulevées hier ; mais, qui dc le comprend 7 si on consacre cette révolte , les autres provinces se soulèveroni demain. Qui pourra me dire pourquoi toutes les provinces des Etats-Pontiûcaux n'auraient pas ce droit les unes aussi bien que les autres, et les unes après les autres î
Non-seulement les droits sont les mêmes, mais le cas est identique. Il y a plus, le fait est imminent : Tincen- (lie est allumé et le voisinage est trop prochain. Pour le dire plus clairement, l'exemple est trop bon à suivre, l'encouragement du succès trop puissant
Quoi ! vous croyez que tout se calmera comme par
eDcbantement, parce que Finsurrection aura eu raison, parce que la révolte aura triomphé ?
Dans ce déchaînement de passions ardentes soulevées, 88 flatter qu'on apaisera en Italie et en Europe le génie des révolutions en lui jetant , comme une proie , une partie des États-Pontificaux, c'est se tromper trop étrangement soi-même.
il^" Sans doute, l'Empereur a obtenu la démission temporaire de Garibaldi ; mais Garibaldi , démis , n*en continue pas moins d'adresser aux révolutionnaires, DOD-seulement des Duchés et des Romagnes , mais de tous les États-Pontificaux et de toute l'Italie, les proclamations S les exhortations, les appels aux armes, que chacun lit chaque jour dans les journaux, et dans lesquels il déclare qu'il ne faut s'arrêter que quand rilalie entière sera soulevée ; et c'est pour cela môme qu'il demande aux révolutionnaires de toute l'Europe un million de fusils.
* Tons les journaux publient ces jours-ci, sans un démenti que je connaisse, la dernière proclamation de Garibaldi aux jeunes gens de Pavie ; on y lit les phrases suivantes :
« Tout homme né sur celte terre devrait mettre la main au pavé des « rues.... et venger sur ces misérables hypocrites à soutane noire les t malheurs, les injures, les souffrances de vingt générations passées.... « Et cependant cette race maudite....
m Mais un ennemi terrible existe encore le plus redoutable
« Redoutable parce qu'il est répandu dans les masses ignorantes,
■ où il domine parle mensonge!.... redoutable.... parce qu'il est sacrilé- « gemcnt recouvert du manteau de la religion!.... redoutable.... parce « qu'il vous sourit avec son sourire de Satan!... et qu'il est glissant « comme le serpent... quand il veut mordre!... Et cet ennemi si redou- « table!... si redoutable !...ô jeunes gens!... c'est le prêtre î... à peu « d'exeepUons près, sous quelque forme qu'il se présente à vous!.