‹ Défense de la liberté de l'égliseChapitre 70 sur 75 · RÉDACTEUR EN CHEF DU CONSTITUTIONNEL · texte numérisé non relu

RÉDACTEUR EN CHEF DU CONSTITUTIONNEL

Relative à Mgr Rousseau, fvéque d'Orléans (1860)

Monsieur,

Vous m'obligez à entrer en lice avec vous. Malgré les trois lettres que vous aviez bien voulu m'adresser précédemment, j'avais pu jusqu'ici m'y refuser ; mais vous faites paraître avec vous aujourd'hui devant le public un de mes prédécesseurs ; je ne saurais me dispenser de vous y suivre.

Rien ne me convient moins, assurément, que de troubler la mémoire et la paix des morts ; mais quaod on les évoque contre l'Église, le respect qui leur est dû ne peut plus commander le silence, et empêcher de dire la vérité.

Les cendres de Mgr Rousseau reposent dans ma cathédrale avec celles de mes autres prédécesseurs : je demande chaque jour à ces souvenirs de la mort les leçons dont j'ai besoin pour éclairer et guider ma vie; je regrette d'avoir à confier au public la leçon que Mgr Rousseau me donne aujourd'hui par vous.

Cinquante ans ont passé sur sa tombe : Dieu a jugé

LKTTRE A M. GRANDGUILLOT. 335

son âme et ses intentions; mais puisqu'on me condamne à juger ses actes et ses paroles , je le ferai en toute liberté et toute justice, au nom de FÉglise et de la vérité ; et si ce que je vais dire pèse un jour sur sa mémoire, qu'il me le pardonne I on m'y oblige ; je le dois, et je le fais avec tristesse : Pace tua dixerim.

Je vous dirai d'abord , Monsieur, avant d'entrer en matière, que je regrette d'avoir reçu si tardivement (ce matin seulement , à la date du U février) la lettre dont vous aviez déjà saisi l'opinion publique ; c'est ce qui vous explique le petit retard de ma réponse.

J'ai été également surpris, je l'avoue, et d'autres comme moi , en ouvrant votre journal , de voir en tête de ses colonnes une Lettre de VÈvêque d'Orléans aux Supérieur et Directeurs de son petit séminaire. Ce litre, qui paraissait me désigner, ne pouvait longtemps égarer vos lecteurs, sans doute, mais piquait leur curiosité.

Du reste, cette lettre d'un de mes prédécesseurs, vous la donnez comme une réponse à l'écrit que je vieus de publier sur le démembrement dont les Êtats-Pontificaux sont menacés. Vous n'avez pas voulu me répondre vousmême, parce que, dites-vous, c'est une cause que Sa Grandeur défend avec plus d'ardeur politique que d'àlarme religieuse.

Vos préoccupations personnelles. Monsieur, ont ici évidemment abusé votre sincérité et votre courtoisie. Je laisse à la bonne foi publique le soin de décider si, dans un débat qui intéresse à un si haut point la Religion, l'âme des Évoques porte moins d'alarme religieuse que la vôtre d'ardeur politique.

Quant aux arguments de ma Seconde lettre à un ca-

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tholique^ ils n'étaient pas nouveaux, dites-vous : Toiià pourquoi vous n*avez pas essayé de les réfuter. C'est vrai ; mes arguments n'étaient pas nouveaux : c'étaient simplement les principes éternels de la raison , de la justice et de l'honneur; jusqu'à preuve contraire et réfutation quelconque , j'ai droit de les croire irrréfutables. Vous me trouverez peut-être bien présomptueux, Monsieur; mais je vais plus loin, et je crois que c'est précisément parce qu'ils sont irréfutables que vous ne les avez ni publiés ni réfutés; ni vous, ni d'autres; sauf le Siècle, toutefois, dont la réfutation n'a été qu'une calomnie. Puissants adversaires, qui ne savent lutter contre leurs contradicteurs qu'en étouffant leurvoii dans Toppression de la calomnie ou du silence ! Mais j'ai tort, Monsieur, de vous comparer au 5tèc/e. Laissons ce journal. Vous avez de l'honneur : si je me trompe donc, faites ce que vous n'avez pas fait : publiez ma le lire et réfutez-la I

Mais non ; vous trouvez plus commode et plus habile de m'opposer un de mes prédécesseurs : ce saint Êvêque, un des plus illustres prélats de V Église de France, ditesvous, qui, en 1810, quand le Pape était chassé de Rome et prisonnier de Napoléon , écrivait confidentiellement, diles-vous encore, au Supéneuret aux directeurs de son petit séminaire , loin de toute pression humaine et de toute contrainte officielle, la Letlre que vous citez.

C'est donc de Mgr Rousseau que je dois m'occuper maintenant et de la pièce que vous publiez.

Voici ce que je vous dirai d'abord de ce document :

Je l'accepte comme aulhentiquc sur votre parole, bien que vous l'ayez publié sans date ni signature, et que je n'en aie trouvé aucune copie ni dans mon grand sémi-

RELATIVE A Mgr ROUSSEAU, ËV. D'ORLËANS. 837

Dairc , ni dans mon secrétariat , ni même aucune trace dans les souvenirs du clergé Orléanais.

Je ne crois pas toutefois qne ce fût une lettre , mais plutôt un discours adressé par Mgr Rousseau aux directeurs, non de son petit séminaire, comme vous le dites, ce qui eût été parfaitement ridicule, mais de son grand séminaire, ce qui était déjà assez fâcheux.

Ce dont je suis plus sûr encore, et ce sur quoi je dois insister, c'est que ces paroles ne furent pas écrites ou prononcées loindetoute pression humaine et de toute contrainte officielle; et si je me permets de vous contredire ici, c'est que je tîensledétailde Mgr Rousseau lui-môme: ce fut en conséquence d'une circulaire ministérielle , et en quelque sorte sous les yeux du ministre, à qui il l'envoya, que ce discours fut prononcé.

En effet, le 26 juillet 1810, Mgr Rousseau écrivait au minisire des cultes : « Le 1" juillet , j'adressai à Votre « Excellence copie du discours que j'ai prononcé dans « mon séminaire, en conséquence de voire circulaire du « 2li avril dernier. »

Je dois ajouter que ce n'était pas dans toute son i/irfépendance , comme vous le dites encore, Monsieur , que Mgr Rousseau fit une telle œuvre; mais au contraire, je suis condamné à le dire , dans la préoccupation la plus vaine , la plus servile. Ce discours fait en conséquence à' nue circulaire officielle, il l'envoie au ministre. Le ministre ne daigne pas lui répondre. Inquiet, presque désolé, après vingt-cinq jours, du silence ministériel (M. Portails, alors ministre, était un homme honorahle à qui lesbassesses ne plaisaient pas), il écrit encore pour savoir... s'il a bien parlé, s'il en a trop dll ou pas assez au gré du ministre : « La continuité du silence du mi- II. 22

3«8 LETTRE A M. GRAMDGUILLOT

a Distre sur cet écrit de ma part, malgré le vœu que ftA a renouvelé à Votre Eicellence de saToir ce qu'elle a « pensait, m^est infiniment pénible. Devais-je diredau vantage^ ou en ai-je trop dit ? Je vous supplie, Mooa seigneur, de dissiper cette crainte. »

Voilà, Monsieur, comntent Mgr Rousseau pariait aux directeurs de son petit séminaire, loin de twk pression humaine et de toute contrainte officielle^ dans toute son indépendance.

C'est dans les mêmes sentiments que, pea de temps après le décret de Napoléon qui réunissait les États do Pape à l'Empire français, peu de jours même après que le générai Radet eut eulcyé violemment le Pape da Vatican, Mgr Rousseau écrivait encore à rarchichancelier de TEmpire , Gambacérès , le 7 août 1809 : « Je reste (( convaincu que c'est ici le moment où les chefs de (( l'Église gallicane doivent se rallier, se serrer en quelce que sorte davantage autour du trône.... et se serrir (( de toute rinfluence de leur ministère pour empêcher ({ le fanatisme ou la mauvaise foi de parvenir à jeter a l'alarme dans la portion des fidèles plus dévote qu'é- « clairée. »

(( Votre rang dans l'État, Monseigneur, » ajoutait avec une respectueuse confiance Mgr Rousseau, o ei « votre influence sur ma promotion à VÊpiscopat^ tnu fluence que je n'oublierai de ma t?te, justifient le dé- « tail où je viens d'entrer. »

Gambacérès ne manqua pas de lui répondre: & Modu sieur l'Évêque, les sentiments que vous exprimei « honorent le caractère épiscopal. » (18 août 1809.)

Du reste, iMonsieur, cet Évoque faisait tout ce qu'il pouvait pour honorer son caractère, à sa manière, et

RELATIVE A Mgr ROUSSEAU, ÉV. D*ORLÉANS. 839

au gré da temps où il vivait J'ai sous les yeux toutes les lettres par lesquelles il sollicitait tour à tour, des conseillers d'État, des ministres, de Tarchi-chancelier, les faveurs auxquelles il attachait, dit-il, « un prixin^ fini » pour l'honneur de son ministère : entre autres le titre de baron, puis le titre de chevalier, par une pétition spéciale, afin de pouvoir transmettre le premier de ces titres à l'un de ses neveux, et ainsi le « baroniser » (texte de la correspondance d'un de ses anciens grandsvicaires avec lui *), et le titre de chevalier à un autre neveu ; et il sollicitait enfin le titre d'Électeur et la faveur d'être adjoint au Collège électoral du département ou à celui d'Orléans; afin, sans doute, d'aider à la sincérité et à rindépendance des élections d'alors; et il achevait la lettre dans laquelle il sollicitait une partie de ces belles choses (15 mai 1808), par ces tristes paroles :

' Dans la correspondance de cet ancien vicaire-général, lequel, je me bâte de le dire, n'était pas d'Orléans, mais de Basse-Normandie, et se nommait D***D***,jelis à la date dn il avril 1808 :

« Vous avez encore l'un et l'autre à être félicités de ma part sur le futur titre de baron... Est-il vrai que la mairie d'Orléans a été vous chercher à votre palais dan; une belle berline attelée de quatre chevaux, le jour que vous deviez venir donner votre bénédiction aux drapeaux de la garde d'honneur qu'elle avait formée pour le passage de l'Empereur, et qu'après votre cérémonie, on vous a reconduit chez vous et prié de regarder comme à vous cet équipage? — Pareille galanterie, offerte de la sorte, en double le prix. — On prétend encore que, pour fournir les moyens d'entretenir cette voiture et les chevaux, les deux départements qoi composent votre évéché , avec les 10 000 francs qu'y attache le gouvernement, en ont porté le revenu jusqu'à 30000?...

« Comme il est d'usage que l'Empereur dans ses voyages jusqu'à présent gratiûelcs évèques chez lesquels il s'arrête, de son portrait entouré de diamants sur une boUe d'or, valant communément 15 à 18 000 francs, j'espère, dis-je, que cette bonne aubaine aura mis le comble aux avantages de cette journée si mémorable pour vous. »

340 LETTRE A M. GRANDGUILLOT

« Ma vive reconnaissance pour TËmpereur me fait (( un devoir bien doux à remplir, celui de montrer k « prix infini que j'attache à jouir des distinctions qae « S. M. a daigné, dans sa sagesse, accorder à l'Épisco- « pat, distinctions si propres à ajouter à la considération « dont notre ministère a besoin d'être environné. »

Mais laissons là, Monsieur, ces préliminaires, étalions au fond du discours de Mgr Rousseau et des doctrines qu'il contient.

Mgr Rousseau, dans sa Lettre ou dans son Discours, traite particulièrement de deux choses : de la Souveraineté temporelle du Pape^ à propos du sénatus-consulte du 17 février sur la réunion des États-Romaios ù FEmpire, et des libertés de f Église gallicane^ à propos de la circulaire du 2^ ayril sur renseignement obligé des quatre articles ; puis il exprime les sentiments que les directeurs de son séminaire doivent inspirer à leurs élèves.

Sur tout cela. Monsieur, je suis condamné à vous dire simplement que Mgr Rousseau ignorait Thistoire; qu'il ignorait plus encore les vrais principes de TÉglisc gallicane; et, ce qui est pire, quil ignorait Tbonneur épiscopal.

Sur la souveraineté temporelle, il ignorait Thistoire; il ignorait le droit catholique; il ne tenait aucun compte du droit européen. Il invoquait le grand nom de Bossuet, le nom de Fleury ; ils ne les avait pas même lus.

Sur la souveraineté temporelle, l'histoire vraie, l'histoire connue de tous ceux qui savent quelque chose en histoire, la voici :

l"" Avant Constantin, dans les premiers siècles, 1*Église romaine n'avait ni souveraineté ni seigneuries

RELATIVE A Mgr ROUSSEAU, ËV. D'ORLÉANS. 3U

temporelles, mais seulement des biens très-considérables qu'elle tenait de la libéralité des princes chrétiens, et qui étaient nécessaires à Texercice de sa souveraineté spirituelle.

2* De Constantin à Grégoire II, les Papes possédèrent de nombreux patrimoines, dont plusieurs étaient de véritables principautés. Ils avaient de plus, surtout depuis le pontificat de saint Grégoire le Grand , une immense influence dans les affaires temporelles , fondée sur le respect et la confiance des princes et des peuples , mais point encore de grande souveraitielé proprement dite.

3* Depuis Grégoire II jusqu'à Charlemagne , il y eut une véritable souveraineté. Les savanls Tont nommée une souveraineté provisoire; mais , quel que soit son nom , elle était réelle ; elle existait en fait et en droit : elle avait Tinvestilure du lemps, de Tusage public et de la gratitude des peuples ; nul ne la contestait, et l'Orient iui-mème lui rendait d'involontaires et éclatants hommages. Rome et ritalie n'attendaient plus que l'heure de la Providence.

/i* Enfin celte heure arriva, et Charlemagne reçut la glorieuse mission de fonder définitivement la souveraineté temporelle du Saint-Siège, enrestituant au Saint- Siège {restituer^ c'est le mot dont se servent tous les historiens du temps) les villes et les provinces qui lui appartenaient, en y ajoutant les donations les plus importantes.

Ce qu'il y a de remarquable ici , Monsieur, c'est que les vingt-deux villes de l'Exarchat de Ravenne et de la Pentapole, dont le Saint-Siège fut mis, il y a dix siècles, en possession souveraine par Charlemagne, sont celles

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précisément que le Piémont convoite aujoard'hui \ comme les Lombards d'autrefois ' ^ après y avoir envoyé ses commissaires , qui ne nous rappellent ni les temps, ni lesmmi dominici de Gharlemagne. — OGharlemagne I qu'es-tu devenu ?

Mais laissons les grands souvenirs, et revenons à moi prédécesseur. Le droit, le droit sacré, inviolable, de la souveraineté pontificale, que Valliance positiw de la religion avec la scolasUque , pour me servir ici de son étrange langage , n'a pas enseigné à Hgr Rousseau (je dois avouer que la scolastique en cette affaire^ etsll^ tout son alliatice positive avec la religion, me paraît ooe

^ L'Exflrcbat de Ravenne et la Pentapole comprenaient Tiogl-detu ▼illes, savoir: Ravenne, Riminl, Peaaro, Fano, Gesene, Sinigagfia, letl, ForHmpopoli^Forll, Gaatrocaro, Montcfeltro, Aceniago, Moolélocari, Seravalle, San-Marigni, Bobio, Urliin, GagUo, Luccoli près de Cndiano, Eugubio, Comacchlo et Nami.

Parmi ces villes on comprenait sous le nom de Pentapole : Rimini Pesaro, Fano, Sinigaglia et Ancdne.

' Voici comment Mgr i'évèqae de Perpignan raconte les éYéDemeaU de cette époque :

« Dans le siècle même où la souveraineté temporelle a été agrandie par la piété de Ctiarlemagne, elle a eu un ennemi insigne, le roi deB Lombards ; fi s'appelait alors Didier. Ce roi des Lombards avait dlllustres exemples de vertu dans l'histoire de sa famille. 11 avait reçu une éducation chrétienne. II promit plusieurs fols, par lui ou par son ministre, de respecter le territoire des Ëlats de l^glise. Mais il était tourmenté du besoin d'annexer à son royaume les contrées voishies, dont plusieurs étaient placées sous l'auguste sceptre du Sonveraio-PontUB. Les émissaires habiles et hardis qu'il y entretenait le servaient bien. Il arriva donc que, tout en protestant de sa profonde vénération pour le chef de TËglise, le roi des Lombards s'adjugea la possession de Bologne, Ferrare, Faenza, Imola, Ravenne, ainsi que d'antres lieux comprit dans l'Exarchat de cette dernière ville, particulièrement dans la province qui s'appelait alors rËmilie, et qui est aujourd'hui la Romagne. 11 fallut que Gharlemagne revint pour le remettre dans l'ordre et le po- Jiir de ses usurpations. »

RELATIVE A Mgi ROUSSEAU, ÉY. D'ORLEANS. 34a

|}es expressions les plus sioguliëres de ce document) ; quoi qu'il en soit, ce droit antique et sacré, Bossaet^ dont Mgr Rousseau invoque Tautorité , Bossuet Tensei^ gne , contre lui et contre tous , avec une force et une netteté à laquelle il n'y a rien à répondre; et son auto* rite fut citée un jour à Napoléon lui-même, qui ne sut que répliquer.

Tout le monde connaît aujourd'hui la scène des Tuileries :

« Sire, répondit M, Émery à Napoléon, Votre Majesté « honore Bossuet et se plaît à nous le citer souvent. Void « ses paroles ; je les sais par cœur :

tt Nous savons que les Pontifes romains possèdent « aussi légitimement que qui que ce soit sur la terre des u biens, des droits et une souveraineté {bonajura, iraa peria). Nous savons de plus que ces possessions, en (t tant que dédiées à Dieu , sont sacrées , et qu'on ne « peut, sans commettre un sacrilège, les envahir. Le « Saint-Siège apostolique possède la souveraineté de la « Yille de Rome et de ses États, afin qu'il puisse exercer a sa' puissance spirituelle dans tout l'univers plus libreu ment^ en sécurité et en paix {liberior ac tutior). Nous « en félicitons non-seulement le Siège apostolique , mais u encore toute VÊglise universelle , et nous souhaitons « de toute Tardeur de nos vœux que ce principat sacré « demeure à jamais sain et sauf en toutes manières. »

Ces paroles de Bossuet étaient tirées de la Défense de la déclaration du clergé de France, que cite Mgr Rousseau, dont il impose l'étude à son séminaire, et qu'évidemment il n'avait pas lue lui-même.

Mgr Rousseau ignorait le droit catholique de la souveraineté temporelle aussi bien que l'histoire : Fleory,

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quil invoque, et qui, il faut le dire, n'est pas icinoeactorlté suspecte, aurait pu lui donner la raison profonde de ce droit :

« Depuis que l'Europe est divisée entre plusieurs « princes, si le Pape eût été le sujet de Tun deux, il eût « été à craindre que les autres n'eussent eu peine à le a reconnaître pour le Père commun, et que les schismes « n'eussent été fréquents. On peut donc croire que c'est « par un effet particulier de la Providence que le Pape « s'est trouvé indépendant et maKre d'un État assez « puissant pour n'être pas aisément opprimé par les « autres souverains, afin qu'il fût plus libre dans Texertt cicc de sa puissance spirituelle , et qu'il pût contenir « plus facilement tous les autres Évéques dans leur dett voir. C'était la pensée d'un grand Évéque de notre « temps (de Bossuet). » (Fleury, Hist. Eccl., t. XVI, dise, n* 10.)

Et Bossuet au besoin aurait pu dire à Mgr Rousseau, avec une autorité plus haute encore que celle de Fleury :

« Dieu, qui vouinit que cette Église, la mère commune <( de tous les royaumes, dans la suite ne fût dépendante « d'aucun royaume pour le temporel, et que le Siège où (( tous les fidèles devaient garder l'unité, à la un fûtmis « au-dessus des partialités que les divers intérêts elles « jalousies d'État pourraient causer, jeta les fondements « de ce grand dessein par Pépin et par Charlemagne ; « c'est par une heureuse suite de leur libéralité quel'É- « glise, indépendante dans son Chef de toutes les puis- « sanccs temporelles, se voit en état d'exercer plus libre- « ment, pour le bien commun, et sous la commune « protection des rois chrétiens, cette puissance céleste

RELATIVE A Mgr ROUSSEAU, ÉV. D'ORLÉANS. 345

« de rc^gir les âmes ; et que, tenant en main la balance « droite , aa milieu de tant d'empires souvent ennemis, (( elle entretient Tunité dans tout le corps, lanlôt par « d'inflexibles décrets , et tantôt par de sages tempéra- « menls » {Discours sur l'unité de FÊglise) *.

J'ai dit que Mgr Rousseau, non-seulement ignorait le droit catholique, mais ne tenait aucun compte du droit européen ; j'irai plus loin : quand il parle « des possessions a temporelles du Saint-Siège, que le droit de la guerre « peut lui enlever, dit-il, et que le puissant motif de

<C FAIRE LA PAIX EMPÊCHE QU'ONNE LUI RENDE; )) quand CCS

paroles s'appliquent à un état faible, désarmé, envahi, bien que sa neutralité essentielle eût été proclamée; quand je vois là que celui qui a pris est celui qui p( ut rendre ; quand j'entends un Évoque demander au nom de la paix qu'on n'accomplisse pas la justice, je ne rc-

' Bossuet, Fieury, ne sont pas les seuls à établir les droits de la souyeralneté temporelle du Saint-Siége. Les auteurs les moins suspects sont ici d'accord avec eux.

1" C'est ainsi que Gibbon écrivait : « Le domaine temporel des Papes « se trouve fondé sur mille ans de respect, et leur plus beau litre à In « souveraineté, c'est le libre choix d'un peuple dclivié par eux de la « servitude. •

« 2** Le pouvoir croissant de ces PonlifeSj » dit Sismondi, « était « fondé sur les titres les plus rcapectahles des vertus et des bienfaits. • [Hist. des rép. Italiennes, tome l'r, chap. III, p. 122.)

3** M. Daunou ne pouvait s'empêcher d'écrire : « Pères et défenseurs « du peuple, médiateurs entre les grands, chefs de la re igion, 1rs Papes

< réunissaient les divers moyens d'influence que donnent les i ii hesses, m les bienfaits, les vertus et le sacerdoce suprême. » [Essai hist , tome I*' ««pages 29 et 30.)

\** Enfin Voltaire lui-même déclare que « le Icmiis a donné au Saint- « Siège des droits aussi réels sur ses Klats que Us autres souverains

< de l'Europe en ont sur les leurs. » (Voltaire, Essai sur les inreurs^ chap. XIII.)

m LETTRE A M. GRÂMDGUILLOT

connais plus, dans ce lÀcbe et hypocrite abandon da faible et dans cette indigne oppression , ub droit des gens quelconque ; je ne vois plus là qu*un droit qui n'a qu'un nom ; c'est ce qne les Latins auraient appelé lor trocinium^ et que, si ¥00s le Yoolez, Monsieur, je nommerai simplement le droit à jamais odieux du plus fart

Hais laissons là le droit européen, le droit catiioliqae et rhistoire, dont je ne puis indiquer ici que les faits principaux. Du reste, Monsieur, je l'espère, je ne tarderai pas à raconter et à expliquer tout cela dans tout te détail nécessaire. Je prépare, et si les éTénements me le permettent, je ferai prochainement paraître on livre sur cet important sujet. J'écris ce volume sur la brèche, et je le publierai peut-être sur des ruines ; mais qu'importe ? ces ruines seraient sacrées pour moi, et je m'y ensevelirais volontiers avec mon livre et ma pauvre plume, sûr de ma cause et de l'avenir. Car, sachez-le bien, les ruines que vous pouvez nous faire ici sont des ruines immortelles; elles garderaient, cette fois comme toujours, un germe de résurrection; et quant à moi, si un jour Dieu daigne me recevoir dans une vie plus heureuse et meilleure, où je rencontrerai enfin la vérité, la justice et l'éternel honneur, j'aurai la consolation d€ penser que mes successeurs, dans cinquante années, en priant Dieu pour mon àme, ne seront point condanmés à se défendre eux-mêmes contre moi, et à venger l'Église de mes trahisons ou de mes lâchetés.

Venons maintenant aiix libertés de V Église gaUicant

(( Quand elles n'auraient pour elles que l'autorité de

« Bossuet, dit Mgr Rousseau, elles ne peuvent être rao-

ce gées au nombre de ces opinions d'école, qu'il est li-

. « bre d'embrasser ou de rejeter. »

RELATIVE A Mci ROUSSEAU, ËV. D'ORLÉANS. S47

La Uiéologie, Monsieur, est un terrain sur lequel il est périlleux de se risquer à l'aventure. Vous qui afQrmez si intrépidement que ce saint évêque.,.. — permettez-moi de vous dire que, bien que vous soyez un catholique sincère^ comme vous me l'affirmiez dans une leltre que je n'ai pas reçue, et que je n'ai même connue qu'en m'abonnant alors au Constitutionnel, vous n'êtes pas en* core un catholique assez expérimenté pour décerner la sainteté ; — vous donc, qui affirmez si intrépidement que mon prédécesseur reste ici fidèle aux plus antiques doctrines de VÊpiscopat français^ vous ne paraissez guère vous douter que Mgr Rousseau entasse ici énormités sur énormités : il y en a au moins quatre :

La première, c'est que l'autorité de Bossuet suffirait pour faire d'une opinion un dogme ;

La seconde, c'est que tous les Français doivent aux quatre articles une entière et active soumission;

La troisième , c'est que ces articles ont le caractère d'une décision de concile national ;

La quatrième , c'est que les conciles nationaux, sans le Pape, et même contre le Pape, peuvent faire des dogmes de foi.

Ce ne sont pas là seulement des erreurs, ce sont, je le répète, des énormités également contraires à toute théologie, à tout bon sens, et à l'histoire.

Quiconque a étudié les éléments de cette question sait que les quatre articles ne sont pas un décret, ayant la moindre force obligatoire, comme le dit expressément Bossuet lui-même, leur rédacteur, mais une simple déclaration : leurs auteurs n'ont pas voulu, et n'ont pas pu faire autre chose.

Jamais les libertés de l'Église gallicane ne furent

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mises aa rang des dogmes : ce sont tout au plus de pures opinions qu'il est parfaitement loisible à toat Français de rejeter. Bossuet n'avait pas de doute à cet égard, ni Louis XIV non plus.

Louis XIV était , je crois, assez zélé ponr ce qo'on appelait de son temps les libertés gallicanes, mais il rétait beaucoup moins que Mgr Rousseau. 11 avait voulu, par un décret, rendre obligatoire renseignement des quatre articles; mais il retira bientôt son décret, et déclara formellement, dans une Lettre au Pape, qu'il « n'obligeait personne à les soutenir contre sa propre '( opinion; qu'il n'était pas juste d'empêcher ses sujets (( de dire et de soutenir leurs sentiments sur uneroa- <( tiëre qu'il est libre de soutenir de part et d'autre. »

Ceci était du simple bon sens du temps de Louis X(V, même avec une religion d'État. Mais prétendre aujourd'hui imposer la croyance et l'enseignement des quatre articles à tout Français, quand tout Français est libre même de ne pas croire en Dieu, et de dire qu'il n'y croit pas, ce serait assurément le comble du ridicule.

Du reste, quand Mgr Rousseau invoque encore iâ ù l'appui de sa théologie, les noms de Bossuet et de Fleury, je suis obligé de redire qu'évidemment encore il n'avait pas lu ces auteurs.

Voici ce que dit Fleury : « Les gens du roi, ceui-là « même qui ont fait résonner plus haut ce nom de li- « bertés, y ont donné de rudes atteintes, en poussant « les droits duroijusqu'àj'excès... La grande servitude (( de rÉglisc gallicane, s'il est permis de parler ainsi, « c'est l'étendue excessive de la juridiction séculière... « Aussi quelque mauvais Français réfugié hors du « royaume pourrait faiie un traité des servitudes de

RELATIVE A Mgr ROUSSEAU, ÉV. D'ORLÉANS. 349

Il i'Église gallicane, comme on en a fait des libertés, et « il ne manquerait point de preuves. » (Nouv. opusc de Fleury, p. 157 et suiv.)

Évidemment Mgr Rousseau n'avait pas lu Fleury : il avait encore moins lu Fénelon.

Fénelon dit dans le mOme sens que Fleury :

tt Les libertés de TÉglise gallicane sont de véritables « servitudes.... Le roi, dans la pratique, est plus chef 0 (de l'Église) que le Pape en France. Nos libertés à a l'égard du Pape sont des servitudes à l'égard du roi. » (Lettre du 3 mai 1710.)

Mgr Rousseau n'avait pas bien lu, non pins, Hossuet; car Bossuel, en parlant des libertés de TÉglise gallicane, a soin d'avertir avec insistance qu'il faut « expliquer « ces libertés sans aucune diminution de la véritable a grandeur du Saint-Siège^ et de la manière que les « entendent les Évéques, et non pas de la manière que a les entendent les gens du roi. » (Lettre au cardinal d'Estrées, du l^"^ décembre 1681.)

Et , dans sa Défense de la déclaration , il a soin de faire remarquer que les Évoques de France, pour aller au-devant des u abus introduits par les gens du roi « contre les droits de VÉglise, ont eu la précaution « d'avertir qu'on ne doit regarder comme ayant force a de loi que les statuts et coutumes établis du consena TEMENT DU Saim-Siége et des Églises. » {Déf. déclar., a lib. VI, c. XX.)

Vous le voyez, Monsieur, Mgr Rousseau ignorait les vrais principes de l'Église gallicane autant que l'histoire et le droit catholique.

Mais ce qui est pire, j'ai été condamné déjà à le dire, il ignorait surtout Thonneur épiscopal.

«50 LETTRE A M. GRANDGUILLOT

U est évident, Monsieur, qae, malgré le document dont vous Tenez de mettre le public en possession, yoos ne connaissiez pas Mgr Rousseau. Si vous Taviez bieo connu, vous n'eussiez pas invoqué son autorité; vous ne l'auriez pas nommé un des plus illustres prèlais de l'Église de France, Vous ne devrez pas être surpris d'ailleurs que Mgr Rousseau soit mieux counu à l'Évéché d'Orléans que dans les bureaux du Constitutionnel Vous me condamnez aujourd'hui à tous le faire connaître. Je remplis cette tâche avec regret ; mais je dois la remplir. Voici donc la simple, mais triste vérité.

.Mgr Rousseau fut un prêtre respectable^ mais dans le sens le plus abaissé du mot : d'un esprit médiocre, et d'un caractère plus médiocre encore. Tout ce qui reste ici authentiquement de lui le démontre surabondamment. J'ai depuis ce matin sous les yeux ses mandements, ses ordonnances, une partie de sa correspondance; le tout, comme style, comme doctrine, est d'une extrême vulgarité.

Mais on peut racheter la médiocrité de l'esprit par la dignité de Tâme. Il n'en fut pas ainsi de TÉvéque dont vous parlez ; vous en jugerez bientôt vous-même, comme on en juge à Orléans. J'ai laissé son portrait dans une des salles de mon Évêché ; et je me le suis reproché quelquefois, lorsque j'entends des Orléanais, quand ils passent devant cette figure, dire à voix basse et en baissant les yeux : « Hélas ! cç fut un bien pauvre homme. »

Vous dites qu'il avait été prédicateur ordinaire de Louis XVI. Môme avant de connaître les pétitions dont je vous ai parlé, nous savions qu'il fut aussi baron de l'Empire, et de plus membre de la Légion d'honneur;

RELATIVE A Mgr ROUSSEAU, ÉV. D'ORLÉANS. 351

car il ne manqua jamais de dire ces deux choses en tête de tous ses mandements.

Il ne sut pas porter le poids de cette fortune; sa tête, son cœur, son caractère, tout y fléchit.

Le premier acte de son administration, en entrant dans son diocèse, fut de recommander la Taccine à ses diocésains. S*il n*aYait fait que cela, ce serait bien ; mais malheureusement il fit autre chose. Et sur la grande quantité de mandements, lettres, circulaires publiques et privées, qui nous restent de lui, nous trouvons bien moins de monuments de son zèle pastoral que de ses lâches complaisances et de ses adulations. Les lettres que j*ai déjà cftées de lui au ministre et à Tarchichancelier de l'Empire, suffiraient à le prouver. J'en pourrais citer cent autres d'égale force. Je ne vous dirai pas comment il comparait l'empereur Napoléon tour à tour à David, à Salomon et à Josias (17 mai 1807); comment il louait « cet être privilégié, ce mortel extj'aordinaire , rinstrumcnt des impénétrables desseins de Dieu, qui Vassociait en quelque sorte à sa puissance sans cesse créatrice » (6 décembre 1807).

Je ne vous dirai pas non plus comment il voyait la France « couverte de tous les rayons de splendeur et de a gloire qui, du trône de l'Empereur, rejaillissent sur « elle. »

Je n'ajouterai pas comment la coïncidence de la fête de r Empereur avec la prise de Madrid lui parait un

SUPERBE DÉVELOPPEMENT DE LA PROVIDENCE, et unC SanC-

(ton immuable du choix du souverain que Dieu, dans sa sagesse et sa miséricorde, a donné à l'Europe pour en être Varbitre.

« Jamais, ajoutait-il, la clém'^nce avec la gloire ne

352 LETTRR A M. GRAKDGUILLOT

u parut se déployer avec plus d*éclat que Madrid vient (( de réprouver. Aux tendres sollicitudes de Napoléon, u TEspagne ne croirait-elle pas avoir à la place d*un roi (( victorieux le meilleur d('S pères, veillant à la sûreté (c de ses enfants ? » (23 décembre 1808.)

u Du reste, écrivait-il à son ami le cardinal Maury, dam mes Mandements je n'ai qu'une seule idée : Notre Empereur épargnant toujours^ autant qu'il est possible, le sang des hommes^ le sang de ses ennemis, comme celui de ses sujets, » — Cette phrase lui plaisait, car je la retrouve encore dans une lettre à M. Émery.

Je ne vous dirai pas enfin comment il voulait que le 15 août on prêchât tour à tour sur les vertus de la Sainte Vierge, et sur l'Empereur, qu'il se plaît à nommer sans cesse l6 Fils aîné de V Église.

Le Fils aîné de l Église I Le pauvre Évêque oubliait qu'il y a des fils aînés qui traînent quelquefois leur père en captivité, et d'autres, dans le bas-empire, qui firent plus mal encore. Tranquille d'ailleurs dans son évéché, il en parlait à son aise, et pensait peut-être de bonne foi, qu'un Prince impérial devenant un jour roi de Rome, le Pape devenant prince et pensionnaire de TEmpire français avec deux millions de revenus, et lui, Évêque d'Orléans, demeurant baron de l'Empire, membre de la Légion d'honneur, adjoint au collège électoral du département, et puis bientôt peut-être sénateur S toutes les convenances de la hiérarchie civile et sacrée se trouvaient sauvées.

Tout cependant n'était pas douceurs dans les mandements de Mgr Rousseau.

' \\ mourut avant d'avoir pu obtenir son entrée au Sénat.

LETTRE A M. GRANDGUILLOT.: 353

Les Anglais sont vos alliés, Monsieur, dans votre poinique contre le Pape. Je vous épargne ce que dit d'eux xMgr Rousseau dans son mandement sur la guerre d'Espagne, et dans une autre encore, où il parle de « la perfide politique de ces insulaires, de leur atroce machiavélisme, » et les appelle simplement a les ennemis du genre humain, »

Tenez, Monsieur, savez-vous pourquoi, en Ire autres raisons, je n'aime pas le despotisme 7 C'est qu'il a le funeste pouvoir d'avilir les âmes % et, par un juste retour, d'inspirer aux despotes pour les hommes un mépris égal à leur servilité.

Je pourrais multiplier ces tristes citations ; il faut en finir ; il faut bien cependant revenir, en finissant, à la lettre que vous avez publiée. Je n'ai pas l'honneur de vous connaître personnellement. Monsieur; mais c'est à votre honneur seul que j'en appelle ici.

Quoi I c'est au moment où Pie VU est violemment arracbé de Rome, exilé, prisonnier, et va subir les violences et le long martyre que le monde sait ; c'est alors, pendant que toute l'Église est en deuil, que cet Évéque est transporté d'enthousiasme, et qu'il envoie à l'archichancelier de l'Empire un mandement où il dit que le champ de bataille de Wagram lui paraît être de-

' Croirait-on, par exemple , que ce pauvre Évéquo était tellement enivré, qu'il confondait la gloire de ses mandements avec celle de nos armées? Le 3 mai 1809, il écrivait au cardinal Maury :

■ 11 est tout simple que ma plume, que Votre Éminence m'a ordonné •• de retailler, s'empresse de vous faire Thommagede sa nouvelle pro- « duction. — Vousavez toujours accueilli avec tropde bonté m« en/an /*, « ou plutôt ceux de nos triomphes, pour ne pas me flatter que Monsei* « gneur n'étende la même bienveillance sur celui-ci, dont renfantcment • ne m'a coûté qu'une heure. »

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