III. Suède. — Oothiand
Dans notre Parallèle entre la Bohême et la SeandU nauiey publié en 1856, nous avons exposé les rapports qu'on pouvait reconnaître à cette époque, entre les formations renfermant la faune troisième dans ces deux pays, d'après les observations antérieures de divers savans, et principalement d'après nos longues conférences avec M. Ângelin, durant son séjour en Bohême, en 1855. Nous croyons superflu de reproduire ici les rapprochemens que nous avons faits dans cette publication, au sujet de chacune des classes de fossiles appartenant à la faune qui nous occupe, et nous nous bornons à citer le passage suivant, qui indique suffisamment les convictions que nous avons puisées dans ces études.
„En comparant l'ensemble de la faune de Gothland avec celle de notre division supérieure, nous voyons que les fossiles de nos étages calcaires F — G ne sont pas représentés, en général, dans les dépdts constituant cette lie, tandis que toutes les analogies tendent à nous montrer,
que <;ea mâtues dépota correspondent à notre étage E. I^lous p^ensons donc, que la division aupérieiure de Scandî* navie, telle qu'on la Yoit aujourd'hui, afprès de grandes dénudations, n'offre pas la série complète que nous trouvons en Bohême»^ (ParalL p.. 67.)
A l'appui de ce passage, nous donnon9 çi-apjfès k Ustef des espèces communes entre la Bobème et l'île de Gothland. Cette liste s'est accrue de quelques espèces de Brachiopodes et nous espérons qu'elle s'accroîtra encore, lorsque M. Lindstrôm aura publié son travail annoncé depuis loDg-temps, sur les fossiles de Gothland,
On remarquera au premier coup d'oeil^ que les espèces énumérées dans notre tableau comparatif sont presque toutes les mêmes qui ont déjà été signalées ci* dessus, comme existant dans la faune troisième d'Angleterre et dans celle de l'île d'Oesel. La position géographique de l'île de Gothland explique sufBsamment cette concordance.
On sait que, dès 1845 Sir Rod. Murchison, dans U Géologie de la Russie et de rOurai, avait signalé l'existence de groupes équivalons aux étages de Wenlock et de Ludlow, dans l'île de Gothland, (Vol. L p. 18.) Ces vues ont été confirmées et plus développées par lui, dans un mémoire spécial publié en 1847, après un voya^ dans cette île avec M. de Vemeuil. (On the SiL Rocks of part Sweden, Quart Joum, June 18à6.) D'après les résultats exposés dans ce travail, toutes les subdivisions du Sjst Sil. supérieur en Angleterre seraient exactement représentées dans l'île de Gothland. Mais divers géologues, parmi lesquels nous citerons le général von Helmersen, M. Angelin, le Prof. Ferd. Roemer et M. Lindstrôm, ont exposé des opii^ons plus ou moins divergentcs.de pelles du fondateur du Système Silurien. Suivant les uns, Tordre de superposition des formations, admis par Sir Rod. Murchison, serait l'inverse .de 'celid qu'ils ont cru •ob^ei'ver. SuiyAOt
toute rtlc de Gtothland ne représenterait qu'un ge, avec des apparences variables. M. le Doct. , qui a fait un voyage à Gothland en 18Ô8, a iment adopté l'interprétation de Sir Rod. Mui'chicroit comme notre maître, qu'on peut y distinguer îs de Wenlock, d'Aymestry et de Ludlow supérieur, ère aussi les fossiles qui semblent indiquer ces rizonSy correspondant aux zones qu'il a établies j d'Oesel. (Beitr, z, GeoL Oothl. — Archiv. der \nde Liv. Ehat. und Kurl. IL 1869.)
but qui nous occupe aujourd'hui est indépendant srgences d'opinion que nous venons de signaler, aussi des subdivifiions plus ou moins distinctes, »urrait établir dans la masse des dépôts de Gothiccord de tous les géologues à reconnaître uniquedivision Silurienne supérieure dans cette île nous t sans chercher à distinguer les divers niveaux où sent les espèces qui nous occupent dans cette lous indiquons l'étage où on les trouve en Bohême.
Classes,
3 et espèces
Faune troisième
Gothland
Bohême
Observations
oissons.
rofltacés.
tnt . . BroDgn.
ibachi • Brongn.
lialopodes.
eras . . Breyn.
«mn . . . Sow.
Barr.
éropodes.
Ites •
riag .' . . Schlot.
jusqu'ici problématique et qui ont été considérées d'après leurs apparences stratigraphiques, comme représentant le terrain dévonien. M. le Prof. Ferd. Roemer, dans la relation de son voyage en Suède durant Tannée 1856, s'exprime ainsi siu* ces dépôts:
,,Si l'on suit vers l'Ouest les bords du lac Ringshôn en Scanie, on voit les schistes marneux devenir graduellement plus sableux et se transformer enfin totidement en un grès rouge, ou jaune. Ce grès a été considéré par Forchhammer et autres comme OM red , on ' dévonien. Mais les relations stratigraphiques et les restes organiques s'opposent également à cette détermination d'âge. En effet, le grès en question est évidemment placé sons le schiste marneux, et puisque celui-ci est caractérisé par ses fossiles comme un dépôt silurien, le grès doit appartenir à la même période. Les fossiles du grès confirment ce fait, car outre des bivalves peu déterminables/ Cytherina Baltica et Calym. Blumenbachi s'y trouvent fréquemment.
„A cette occasion, je fefsd volontiers r^paarquer, qu'en général, je ne crois nullement à l'existence souvent affirmée de dépôts dévoniens en Scandinavie. Partout, en effet, cette assertion est dénuée de preuves paléontologiques suffisantes, et la ressemblance pétrographique de certains grès avec le Old red anglais ne peut certainement pas être invoquée pour cette détermination d'âge. Cela s'applique nommément aussi au soi-disant Old red de la Daléoarlie.^ (Jahrb. v, Leonh. u. Bronn, p. 8 13 y 1856.)
Si les formations siluriennes, en Suède, sont recouvertes par des couches sans fossiles, on peut admettre par analogie, que la surface de l'île de Gothland* a été dépouillée de dépôts, semblablement placés au dessus de ceux qui subsistent, et que ces dépôts ont pu renfermer des fossiles contemporains de ceux de l'étage G en Bohême.
Enfin, sans recourir à cette dernière supposition, on peut concevoir, qu'après le dépôt des couches de Qothland réprésentant presque uniquement notre étage E, il y a eu dans cette contrée Suédoise, une véritable lacune dans la série silurienne. Cette lacune correspondrait à celle que nous allons signaler à la même époque, dans les terrains siluriens de la Norwége.